Vivons-nous des temps apocalyptiques ? Partie 1


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Publié le samedi 27 octobre 2018

Auteur : Michael O'Brien

Catégorie : Eschatologie, signes des temps & prophéties

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La question est explosive et laisse de la place à de nombreuses observations et interprétations. En effet, notre époque semble être en proie à des interprétations extrêmement divergentes sur la signification du livre de l'Apocalypse. En abordant ce sujet ce soir, j'espère apporter une contribution à ce qui devrait toujours être une discussion sobre, mais qui si souvent est tout le contraire. Malgré tout, je suppose que tout ce que je vais dire sur le sujet ce soir pourrait se résumer en un mot : Oui. Oui, nous vivons à une époque apocalyptique.

Adapté d'un discours de Michael O'Brien donné à la basilique Saint-Patrick, Ottawa, Canada, le 20 septembre 2005. Source : studiobrien.com

Illustration : St-Michael par Michael O'Brien

Traduction Pierre et les Loups

Mais cela demande d'être précisé. L'Église, les Saintes Écritures, les saints, les apparitions mystiques approuvées, parlent tous de la fin des temps dans un contexte particulier. Si l'on se réfère au Catéchisme de l'Église catholique, nous lisons dans une section consacrée au retour du Seigneur dans la gloire :

L'Épreuve ultime de l'Église

675 Avant l'avènement du Christ, l'Église doit passer par une épreuve finale qui ébranlera la foi de nombreux croyants. La persécution qui accompagne son pèlerinage sur la terre dévoilera le "mystère d'iniquité" sous la forme d'une imposture religieuse apportant aux hommes une solution apparente à leurs problèmes au prix de l'apostasie de la vérité. L'imposture religieuse suprême est celle de l'Anti-Christ, c'est-à-dire celle d'un pseudo-messianisme où l'homme se glorifie lui-même à la place de Dieu et de son Messie venu dans la chair.

676 Cette imposture antichristique se dessine déjà dans le monde chaque fois que l'on prétend accomplir dans l'histoire l'espérance messianique qui ne peut s'achever qu'au-delà d'elle à travers le jugement eschatologique : même sous sa forme mitigée, l'Église a rejeté cette falsification du Royaume à venir sous le nom de millénarisme, surtout sous la forme politique d'un messianisme sécularisé, "intrinsèquement perverse".

677 L'Église n'entrera dans la gloire du Royaume qu'à travers cette ultime Pâque où elle suivra son Seigneur dans sa mort et sa Résurrection. Le Royaume ne s'accomplira donc pas par un triomphe historique de l'Église selon un progrès ascendant mais par une victoire de Dieu sur le déchaînement ultime du mal qui fera descendre du Ciel son Épouse. Le triomphe de Dieu sur la révolte du mal prendra la forme du Jugement dernier après l'ultime ébranlement cosmique de ce monde qui passe.

En regardant le monde contemporain, y compris notre société "démocratique", ne pourrions-nous pas dire que nous vivons précisément au milieu de cet esprit de messianisme sécularisé ? Et cet esprit ne se manifeste-t-il pas particulièrement dans sa forme politique, que le Catéchisme appelle, dans des termes particulièrement forts, "intrinsèquement perverse" ? Combien de personnes à notre époque croient aujourd'hui que le triomphe du bien sur le mal dans le monde sera réalisé par la révolution ou l'évolution sociale ? Combien n'ont pas succombé à la croyance selon laquelle l'homme peut se sauver par ses propres forces et sa propre intelligence ? Je suggérerais que cette perversité intrinsèque domine à présent l'ensemble du monde occidental.

Le Catéchisme tire son autorité pour nous enseigner sur ces questions des Saintes Écritures elles-mêmes. Si l'on se tourne donc vers cette source sacrée, qu'est-ce que la révélation divine nous apprend sur le mystérieux point culminant de l'histoire, le méga-apogée appelé Apocalypse, prophétisé dans le livre éponyme et dans d'autres livres du Nouveau et de l'Ancien Testament ?

Dans sa première lettre, l'apôtre Jean dit, simplement, sans les nuances théologiques auxquelles nous nous sommes habitués ces dernières années, « Petits enfants, voici la dernière heure », et dans une autre traduction, « Mes enfants, voici les derniers jours. » (1 Jean 2:18)

Voici notre contexte, le cadre conceptuel dans lequel le temps de la fin devrait être considéré par chaque génération de chrétiens. Nous vivons la dernière heure de l'histoire, et vivons dans cette heure depuis le moment où Notre Seigneur est monté au Ciel. Toute l'histoire ultérieure est une attente de Son retour. Ces deux mille dernières années sont les derniers jours. Dans sa deuxième lettre, l'apôtre Pierre écrit : « Aux yeux du Seigneur, un jour est comme mille ans et mille ans sont comme un jour. » (2 Pierre 3: 3-10).

Jésus lui-même nous parle d'une période dans un avenir indéfini où toute l'humanité sera confrontée à une ultime épreuve. Le chapitre 24 de l'évangile de Matthieu est la partie la plus détaillée des évangiles dans laquelle Jésus nous parle de ce qui doit venir. Il nous présente ici plus qu'une description symbolique et alternativement plus qu'un modèle unidimensionnel — qui serait une simple prédiction historico-linéaire d'un proche avenir. C'est plutôt une vision qui contient des éléments à la fois symboliques et historiques mais qui parcourt Son propre temps, jusqu'aux persécutions des trois premiers siècles de l'Église, et ensuite au-delà à travers toute l'histoire ultérieure jusqu'à Sa seconde venue. Jésus ne pense pas de façon linéaire. C'est un homme ayant plus d'une dimension. Il est à la fois Dieu et homme.

Quant à ce jour et à cette heure-là, nul ne les connaît, pas même les anges des cieux, pas même le Fils, mais seulement le Père, et lui seul. Comme il en fut aux jours de Noé, ainsi en sera-t-il lors de la venue du Fils de l'homme. En ces jours-là, avant le déluge, on mangeait et on buvait, on prenait femme et on prenait mari, jusqu'au jour où Noé entra dans l'arche ; les gens ne se sont doutés de rien, jusqu'à ce que survienne le déluge qui les a tous engloutis : telle sera aussi la venue du Fils de l'homme.

Mt 24: 36-39

Ce passage, repris de l'enseignement apocalyptique de Jésus, est le coeur de ce qu'Il désire communiquer à tous ceux qui cherchent à Le suivre. Il veut que nous allions au-delà de notre tendance humaine habituelle à désirer connaître l'avenir par simple curiosité, au-delà d'une sorte de divination "chrétienne". Jésus désire nous emmener à la source de la Sagesse, non pas à la connaissance en tant que telle car la connaissance ne peut nous sauver. Il entraîne toujours Ses apôtres dans des eaux profondes, y compris à certains moments au point d'une quasi-noyade. Dans cette immersion se trouve le début de la sagesse, car elle nous fait passer d'une perspective purement horizontale à une perspective verticale, véritablement cosmique — bien plus élevée qu'elle n'est large.

Il poursuit en disant : « Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient. » (Mt 24: 42)

On retrouve également ce dialogue entre Jésus et ses apôtres dans l'évangile de Luc, enrichi de quelques paroles supplémentaires du Seigneur. Il commence par parler de la nature de Son retour dans la gloire après les bouleversements à venir :

Comme l'éclair en effet, jaillissant d'un point du ciel, resplendit jusqu'à l'autre, ainsi en sera-t-il du Fils de l'homme lors de son Jour. Mais il faut d'abord qu'il souffre beaucoup et qu'il soit rejeté par cette génération.

Luc 17: 24-25

Cette phrase, « rejeté par cette génération », revêt une grande importance, car elle implique qu'il y aura d'autres générations qui viendront après Sa vie sur terre. Ailleurs, Il dit que certaines personnes de Sa génération le verront glorifié. Ainsi, dans ces passages apparemment contradictoires, nous sommes amenés à comprendre qu'Il nous offre une vision multidimensionnelle qui transcende une chronologie purement linéaire.

Et comme il advint aux jours de Noé, ainsi en sera-t-il encore aux jours du Fils de l'homme. On mangeait, on buvait, on prenait femme ou mari, jusqu'au jour où Noé entra dans l'arche ; et vint le déluge, qui les fit tous périr. De même, comme il advint aux jours de Lot : on mangeait, on buvait, on achetait, on vendait, on plantait, on bâtissait ; mais le jour où Lot sortit de Sodome, Dieu fit pleuvoir du ciel du feu et du soufre, et il les fit tous périr. De même en sera-t-il, le Jour où le Fils de l'homme doit se révéler. En ce Jour-là, que celui qui sera sur la terrasse et aura ses affaires dans la maison, ne descende pas les prendre et, pareillement, que celui qui sera aux champs ne retourne pas en arrière. Rappelez-vous la femme de Lot. Qui cherchera à épargner sa vie la perdra, et qui la perdra la sauvegardera.

Luc 17: 26-33

Ici, si vous voulez, se trouve le véritable "manuel de survie" de l'apocalypse ; ici se trouve le fondement spirituel des enseignements de Notre Sauveur sur ce que nous devons faire et où nous devons être, spirituellement et mentalement, à mesure que nous passerons à travers cette période de ténèbres. Il va sans dire que chaque individu traverse sa propre mini-apocalypse, de même qu'il y eut au cours de l'histoire de l'Église des préfigurations d'apocalypses. L'Apocalypse ultime sera cette période de l'histoire où tout sera mis à l'épreuve, où l'Église elle-même sera crucifiée à travers le monde entier. Où seront nos ressources à ce moment ? Allons-nous, comme la femme de Lot, jeter un oeil en arrière vers nos sécurités laissées derrière nous à Sodome ? Peut-être savait-elle, dans son esprit, que ce n'était pas la ville où il faisait le meilleur vivre, mais elle se disait qu'après tout, c'était un lieu de sécurité matérielle — on y mangeait, on y buvait, on y bâtissait et on y plantait. Clairement, les hommes y avaient une existence très confortable. Il y a toujours des arguments raisonnables pour nous pousser à la compromission, pour ne pas obéir à la parole de Dieu qui nous appelle au désert, et sans doute la dame avait-elle de bons arguments. Cela mérite d'être répété : quiconque tente de préserver sa vie la perdra ; et quiconque perd sa vie pour l'amour du Christ la gardera pour l'éternité.

Dans l'évangile de Marc, Jésus nous avertit :

Quant à ce jour et à cette heure-là, nul ne les connaît, pas même les anges dans le ciel, pas même le Fils, mais seulement le Père. Prenez garde, restez éveillés : car vous ne savez pas quand ce sera le moment. C'est comme un homme parti en voyage : en quittant sa maison, il a donné tout pouvoir à ses serviteurs, fixé à chacun son travail, et demandé au portier de veiller. Veillez donc, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin ; s'il arrive à l'improviste, il ne faudrait pas qu'il vous trouve endormis. Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez ! »

Marc 13: 32-37

Nous lisons bien souvent ce genre de passages dans les lectures de la liturgie de la messe, et nous nous y habituons toujours plus à mesure que nous prenons de l'âge. Bien sûr, ce sont toujours des textes intéressants, mais la familiarité risque d'atténuer dans notre esprit l'urgence des avertissements du Seigneur. Nous pouvons y apporter un consentement intellectuel, les reconnaître pour vrais, mais nous pouvons néanmoins ressentir de manière subliminale ("ressentir" est ici le terme approprié) qu'ils ne s'appliquent pas à notre propre vie. Les avertissements passent à l'arrière-plan, se fondent dans le corps plus large des enseignements du Christ, dont la plupart sont moins obscurs, moins mystérieux. Nous avons donc tendance à laisser de côté la question de la réflexion apocalyptique, soit en la rejetant complètement, la considérant comme une représentation symbolique d'événements très anciens ou, alternativement, d'événements réservés à un avenir très lointain. Nous vivons dès lors comme si aucune menace ne planait au-dessus de nos têtes, convaincus d'une certaine manière qu'aucune bête ne va nous regarder droit dans les yeux pour nous dévorer — ni une bête sur le plan personnel, ni quelque Bête de dimensions cosmiques sortie de la « mythologie » apocalyptique. Aucune de ces approches n'est fidèle à ce que le Christ nous dit.

Il y a toujours une lutte au-dessus de chacune de nos âmes. Même si notre époque s'avérait ne pas être celle à laquelle fait référence Saint Jean dans son Apocalypse, chacun de nous doit passer par une sorte d'apocalypse avec un petit "a". Chacun de nous fera certainement face une Révélation avec un grand « R » au moment de la mort, lorsque nous ferons l'expérience de notre jugement personnel, lorsque tout ce que nous sommes, tout ce que nous avons fait ou négligé de faire nous sera révélé. Le mot grec apokalypsis signifie révélation ou dévoilement. Au cours de notre vie ici-bas, chacun de nous aura à faire face à la bête, qui est le diable, notre antique adversaire, l'ennemi de chacune de nos âmes et de l'humanité dans son ensemble. Sous une forme ou une autre, nous devons apprendre à lui résister personnellement et à le vaincre en Jésus Christ. En même temps, nous devons comprendre qu'il arrivera un moment dans l'histoire où toute sa malice, toute sa ruse, toute sa rage seront libérées dans une ultime et violente attaque contre l'ensemble du Corps du Christ. Ce sera intense ; ce sera bref. Si nous nous retrouvons au milieu de ces trois ans et demi de persécution totale, cela ne nous paraîtra pas si bref. Cependant, nous devons toujours garder à l'esprit que son temps touche à sa fin ; en effet, il a déjà été vaincu par le sacrifice de Jésus sur la Croix et il reste la bataille finale à travers laquelle l'Église et le monde doivent encore passer.

Nous sommes actuellement au beau milieu de cette bataille finale, nous sommes dans l'apocalypse telle que décrite par Saint Jean, que l'Église, à commencer par la plupart des Pères de l'Église, pense être une vision du déroulement de l'histoire du salut après l'Incarnation, culminant dans la victoire complète du Christ sur l'ensemble du cosmos, qu'Il remettra enfin, restauré, entre les mains du Père. Le livre de l'Apocalypse n'est pas un plan schématique, ni une chronologie purement linéaire. Il s'agit d'une mystérieuse vision multidimensionnelle qui contient certainement des aspects chronologiques et linéaires, mais ne s'y réduit pas. En effet, l'essentiel n'est pas là.

La principale grâce du livre de l'Apocalypse est l'exhortation que le Seigneur fait à chaque génération de rester éveillé dans un esprit de vigilance, d'ouvrir les yeux de notre coeur, de notre esprit et de notre âme à la nature même de la Réalité. Les diverses et étranges croyances apocalyptiques à notre époque, les scénarios violents dont raffolent certains milieux protestants comme catholiques, déforment l'intention première du livre de l'Apocalypse. Toutes les fois où elles ne s'enracinent pas dans une profonde révérence pour le mystère et la sagesse divines, toutes les fois où elles échouent dans la confiance absolue qu'il nous faut avoir dans la victoire imminente de Dieu, toutes les fois où elles ne sont pas enracinées dans l'obéissance et la docilité à l'Esprit Saint, ces croyances s'accrocheront invariablement à la connaissance comme si d'elle venait le salut. Pourquoi tant de gens se précipitent-ils dans les librairies [et sur Internet] pour lire les derniers scénarios anticipatifs ? Pourquoi y accordons-nous tant d'intérêt et de confiance, et si peu dans la vie intérieure de notre union au Christ — le Seul qui puisse nous sauver ? Rappelez-vous qu'Il ne nous a pas promis de sauver notre vie en ce monde au sens strictement humain, mais de la sauver pour l'éternité si nous mettons notre foi en Lui et si nous nous accrochons à Lui sans réserve. Sommes-nous, sans le réaliser, tentés de nous sauver par nos propres forces ? Avons-nous placé notre confiance dans des informations réservées à quelques « initiés », dans des techniques d'auto-préservation, dans des manuels de survie et de combat qui mettent fortement l'accent sur la préservation de notre vie biologique et minimisent l'importance de notre vie spirituelle ? Si tel est le cas, il est temps de procéder à un sérieux examen de conscience. Une attitude qui donne un assentiment intellectuel à Dieu tout en agissant, à d'autres niveaux, comme s'Il ne s'occupait pas réellement de Son troupeau, est malsain à tous points de vue.

En raison de notre nature humaine déchue, même baptisée, nous tendons constamment vers le désir de devenir des êtres autonomes contrôlant nos propres vies. Oui, nous voulons être sauvés, nous voulons les consolations de Dieu, mais nous les voulons selon nos propres conditions. Cette attitude n'est peut-être même pas consciente, mais elle doit être reconnue avec humilité si nous voulons dépasser l'univers tragiquement limité de notre égo. Chaque fois que nous nous disons « J'interprète les Écritures à ma façon. Je ne me soumettrai à aucune Église qui décidera pour moi de la façon de les interpréter ! » nous glissons vers le royaume de l'égo. Ces attitudes s'insinuent subtilement dans nos pensées et nos sentiments. Elles saturent l'atmosphère de notre époque, en particulier dans notre culture occidentale. A une période de l'histoire dominée par la peur et la méfiance, la soumission du coeur et de l'âme à l'esprit du Christ et de Son Église est interprétée de façon erronée comme étant anti-personnaliste, alors que l'Église est anti-isolationniste et profondément personnaliste. Le nouveau héros mythologique est l'individu autonome qui ne doit rendre de comptes à personne d'autre que son souverain égo, et l'esprit du siècle saisit la moindre occasion pour nous pousser à l'émuler et, ce faisant, à nous faire passer pour de petits dieux.

Il convient de noter que dans l'exaltation d'une créature au-dessus de l'autorité de Dieu se trouve l'esprit de l'Antéchrist. Rares sont les fidèles de cette religion de l'égo qui s'imaginent servir cet esprit diabolique, cependant la vérité est que celui qui nie que Jésus est le Seigneur de sa vie se rend vulnérable au zeitgeist, l'esprit du siècle, le spiritus mundi, l'esprit du monde. A mesure que cet esprit se laisse progressivement dominer par les pensées de l'Antéchrist, l'égo souverain aurait intérêt à regarder au-delà des frontières de son petit royaume, de peur qu'il ne se retrouve un jour, sans savoir comment il en est arrivé là, dans un état d'asservissement.

Le spiritus mundi à notre époque présente certaines caractéristiques uniques, caractéristiques qui ne deviennent compréhensibles qu'à la lumière des visions de Daniel, Isaïe, Ézéchiel, Sophonie, Malachie et une foule d'autres prophètes, ainsi que des passages eschatologiques du Nouveau Testament, en particulier les avertissements du Christ et la grande vision du livre de l'Apocalypse. Lisez les Écritures et vous verrez qu'à travers ces textes, notre époque s'étale devant nos yeux.

À chaque époque, cet esprit agit contre la souveraineté absolue de Dieu. Cependant, nous savons par révélation divine qu'une période définitive viendra au cours de l'histoire où cet esprit se propagera dans le monde entier et, une fois arrivé au sommet de son influence, s'emparera, par le mensonge, la flatterie et les séductions subtiles, de la totalité de la puissance mondiale, puis se lancera à l'assaut des disciples du Christ dans une persécution ultime sans précédent.

En 1948, Etienne Gilson, l'un des grands philosophes thomistes [de la pensée de Saint Thomas d'Aquin] du XXe siècle, donna une conférence à l'adresse des évêques de France sur le thème de la nature du monde émergent d'après-guerre. Dans son essai prophétique de 1949, « The Terrors of the Year 2000 » (Les terreurs de l'an 2000), se fondant sur ce discours, il affirmait que l'homme de la nouvelle ère était dominé par l'esprit "Anti-Christus". Ayant abandonné la croyance ou la confiance en ce Dieu qui s'est fait homme et qui souffre avec nous afin de nous élever vers le Père, nous avons préféré faire de nous-mêmes des dieux, car l'homme ne peut vivre longtemps sans divinité ni spiritualité. Postulant que la « grandeur démoniaque de Nietzsche » fut à l'origine de cette condition spirituelle, Gilson met en garde sur le fait que l'influence de l'Antichrist est grande car, à notre époque, il ne ressemble en rien à la bête fantastique de l'Apocalypse.

L'ordre humain dans son ensemble chancèle sur sa base. L'Antéchrist est toujours le seul à le savoir, le seul à prévoir le cataclysme épouvantable du "renversement des valeurs" qui se prépare, car si la totalité de l'histoire humaine des siècles passés dépendait de la certitude que Dieu existe, la totalité des siècles futurs doit nécessairement dépendre de la certitude contraire, que Dieu n'existe pas ...

Avons-nous enfin compris ? Cela n'est pas certain, car l'annonce d'un cataclysme d'une telle magnitude ne laisse ordinairement qu'une échappatoire : celle de ne pas y croire et, pour parvenir à ne pas y croire, de refuser de la comprendre. Si Nietzsche dit vrai, ce sont les fondements mêmes de la vie humaine qui doivent être renversés ...

« Celui qui veut être créateur, aussi bien dans le bien que dans le mal, doit avant toute chose savoir comment détruire et briser les valeurs. » [écrit Nietzsche]. Elles le sont, en vérité, en voie de destruction tout autour de nous, et sous nos propres pieds. Nous avons cessé de compter les théories inouïes qui nous sont présentées sous des noms aussi divers que le sont leurs méthodes de pensée, chacune annonciatrice d'une nouvelle vérité qu'elle promet de créer sans tarder, préparant joyeusement pour demain le meilleur des mondes en annihilant au préalable le monde d'aujourd'hui ...

Puisque les hommes ont refusé de servir Dieu, il n'y a plus d'arbitre entre eux et l'État qui les domine. Ce n'est plus Dieu mais l'État qui les juge. Mais alors qui jugera l'État ?

S'il n'y a plus d'ordre moral absolu, plus d'absolus extérieurs à la subjectivité de l'homme, plus aucun critère infaillible de bien ni de mal par lesquels nous puissions discerner si nos actes personnels, nationaux et internationaux, sont moralement bons ou moralement mauvais, qu'est-ce qui nous empêche de simplement remodeler l'humanité selon toutes sortes de caprices et de théories ? Qu'est-ce qui nous empêche de considérer une certaine partie de l'humanité comme étant moins humaine qu'une autre partie de cette même humanité — et donc indigne de vivre ? Cela s'est déjà produit, l'avortement étant un exemple évident. Mais nous nous y sommes habitués. Nous savons que c'est mal, et pourtant cela a été normalisé tout autour de nous. Et même si nous continuons à y résister, cela a été intégré à la toile de fond de notre quotidien. L'institutionnalisation du mal depuis le plus haut sommet jusqu'au plus bas niveau de notre société a été absorbée par la géopsyché [l'âme humaine influencée par la réalité qui l'entoure] de notre conscience.

Josef Pieper, dans son essai intitulé « The Art of Not Yielding to Despair » (L'art de ne pas céder au désespoir), fait le même constat, citant des sources aussi variées que Saint Jean de Patmos, Nietzsche et Marx, Thomas Mann et Robert Oppenheimer, et plus particulièrement Le retour au meilleur des mondes de Aldous Huxley. Dans sa dystopie de 1931, Le meilleur des mondes, Huxley avait averti que l'époque approchait (bien qu'encore éloignée) où un nouvel ordre mondial serait instauré, et qu'une telle époque abolirait la vie privée et la responsabilité personnelle. Écrivant trente ans plus tard, dans Le retour au meilleur des mondes, Huxley était beaucoup moins optimiste et se déclara convaincu que les prévisions qu'il avait faites en 1931 se concrétisaient à un rythme beaucoup plus rapide qu'il ne l'avait cru possible. Dans un avenir rapproché, a-t-il averti, nous assisterons à l'émergence d'une "dictature scientifique" dans laquelle il y aurait moins de violence que sous Hitler et Staline, et dans laquelle nous serions « embrigadés sans douleur par un corps d'ingénieurs sociaux hautement qualifiés », et dans laquelle « la démocratie et la liberté seront les thèmes de toutes les émissions de radio et de tous les éditoriaux », mais « la substance sous-jacente sera une nouvelle espèce de totalitarisme non violent. » Pieper souligne qu'il s'agit de la forme la plus inhumaine de totalitarisme, presque impossible à rejeter, car on peut toujours donner des arguments qui semblent valides pour prouver que ce n'est pas, en fait, ce que cela semble être.

Dans sa réflexion en 1942 sur le monde émergent de l'après-guerre, The Judgment of the Nations, l'historien Christopher Dawson compara l'effondrement de l'empire romain à celui d'une civilisation chrétienne. Il croyait que quelque chose de bien plus inquiétant est à l'oeuvre dans ce dernier :

Car la civilisation qui a été affaiblie, et qui est à présent menacée de subversion totale, est une civilisation chrétienne, fondée sur les valeurs spirituelles et les idéaux religieux de saint Augustin et de ses semblables ; et son adversaire n'est pas la simple barbarie de peuples étrangers qui vivent à un niveau culturel inférieur, mais de nouvelles puissances dotées de toutes les ressources de la technique scientifique, et inspirées par une soif insatiable de puissance, qui ne reconnaissent aucune loi autre que celle de leur propre force.

Dawson fait référence ici à des tyrannies qui se déclarent comme telles. Cependant, il poursuit en nous adressant quelques avertissements supplémentaires :

Ainsi, la situation à laquelle les chrétiens doivent faire face aujourd'hui a plus de points communs avec celle décrite par l'auteur de l'Apocalypse qu'avec l'époque de saint Augustin. Le monde est fort et possède ses maîtres adonnés au mal. Mais ces maîtres ne sont pas des autocrates violents tels que le furent Néron et Domitien. Ce sont les ingénieurs du mécanisme du pouvoir mondial : un mécanisme plus formidable que tout ce que l'ancien monde ait connu, parce qu'il ne se limite pas à des moyens extérieurs, comme ce fut le cas pour le despotisme du passé, mais utilise toutes les ressources de la psychologie moderne pour faire de l'âme humaine le moteur de son dessein dynamique.

Dawson nous décrit ce à quoi pourrait ressembler un proche avenir, un totalitarisme mondial non violent qui est de loin le plus dangereux du point de vue chrétien, car le mal y est dépersonnalisé, « séparé des appétits et des passions individuels, et élevé ... vers une sphère où toutes les valeurs morales sont embrouillées et transformées. Les grands terroristes ... ne furent pas des hommes immoraux, mais des puritains rigides qui commirent leurs exactions froidement, par principe. »

Si des esprits calmes et lucides tels que ceux de Gilson, Pieper et Dawson (on pourrait facilement leur adjoindre une longue liste de noms tout aussi admirables) ont parlé avec une certaine urgence de la signification sans précédent de la nature de notre époque, notre génération aujourd'hui aurait intérêt à se demander si l'histoire ne serait pas en train d'approcher de sa crise définitive. La réticence généralisée de nombreux penseurs catholiques à se lancer dans un examen approfondi des éléments apocalyptiques de la vie contemporaine fait partie, je crois, du problème même qu'ils cherchent à éviter. Si la réflexion apocalyptique est confiée en grande partie à des individus plongés dans la subjectivité — dominés par des sentiments et opinions personnels — ou dont la subjectivité est devenue émotionnellement extrême et dominée par une terreur radicale en ce qui concerne le monde et l'ensemble de la création, alors, la communauté chrétienne, voire la communauté humaine tout entière, s'en trouve radicalement appauvrie. Et cela peut se mesurer en termes de pertes d'âmes humaines.

Une grande partie des observations apocalyptiques issues des milieux universitaires se limite aujourd'hui à la présomption infondée du premier millénaire, et commune chez certains groupes de personnes, selon laquelle la réflexion eschatologique n'est rien de plus que la résurgence d'une hystérie millénaire : « Ah, oui », nous répète-t-on sans cesse, « au Xème siècle, il y a eu une hystérie de masse à l'approche du nouveau millénaire, mais comme vous avez pu le constater, la date est passée et le monde a retrouvé son équilibre. » Préparant son discours adressé aux évêques de France, Gilson étudia attentivement cette période et ne trouva que peu de preuves permettant de soutenir la théorie de l'hystérie du 2ème millénaire qui aurait frappé le monde au dixième siècle. La tradition évoquant une supposée hystérie généralisée fut tellement grossièrement exagérée qu'elle en devint ridicule, et fut à vrai dire en grande partie le fruit des écrits d'un unique homme d'Église. Bien qu'il y ait eu des incidents isolés, admet Gilson, cette époque ne connut certainement pas une hystérie de masse.

Que devons-nous penser dès lors de l'aversion généralisée parmi les intellectuels pour toute réflexion sérieuse concernant les thématiques apocalyptiques ? Peur de l'irrationnel ? Oui, il y a une partie de cela — le dégoût pour un sujet qui est rempli d'invérifiables mystères et sujet à toutes sortes de conjectures enflammées. Il est parfaitement sain de ressentir une certaine aversion devant le danger de projeter ses peurs infondées sur un monde redoutablement effrayant. Néanmoins, il ne faut pas laisser cette inquiétude paralyser notre faculté critique, ou plus précisément le charisme du discernement spirituel que les chrétiens devraient exercer toutes les fois qu'ils cherchent à comprendre le monde. Sommes-nous devenus si inquiets face au danger de la paranoïa que nous ne sommes plus en mesure d'envisager la possibilité qu'un événement d'une ampleur apocalyptique puisse se produire à notre époque ? La psychologie du déni n'est-elle pas tout aussi dangereuse que celle de l'hystérie — peut-être davantage ? Il est si facile de balayer totalement la question du revers de la main en invoquant le style médiocre et les excès évidents de nombreux auteurs de « récits sur la fin des temps » avec leurs divers scénarios contradictoires, ou les gros titres apocalyptiques des magazines à scandale. De par sa nature même, le sujet de la catastrophe mondiale provoque des réactions impulsives, et ainsi, il y a pour l'esprit académique une forte tentation contraire consistant à se retirer si loin du problème que l'on écarte presque totalement le sujet.

La psychologie humaine est telle que nous avons tendance à percevoir notre temps comme normal. Nous sommes nés et avons grandi dans une certaine culture avec certaines réalités matérielles et spirituelles tout autour de nous. Chaque génération d'individus considère le monde comme un environnement imparfait, mais qui n'en demeure pas moins leur monde. Cependant, à un certain moment de l'histoire, une génération aura à passer par la phase finale de l'apocalypse. Pourtant, à leurs yeux, le monde paraîtra parfaitement normal. Il aura certes ses propres problèmes, et ses citoyens admettront sans doute même que ces problèmes sont graves, mais il sera difficile pour la plupart d'entre eux de rapprocher ces problèmes de la crise absolue présentée dans le Livre de l'Apocalypse. C'est précisément la condition contre laquelle Jésus nous met en garde en Matthieu 24. Cette génération qui sera la moins éveillée, la moins capable de reconnaître ce qui se passe, peut-être même une génération vivant dans le confort et ayant une grande confiance en elle-même, sera celle dans laquelle l'esprit de l'Antéchrist se manifestera pleinement. Sommes-nous cette génération annoncée il y a des milliers d'années ?

Et si oui, comment notre asservissement s'accomplira-t-il ? Il le sera par l'augmentation du pouvoir de l'État, associée à une diminution progressive des droits des citoyens, la levée des lourdes responsabilités qui pèsent sur nos épaules, leur substitution par d'agréables et gratifiants divertissements, et l'essor d'une élite politique "éclairée" qui inscrira un gnosticisme multiforme dans les organes de la gouvernance institutionnelle. Si, dans le même temps, la capacité de l'homme à exercer son esprit critique et analytique de façon saine se retrouve entravée par une éducation corrompue, par un endoctrinement médiatique et par une perte généralisée du sens de l'identité humaine, le nouvel ordre mondial pourra s'imposer — et s'imposer plus efficacement, il faut le préciser, dans la mesure où la cause "morale" qu'il défendra sera considérée comme un grand bond en avant dans le progrès de l'humanité.

Cela est déjà en cours dans plusieurs nations occidentales et pourrait, dans un proche avenir, atteindre son apogée. Qu'est-ce qui lui barre la route ? La seule Église catholique romaine. Le Pape Jean-Paul II, dans plusieurs de ses discours publics et dans ses encycliques, notamment Centessimus Annus et Evangelium Vitae, affirme que nous ne devons pas trop vite conclure que, parce que les formes les plus brutales de totalitarisme, telles que le fascisme et le marxisme, semblent avoir été renversées et que des gouvernements démocratiques ont pris leur place dans ces état anciennement totalitaires, l'humanité va maintenant se redresser et que nous nous dirigerons tous vers un avenir nouveau et glorieux. Saint Jean-Paul II a continuellement enseigné qu'un avenir défini comme une restauration du monde à travers d'inexorables processus évolutifs n'est qu'un leurre. En fait, il va même jusqu'à nous avertir que, dans nos démocraties libérales occidentales, nous risquons à long terme de courir de plus grands dangers que ce que les peuples d'Europe de l'Est et d'autres parties du monde ont souffert sous un régime tyrannique. Leurs souffrances furent catastrophiques ; leurs nations, peuples et églises particulières furent crucifiés. Pourtant, sur ces terres, la bête avançait démasquée, se révélait telle qu'elle était.

La bête qui aujourd'hui nous enserre se repait des innocents à de multiples niveaux de la société. Le plus évident est le fait qu'elle dévore des innocents, en grand nombre, dans le ventre maternel, par le biais du meurtre légalisé et financé par l'État, discrètement dissimulé dans nos cliniques et hôpitaux. L'euthanasie se répand à présent. Il y a dix ans, un membre de ma famille fut à deux doigts de se faire assassiner dans un établissement catholique. De tels incidents sont de plus en plus fréquents. Pourquoi donc l'impensable est-il en train d'être normalisé tout autour de nous ? Il s'est répandu et continuera de se propager en raison de l'égarement de la pensée et de l'engourdissement des consciences (cf. 2 Th 2: 11), favorisé par les nuances théologiques qui tendent à rendre la Vérité de plus en plus abstraite au point qu'elle ne semble plus applicable aux réalités concrètes que vivent les gens.

Qu'ont donc enseigné nos derniers papes au sujet de la nature de notre époque ?

Le Pape Saint Pie X écrivait dans son encyclique de 1903, E Supremi, Sur la restauration de toutes choses dans le Christ (intitulé alternativement E Supremi Apostolatus) :

Qui pèse ces choses a droit de craindre qu'une telle perversion des esprits ne soit le commencement des maux annoncés pour la fin des temps (...) et que véritablement "le fils de perdition" dont parle l'Apôtre (2 Thess 2: 3) n'ait déjà fait son avènement parmi nous. Si grande est l'audace et si grande la rage avec lesquelles on se rue partout à l'attaque de la religion, on bat en brèche les dogmes de la foi, on tend d'un effort obstiné à anéantir tout rapport de l'homme avec la Divinité ! En revanche, et c'est là, au dire du même Apôtre, le caractère propre de l'Antéchrist, l'homme, avec une témérité sans nom, a usurpé la place du Créateur en s'élevant "au-dessus de tout ce qui porte le nom de Dieu. C'est à tel point que, impuissant à éteindre complètement en soi la notion, de Dieu, il secoue cependant le joug de sa majesté, et se dédie à lui-même le monde visible en guise de temple, où il prétend recevoir les adorations de ses semblables. Il siège dans le temple de Dieu, où il se montre comme s'il était Dieu lui-même" (2 Thess 2:4).

Cinq ans plus tard, lors de la béatification de Sainte Jeanne d'Arc, il déclara :

De nos jours plus que jamais, la force principale des mauvais c'est la lâcheté et la faiblesse des bons, et toute la vigueur du règne de Satan réside dans la mollesse des chrétiens. Oh ! S'il m'était permis, comme le faisait en esprit le prophète Zacharie, de demander au divin Rédempteur : « Que sont ces plaies au milieu de vos mains ? » la réponse ne serait pas douteuse : « Elles m'ont été infligées dans la maison de ceux qui m'aimaient. Par mes amis qui n'ont rien fait pour me défendre et qui, à chaque occasion, se sont rendus complices de mes adversaires. » Et à ce reproche qu'encourent les chrétiens pusillanimes et intimidés de tous les pays ne peuvent se dérober un grand nombre de chrétiens de France.

vatican.va

En tant que catholique pusillanime et timide, créature humaine déchue ayant besoin du salut, dans mon propre et constant examen de conscience, j'en suis arrivé à voir de plus en plus clairement ces zones où j'échoue à résister à l'esprit du monde. Je m'interroge alors pour savoir à quels moments le courage a pu me faire défaut. Où sont mes compromissions ? Bien que je me considère comme un bon catholique, m'efforçant de demeurer en état de grâce, assistant tous les jours à la messe et récitant mes prières, au plus profond de mon coeur suis-je vraiment disposé à tout donner pour Jésus ? Suis-je disposé à dire à chaque instant : « Prends ma vie. Fais-en ce que Tu veux. » ? Les formes que cela peut prendre sont innombrables. Il se peut que le Seigneur veuille que vous changiez des couches pour les dix années à venir et que vous unissiez cette humble tâche à Ses propres sacrifices ; ou encore que vous deviez proclamer la vérité avec audace lorsque vous vous retrouvez confronté aux mensonges qui dominent la conscience moderne. Indépendamment de votre état de vie, vous devez être prêt à passer à travers toutes sortes d'épreuves, y compris celles qui pourraient entraver l'avancement de votre carrière, ralentir ou mettre à néant vos projets personnels afin d'accomplir le bien en ce monde (lire Jim Caviezel : « Tant pis si être pro-vie nuit à ma carrière. Je ne peux pas garder le silence sur la mort de tant d'enfants »).

Si vous demeurez ferme, si vous restez fidèle, que votre tâche soit "humble" ou "extraordinaire", vous porterez beaucoup de bons fruits dans le monde, même si cela ne se fait pas selon vos propres vues. Le concept de humble et extraordinaire, grand et insignifiant, est généralement biaisé dans la pensée moderne, et nous devons admettre que ces mesures infectent souvent aussi bien les croyants que les non-croyants. Dans le cantique du onzième chapitre de l'Apocalypse, toutes les âmes au Paradis glorifient la Sainte Trinité. Le passage nous dit que « les petits et les grands » louent Dieu (Ap 11: 15-18). Mais qui sont ces grands et ces petits ? Si nous prêtons attention à tout ce que le Christ nous a enseigné, le grand n'est pas nécessairement ce à quoi nous pensons généralement en termes de grandeur selon nos critères humains, pas plus que le petit. La grandeur n'a rien à voir avec le fait d'avoir son nom sur la couverture d'un livre ou d'être connu et loué dans les assemblées. La vraie grandeur peut consister à travailler à des tâches humbles et humiliantes, connues de personne si ce n'est de Dieu seul. De telles tâches anéantissent en nous la source de l'égoïsme dans notre nature humaine. En effet, vécue en union au Christ, une vie qui reste inconnue du monde, plongée dans l'anonymat, considérée comme peu productive, vous mènera un jour au seuil du Paradis où vous découvrirez, à votre grand étonnement, que vous êtes grand aux yeux du Père. Car le Père vous aime d'un amour que vous ne pouvez pas même concevoir aujourd'hui, et en vous Il voit l'image vivante de Son Fils.

Si nous vivons les étapes définitives de l'Apocalypse, notre chemin à travers ces ténèbres radicales ne dépendra pas de notre "grandeur" d'un point de vue humain, ni de nos forces ; aucune carte, aucun plan, aucun équipement de survie ne nous seront du moindre secours. Notre salut ne dépendra jamais de nos efforts personnels. Celui-ci, lorsque surviendra l'assaut ultime contre le Corps du Christ, dépendra de notre union à Jésus. Et ainsi notre foi ne peut se limiter simplement à une question d'assentiment rationnel à un ensemble de doctrines — bien que cela soit bien sûr une partie essentielle de notre foi. Nous pourrions mémoriser le catéchisme par coeur, accepter intellectuellement chacun de ses articles, et cependant, aussi louable que cela puisse être, cela ne suffit pas. La valeur de notre foi réside dans notre union à Jésus-Christ, dès ce monde-ci et jusque dans l'éternité. Si nous sommes baptisés, nous vivons déjà dans cette communion — que l'Eglise appelle la communion des saints. Le terrible esprit de l'apocalypse s'efforce de désintégrer cette communion ; il cherche à créer un isolement suscité par la peur. Il essaie de nous éloigner des autres âmes, de nous séparer du troupeau, de nous pousser toujours plus vers ce sentiment d'abandon qui devrait être étranger à l'esprit chrétien, où il lui devient tellement plus facile de nous égarer, de nous décourager et finalement de nous anéantir. A chaque fois que nous sommes submergés par de tels sentiments, lorsque nous pensons être seuls, à la merci de l'ennemi, nous nous tournons instinctivement vers des solutions humaines et essayons de nous créer une petite bulle de sécurité séparée du reste du monde. « Ah, si seulement je pouvais obtenir assez d'argent ou acquérir suffisamment de connaissances, d'influence ou de pouvoir, » nous disons-nous, « alors je m'en sortirai. » La liste de ressource est longue, les nombreux moyens que nous utilisons pour tenter de nous sentir en sécurité. Ceux-ci ne sont peut-être pas mauvais en eux-mêmes, mais la question essentielle est trop facilement oubliée, minimisée ou occultée et au final, nous ne nous la posons jamais. La question que chacun de nous doit se poser aujourd'hui en ce temps de grandes grâces et de miséricorde est la suivante : « En quoi ai-je placé toute ma confiance ? Où se trouvent mes fausses sécurités ? Quelles sont ces idoles devant lesquelles je me prosterne sans même le réaliser ? »

Dans la mesure où nous avons placé nos espoirs ailleurs qu'en Jésus Christ lui-même, nous laisserons l'ennemi nous troubler et triompher en nous ; nous serons hésitants, nous nous agiterons, nous céderons à la peur, et nous nous éloignerons toujours plus du troupeau en glissant très probablement vers le découragement et, pour finir, vers le désespoir. N'est-ce pas l'épreuve qu'eut à traverser le peuple de Dieu lors de la Pâque juive et de l'Exode ? Nous aussi pouvons trouver des arguments convaincants pour ne pas suivre le Christ sur le chemin de la Croix, qui est la nouvelle colonne de feu sacré. L'Église se réfère dans ses enseignements au temps de la fin comme à une « ultime Pâque » (CEC 677). Au long de notre cheminement vers l'éternelle Terre Promise, pourquoi supposerions-nous que nous ne serons jamais éprouvés comme le furent nos ancêtres dans le désert ? Pourquoi, en outre, imaginerions-nous que nous nous comporterons différemment ? Après les incroyables miracles dont furent témoins les Hébreux, tels que les châtiments des Égyptiens et la séparation de la mer Rouge, puis la colonne de feu, le pain miraculeux descendu du ciel, ils furent encore tentés de tomber dans l'incrédulité. Et quel fut leur cri d'angoisse dans le désert ? « Nous a-tu conduits au désert uniquement pour nous faire mourir ! » N'est-ce pas déjà le cri que nous poussons à chaque fois que notre situation personnelle devient instable et promet de devenir radicalement précaire ? Est-ce que nous protestons : « Où es-tu, Seigneur ! M'as-tu donc abandonné ?! » Telle sera notre réaction si nous n'avons mis nos espoirs que dans les consolations et les bénédictions de Dieu, et non dans notre union à Lui, y compris jusqu'à la Croix. Si nous n'attendons de Lui que la sécurité, que ferons-nous lorsque celle-ci nous sera retirée ? Sombrerons-nous dans la consternation et ensuite la trahison, rejetant ce qu'Il désire nous enseigner, refusant de Le laisser nous conduire là où Il le désire, ou de le laisser agir à travers nous comme Il le souhaite ? Voilà notre épreuve. Nul n'en sera épargné. Car c'est l'unique voie vers l'authentique et éternelle liberté.

Mais que devons-nous faire, si nous nous retrouvons au beau milieu du désert, dans une situation où toutes nos sécurités s'effondrent l'une après l'autre, et où nous nous retrouvons à la merci des dangers de notre condition humaine ? La réponse peut être trouvée dans de nombreux passages des Écritures, mais l'un de ceux que je lis et prie souvent se trouve dans le Psaume 55 (56) :

Le jour où j'ai peur, je prends appui sur toi.

Psaume 55 (56) : 3

Le psaume entier mérite d'être médité, car son auteur, le roi David, comprenait ce que signifie être humain, trembler devant la puissance apparemment écrasante de l'adversaire, sentir dans chaque partie de son être sa fragilité en tant que créature. Il fit face à Goliath avec rien d'autre qu'une petite fronde, cinq petites pierres et sa foi. Par la suite, il eut à affronter de nombreux autres ennemis, le moindre d'entre eux n'étant pas sa propre vulnérabilité face au péché. Cependant, il se tourna toujours vers le Seigneur, et apprit à travers la persévérance que nous ne devons jamais perdre courage.

La confiance n'est pas un automatisme. Elle grandit à mesure que nous l'exerçons. Nous pouvons commencer à le faire maintenant, dans chaque situation où nous nous trouvons, dans les épreuves normales et parfois extraordinaires de notre vie. Chacun de nous fait face à de telles épreuves, et chacun de nous, s'il demande au Seigneur de lui donner la force, peut trouver à travers ces épreuves l'occasion de réformer ses pensées et les mouvements de son coeur.

J'ai trouvé utile, dans certaines situations impossibles, de réciter des prières de louange à Dieu, accueillant les voies qu'Il choisirait, quelles qu'elles soient, pour me faire traverser les épreuves auxquelles je faisais face. J'aime aussi prier le cantique des trois jeunes hommes dans la fournaise ardente de Babylone. (Daniel 3, 51-90) C'est un chant d'une grande beauté, plus belle encore du fait qu'il s'agit d'un hymne chanté dans un endroit où il est le moins probable de l'entendre chanté. De telles prières, dites en un lieu où « tout espoir semble vaincu » sont très précieuses pour Dieu et Il ne décevra pas ceux qui les prient. Cela demande une fois encore de la pratique. Les athlètes renforcent leurs muscles et leur endurance par l'entraînement, et nous pouvons aussi nous entraîner à la confiance en Dieu. Nous devons nous rappeler souvent qu'Il désire nous combler de toutes les grâces dont nous avons besoin pour nous aider à croître dans cette confiance. C'est à travers les difficultés particulières de notre quotidien, et les épreuves majeures de notre existence que nous apprenons le plus efficacement. Dieu nous aime, et cela nous ne devons jamais l'oublier. Toute la communion des saints nous aime et intercède constamment pour nous. Leur intercession et l'aide des saints anges augmenteront à mesure que nous en aurons besoin. Mais ils ne nous imposeront rien, et nous devons donc développer l'habitude de demander et de compter sur la grâce. (...) Le Ciel déverse sur nous de nombreuses voies de grâce en ces temps de l'histoire. Nous pouvons nous tourner vers la Sainte Eucharistie avec une attention et une ferveur renouvelées. Nous pouvons demander à la Sainte Vierge de jouer un rôle plus important dans notre vie, nous consacrer, ainsi que nos familles, à ses soins maternels. Et nous pouvons prendre l'habitude de lire les Écritures régulièrement et dans un esprit de prière.

Nous pouvons également rechercher nos moyens propres de contribuer à la nouvelle évangélisation, car jusqu'à la fin (que cette fin advienne dans mille ans ou dans quelques années) Dieu désire ramener toutes les âmes à Lui. Ce n'est pas le moment d'abandonner le monde, mais de redoubler d'efforts pour redonner l'espérance au monde. Comme l'a écrit le Pape Jean-Paul II dans son encyclique sur la Miséricorde divine, même si les péchés de l'humanité méritent aujourd'hui un nouveau déluge, nous sommes appelés à plaider pour que Sa miséricorde rejoigne toutes les âmes du monde entier. Nous devons éviter la tentation alternative du faux optimisme ou d'un pessimisme inspiré par la peur. Les chrétiens sont les ultimes réalistes. Nous sommes des personnes capables de plonger le regard dans la sombre réalité de notre époque pour y trouver la victoire prochaine du Christ. Et cela demande aussi de la pratique.

Pour revenir aux paroles de nos Papes concernant la nature apocalyptique de notre époque :

Dans une homélie prononcée lors d'une messe le 29 juin 1972, le Pape Paul VI déclara que « par quelque fissure la fumée de Satan est entrée dans le peuple de Dieu. » (cf. notredamedesneiges.over-blog.com) Dans une allocution de 1977, il alla jusqu'à dire :

La queue du diable oeuvre à la désintégration du monde catholique. Les ténèbres de Satan sont entrées et se sont répandues dans toute l'Église catholique, jusqu'à son sommet. L'apostasie, la perte de la Foi, se répand dans le monde entier et jusqu'aux plus hauts niveaux de l'Église

— PAPE PAUL VI - Discours à l'occasion du soixantième anniversaire des apparitions de Fatima, 13 octobre 1977

Le choix de cette description inhabituelle est significatif, car il fait allusion à un passage du livre de l'Apocalypse :

Un signe grandiose apparut au ciel : une Femme ! le soleil l'enveloppe, la lune est sous ses pieds et douze étoiles couronnent sa tête ; elle est enceinte et crie dans les douleurs et le travail de l'enfantement. Puis un second signe apparut au ciel : un énorme Dragon rouge feu, à sept têtes et dix cornes, chaque tête surmontée d'un diadème. Sa queue balaie le tiers des étoiles du ciel et les précipite sur la terre. En arrêt devant la Femme en travail, le Dragon s'apprête à dévorer son enfant aussitôt né.

Ap 12: 1-4

La femme revêtue du soleil est une image de la Sainte Vierge Marie ainsi que de l'Eglise, et le passage peut être ainsi lu à différents niveaux. Dans la tentative de Satan pour détruire l'Enfant Jésus en agissant par l'intermédiaire du Roi Hérode se trouve sa signification littérale et historique ; le rôle de la Mère de Dieu à la fin des temps est un autre niveau de compréhension, allégorique et prophétique, qui se réalisera littéralement et historiquement dans un siècle futur. On peut également voir dans ce signe le rôle de l'Église à chaque époque, ses efforts pour porter le fruit du salut dans le monde. En un sens, chaque enfant est son enfant. Ainsi, l'expression utilisée dans le contexte de « la désintégration du monde catholique » est un langage très fort venant d'un Pape.

En 1976, un cardinal polonais, Karol Wotyla, prononça un discours lors d'une visite aux États-Unis.

Nous sommes maintenant devant la plus grande confrontation historique que l'humanité ait connue. Je ne pense pas qu'une grande partie de la société américaine ou qu'une grande partie de la communauté chrétienne s'en rend vraiment compte. Nous faisons maintenant face à la confrontation finale entre l'Église et l'anti-Église, entre l'Évangile et l'anti-Évangile. Cette confrontation se situe dans les plans de la divine Providence ; c'est une épreuve que toute l'Eglise ... doit affronter.

—Ce discours fut largement diffusé après son élection pontificale.

Je trouve étonnant que l'homme que le Saint-Esprit plaça, à peine deux ans plus tard, sur le Siège de Saint Pierre nous parle de la confrontation « finale » en tant que réalité présente. C'est un tout petit mot mais qui contient cependant un monde de significations.

Le Cardinal Josef Ratzinger, dans un discours qu'il prononça à Palerme (Sicile) en mars 2000, évoqua la perte de la paternité spirituelle à l'époque moderne :

La crise de la paternité que nous vivons aujourd'hui est un élément, peut-être le plus important, qui menace l'homme dans son humanité. La dissolution de la paternité et de la maternité est liée à la dissolution de notre être en tant que fils et filles.

Plus loin dans ce discours, le cardinal réfléchit au sujet de la paternité de Dieu. Il souligna que le livre de l'Apocalypse parle de l'adversaire primordial et éternel du Père, "la Bête", c'est-à-dire le diable. La Bête telle qu'elle est décrite dans le livre de l'Apocalypse n'a pas de nom ; elle est représentée par un nombre. Le cardinal Ratzinger évoqua ensuite l'Holocauste de la Seconde Guerre mondiale et montra le lien qui existe entre les camps de concentration et d'extermination d'une part et notre époque d'autre part, en particulier dans la nature déterminante de la nouvelle civilisation mondiale, extrêmement technologique, avec tout le potentiel inévitable de corruption et de déshumanisation des âmes :

« Dans leur horreur [les camps de concentration] ont effacé les visages et l'histoire, transformant l'homme en numéro, le réduisant à un rouage dans une énorme machine. L'homme n'est plus qu'une fonction ... De nos jours, nous ne devrions pas oublier qu'ils préfiguraient le destin d'un monde qui court le risque d'adopter la même structure que celle des camps de concentration, si la loi universelle des machines était acceptée. Les machines qui ont été construites imposent la même loi. Selon cette logique, l'homme doit être interprété par un ordinateur, ce qui n'est possible que s'il est convertit en nombres. La bête est un nombre et transforme en nombres. Dieu, quant à Lui, a un nom et nous appelle par notre nom. Il est une personne et recherche les personnes. »

Le Cardinal Ratzinger ne faisait pas allusion aux horreurs évidentes de ces camps, mais à ce qu'ils représentaient essentiellement. Ces camps préfiguraient ce que deviendra le monde si la loi universelle des machines est acceptée. Des êtres miraculeux et possédant une âme immortelle seront réduits au niveau d'objets pouvant être utilisés ou jetés à la guise de gouvernements irresponsables et de partenaires sociaux sous leur contrôle. Il s'en suivra inévitablement la déshumanisation radicale de l'humanité. Dans ce "meilleur des mondes", l'imposture consistera à falsifier ce qui reste de "spiritualité" pour éloigner l'humanité du Père et la mener vers Satan lui-même.

J'aimerais conclure par une citation d'un écrivain spirituel bien connu, qui commente le cantique de louange du quinzième chapitre de l'Apocalypse :

En effet, l'histoire ne se trouve pas entre les mains de puissances obscures, du hasard ou des seuls choix humains. Sur le déchaînement des énergies malfaisantes que nous voyons, sur l'irruption véhémente de Satan, sur l'apparition de tant de fléaux et de maux, s'élève le Seigneur, arbitre suprême du cours de l'histoire. Il la conduit avec sagesse vers l'aube des nouveaux cieux et de la nouvelle terre, chantés dans la partie finale du livre sous l'image de la nouvelle Jérusalem. (cf. Apocalypse 21-22)

—PAPE BENOIT XVI, discours lors de l'audience générale du 11 mai 2005, quelques jours après son élection au Siège de Pierre ; vatican.va

Voici la première et ultime parole qui nous est donnée. La victoire du Christ est le premier et dernier thème du livre de l'Apocalypse, et de même il doit être le premier et dernier mot pour notre propre vie. Nous ne sommes pas seuls, nous ne sommes pas abandonnés à la malice des puissances obscures ni aux énergies malfaisantes de leurs agents humains. Jésus-Christ est le Seigneur de l'histoire et c'est à Lui que nous devons nous accrocher dans notre traversée de cette sombre époque. Nous devons le faire comme de petits enfants, avec l'esprit de l'enfant qui s'accroche à la main de son père. Que nous ayons encore mille ans d'histoire devant nous, ou un siècle, ou une décennie, ou tout juste quelques années, la vérité reste la même.

Amen, je vous le dis : si vous ne changez pas pour devenir comme les enfants, vous n'entrerez pas dans le royaume des Cieux.

Matthieu 18: 3

La perte du sens de la paternité spirituelle et, par conséquent la perte de l'enfance spirituelle ont laissé un grand vide dans notre monde moderne, mais elles n'ont pas épargné non plus notre vie en tant que croyants. Voici dès lors la tâche qui attend chacun d'entre nous, voici le « manuel de survie » pour traverser l'Apocalypse [retrouver le sens de la paternité et de l'enfance spirituelles].

Le Seigneur se tient toujours prêt à nous recevoir, nous nourrir, nous garder et nous guider. Ouvrez et lisez, prenez et mangez, venez et buvez. Les paroles lues tout au long des pages du livre de l'Apocalypse débordent de vie. Ce ne sont pas des lettres mortes, pas même des lettres mortes qui nous enseignent des vérités, mais des paroles vivantes. A travers elles, le Seigneur dit à l'Église de Sardes : « Sois vigilant, raffermis ce qui te reste et qui allait mourir. » (Ap 3: 2) Chacune des Églises particulières doit en tenir compte, car elles contiennent à la fois une exhortation et un avertissement.

Le livre de l'Apocalypse atteint son apogée avec les dernières paroles du Christ : « Je viens sans tarder. » La totalité des Saintes Écritures se termine par la réponse de Saint Jean, sa voix s'élevant au nom de toute l'Église :

« Amen ! Viens, Seigneur Jésus ! »

Michael D. O'Brien
studiobrien.com

+ + +

Le jugement annoncé par le Seigneur Jésus se réfère surtout à la destruction de Jérusalem en l'an 70. Mais la menace de jugement nous concerne nous aussi, l'Eglise en Europe, l'Europe et l'Occident en général. Avec cet Evangile, le Seigneur clame également à nos oreilles les paroles qu'il adresse dans l'Apocalypse à l'Eglise d'Ephèse: "Si tu ne te repens, je vais venir à toi pour changer ton candélabre de son rang" (2, 5). A nous aussi, la lumière peut être enlevée et nous faisons bien si nous laissons résonner cet avertissement en notre âme avec tout son sérieux, en criant dans le même temps au Seigneur: "Aide-nous à nous convertir! Donne à chacun de nous la grâce de nous renouveler vraiment! Ne permets pas que la lumière qui est au milieu de nous s'éteigne! Renforce notre foi, notre espérance et notre amour afin que nous puissions porter de bons fruits!".

—BENOIT XVI, extrait d'une homélie du 2 octobre 2005, lors de l'ouverture du synode des évêques à Rome ; vatican.va

+ + +

Une période de questions publique a suivi l'intervention de Michael O'Brien. Pour consulter le texte complet des questions et réponses, cliquez sur le lien suivant (traduction prochaine en français) : Vivons-nous des temps apocalyptiques ? Partie 2 : questions et réponses

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