L'eucharistie – la quatrième coupe


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Publié le samedi 13 juin 2020

Auteur / source : Scott Hahn

Catégorie : Foi, doctrine & morale catholiques

Il y a une distorsion dans le récit des évangiles, que les juifs repèrent : Jésus et les disciples vont au mont des Oliviers avant d'avoir bu la quatrième coupe, la coupe de consommation. En Mc 14: 25, après avoir bu la troisième coupe, Jésus dit : « Amen, je vous le dis : je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu'au jour où je le boirai, nouveau, dans le royaume de Dieu. » Tout se passe comme si Jésus avait décidé de ne pas boire la quatrième coupe. Pourquoi ?

Sources : Conférence de Scott Hahn The fourth cup ; cf. Hunt for the Fourth Cup.

Auteur de la traduction iconnu.

1. Introduction

Dans Jn 19: 30, sur la Croix, après avoir bu le vin (aigre) qui lui est tendu, Jésus dit : « tout est accompli ». Mais on peut se demander : qu'est-ce qui est accompli, exactement ? Pour commencer, on remarque en Rm 4: 25 que Jésus est « livré pour nos fautes et ressuscité pour notre justification » : l'œuvre de notre justification n'est donc pas achevée au moment où il meurt. Pour pouvoir bien interpréter cette phrase, il faut se placer dans le bon contexte, lorsque Jésus commence à s'offrir, à la Cène.

2. Contexte de l'Ancien Testament

2.1. La première Pâque

La Cène s'inscrit dans le repas pascal des juifs. Ce repas est pris juste avant de fuir l'Égypte, alors que la dixième plaie frappe les premiers nés et les tue. Les juifs doivent trouver un agneau sans tâche pour utiliser son sang et le mettre au linteau des portes et protéger leurs propres premiers nés. Puis ils fuient l'Égypte, à travers la mer rouge et reçoivent les commandements.

Ce repas pascal préparait alors les juifs à la liberté, hors de l'esclavage en Égypte, et à l'alliance avec Dieu. L'alliance signifiait un lien familial avec YHWH, lien qui est symbolisé en assimilant Israël au premier né ou à l'épouse, à travers l'Ancien Testament. Toute la liturgie signifiait et renforçait ce lien entre Dieu et son peuple.

Dans les évangiles, Jésus n'utilise le terme d'alliance qu'en un endroit : à la Cène. Cf. Mc 14: 23-24. C'est là qu'il scelle la nouvelle alliance entre lui et nous, alors qu'il se prépare au sacrifice volontaire, au don de sa vie. Jésus est tout à la fois l'agneau de Dieu et le premier né de Dieu : il accomplit ces deux images de la libération des Juifs d'Égypte.

2.2. La célébration de la Pâque

À Pâque, à l'époque de Jésus, les juifs prenaient le Séder, repas rituel hautement symbolique. Il est structuré en quatre parties, avec quatre coupes de vin consommées par les participants.

La première coupe est prise juste avant le repas, pour la bénédiction de la fête : la prière du kadush est d'abord récitée, pour bénir le repas, puis on mange les herbes amères qui rappellent la servitude en Égypte, puis la première coupe de vin est bue. La deuxième partie est l'occasion de réciter Ex 12, le récit de la Pâque, racontée dans un format question/réponse entre le plus jeune et le plus âgé participant du repas. Puis le psaume 113 est chanté, appelé petit hallel (ce qui signifie « gloire » et a donné alleluia : gloire à YHWH). Après ce récit, la deuxième coupe est bue.

La troisième partie est celle du plat principal : l'agneau pascal et le pain sans levain, à la mémoire de la première Pâque. C'est alors que vient la troisième coupe de vin, appelée la coupe des bénédictions. C'est celle que Jésus a béni, d'après les évangiles. Vient alors le grand hallel : on chante les psaumes 114, 115, 116, 117, 118 [1] et on boit alors la quatrième coupe, la coupe de la consommation.

3. Nouvelle alliance

3.1. La rupture dans le rite

Il y a une distorsion dans le récit des évangiles, que les juifs repèrent : Jésus et les disciples vont au mont des Oliviers avant d'avoir bu la quatrième coupe, la coupe de consommation. En Mc 14: 25, après avoir bu la troisième coupe, Jésus dit : « Amen, je vous le dis : je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu'au jour où je le boirai, nouveau, dans le royaume de Dieu. » C'est après cette déclaration qu'ils chantent les psaumes – grand hallel. Tout se passe comme si Jésus avait décidé de ne pas boire la quatrième coupe [2]. Pourquoi ?

Après avoir chanté les psaumes, Jésus emmène ses disciples dans le jardin de Gethsémani, et va prier. Mt 26: 39 ou Mc 14: 36 : « Abba (Père), tout t'est possible : éloigne de moi cette coupe ! Cependant, non pas comme je veux, mais comme tu veux. » Dans l'évangile selon saint Matthieu, Jésus prie trois fois à propos de « cette coupe » : de quelle coupe est-il question ? Est-ce que cela pourrait être la quatrième coupe du repas pascal, celle que Jésus a justement évité de boire ? Il avait dit qu'il ne la boirait pas avant que son Royaume ne soit venu.

3.2. Le Royaume, l'agneau et le prêtre

Dans l'évangile selon saint Jean, la venue du Royaume de Jésus est comprise, avec une certaine ironie, comme une manifestation d'amour et de miséricorde. Jésus est intronisé comme roi et le prince de ce monde rejeté, lorsqu'il est crucifié.

« L'heure est venue où le Fils de l'homme doit être glorifié. Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruit. Qui aime sa vie la perd ; qui s'en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle. Si quelqu'un veut me servir, qu'il me suive ; et là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu'un me sert, mon Père l'honorera. Maintenant mon âme est bouleversée. Que vais-je dire ? “Père, sauve-moi de cette heure” ? – Mais non ! C'est pour cela que je suis parvenu à cette heure-ci ! Père, glorifie ton nom ! » Alors, du ciel vint une voix qui disait : « Je l'ai glorifié et je le glorifierai encore. » En l'entendant, la foule qui se tenait là disait que c'était un coup de tonnerre. D'autres disaient : « C'est un ange qui lui a parlé. » Mais Jésus leur répondit : « Ce n'est pas pour moi qu'il y a eu cette voix, mais pour vous. Maintenant a lieu le jugement de ce monde ; maintenant le prince de ce monde va être jeté dehors ; et moi, quand j'aurai été élevé de terre, j'attirerai à moi tous les hommes. » Il signifiait par là de quel genre de mort il allait mourir.

Jn 12: 23-33

En Jn 18: 33-37, c'est alors qu'il se retrouve face à Pilate, dans un état d'extrême faiblesse, que Jésus parle davantage de son royaume qu'à n'importe quelle autre occasion. En Jn 19: 14, Pilate déclare « Voici votre roi », et Jean note que cela a lieu à la sixième heure, le jour de la préparation, c'est-à-dire l'heure à laquelle l'agneau pascal doit être sacrifié... c'est alors que l'agneau de Dieu est condamné à mort.

En Jn 19: 23-24, Jean parle de la tunique sans couture de Jésus que les soldat se partagent. Il se trouve que c'est le même mot qui en Ex 28: 4 et Lv 16: 4 désigne la tenue du grand prêtre pour le sacrifice pascal : Jésus est le prêtre (il est revêtu de la robe sacerdotale) autant que la victime (il est sacrifié sur la croix).

En Jn 19: 33-36, Jésus est le seul condamné des trois crucifiés ce jour-là à n'avoir pas les os brisés. La prophétie ainsi accomplie fait écho à Ex 12: 46, où Dieu commande d'utiliser pour le sacrifice de la Pâque un agneau dont aucun os n'est brisé. En fait, dès le début de cet évangile, en Jn 1: 29, Jean-Batiste présente Jésus comme « l'agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » : du début de l'évangile de Jean jusqu'à la fin, Jésus est l'agneau pascal de la nouvelle alliance, envoyé pour nous libérer de la servitude du péché et de la mort, en écho à la première Pâque des juifs.

3.3. Accomplissement des écritures

En Jn 19: 28-30, alors que Jésus est crucifié, on lit : « Après cela, sachant que tout, désormais, était achevé pour que l'Écriture s'accomplisse jusqu'au bout, Jésus dit : "J'ai soif." Il y avait là un récipient plein d'une boisson vinaigrée. On fixa donc une éponge remplie de ce vinaigre à une branche d'hysope, et on l'approcha de sa bouche. Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : "Tout est accompli." Puis, inclinant la tête, il remit l'esprit. »

Jean note qu'une branche d'hysope est utilisée pour lui donner du vinaigre. En Ex 12, c'est le bois utilisé pour appliquer le sang de l'agneau sur les montants des portes afin de sauver les premiers nés des juifs : à nouveau, Jésus est associé à l'agneau pascal.

Afin d'accomplir les écritures, Jésus dit « j'ai soif ». Mais Jésus devait avoir soif bien avant, vu les souffrances qu'il a endurées... Plus tôt dans sa passion, Jésus avait refusé le vin qu'on lui servait, mélangé avec un anti-douleur – de la myrrhe, ou du fiel (cf. Mc 15: 23). Il ne s'agit en outre certainement pas d'un commentaire en passant, mais de quelque chose de délibéré (pour accomplir les écritures). De fait, il est très difficile de parler sur la croix : chaque mot a donc un sens essentiel.

Jésus boit donc le vin vinaigré et dit « tout est accompli ». Jésus avait volontairement interrompu la célébration de la Pâques pour faire advenir l'accomplissement de la Pâque de l'Ancienne Alliance dans la Pâque de la Nouvelle Alliance. S'il boit du vin à nouveau, c'est que son Royaume a commencé, selon ce qu'il a lui-même dit. En disant « tout est accompli », Jésus faisait donc référence à la Pâque qu'il avait commencé à célébrer avec ses disciples, qu'il consomme et complète à cet instant, en buvant le vin de la quatrième coupe, la coupe de consommation. Le sacrifice pascal de Jésus commence donc volontairement à l'eucharistie, quand il célèbre la Pâque avec ses apôtres. À cette occasion, il sépare son corps et son sang, ce qui signifie sa mort.

Quand, alors, la Pâque finit-elle ? Quand Jésus reçoit le vin sur la croix : la quatrième coupe, de consommation. Jésus finit la transformation de la Pâque de l'ancienne alliance en celle de la nouvelle alliance, que l'on appelle eucharistie.

Au début de l'évangile de Jean, on lit (Jn 6: 52-56) « celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie en lui. » Ce discours sur le pain a lieu un an ou deux avant sa mort, au moment de la Pâque (Jn 6: 4) : à cette occasion, Jésus, l'agneau de Dieu, multiplie le pain, dit que sa chair est le pain et son sang le vin, et qu'il faut manger sa chair et boire son sang.

3.4. L'eucharistie

Si, pour Jésus, la Pâque se finit quand il boit le vin sur la croix, quand, pour notre part, célébrons-nous la Pâque ?

Pour un juif de l'ancienne alliance, il ne serait pas suffisant de tuer l'agneau du sacrifice, ni de répandre son sang sur les montants des portes : il faut manger sa chair. Sans cela, le premier né aurait été mort le jour suivant.

Le but du sacrifice animal était de le consommer dans un repas de communion qui symbolise la famille de l'Alliance. La raison pour laquelle Dieu commande le sacrifice des animaux n'est pas de provoquer un bain de sang, mais d'amener un repas qui signifie notre communion et notre unité avec Lui. Donc, quand l'agneau de Dieu est sacrifié sur la croix, il reste encore à le manger : c'est à nous de le faire : « notre agneau pascal a été immolé : c'est le Christ. Ainsi, célébrons la Fête... » (1 Co 5: 7-8) Sinon nous ne sommes pas partie prenante de la Nouvelle Alliance.

En 1 Co 10: 16, Paul dit « La coupe de bénédiction [3] que nous bénissons, n'est-elle pas communion au sang du Christ ? Le pain que nous rompons n'est-il pas communion au corps du Christ ? » et il ajoute : « celui qui mange et boit, mange et boit sa propre condamnation s'il ne discerne le corps. [s'il ne reconnaît par la Présence réelle de Jésus dans le pain consacré] » (1 Co 11: 29) : Paul dit clairement que nous avons à recevoir l'agneau de Dieu, réellement présent, en le mangeant et en buvant son sang.

Dans le livre de l'apocalypse, à partir du chapitre 5 où Jésus est présenté comme l'agneau de Dieu, une liturgie céleste est présentée, célébrée par un prêtre que Jean voit sous l'apparence d'un agneau, comme égorgé (Ap 5: 6). Le repas des noces de l'Agneau est l'archétype de la messe, fondée sur la liturgie céleste qui est une nouvelle alliance pascale fondée sur le repas pascal dont le célébrant est le Christ. Décrit à la fois comme prêtre et victime, le Christ est le roi et l'agneau de Dieu qui semble avoir été sacrifié (comme égorgé). La liturgie de l'Église est basée sur les prières juives, célébrées par Jésus et ses disciples, et sur la bible. Nous recevons le corps de l'agneau glorifié, qui ne souffre plus et n'est pas sacrifié à nouveau. [4]

3.5. Notre propre participation à la messe

Comprenons-nous ce que nous avons reçu dans la messe ? Nos frères protestants lisent le menu pendant que nous mangeons le repas, sans toujours bien connaître les ingrédients. Aux États-Unis, le deuxième groupe religieux le plus important est composé de quinze millions de catholiques baptisés qui ne vont plus à la messe. Quinze millions de frères et soeurs qui ne rentrent pas dîner à la maison le soir. Si nos coeurs ne se brisent pas à cette idée, ils doivent être de glace. Apprécions-nous assez ce que nous recevons pour les aimer, pour aimer Dieu ? Les aimons-nous assez pour nous remonter les manches, étudier notre foi et répondre à leurs questions et à leurs objections, pour qu'ils puissent voir ce qu'est l'eucharistie ?

Réalisons-nous ce que nous recevons dans la communion ? [...] Nous recevons assez de grâce à chaque communion pour nous rendre saints. Mais nous préparons-nous ? Prions-nous avant d'aller à l'Église ? Nous disposons-nous à recevoir la grâce ? Prenons-nous le temps de rendre grâce après ? Dans la communion, nous recevons la grâce suffisante pour changer le monde, et à la place, nous dormons [...] sans utiliser le trésor qui nous revient par droit de naissance.

Allons au Seigneur et demandons-lui de recevoir plus de grâce, pour attendrir nos coeurs, pour préparer nos âmes et recevoir notre Seigneur avec de bien plus saintes dispositions.

4. Conclusion en forme de prière

Prions. Seigneur, notre Père du Ciel, nous te remercions pour l'alliance que tu as établie par Jésus Christ. Dans son corps, dans son sang nous avons un lien familial qui nous unit à toi, très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit. Nous voulons être enveloppés de ton amour, dans ta communion de vie. Mais nous sommes faibles, ignorants et pécheurs.

Nous sommes de pauvres épaves qui ne peuvent même pas l'admettre. Aie pitié de nous Seigneur. Regarde tes pauvres enfants – nous sommes si fiers de notre technologie, de notre richesse matérielle, de notre réussite économique, de notre force politique... aie pitié de nous ! Donne-nous de nouvelles grâces. Montre-nous plus de miséricorde. Fais-nous revenir avec de bien plus saintes dispositions pour recevoir la plénitude de la grâce quand nous recevons la plénitude du Christ. Je prie, ô Seigneur, pour que ton Esprit Saint émeuve nos coeurs, les adoucissent, pour qu'il ébranle nos esprits et les renforce en nous faisant comprendre et croire et aimer la vérité que le Christ a révélée, qu'il incarne. Tu connais chaque personne ici aujourd'hui, de quoi elle souffre, mariage, famille, travail, corps... montre-nous, Seigneur, combien tu es proche de nous dans la sainte eucharistie, que nous puissions voler vers toi et recevoir de toi l'aide dont nous avons besoin. Pardonne-nous aussi notre ingratitude et notre distraction, parce que nous avons considéré que tout nous était dû, depuis si longtemps. Tu es mort, Seigneur Jésus, pour faire de nous une seule famille, et maintenant tu vis pour nous sanctifier. Amen.

Sources : Conférence de Scott Hahn The fourth cup ; cf. Hunt for the Fourth Cup.


[1] Quand Jésus a béni la coupe, on lit (Mc 14: 26) qu'ils chantent les psaumes (le em>grand hallel). Paul identifie la coupe de l'Eucharistie à la grande bénédiction 1 Co 10: 16 : « La coupe de bénédiction que nous bénissons, n'est-elle pas communion au sang du Christ ? ».
[2] Pour comprendre la surprise d'un juif en voyant Jésus sauter la quatrième coupe, imaginez que le prêtre, au cours de la Messe, oubliant de prononcer les paroles de la consécration. On passerait vraisemblablement à côté du sens et du but fondamental de la liturgie...
[3] Référence à la troisième coupe, celle que Jésus bénit à la Cène.
[4] Scott Hahn insiste sur ce point car, lorsqu'il était protestant, il imaginait que l'eucharistie renouvelait le sacrifice à chaque célébration [alors qu'il le réactualise ce qui est bien différent]. C'est ce que pensent encore nombre de protestants.

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Sur le forum LE PEUPLE DE LA PAIX, le Père Nathan (prêtre catholique d'origine juive) a donné, en 2018, une version un peu différente de ces quatre coupes :

«D’abord le moment de l’entrée, la joie, on chante les psaumes. Puis il y a la deuxième coupe, la coupe de bénédiction. Dans la coupe de bénédiction qui correspond un peu à notre offertoire, il y a le rappel de ce qui s’est passé, on lit des textes de la Torah, les miracles que Dieu a faits, puis on se lève, on a un bâton à la main, on communie à la fin de la deuxième coupe, on prend du pain sans levain et un morceau d’agneau que l’on met sur le pain, et on mange le pain-agneau. La symbolique est belle : Dieu est notre nourriture mais à travers l’agneau et dans l’agneau et en communion avec l’agneau. C’est donc une "première communion", si je puis dire, et c’est à la main. Puis après on va rentrer dans le fameux Hallel du Seder, et on boit la troisième coupe. C’est à ce moment-là que Jésus, quand Il a fait le Seder avec Ses disciples, s’est levé de table, a mis un linge à Sa ceinture et a lavé les pieds de Ses disciples.

Normalement il n’y a pas cet arrêt-là dans le Seder, c’est Jésus qui prend cette initiative. Pourquoi ? Parce qu’il y a une quatrième partie, un quatrième moment, il y a encore une quatrième coupe dans le repas de la Pâque, et puis il y a aussi un morceau de pain qui est spécialement réservé au Messie, dont Jésus a parlé dans l’Évangile d’il y a trois jours, vous vous rappelez : « Un jour David est rentré dans la tente et avec Ses disciples. Il a mangé du pain qui était réservé au Messie et qu’il n’avait pas le droit de toucher ». Il parlait de ce pain qui était réservé au Messie. Effectivement, à chaque Cène depuis Moïse jusqu’à Jésus, et encore aujourd’hui quand on célèbre la Pâque, il y a le pain qui reste là, on ne le touche pas, il est réservé au Messie d’Israël. Et puis vous avez la coupe qui est aussi réservée au Messie. Comme on est à la fin du repas, on dit : « Le Messie n’est toujours pas revenu », tout le monde fait semblant de partir, il y a un petit mouvement qui se fait, et le maître de maison ou le rabbi – puisque le Messie n’est pas encore revenu – prend le pain, le partage, le trempe dans la quatrième coupe et donne la bouchée. Vous avez cela dans l’Évangile : c’est la bouchée qu’Il leur donne. C’est un rite qui a un rôle religieux, liturgique, surnaturel très important dans la Bible.

Jésus a d’abord lavé les pieds de Ses disciples, et après Il a pris le pain, d’ailleurs, nous le disons à la Messe : « Il prit le pain », le pain qui Lui est réservé, et Il a dit : « Ceci est mon corps », et puis après, à la fin du repas, Il prit la coupe, et ensuite Il donna la bouchée. Quand Il donna la bouchée à Juda, Satan rentra en Juda. Ce n’est pas marqué dans l’Évangile qu’Il donna la mannée. Il donna la bouchée.»

Source de l'extrait : https://lepeupledelapaix.forumactif.com/t42211p300-question-au-pere-nathan-communion-dans-la-main#432808

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