Signe de contradiction


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Publié le vendredi 28 août 2020

Auteur / source : Michael O'Brien

Catégorie : Réflexions et méditations diverses

Comme en toutes autres périodes de l'histoire, ceux qui suivent le Christ aujourd'hui doivent être extrêmement vigilants face à l'esprit de compromission. En tant que membres du Corps du Christ, et même en tant qu'Épouse du Christ, chacun de nous est appelé à vivre la totalité de l'Évangile sans compromis, dans un esprit d'amour authentique, et en étant disposé à tout perdre (si cela nous est demandé) pour défendre la Vérité.

Source : Studiobrien.com (archive)

Image : The Sword and the Crown, par Michael O'Brien

Traduction Pierre et les Loups. Cet article reprend certains passages du texte « Vivons-nous des temps apocalyptiques ? Partie 1 » précédemment traduit et publié sur ce blog, et qui méritent d'être (re)lus à la lumière des événements actuels.

« Mais qu'est-ce que la Vérité ? » demande Pilate alors que Jésus se tient silencieusement devant lui, captif et humilié. Le Seigneur ne répond pas par des mots mais par Sa seule présence. Il est la Vérité, le Chemin et la Vie. Il est le Verbe fait chair. Il est le signe de contradiction qui confond tous nos schémas habituels de pensée. À ce moment crucial, il apparaît aux yeux de Pilate comme la personnification de l'impuissance, rien de plus qu'un agitateur de l'empire et un paria du peuple juif. Pilate préfère la justice mais est incapable d'agir en conséquence parce que sa façon de concevoir la Iustitia ne repose pas sur un fondement absolu. Il ne voit qu'une situation politique complexe, un dilemme social et peut-être aussi la menace de perdre sa propre carrière. Il choisit de condamner un homme innocent au nom d'un bien qu'il perçoit comme supérieur. Il représente une version laïque de Caïphe — tous deux sont stratèges, tous deux à leur manière sont des hommes sensés et intelligents.

Chaque génération devrait se demander : qu'est-ce donc que la Vérité ? Et la réponse doit toujours être faite par le don de sa vie. La foi ne peut jamais se limiter à une simple question d'assentiment rationnel à un ensemble de doctrines — bien que cela soit bien sûr une part essentielle de notre foi. Nous pourrions mémoriser le Catéchisme de l'Église catholique par coeur, donner un assentiment intellectuel à chacun de ses articles, et cependant, aussi louable que cela puisse être, cela ne suffit pas. Notre foi repose dans notre union à Jésus-Christ, dès ce monde-ci et pour l'éternité.

En mutation permanente et se manifestant d'une multitude de façons, le spiritus mundi s'efforce toujours de désintégrer l'unité authentique entre le troupeau et le Berger (entre l'homme et Dieu), souvent par le péché, souvent par l'erreur, et de façon toujours croissante par un mauvais usage de l'argument du « moindre mal ». En rompant la communion, il suscite un terrible isolement, nous divisant intérieurement et en même temps nous séparant de la communauté humaine, privant ainsi l'humanité des dons uniques que nous avons à lui offrir. Marginalisés, nous finissons par glisser vers un sentiment d'abandon malsain où il devient tellement plus facile de sombrer dans la confusion et le découragement, et ensuite d'être neutralisés — et manipulés à des fins sociales ou politiques.

Toutes les fois où nous nous sentons submergés par des sentiments de défaite, lorsque nous pensons que nous sommes seuls et sans protection, nous avons tendance à nous tourner instinctivement vers des solutions humaines : « Ah, si seulement je pouvais avoir assez d'argent, de connaissances ou de pouvoir ! » disons-nous, « oui, alors je pourrais faire tant de bien ! » La liste de ces solutions est longue et celles-ci ne sont pas nécessairement mauvaises en soi ; mais toujours existe ce désir, généralement enfoui dans notre subconscient, de créer un monde plus sûr pour nous-mêmes quitte à vouloir tout surveiller et contrôler. Trop facilement, nous oublions, minimisons ou ignorons les questions essentielles, et finalement nous ne nous les posons jamais. La question essentielle que chacun de nous devrait se poser, aujourd'hui même, est celle-ci : « En quoi ai-je placé toute ma confiance ? » Et les questions corollaires : « Où se trouvent mes fausses sécurités ? Quelles sont ces idoles devant lesquelles je me prosterne sans même en prendre conscience ? »

La raison humaine illuminée par la grâce est un merveilleux don de Dieu, mais la Raison seule ne nous sauvera pas. [...] L'engagement politique animé par la volonté d'instaurer un ordre social juste par la défense de la dignité humaine représente un effort louable et nécessaire. Mais en fin de compte, la politique ne peut nous sauver, pas même, chose excessivement rare, une politique imprégnée de la plus haute conscience morale. Ce sont au mieux de bons outils, jamais des forces salvifiques. Si nous ne comprenons pas cela, nous nous rendons vulnérables à ce que le Catéchisme appelle une forme de messianisme sécularisé « intrinsèquement perverse » (CEC, n° 673-677).

Le chrétien est appelé par le Christ à vivre avec une sorte de « vision en profondeur ». Nous devons agir tant que la lumière nous est donnée et en même temps nous rappeler qu'il viendra un moment où tous nos efforts seront freinés, voire vaincus. Jésus nous dit de ne pas nous laisser consterner par cela.

Si le monde a de la haine contre vous, sachez qu'il en a eu d'abord contre moi. Si vous apparteniez au monde, le monde aimerait ce qui est à lui. Mais vous n'appartenez pas au monde, puisque je vous ai choisis en vous prenant dans le monde ; voilà pourquoi le monde a de la haine contre vous. Rappelez-vous la parole que je vous ai dite : un serviteur n'est pas plus grand que son maître. Si l'on m'a persécuté, on vous persécutera, vous aussi. Si l'on a gardé ma parole, on gardera aussi la vôtre. Les gens vous traiteront ainsi à cause de mon nom, parce qu'ils ne connaissent pas Celui qui m'a envoyé.

Jean 15: 18-21

Dans la mesure où nous avons placé nos espoirs ailleurs qu'en Jésus Christ lui-même, nous finirons par tomber dans la confusion et l'accablement ; nous hésiterons, nous nous agiterons, nous serons envahis par la peur, et nous glisserons très certainement vers le découragement et, pour finir, le désespoir. [...]

N'est-ce pas là l'épreuve qu'eut à traverser le peuple de Dieu lors de la Pâque juive et de l'Exode ? Nous aussi pouvons trouver des arguments convaincants pour ne pas suivre le Christ sur le chemin de la Croix, qui est la nouvelle colonne de feu sacré. L'Église enseigne (CEC, n° 677) que dans les temps précédents la fin du monde, nous connaîtrons une « ultime Pâque ». Celle-ci viendra sûrement, tôt ou tard, et alors la vision prophétique (cf. Apocalypse, Isaïe, etc.) atteindra son accomplissement tout autour de nous, dans toute sa dure réalité. Ce n'est pas pour rien si le Seigneur a exhorté chaque génération à « veiller et à prier ». Au long de notre cheminement vers l'éternelle Terre Promise, pourquoi supposerions-nous que nous ne serons jamais éprouvés comme le furent nos ancêtres dans le désert ? Pourquoi, en outre, imaginerions-nous que nous nous comporterons différemment ? Après les miracles éclatants dont furent témoins les Hébreux, tels que les châtiments des Égyptiens et la séparation de la mer Rouge, puis la colonne de feu, le pain miraculeux descendu du ciel, ils furent encore tentés de tomber dans l'incrédulité. Et quel fut leur cri d'angoisse dans le désert ? « Nous as-tu conduits au désert uniquement pour nous faire périr ! »

N'est-ce pas déjà le cri que nous poussons à chaque fois que notre situation personnelle devient instable et promet de devenir radicalement précaire ? Protestons-nous : « Où es-tu, Seigneur ! M'as-tu donc abandonné ? » Voilà comment nous agirons si nous n'avons mis nos espoirs que dans les consolations et les bénédictions de Dieu, et non dans notre union à Lui, y compris jusqu'à la Croix. Si nous n'attendons de Lui que la sécurité, que ferons-nous lorsque celle-ci nous sera retirée ? Sombrerons-nous dans la découragement et ensuite la trahison, en rejetant ce qu'Il désire nous enseigner, ou en refusant de nous laisser conduire là où Il veut nous mener, et en nous opposant à ce qu'Il désire accomplir à travers nous ? Voilà notre ultime test. Nul ne peut s'y soustraire.

Mais que devrons-nous faire, si nous devions nous retrouver dans le désert, dans une situation où toutes nos sécurités s'effondrent et où nous nous retrouvons radicalement exposés aux dangers de l'existence humaine ? La réponse se trouve dans de nombreux passages des Écritures, tels que celui-ci tiré du Psaume 55 (56), qu'il m'arrive souvent de méditer dans la prière :

Le jour où j'ai peur, je prends appui sur toi.

Le psaume entier mérite d'être médité, car son auteur, le roi David, comprenait le drame de notre condition humaine, le fait de trembler devant la force manifestement invincible de l'adversaire, de ressentir dans chaque parcelle de son être sa propre fragilité de créature. Il fit face à Goliath avec pour seules armes une petite fronde, cinq cailloux bien lisses et sa foi. Par la suite, il eût à affronter de nombreux autres ennemis, à commencer par sa propre vulnérabilité au péché. Pourtant, il s'est toujours tourné vers le Seigneur, ne cessant jamais de revenir et revenir encore à Lui. C'est ainsi qu'il apprit, en chemin, que nous ne devons jamais perdre courage.

La confiance ne nous vient pas automatiquement. C'est, comme le révèle le psalmiste, un choix. Elle grandit à mesure que nous l'exerçons. Nous pouvons commencer maintenant, quelle que soit la situation dans laquelle nous nous trouvons, dans les épreuves normales et parfois extraordinaires de notre existence. Chacun de nous en traverse, et chacun de nous, s'il demande au Seigneur de le fortifier au milieu de ces épreuves, peut trouver une nouvelle opportunité de réformer ses pensées et les mouvements de son coeur.

J'ai trouvé utile dans des situations impossibles de réciter à l'avance des prières de louange à Dieu pour la façon, quelle qu'elle soit, dont Il me ferait surmonter l'épreuve du moment. J'aime aussi prier le cantique des trois jeunes hommes dans la fournaise ardente de Babylone. (Daniel 3, 51-90) C'est un chant d'une grande beauté, plus belle encore du fait qu'il s'agit d'un hymne chanté dans un endroit où il est le moins probable de l'entendre chanter. De telles prières, dites en un lieu où « tout espoir semble vaincu » sont très précieuses pour Dieu et Il ne décevra pas ceux qui les prient. Cela demande, encore une fois, de la pratique. Les athlètes renforcent leurs muscles et leur endurance par l'entraînement, et nous pouvons aussi nous entraîner à la confiance en Dieu. Nous devons nous rappeler souvent qu'Il désire nous combler de toutes les grâces dont nous avons besoin pour nous aider à grandir dans cette confiance. C'est à travers les difficultés particulières de notre quotidien, et les épreuves majeures de notre existence que nous apprenons le plus efficacement. Dieu nous aime, et cela nous ne devons jamais l'oublier. Toute la communion des Saints nous aime et intercède constamment pour nous. Leur intercession et l'aide des saints anges augmenteront à mesure que nous en aurons besoin. Mais ils ne nous imposeront rien, et nous devons donc développer l'habitude de demander et de compter sur la grâce.

Nous vivons actuellement une période de l'histoire — peut-être le dernier bref instant — où il est encore possible d'apprendre ces leçons dans le cœur, l'âme et l'esprit sans interférence draconienne. Le Ciel déverse sur nous de nombreuses voies de grâce en ce moment. Nous pouvons nous tourner vers la Sainte Eucharistie avec une attention et une ferveur renouvelées. Nous pouvons demander à la Sainte Vierge de jouer un rôle plus important dans notre vie, nous consacrer, ainsi que nos familles, à ses soins maternels. Et nous pouvons prendre l'habitude de lire et méditer la Sainte Écriture régulièrement et dans la prière.

Nous pouvons également chercher des moyens de contribuer à la nouvelle évangélisation, car jusqu'à la fin (que cette fin advienne dans mille ans ou dans quelques années) Dieu désire ramener toutes les âmes à Lui. Ce n'est pas le moment d'abandonner le monde, mais de redoubler d'efforts pour redonner l'espérance au monde. Comme l'a écrit le Pape Jean-Paul II dans son encyclique sur la Miséricorde divine, même si les péchés de l'humanité méritent aujourd'hui un nouveau déluge, nous sommes appelés à plaider pour que Sa miséricorde rejoigne chaque âme à travers le monde. Nous devons éviter la tentation alternative du faux optimisme ou celle d'un pessimisme inspiré par la peur. Les chrétiens sont les ultimes réalistes. Nous sommes des personnes capables de plonger le regard dans la sombre réalité de notre époque pour y trouver la victoire prochaine du Christ. Et cela demande aussi de la pratique.

Alors que la confusion morale se répand dans ce qui fut autrefois une civilisation chrétienne, nous devons comprendre que notre espérance profonde et notre douleur face à l'état actuel des choses ne sont pas symptomatiques d'un conflit psychologique mais plutôt le signe d'une saine intégration.

En 1976, un cardinal polonais nommé Karol Wotyla prononça un discours lors d'une visite aux États-Unis.

Nous assistons aujourd'hui à la plus grande confrontation historique que l'humanité ait jamais connue. Je ne pense pas qu'une grande partie de la société américaine ou qu'une grande partie de la communauté chrétienne s'en rend vraiment compte. Nous faisons face aujourd'hui à la confrontation finale entre l'Église et l'anti-Église, entre l'Évangile et l'anti-Évangile. Cette confrontation se situe dans les limites imposées par les desseins de la Divine Providence ; c'est une épreuve à laquelle toute l'Église... doit faire face.

(Le discours fut largement diffusé après son élection pontificale, lorsqu'il fut republié dans le numéro du 9 novembre 1978 du Wall Street Journal)

Sa déclaration fut rejetée par de nombreux commentateurs de l'époque qui réduisirent ses réflexions à des simples opinions subjectives conditionnées par ses origines politiques et psychologiques — on prétendit que, de par ses souffrances, ce Polonais projetait sa négativité et ses angoisses sur le monde dans son ensemble. A aucun moment ils n'envisagèrent la possibilité que sa pensée puisse être prophétique. Indépendamment de la rhétorique des critiques, le Saint-Esprit plaça saint Jean-Paul II sur la Chair de Saint Pierre seulement deux ans plus tard. Tout au long de son pontificat, il fut évident qu'un fil d'or apocalyptique traversait nombre de ses discours publics et de ses écrits, y compris lors de ses voyages à travers le monde pour proclamer la nouvelle évangélisation — il a su nous montrer, par sa mission apostolique, ce que signifie avoir une authentique « vision en profondeur ». Il en fut de même pour Benoît XVI.

Alors qu'il n'était encore que cardinal, Josef Ratzinger, dans un discours qu'il prononça à Palerme (Sicile) en mars 2000, évoqua la perte de la paternité spirituelle à l'époque moderne :

La crise de la paternité que nous vivons aujourd'hui est un élément, peut-être le plus important, qui menace l'homme dans son humanité. La dissolution de la paternité et de la maternité est liée à la dissolution de notre être en tant que fils et filles.

Plus loin dans ce discours, le cardinal réfléchit au sujet de la paternité de Dieu. Il souligna que le livre de l'Apocalypse parle de l'adversaire primordial et éternel du Père, le diable, et de « la Bête », c'est-à-dire l'Antéchrist ou l'Homme de péché totalement contrôlé par Satan. La Bête telle qu'elle est décrite dans le livre de l'Apocalypse n'a pas de nom ; elle est représentée par un nombre. Le cardinal Ratzinger évoqua ensuite l'Holocauste de la Seconde Guerre mondiale et montra le lien qui existe entre les camps de concentration / extermination et notre époque, en particulier dans la nature déterminante de la nouvelle civilisation mondiale, qui est extrêmement technologique, avec tout le potentiel de corruption et de déshumanisation qui en résulte. (Lire Notre 1942)

« Dans leur horreur [les camps de concentration] ont effacé les visages et l'histoire, transformant l'homme en numéro, le réduisant à un rouage dans une énorme machine. L'homme n'est plus qu'une fonction ... De nos jours, nous ne devrions pas oublier qu'ils préfiguraient le destin d'un monde qui court le risque d'adopter la même structure que celle des camps de concentration, si la loi universelle des machines était acceptée. Les machines qui ont été construites imposent la même loi. Selon cette logique, l'homme doit être interprété par un ordinateur, ce qui n'est possible que s'il est convertit en nombres. La bête est un nombre et transforme en nombres. Dieu, quant à Lui, a un nom et nous appelle par notre nom. Il est une personne et recherche les personnes. »

Le Cardinal Ratzinger ne faisait pas allusion aux horreurs manifestes de ces camps, mais à ce qu'ils représentaient dans leur principe. Il a averti que si le monde succombait à cette nouvelle forme « douce » de tyrannie — aussi séduisante et efficace soit-elle — le résultat final serait le même : des êtres miraculeux et immortels seront réduits à l'état d'objets pouvant être utilisés ou jetés au gré des désirs de gouvernements irresponsables et des forces sociales sous leur contrôle. Il s'en suivra inévitablement la déshumanisation progressive de l'humanité. Dans ce « meilleur des mondes », ce qui restera de "spiritualité" ne sera que mensonge, et sera utilisé pour mener l'humanité non pas vers le Père céleste mais vers Satan lui-même.

Lors de l'audience générale du 11 mai 2005, le Pape Benoît XVI nouvellement élu commenta le cantique de louange du quinzième chapitre de l'Apocalypse :

... l'histoire ne se trouve pas entre les mains de puissances obscures, du hasard ou des seuls choix humains. Sur le déchaînement des énergies malfaisantes que nous voyons, sur l'irruption véhémente de Satan, sur l'apparition de tant de fléaux et de maux, s'élève le Seigneur, arbitre suprême du cours de l'histoire. Il la conduit avec sagesse vers l'aube des nouveaux cieux et de la nouvelle terre, chantés dans la partie finale du livre sous l'image de la nouvelle Jérusalem. (cf. Apocalypse 21-22)

— PAPE BENOIT XVI, discours lors de l'audience générale du 11 mai 2005, quelques jours après son élection au Siège de Pierre ; vatican.va

La victoire du Christ est le premier et dernier thème du livre de l'Apocalypse, et elle doit être aussi le premier et dernier mot de notre vie. Nous ne sommes pas seuls, nous ne sommes pas abandonnés à la malice des puissances obscures ni aux énergies malfaisantes de leurs agents humains. Jésus-Christ est le Seigneur de l'histoire et c'est à Lui que nous devons nous accrocher dans notre traversée de cette sombre époque. Nous devons le faire avec l'esprit de l'enfant qui s'accroche à la main de son père. Que nous ayons encore mille ans d'histoire devant nous, ou un siècle, ou une décennie, ou tout juste quelques années, la vérité reste la même :

Si vous ne changez pas pour devenir comme les enfants, vous n'entrerez pas dans le royaume des Cieux.

Matthieu 18: 3

Le Seigneur se tient toujours prêt à nous recevoir, nous nourrir, nous garder et nous guider. Prenez et mangez, venez et buvez, ouvrez et lisez. Les paroles du Seigneur débordent de vie. Elles ne sont pas lettres mortes sur une feuille imprimée, pas même des lettres mortes qui nous enseignent des vérités, mais des paroles vivantes. À ce stade de l'histoire, nous ferions bien de méditer sur les paroles que le Seigneur adresse aux sept églises dans l'Apocalypse, notamment à l'Église de Sardes :

Sois vigilant, raffermis ce qui te reste et qui allait mourir.

Ap 3: 2

Chacune des Églises particulières doit en tenir compte, car elles contiennent à la fois une exhortation et un avertissement.

Le livre de l'Apocalypse atteint son apogée avec les dernières paroles du Christ : « Je viens sans tarder. »

La totalité des Saintes Écritures se termine par la réponse de saint Jean, sa voix s'élevant au nom de toute l'Église :

« Viens, Seigneur Jésus ! »

Voici le cœur du problème : celui qui était mort vit aujourd'hui ; celui qui s'est éloigné de nous reviendra. Par Sa Résurrection, en sortant victorieux de la mort et en confondant toutes les autres stratégies de Satan, Jésus nous montre que Lui seul est la Vie. [...]

* * *

Extrait de l'homélie du Pape Benoît XVI, 2 octobre 2005, à l'ouverture du synode à Rome :

Le jugement annoncé par le Seigneur Jésus se réfère surtout à la destruction de Jérusalem en l'an 70. Mais la menace de jugement nous concerne nous aussi, l'Eglise en Europe, l'Europe et l'Occident en général. Avec cet Evangile, le Seigneur clame également à nos oreilles les paroles qu'il adresse dans l'Apocalypse à l'Eglise d'Ephèse: "Si tu ne te repens, je vais venir à toi pour changer ton candélabre de son rang" (2, 5). A nous aussi, la lumière peut être enlevée et nous faisons bien si nous laissons résonner cet avertissement en notre âme avec tout son sérieux, en criant dans le même temps au Seigneur: "Aide-nous à nous convertir! Donne à chacun de nous la grâce de nous renouveler vraiment! Ne permets pas que la lumière qui est au milieu de nous s'éteigne! Renforce notre foi, notre espérance et notre amour afin que nous puissions porter de bons fruits!".

— BENOIT XVI, extrait d'une homélie du 2 octobre 2005, lors de l'ouverture du synode des évêques à Rome ; vatican.va

Michael O'Brien
Sign of Contradiction and the Meaning of Easter

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L’homme d’aujourd’hui ne sait plus attendre « Celui qui est là », ne sait plus entendre «  Celui qui vient » car Il vient, ne sait plus défendre « Celui qui nous habite » par son cœur fermé, ne sait plus rendre grâce à « Celui qui donne tout » car il croit tout posséder, ne sait plus louer « Celui qui est la Vie » parce que l’homme prétend la maîtriser! Il ne sait plus comprendre que c’est en la perdant qu’on retrouve la Vie!

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