Non, je ne suis pas pessimiste par Père Yannik Bonnet


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Publié le samedi 27 janvier 2018

Auteur : Père Yannik Bonnet

Catégorie : France, Fille aînée de l'Eglise

Une réflexion du Père Yannik Bonnet.

Vous qui êtes prêtre, comment pouvez-vous être aussi pessimiste?

C'est une femme d'une trentaine d'années, mère de cinq enfants, qui m'interpelle ainsi. Je suis un peu surpris car depuis ma rencontre avec Marthe Robin en 1973, je n'ai jamais" rechuté " dans le pessimisme qui, à l'époque, me pourrissait la vie insidieusement depuis près de dix ans, sans pour autant m'empêcher de me battre, dans le pénible climat " lutte des classes " des années soixante.

Ce qu'elle prend pour du pessimisme, c'est mon habitude d'analyser réalistement l'état de mon pays, sans complaisance aucune, je le reconnais, et de m'obstiner à ne pas voir dans le " macronisme " actuel une voie de salut pour ma patrie. Et même, avouons le, d' y percevoir une manière plus habile que celle de ses prédécesseurs pour engager la France dans les chemins tortueux du mondialisme financier, amoral et idolâtre.

Mon interlocutrice est à deux doigts de m'accuser de faire au jeune Président un procès d' intention. Je proteste avec énergie car il est tout à fait possible que celui-ci soit intimement convaincu que cette voie est la meilleure pour notre pays dans le contexte actuel. La formation qu'il a reçue à l'ENA et la carrière que cela lui a permis l'en ont certainement persuadé et tout a semblé lui sourire dans un contexte politique que beaucoup d'observateurs jugeaient " bloqué ". Qu'il soit très ambitieux personnellement n'a rien d'un vice rédhibitoire, il faut bien l'être pour accepter une vie où l'on ne s'appartient plus.

Mais, pour celui qui aime profondément la France, qui s'obstine à croire qu'elle ne peut être grande qu'en restant fidèle à sa vocation de fille Aînée de l'Eglise, Emmanuel Macron représente un danger possible, en raison non de sa personne mais du projet qu'il incarne. Bien plus sa prestance, sa jeunesse, son aura d'homme "neuf" non issu de la classe politique précédente, en font un bon prescripteur de la nouvelle médecine.

La jeune femme est un peu embarrassée, car je ne démolis pas la personne de celui pour lequel elle a voté, je ne suspecte pas sa bonne foi et me contente d'affirmer que la voie qu'il incarne est celle d' un clan mondialiste financier, qui voudrait imposer un projet contraire à la vocation de la France, telle qu'elle s'est affirmée depuis le baptême de Clovis, et pour le respect de laquelle le Roi Louis XVI a donné sa vie. Certes, le peuple français n'a pas vu fondre ses qualités foncières depuis 1792 et il les a montrées en plusieurs occasions où la patrie était en danger, mais pour ce qui concerne la France, sa vocation est liée à la Monarchie catholique, ébranlée au siècle des Lumières et renversée par la Révolution de 1789.

Malheureusement cette réalité historique n'est plus guère enseignée que dans quelques écoles qui résistent encore à la pensée unique, au prix de sacrifices financiers, que seule la solidarité peut ouvrir aux familles modestes. La trentenaire qui me fait face a fait sa scolarité dans des établissements de l'enseignement catholique, inutile de dire que le testament de Saint Rémi n'éveille aucun souvenir en elle, ce qui ne m'étonne pas. Bref, quand sonnera l'heure du renouveau, le travail ne manquera pas! Il faudra reprendre la formation en histoire des enseignants, concevoir de nouveaux manuels et repenser le cursus des élèves: vaste programme, comme disait le Général !

Père Y. Bonnet

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