Le germe de la Révolution


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Publié le lundi 18 novembre 2019

Auteur / source : Mark Mallett

Catégorie : Réflexions et méditations diverses

Nombre de consultations : 436

Chers frères et soeurs, ce qui suit est une réflexion sur la révolution qui se répand actuellement dans le monde. Ce sont des connaissances, des connaissances importantes pour comprendre ce qui se passe autour de nous. Comme Jésus l'a dit un jour : « Je vous ai dit cela, pour qu'une fois leur heure venue, vous vous rappeliez ce que je vous ai dit. » [1] Cependant, la connaissance ne remplace pas l'obéissance ; elle ne doit pas se substituer à notre relation avec le Seigneur. Aussi, puisse cette réflexion vous encourager à une plus intense vie de prière, une plus grande fréquentation des Sacrements, davantage d'amour pour vos familles et votre prochain, et à une vie davantage ancrée dans le présent. Dieu vous aime !

Traduction d'un article de Mark Mallett. Lire le texte original en anglais.

Une grande Révolution est en cours dans le monde. Mais beaucoup n'en ont pas conscience. On pourrait la comparer à un énorme chêne. Vous ne savez pas comment il a été planté, comment il est devenu si grand, et vous ignorez chacune des étapes de sa croissance. Vous ne le voyez pas davantage continuer à croître, à moins que vous ne vous arrêtiez pour examiner ses branches et les compariez à l'année précédente. Néanmoins, sa présence s'impose à vous de par la façon dont il s'élève vers le ciel, ses branches bloquant les rayons du soleil, ses feuilles obscurcissant la lumière.

Il en va de même avec la présente Révolution. La façon dont elle est née et la direction qu'elle prend nous sont prophétiquement révélées dans les lectures de la messe de ces derniers jours.

Les arbres de vie

Le 9 novembre 2019, nous lisions ce passage au sujet du « temple » depuis lequel de l'eau coulait comme un torrent, apportant la vie à des arbres fruitiers le long de chacune de ses deux rives. « Chaque mois ils porteront des fruits nouveaux, car cette eau vient du sanctuaire. » Nous avons là une belle description de l'Église qui, à chaque époque, engendre des saints dont « les fruits serviront de nourriture, et les feuilles de remède. »

Mais tandis que ces arbres croissent, d'autres arbres prennent racine : les anti-arbres. Tandis que les saints puisent leur vie au torrent de la Sagesse, les anti-arbres la puisent aux eaux saumâtres du sophisme — un raisonnement fallacieux dont la source jaillit du sanctuaire de Satan. Les saints puisent à la source de la vraie Sagesse, tandis que les anti-saints s'alimentent aux mensonges du serpent.

Et ainsi, les lectures de la messe de ces derniers jours se tournent vers le Livre de la Sagesse. Nous lisons comment Dieu se laisse découvrir, non seulement dans l'homme lui-même...

... Dieu a créé l'homme pour l'incorruptibilité, il en a fait une image de sa propre nature.

Sg 2: 28 (première lecture de la messe du 12 novembre 2019) ; traduction Bible de Jérusalem

... mais Il se laisse également reconnaître à travers Sa création :

La grandeur et la beauté des créatures font, par analogie, contempler leur Auteur [...]

Sg 13: 5 (première lecture de la messe du 15 novembre)

Cependant, le germe de la révolution commence par un acte de rébellion, chez ceux qui ignorent leur conscience et se détournent de l'évidence ; qui, par vanité, suivent leurs propres raisonnements erronés.

... vous n'avez pas jugé droitement, ni observé la loi, ni [marché selon] la volonté de Dieu...

Sg 6: 4 (première lecture de la messe du 13 novembre 2019) ; traduction Bible de Jérusalem

« Ceux qui mettent en lui leur confiance comprendront la vérité. » [2] Car « il y a dans la Sagesse un esprit intelligent, saint, unique... elle traverse et pénètre toute chose en raison de sa pureté. » [3] Ainsi, le germe du Royaume de Dieu est l'obéissance [et la crainte du Seigneur], le commencement de la Sagesse. [4]

À mesure que ces deux espèces d'arbres croissent côte à côte, tels de l'ivraie parmi le blé, les saints apparaissent de plus en plus comme des « clowns pour le Christ », comme des hommes et des femmes stupides, superficiels et faibles (ayant besoin de « béquilles » pour faire face à la « dure réalité » de ce monde, entend-on dire souvent : « Dieu, c'est pour les faibles », ndtr), ayant gaspillé leur intelligence et leur potentiel. Le « sage » selon le monde est quant à lui « rationnel », « logique », « scientifique ». Ainsi,

Aux yeux de l'insensé, [les justes] ont paru mourir ; leur départ [de ce monde] a été tenu pour un malheur, et leur voyage loin de nous pour un anéantissement...

Sg 3: 1-5 (première lecture de la messe du 2 novembre 2019) ; traduction Bible de Jérusalem et AELF

Si le terreau de la révolution est correctement préparé, si les conditions du sol sont favorables, si les racines de la rébellion ont absorbé la juste quantité de doutes, de divisions, d'insécurités, et d'incertitudes, alors les anti-arbres croîtront suffisamment pour étouffer les "arbres de vie". C'est-à-dire que l'apostasie commence à se répandre dans l'Église, parmi ces arbres qui ne sont pas fermement enracinés dans le sol de l'obéissance, mais ont commencé à céder à l'esprit de compromission, de mondanité.

Allons, faisons alliance avec les [païens] qui nous entourent. En effet, depuis que nous nous sommes séparés d'[eux], il nous est arrivé beaucoup de malheurs.

1 M 1: 11 (première lecture de la messe du 18 novembre 2019)

Et c'est bien souvent lorsque les arbres fidèles chutent [apostasient] dans la forêt de l'Église, que le terrain devient propice à une révolution majeure :

... Il sortit d'eux un rejeton impie, Antiochus Epiphane, fils du roi Antiochus... Le roi Antiochus prescrivit à tous les habitants de son royaume de ne faire désormais qu'un seul peuple, et d'abandonner leurs coutumes particulières. Toutes les nations païennes se conformèrent à cet ordre. En Israël, beaucoup suivirent volontiers la religion du roi, offrirent des sacrifices aux idoles, et profanèrent le sabbat.

1 M 1: 10 (première lecture de la messe du 18 novembre 2019) ; traduction Bible de Jérusalem et AELF

C'est alors que la révolution se transforme en une réforme radicale, usant de la coercition et de la force pour que tous se conforment à la "pensée unique" de l'État et se soumettent à sa domination :

C'est-à-dire la mondanité qui vous mène à une pensée unique et à l'apostasie. Aucune différence n'est autorisée : tous sont égaux... Ce n'est pas la belle mondialisation de l'unité de toutes les nations – chacune avec ses usages, mais unies – mais c'est la mondialisation de l'uniformité hégémonique, c'est la pensée unique. Et cette pensée unique est le fruit de la mondanité.

— PAPE FRANÇOIS, Homélie, 16 novembre 2015 ; cf. « Cette pensée unique est le fruit de la mondanité  », réflexion sur une prédication du Pape François, inspirée de la première lecture de la messe du jour (Maccabées 1,10-64)

Arrive ensuite le moment de décision, l'heure où les chrétiens seront passés au crible, le temps de l'épreuve de la foi — de la persécution, l'apogée de la révolution.

[L'expression "passer au crible"] est une mise en garde : Satan va tester [les chrétiens] pour voir s'ils seront tentés de renier leur foi pour sauver leur vie. Comme pour les grains de blé, ce passage au crible est une épreuve et une sélection afin de garder le bon grain, ceux qui resteront fidèles à Jésus quoi qu'il leur en coûte, et de se séparer du mauvais, ceux qui se détourneront de Lui par manque de courage.

fr.aleteia.org (ajout de Pierre et les Loups)

Si l'on découvrait chez quelqu'un un livre de l'Alliance, si quelqu'un se conformait à la Loi, le décret du roi le faisait mettre à mort. Cependant, beaucoup en Israël résistèrent et eurent le courage de ne manger aucun aliment impur. Ils acceptèrent de mourir pour ne pas être souillés par ce qu'ils mangeaient, et pour ne pas profaner l'Alliance sainte ; et de fait, ils moururent.

1 M 1: 57-63 (première lecture de la messe du 18 novembre 2019)

C'est l'heure, non pas pour les saints d'avoir honte, mais d'être glorifiés pour la surabondance de leurs fruits. C'est le moment du témoignage héroïque.

Même si j'évite, pour le moment, le châtiment qui vient des hommes, je n'échapperai pas, vivant ou mort, aux mains du Tout-Puissant. C'est pourquoi, en quittant aujourd'hui la vie avec courage... je laisserai aux jeunes le noble exemple d'une belle mort, volontaire et généreuse, pour [avoir préféré obéir aux] vénérables et saintes lois [de Dieu, plutôt qu'à celles des hommes] ... J'endure sous le fouet des douleurs qui font souffrir mon corps ; mais dans mon âme je les supporte avec joie, parce que je crains Dieu.

2 M 6: 26-30 (première lecture de la messe du 19 novembre 2019) ; traduction Bible de Jérusalem et AELF

Je n'obéis pas à l'ordre du roi, mais j'écoute l'ordre de la Loi donnée à nos pères par Moïse. Et toi qui as inventé toutes sortes de mauvais traitements contre les Hébreux, tu n'échapperas pas à la main de Dieu.

2 M 7: 30 (première lecture de la messe du 20 novembre 2019)

Moi, mes fils et mes frères, nous suivrons l'Alliance de nos pères. Que le Ciel nous préserve d'abandonner la Loi et ses préceptes ! Nous n'obéirons pas aux ordres du roi, nous ne dévierons pas de notre religion, ni à droite ni à gauche.

1 M 2: 20-22 (première lecture de la messe du 21 novembre 2019)

La révolution à nos portes

Tout comme très peu d'entre nous ont remarqué ce chêne qui s'élève de plus en plus haut au-dessus de nos têtes, encore moins nombreux sont ceux à avoir pris conscience de cette grande Révolution qui arrive aujourd'hui à son apogée — révolution ayant commencé avec la période des Lumières au 16ème siècle — alors même que le monde est plongé depuis lors dans une terrible obscurité. C'est à cette époque que le terreau de la colère populaire — colère due à la corruption dans l'Église, aux monarques corrompus, aux lois et structures iniques — fit place au germe de la révolution. Cela commença avec les sophismes, ces mensonges et notions philosophiques et subversifs qui, tels des semences, se mirent à prendre racine dans le sol. Ces semences de mondanité mûrirent et s'épanouirent, depuis le stade de simples paradigmes, tels que le rationalisme, le scientisme et le matérialisme, jusqu'à devenir des anti-arbres bien plus imposants : ceux de l'athéisme, du marxisme et du communisme, dont les racines se mirent à étouffer la place de Dieu et de la religion.

Pourtant...

L'humanisme qui exclut Dieu est un humanisme inhumain.

— PAPE BENOÎT XVI, Caritas in Veritate, n° 78

Et ainsi, nous en sommes arrivés au point où les anti-arbres dominent aujourd'hui le monde entier, jetant une ombre d'inhumanité, une culture de mort, à travers chaque continent. C'est l'heure où le mal est désormais considéré comme bien, et où le bien devient tout simplement intolérable.

Cette lutte est en corrélation avec le combat apocalyptique décrit dans (Ap 11: 19-12: 1-6). Les luttes de la mort contre la vie : une « culture de mort » cherche à s'imposer à notre désir de vivre et de vivre pleinement... De vastes secteurs de la société ne sont plus capables de discerner ce qui est bien de ce qui est mal, et sont à la merci de ceux qui ont le pouvoir de "créer" l'opinion et de l'imposer aux autres... Le « dragon » (Ap 12: 3), le « prince de ce monde » (Jn 12: 31) et le « père du mensonge » (Jn 8: 44) tente sans relâche d'éradiquer du coeur humain le sens de la gratitude et du respect pour le don extraordinaire, authentique et fondamental de Dieu : la vie humaine elle-même. Aujourd'hui, cette lutte est devenue de plus en plus ouverte.

— Pape Jean Paul II, Homélie au Parc d'État de Cherry Creek, Denver, Colorado, 15 août 1993 ; vatican.va

Le moment arrive ensuite où ces "arbres de vie" seront considérés comme de mauvaises herbes qu'il deviendra nécessaire d'arracher et de déraciner, et où les jardins dans lesquels ces arbres auront poussé pour y être cultivés, seront ensemencés d'herbes sauvages, et oubliés.

Mais comme nous le rappellent les lectures de la messe de ces derniers jours, le sang des saints devient la semence de l'Église — un triomphe qui commença sur la Croix et que rien ni personne ne pourra étouffer.

Au regard des hommes, ils ont subi un châtiment, mais l'espérance de l'immortalité les comblait. Après de faibles peines, de grands bienfaits les attendent, car Dieu les a mis à l'épreuve et trouvés dignes de lui. Comme l'or au creuset, il les a éprouvés ; comme une offrande parfaite, il les a agréés. Au temps de sa visite, ils resplendiront : comme des étincelles à travers le chaume ils courront. Ils jugeront les nations, ils auront pouvoir sur les peuples, et le Seigneur régnera sur eux pour les siècles [...]

Sg 3 : 4-8 (première lecture de la messe du 2 novembre)


A suivre : Le nouveau paganisme

Mark Mallett
The Seedbed of This Revolution


[1] Jn 16: 4
[2] Première lecture de la messe du 2 novembre 2019 (Sg 3: 9 ; traduction Bible de Jérusalem)
[3] Première lecture de la messe du 14 novembre 2019 (Sg 7: 22, 24)
[4] cf. Ps 110 (111) :10

Cet article m'inspire ...


de la joie
4


de l'encouragement
15


de la perplexité
3


de la tristesse
0


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