Trouver la véritable paix à notre époque


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Publié le samedi 3 novembre 2018

Auteur / source : Mark Mallett

Catégorie : Encouragement spirituel

Nombre de consultations : 397

La paix n'est pas seulement l'absence de guerre …
La paix est "la tranquillité de l'ordre."

—Catéchisme de l'Église catholique, n° 2304

Même aujourd'hui, alors même que le temps s'accélère de plus en plus et que le rythme de la vie exige toujours plus de nous ; même aujourd'hui, tandis que les tensions entre conjoints et dans les familles augmentent ; même aujourd'hui, alors que le dialogue cordial entre les individus se désintègre et que les nations se dirigent dangereusement vers la guerre… même aujourd'hui, il est possible de trouver la paix authentique.

Un encouragement spirituel de Mark Mallett du 23 janvier 2018. Titre original : « Finding True Peace in Our Times »

Mais nous devons d'abord comprendre ce qu'est cette "paix authentique". Un théologien français, le Père Léonce de Grandmaison s.j. (✝ 1927), la définit de façon très belle :

La paix que nous offre le monde consiste en l'absence de souffrances physiques et en plaisirs de toutes sortes. La paix que Jésus promet et donne à Ses amis est d'un autre ordre. Elle ne consiste pas en une absence de souffrances et d'anxiété, mais en l'absence de discordes intérieures, en l'unicité de notre esprit par rapport à Dieu, à nous-mêmes et aux autres.

Écrits spirituels de Léonce de Grandmaison (Beauchesne Editions)

C'est le désordre intérieur qui prive l'âme de la véritable paix. Et ce désordre est le fruit d'une volonté incontrôlée et de passions déréglées. C'est pourquoi les nations les plus riches de la planète comptent les habitants les plus malheureux et les plus angoissés : beaucoup possèdent tout, et pourtant n'ont rien. La vraie paix ne se mesure pas à ce que vous possédez, mais à ce qui vous possède.

Il ne s'agit pas non plus de ne simplement rien posséder. Car, comme l'explique Saint Jean de la Croix, « ce dépouillement ne libère pas l'âme lorsqu'elle aspire [toujours] après ces choses. » Il s'agit plutôt d'un dépouillement ou d'une privation des appétits de l'âme et de ces plaisirs qui la laissent insatisfaite et encore plus agitée.

Puisque les biens de la terre ne peuvent pénétrer l'âme, ils ne sont pas en eux-mêmes un encombrement, ni ne lui causent aucun préjudice. Aussi, seuls la volonté et l'appétit qui résident dans l'âme lui nuisent lorsque ceux-ci s'orientent vers ces biens.

—Saint Jean de la Croix, La montée du Carmel, livre premier, chapitre 4, n° 4 ; télécharger le PDF

Mais si l'on possède ces biens, qu'en fait-on ? La question est plutôt se demander pourquoi nous les possédons ? Buvez-vous plusieurs tasses de café chaque jour pour vous réveiller, ou pour vous réconforter ? Mangez-vous pour vivre ou vivez-vous pour manger ? ... Dieu ne maudit pas ce qu'Il a créé et ne condamne pas davantage le plaisir. Ce que Dieu a interdit sous la forme d'un commandement, c'est de faire du plaisir ou des créatures des dieux, de petites idoles.

Tu n'auras pas d'autres dieux devant moi. Tu ne te feras aucune image sculptée, rien qui ressemble à ce qui est dans les cieux, là-haut, ou sur la terre, ici-bas, ou dans les eaux, au-dessous de la terre. Tu ne te prosterneras pas devant ces dieux et tu ne les serviras pas.

Exode 20: 3-5

Le Seigneur qui nous a créés par amour sait que Lui seul peut combler pleinement tous nos désirs. Tout ce qu'Il a créé n'est, au mieux, qu'un reflet de Sa bonté, renvoyant toujours à la Source. Ainsi, vouloir posséder quelque chose, ou une autre créature, cela revient à manquer le but et nous rendre esclaves de ces choses ou de ces créatures.

C'est pour que nous soyons libres que le Christ nous a libérés. Alors tenez bon, ne vous mettez pas de nouveau sous le joug de l'esclavage.

Gal 5: 1

Ce sont nos passions, et l'agitation qu'elles suscitent, qui nous privent de la véritable paix.

… la liberté ne peut demeurer dans un coeur dominé par les désirs, dans un coeur d'esclave. Elle réside dans un coeur libéré, dans un coeur d'enfant.

—Saint Jean de la Croix, Ibid. n° 6

Si vous voulez vraiment (et qui ne le veut pas ?) cette « paix qui dépasse tout ce qu'on peut concevoir » [Philippiens 4:7], il est nécessaire de détruire ces idoles, de les soumettre à votre volonté — et non l'inverse.

triumph-of-christianity-by-tommaso-laureti-1585-room-of-constantine.jpg
Le Triomphe du Christianisme, par Tommaso Laureti - 1585 (Chambre de Constantin, Musée du Vatican)

C'est ce que Jésus veut dire quand Il dit :

... celui d'entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple.

Luc 14: 33

Jésus est exigeant car Il veut notre bonheur authentique.

—PAPE JEAN PAUL II, Message aux jeunes du monde à l'occasion de la XXe Journée Mondiale de la Jeunesse 2005, Cité du Vatican, 27 août 2004, Vatican.va

Entrer dans ce renoncement à soi-même est comme entrer dans une "nuit obscure", nous dit Saint Jean de la Croix, car cela prive nos sens de la "lumière" du toucher, du goût, de la vue, etc. « L'entêtement, » écrivait la Servante de Dieu, Catherine Doherty, « est l'obstacle qui se tient éternellement entre moi et Dieu. » Aussi, renoncer à soi-même, c'est comme entrer dans une nuit où ce ne sont plus nos sens qui nous mènent par le bout du nez, mais notre foi en la Parole de Dieu. Dans cette « nuit de la foi », l'âme doit adopter la même confiance que celle d'un enfant, et croire que de Dieu seul lui viendra le véritable bonheur — même lorsque la chair nous crie le contraire. Ainsi, en échange de la lumière sensible des créatures, nous préparons notre coeur pour la Lumière insensible du Christ, qui est notre véritable repos et notre véritable paix.

Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de coeur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger.

Mt 11: 28-30

Au début, cela semble vraiment impossible. « J'aime mon verre de vin ! J'aime faire bonne chère ! J'aime fumer une bonne cigarette ! J'aime écouter de la musique ou voir un bon film ... » Nous protestons parce que nous avons peur — comme l'homme riche qui s'est éloigné, tout triste, de Jésus parce qu'il avait peur de perdre ses biens. Mais Catherine Doherty écrit que c'est exactement le contraire qui se produit pour celui qui renonce à ses appétits désordonnés :

Là où il y a kénose [action de se dépouiller de soi-même], il n'y a pas de peur.

—Servante de Dieu Catherine de Hueck Doherty, Poustinia ou le désert au coeur des villes

Il n'y a pas de peur parce que l'âme ne laisse plus ses passions la réduire misérablement à l'état d'esclave. Soudain, elle prend conscience d'une dignité qu'elle n'avait jamais eue auparavant car l'âme se défait du soi erroné et de tous les mensonges qu'il incarnait. Au lieu de la peur, il y a l'amour — ne fut-ce que les premières semences d'un amour authentique. Car en vérité, le besoin constant de plaisir, pour ne pas dire le désir incontrôlable, n'est-il pas la véritable source de nos mécontentements ?

D'où viennent les guerres, d'où viennent les conflits entre vous ? N'est-ce pas justement de tous ces désirs qui mènent leur combat en vous-mêmes ?

Jacques 4: 1

Nous ne sommes jamais satisfaits par nos désirs désordonnés, précisément parce que ce qui est matériel ne peut jamais satisfaire ce qui est spirituel. Au contraire, Jésus nous dit : « Ma nourriture, c'est faire la volonté de Celui qui m'a envoyé. » [Jn 4: 34] Devenir un « esclave » du Christ, prendre le joug de l'obéissance à Sa Parole, c'est s'engager sur le chemin de la vraie liberté.

Ce fardeau n'est pas un poids qui charge, ce sont des ailes qui soulèvent. Les ailes de l'oiseau ne sont-elles pas aussi un fardeau ? Et que dire de ces ailes ? Si l'oiseau les porte, elles le portent aussi. Il les porte à terre et elles le portent au ciel. Serait-ce avoir pitié de l'oiseau, surtout en été, que de dire : « Ce pauvre petit est chargé du poids de ses ailes, je vais l'en décharger » ? En voulant le secourir, ne l'as-tu pas condamné à rester à terre ? Reçois donc ces ailes de la charité, porte ces ailes qui t'assureront la paix. Voilà le fardeau du Christ, ainsi s'accomplit sa loi.

—St. Augustin, Sermons, n° 126, clerus.org

Lorsque Jésus vous demande de « prendre votre croix », de « vous aimer les uns les autres », de « renoncer à tout », il vous semble qu'Il est en train de vous imposer un fardeau qui vous priverait de tout plaisir. Mais c'est précisément dans l'obéissance au Christ que « vous trouverez le repos pour votre âme. »

Que vous trouverez la véritable paix.

Vous tous qui parcourez le monde tourmentés, affligés, et alourdis par vos soucis et vos passions, laissez-les derrière vous, venez à moi et je vous rafraîchirai ; et vous trouverez le repos pour vos âmes, dont les désirs [insatiables] vous privent.

—St. Jean de la Croix, Ibid. ch. 7, n° 4

Mark Mallett

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