Pourquoi François d’Assise est-il le saint patron de l’écologie ?


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Publié le jeudi 15 mars 2018

Catégorie : Vie et paroles de Saints

Saint François, l’ami de la nature et des animaux certes, mais peu de gens savent qu’il a été officiellement proclamé par Saint Jean-Paul II, le 29 novembre 1979 « patron céleste des écologistes ». C’est que, pour la plupart des chrétiens, François d’Assise fait l’objet d’une admiration sentimentale et romantique, sans plus. Et peu de personnes arrivent à l’imiter dans son amour authentique envers toutes les créatures, animées et inanimées, de l’univers tout entier. Ils n’imaginent même pas l’éventualité d’un amour fraternel cosmique : réussir à aimer le Soleil, la Lune et les étoiles, comme François les a aimés.

Il a mis en valeur la nature comme un don merveilleux, offert par Dieu au genre humain. Tel est le saint qui provoque l'admiration et l'homme qui force l'imitation.

La nature et les animaux, des « frères et sœurs en vérité »

Or, François a vécu cet amour tout à la fois « concret », tellurique et cosmique, accueillant avec un profond attachement fraternel toutes les créatures comme des frères et sœurs en vérité. Tel est le François simultanément humain et christifié. Tel est le saint si inconfortablement proche de nous dans sa façon d’être tellement humaine. Tel est l’homme si incroyablement loin de nous dans sa sainteté provocatrice et prophétique.

Tel est le saint qui suscite l’admiration, l’homme qui force l’imitation. Et tout cela, dans un petit homme insignifiant, qui n’a jamais mis les pieds dans une université, mais qui sera l’objet d’études dans de nombreuses universités actuelles. François, le Pauvre d’Assise, aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands saints de l’Histoire, des plus grands génies de la poésie universelle, le plus grand prophète de tous les temps dans la prédication de l’Évangile et, surtout, du « commandement nouveau du Christ » : l’amour de tous les hommes, de toutes les créatures de l’Univers cosmique…

Construire un monde nouveau en communion avec la Nature

Depuis huit siècles, ce petit homme enchante et captive l’humanité tout entière : gens simples et analphabètes, sages et grands génies de l’humanité, tous s’inclinent devant le Pauvre d’Assise. Les uns pour lui demander une grâce ou faveur, d’autres pour découvrir son merveilleux secret de vie. Catholiques et protestants, hommes de foi et saints, scientifiques et théologiens, matérialistes et mystiques, tous ressentent une étrange force, inexplicable, qui les attire vers cet homme si différent. Une influence que beaucoup perçoivent, mais que peu parviennent à imiter.

C’est devant cette personne, cet « idiot » (comme lui-même se définissait), ce « saint et génie » (comme nous l’appelons), que nous allons nous situer. Et lui demander de nous révéler un peu de son secret de vie, de nous apprendre à bâtir un monde plus humain, plus évangélique et franciscain. Un monde dans lequel les hommes se redécouvrent frères et redécouvrent toutes les créatures comme sœurs. Que saint François nous enseigne à construire un monde nouveau, dans lequel la nature redevient la fête de Dieu Créateur… et dans lequel toutes les créatures chantent la symphonie universelle et cosmique. Et nous sommes tous invités à participer à cette « messe écologique ».

François, saint patron de l’écologie

Il importe de chercher de plus en plus le François authentique, l’original. C’est pourquoi il faut le démystifier, le libérer de ses légendes et des falsifications accumulées tout au long de l’histoire, rétablir son vrai visage. Redécouvrir sa relation fondamentale avec la nature et toutes les créatures.

« Frère universel », c’est ainsi que l’on désigne souvent saint François. Parce qu’il fut le véritable frère de la terre, de l’eau, du feu, des plantes, des insectes, et aussi du Soleil, de la Lune et des étoiles. Il appelait toutes les créatures, « Frère » et « Sœur ». Il refusait de couper un arbre, si cela n’était pas absolument nécessaire. Il retirait les vers de terre des lieux les plus fréquentés pour qu’ils ne soient pas piétinés. Il plongeait les mains dans l’eau claire, qu’il buvait au creux de ses mains, louant le Créateur de l’avoir faite « utile, précieuse et chaste ».

Un jour, François fit un joli sermon devant une multitude d’oiseaux de toutes espèces, leur disant qu’ils devaient louer et remercier leur Créateur, qui leur a donné des fruits pour se nourrir, des ailes pour voler, des arbres pour faire leurs nids. Les oiseaux écoutèrent la Parole de Dieu jusqu’au bout.

Proclamation par saint Jean Paul II

N’est-ce pas suffisant pour faire de saint François le patron de l’écologie ? Et c’est le pape Jean Paul II qui, dans une « bulle » spéciale, proclamera le saint d’Assise « Patron des écologistes ».

« Parmi les saints et admirables hommes qui ont respecté la nature comme un merveilleux don de Dieu à la race humaine, Saint François d’Assise mérite une considération particulière. Car d’une manière spéciale, il avait un sens profond des travaux universels du Créateur; et rempli d’un certain esprit divin, il chantait le très beau Cantique des Créatures », pour lesquelles, notamment Frère Soleil, Sœur Lune et les étoiles du firmament, il offrait la louange appropriée, la gloire, honneur et toute bénédiction au Très haut, Tout-puissant et bon Seigneur.

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Crédit photos : sainte-rita.net

Le cantique des créatures

Ecrit par saint François d'Assise en 1225

Très-Haut, tout-puissant et bon Seigneur,
à vous appartiennent les louanges, la gloire et toute bénédiction ;
on ne les doit qu'à vous, et nul homme n'est digne de vous nommer.

Loué soit Dieu, mon Seigneur, à cause de toutes les créatures,
et singulièrement pour notre frère messire le soleil, qui nous donne le jour et la lumière !
Il est beau et rayonnant d'une grande splendeur, et il rend témoignage de vous, ô mon Dieu !

Loué soyez-vous, mon Seigneur, pour notre sœur la lune et pour les étoiles !
Vous les avez formées dans les cieux, claires et belles.

Loué soyez-vous, mon Seigneur, pour mon frère le vent, pour l'air et le nuage,
et la sérénité et tous les temps, quels qu'ils soient !
Car c'est par eux que vous soutenez toutes les créatures.

Loué soit mon Seigneur pour notre sœur l'eau,
qui est très utile, humble, précieuse et chaste !

Loué soyez-vous, mon Seigneur, pour notre frère le feu !
Par lui vous illuminez la nuit. Il est beau et agréable à voir, indomptable et fort.

Loué soit mon Seigneur, pour notre mère la terre,
qui nous soutient, nous nourrit et qui produit toutes sortes de fruits,
les fleurs diaprées et les herbes !

Loué soyez-vous mon Seigneur, à cause de ceux qui pardonnent pour l'amour de vous,
et qui soutiennent patiemment l'infirmité et la tribulation !
Heureux ceux qui persévéreront dans la paix !
Car c'est le Très-haut qui les couronnera.

Soyez loué, mon Seigneur, à cause de notre sœur la mort corporelle,
à qui nul homme vivant ne peut échapper !
Malheur à celui qui meurt en état de péché !
Heureux ceux qui à l'heure de la mort se trouvent conformes à vos très saintes volontés !
Car la seconde mort ne pourra leur nuire.

Louez et bénissez mon Seigneur, rendez-lui grâces,
et servez-le avec une grande humilité."

Traduction de A.F. Ozanam du CANTICO DELLE CREATURE

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Commentaire laissé par le

Je me demande si saint François ne ressentait pas que toute la Création était «naturellement chrétienne», était littéralement Verbe de Dieu, comme écrit dans la Genèse.

Car il me semble que tout l'Univers est en mode humble, altruiste et charitable ; autrement dit «chrétien». En effet, rien n'y existe pour soi-même ou par orgueil de soi. Le Soleil, l'eau, l'arbre, … n'existent pas pour eux-mêmes. Ce qu'ils sont et ce qu'ils produisent, cela sert aux autres, gratuitement. Et ils n'en tirent aucun orgueil.

On en déduit que l'homme doit aussi pratiquer l'humilité, l'altruisme et la charité. La plupart des hommes l'ont compris, consciemment ou non. Mais pourquoi certains s'obstinent-ils à vivre selon un autre modèle, dans l'orgueil, l’égoïsme et la cupidité ? Voilà la question.

Pape François : «Quand on vit attaché à l'argent, à l'orgueil ou au pouvoir, il est impossible d'être vraiment heureux.»
Abbé Pierre : «L'enfer, ce ne sont pas les autres ; c'est soi-même coupé des autres..»

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