Les Papes et l'aube d'une nouvelle ère


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Publié le lundi 26 août 2019

Auteur / source : Mark Mallett

Catégorie : La Vie dans la Divine Volonté

Nombre de consultations : 739

Il ne fait aucun doute que les pontifes du siècle dernier ont exercé leurs charges prophétiques de manière à sensibiliser les croyants au drame qui se déroule à notre époque (lire Why Aren't the Popes Shouting ?). C'est une bataille décisive entre la culture de vie et la culture de mort... la femme revêtue du soleil — qui souffre les douleurs de l'enfantement afin de donner naissance à une nouvelle ère — en lutte avec le dragon qui cherche, si ce n'est à l'en empêcher, à établir son propre royaume et sa propre "nouvelle ère" ("New Age" en anglais ; lire Ap 12: 1-4; 13: 2). Mais tandis que nous savons que les projets de Satan sont voués à l'échec, ceux du Christ seront victorieux.

Traduction d'un article de Mark Mallett. Lire le texte original en anglais.

Le grand saint marial, Louis-Marie Grignion de Montfort, l'exprime d'une belle façon :

Votre divine loi est transgressée ; Votre Évangile est abandonné ; les torrents d'iniquité inondent toute la terre et entraînent jusqu'à Vos serviteurs ; toute la terre est désolée ; l'impiété règne en maître ; Votre sanctuaire est profané, et l'abomination a même contaminé le lieu saint... Tout deviendra-t-il, à la fin, comme Sodome et Gomorrhe ? Vous tairez-Vous toujours ? Tolérerez-Vous toujours tout ceci ? Ne faut-il pas que Votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel, et que Votre règne arrive ? N'avez-Vous pas montré par avance à quelques âmes, qui Vous sont chères, une future rénovation de Votre Eglise ? ... Toutes les créatures, même les plus insensibles, gémissent sous le poids des péchés innombrables de Babylone, et demandent Votre venue pour rétablir toutes choses.

— St Louis-Marie Grignion de Montfort, Prière pour demander à Dieu des Missionnaires, n° 5

Dans une déclaration informelle faite à un groupe de catholiques allemands en 1980, le Pape Jean-Paul II s'exprima au sujet de ce futur renouvellement de l'Église :

Nous devons être prêts à subir de grandes épreuves dans un avenir pas trop éloigné ; des épreuves qui nécessiteront que nous soyons prêts à abandonner jusqu'à nos vies, dans un don total de nous-mêmes au Christ et pour le Christ. Par vos prières et les miennes, il est possible d'atténuer cette tribulation, mais il n'est plus possible de l'éviter, c'est seulement ainsi que l'Église pourra être efficacement renouvelée. Combien de fois, en effet, le renouveau de l'Église ne s'est-il pas fait dans le sang ? Cette fois encore, il n'en sera pas autrement.

— Pape Jean Paul II ; Père Regis Scanlon, « Flood and Fire », Homiletic & Pastoral Review, avril 1994

« Le sang des martyrs est la semence de l'Église », avait déclaré le Père de l'Église, Tertullien. [1] D'où, encore une fois, la raison d'être de ce blog : préparer le lecteur aux temps qui nous attendent. Ces temps devaient finir par arriver, et il se pourrait bien que cela soit pour notre génération.

Les plus remarquables des prophéties portant sur les "derniers temps" semblent avoir un but commun : annoncer de grandes calamités qui menacent l'humanité, le triomphe de l'Église, et la restauration du monde.

— Catholic Encyclopedia, Prophecy, newadvent.org

Le sentiment le plus accrédité et qui paraît le plus conforme aux saintes Écritures, c'est qu'après la chute de l'Antéchrist, l'Église catholique entrera encore une fois dans une ère de prospérité et de triomphe.

Fin du monde présent et mystères de la vie future, Abbé Charles Arminjon (1824-1885), PDF p. 23; Sophia Institute Press

Ce sont donc avant tout des temps d'espérance. Nous sommes sur le point de passer d'un long hiver spirituel à ce que nos derniers papes ont appelé un « nouveau printemps ». Nous sommes, disait Saint Jean-Paul II, en train de « franchir le seuil de l'espérance. »

[Jean-Paul II] nourrit en effet un grand espoir que le millénaire des divisions sera suivi d'un millénaire d'unifications... que toutes les catastrophes de notre siècle seront rattrapées, toutes les larmes versées seront séchées et à la fin, comme le dit le Pape [Jean-Paul II], elles seront transformées en un nouveau printemps.

— Cardinal Joseph Ratzinger (PAPE BENOÎT XVI), Le Sel de la terre, Entretien avec Peter Seewald, p. 237 (traduction libre depuis l'édition anglaise)

Après la purification à travers l'épreuve et la souffrance, l'aube d'une ère nouvelle va se lever.

— Pape Saint Jean-Paul II, Audience générale, n° 2, 10 septembre 2003 ; Vatican.va

Le seuil d'une ère nouvelle

Alors que nous étions rassemblées, moi et des centaines de milliers de jeunes, lors de la Journée mondiale de la jeunesse à Toronto (Canada) en 2002, nous avons entendu Jean-Paul II nous appeler à être les « veilleurs du matin » de ce « nouveau printemps » tant attendu :

Les jeunes se sont révélés pour Rome et pour l'Église un don spécial de l'Esprit de Dieu.... Je n'ai pas hésité à leur demander un choix radical de foi et de vie, leur indiquant une tâche merveilleuse: se faire les « veilleurs du matin » (cf. Is 21,11-12) en cette aurore du nouveau millénaire.

— PAPE JEAN PAUL II, Novo Millennio Inuente, n° 9 ; Vatican.va

... [des] veilleurs qui annoncent au monde entier un nouveau matin d'espérance, de fraternité et de paix.

— PAPE JEAN PAUL II, Message aux participants au Meeting national du Mouvement des Jeunes de Dom Guanella, 20 avril 2002, Vatican.va

Benoît XVI a poursuivi cet appel à la jeunesse dans un message qui décrit plus en détail cette « nouvelle ère » tant attendue (à différencier de la spiritualité contrefaite du "New Age" dans laquelle baignent nos sociétés aujourd'hui) :

Fortifiée par l'Esprit et s'inspirant d'une riche vision de foi, une nouvelle génération de chrétiens est appelée à contribuer à l'édification d'un monde où la vie est accueillie, respectée et aimée, non rejetée ou ressentie comme une menace et par conséquent détruite. Une nouvelle ère où l'amour n'est pas avide et égoïste, mais pur, fidèle et sincèrement libre, ouvert aux autres, respectueux de leur dignité, cherchant leur bien et rayonnant la joie et la beauté. Une nouvelle ère où l'espérance nous libère de la superficialité, de l'apathie et de l'égoïsme qui mortifient nos âmes et enveniment les relations humaines. Chers jeunes amis, le Seigneur vous demande d'être des prophètes de cette nouvelle ère, des messagers de son amour, capables d'attirer les personnes au Père et de bâtir un avenir plein d'espérance pour toute l'humanité.

— PAPE BENOÎT XVI, Homélie, Journée mondiale de la jeunesse, Sydney, Australie, 20 juillet 2008 ; Vatican.va

Ajout de Pierre et les Loups :

Pourquoi avoir des enfants dans notre monde moderne toujours plus décadent, se demanda Michael O'Brien alors qu'il tentait de discerner sa vocation : le mariage ou la vie consacrée.

L'Esprit Saint lui inspira cette pensée qui devrait être méditée par tous les couples chrétiens aujourd'hui qui hésitent à avoir des enfants à cause de l'état de nos sociétés :

Les enfants de notre amour seront éduqués, par la Grâce de Dieu, pour aimer le Seigneur ; ils seront un don fait au monde.
Nous savons de par nos propres blessures que ce qui nous faisait défaut, à travers la guérison reçue de Jésus, peut être donné à nos enfants.

On the Edge of Infinity, A biography of Michael D. O'Brien, par Clemens Cavallin, Ignatius, p. 61 (traduction depuis l'édition anglaise) ; p. 73 dans l'édition française : Michael O'Brien, Salvator (pour ceux possédant cette édition, la partie suivante soulignée — n'a étrangement pas été conservée par le traducteur : "[Why] bringing children into the ever more decadent modern world" a été traduit par "[Pourquoi] mettre des enfants au monde" ! D'où l'importance de privilégier les éditions originales autant que possible.)

Ainsi, la Providence divine se servira de chaque jeune éduqué dans des familles chrétiennes pour rebâtir le monde de demain. Nos blessures d'adultes peuvent ne pas avoir de conséquences négatives sur l'avenir de nos enfants si nous laissons Jésus nous guérir et Lui demandons de les protéger. De plus, soyons certains que si nous Lui sommes fidèles, Dieu préservera nos enfants des temps difficiles qui arrivent sur le monde. Essayons de voir au-delà de notre époque, aimons suffisamment le monde, comme Dieu lui-même a aimé le monde au point de nous donner Son Fils unique, en offrant pour le monde nos enfants, de sorte qu'ils fassent partie, avec la grâce de Dieu, des saints bâtisseurs de l'ère de paix qui arrive.

Lors de sa visite au Royaume-Uni, Benoît XVI a de nouveau fait référence à cette ère nouvelle :

Cette nation, ainsi que l'Europe que [Saint] Bede et ses contemporains ont contribué à bâtir, se trouvent une fois encore au seuil d'une nouvelle ère.

— PAPE BENOÎT XVI, discours prononcé à la célébration oecuménique, Londres, Angleterre; 1er septembre 2010; Zenit.org

Il avait déjà pressenti en 1969 l'avènement de cette « nouvelle ère », lorsqu'il prophétisa dans une interview à la radio :

De la crise actuelle émergera l'Église de demain – une Église qui aura beaucoup perdu. Elle sera de taille réduite et devra quasiment repartir de zéro. Elle ne sera plus à même de remplir tous les édifices construits pendant sa période prospère. Le nombre de fidèles se réduisant, elle perdra nombre de ses privilèges [sociaux]... Le processus sera d'autant plus ardu qu'il faudra se débarrasser d'une étroitesse d'esprit sectaire et d'une affirmation de soi trop pompeuse... Mais quand les épreuves de cette période de [tamisage] (*) auront été surmontées, [une grande puissance jaillira de] cette Église simplifiée et plus riche spirituellement.

— Cardinal Ratzinger (PAPE BENOÎT XVI), « Comment le P. Joseph Ratzinger imaginait en 1968 l'Eglise de l'an 2000 », Zenit.org ; Le jour où Joseph Ratzinger a prédit l'avenir de l'Église (entre crochets : traduction depuis la version anglaise)

(*) "sifting" en anglais : la séparation entre le Bon grain et l'Ivraie, entre les Boucs et les Brebis.

La Tradition apostolique

J'ai déjà expliqué comment l'attente de cette nouvelle ère s'enracine dans la Tradition apostolique qui nous a été transmise, en partie, par les premiers Pères de l'Église (lire The Coming Dominion of the Church) et, bien sûr, dans la Sainte Écriture (lire Heresies and More Questions).

Ce qui est le plus remarquable, cependant, est ce que chaque pontife a proclamé de façon constante et unanime, en particulier au cours du siècle dernier. C'est-à-dire que Jean-Paul II et Benoît XVI ne nous ont pas proposé une nouvelle espérance pour l'avenir, mais se sont appuyé sur la voix apostolique de leurs prédécesseurs pour affirmer qu'il viendra un temps où, après que l'Église aura été purifiée, le règne spirituel du Christ s'établira jusqu'aux limites de la terre.

Dieu aime tous les hommes et toutes les femmes de la terre et il leur donne l'espérance d'une ère nouvelle, d'une ère de paix. Son amour, révélé en plénitude dans son Fils qui s'est fait chair, est le fondement de la paix universelle. Accueilli au plus profond du coeur, il réconcilie chacun avec Dieu et avec lui-même, il renouvelle les rapports des hommes entre eux et il suscite la soif de fraternité qui est capable d'éloigner la tentation de la violence et de la guerre. Le grand Jubilé est inséparablement lié à ce message d'amour et de réconciliation, qui traduit les aspirations les plus profondes de l'humanité de notre temps.

— Pape Jean-Paul II, message de Sa Sainteté Jean-Paul II pour la célébration de la Journée mondiale de la Paix, le 1er janvier 2000 ; Vatican.va

Le théologien pontifical de Jean-Paul II, qui fut également celui de Pie XII, Jean XXIII, Paul VI et Jean-Paul Ier, a affirmé que cette « période de paix » tant attendue sur terre était de plus en plus proche.

Oui, un miracle a été promis à Fatima, le plus grand miracle de l'histoire de l'humanité, après la Résurrection. Et ce miracle sera une ère de paix qui n'a jamais vraiment été accordée auparavant au monde.

— Cardinal Mario Luigi Ciappi, théologien pontifical de Pie XII, Jean XXIII, Paul VI, Jean-Paul Ier et Jean-Paul II, 9 octobre 1994 ; Family Catechism, p. 35

Le cardinal Ciappi fait donc le lien entre les précédentes déclarations magistérielles et le Triomphe du Coeur Immaculé de Marie, qui correspondra également au Triomphe de l'Église.

L'Eglise catholique étant le royaume du Christ sur la terre, doit s'étendre à tous les hommes et tous les pays de l'univers...

— PAPE PIE XI, Quas Primas, Encyclique, n° 12, 11 décembre 1925 ; cf. Mt 24: 14 ; Vatican.va

Nos nombreuses blessures pourront enfin être guéries en profondeur, et toute justice renaîtra avec l'espoir de voir restaurée l'autorité [de l'Église] ; la paix retrouvera une splendeur renouvelée, les glaives et les armes tomberont des mains des hommes, qui reconnaîtront enfin l'empire du Christ et se soumettront avec joie à Sa parole, et toute langue confessera que le Seigneur Jésus-Christ est dans la Gloire de Dieu le Père.

— PAPE LEON XIII, Annum Sacrum, Consécration du monde au Sacré-Coeur de Jésus, mai 1899

A notre époque encore, le Pape François a réitéré cette espérance :

... [le] pèlerinage de tout le Peuple de Dieu ; et dans sa lumière les autres peuples aussi peuvent marcher vers le Royaume de la justice, vers le Royaume de la paix. Quel beau jour ce sera, quand les armes seront démontées, pour être transformées en instruments de travail ! Quel beau jour ce sera ! Et cela est possible ! Misons sur l'espérance, sur l'espérance de la paix, et cela sera possible !

— PAPE FRANÇOIS, Premier Angelus de l'Avent, 1er décembre 2013 ; papefrancois.blogspot.com ; cf. Is 2: 2-4

À l'instar de ses prédécesseurs, le Pape François a lui aussi le ferme espoir qu'un « monde nouveau » est possible, dans lequel l'Église deviendra véritablement une maison pour l'humanité, un peuple unifié, refaçonné dans le sein de la Mère de Dieu :

Nous supplions [Marie] afin que, par sa prière maternelle, elle nous aide pour que l'Église devienne une maison pour beaucoup, une mère pour tous les peuples, et rende possible la naissance d'un monde nouveau. C'est le Ressuscité qui nous dit, avec une force qui nous comble d'une immense confiance et d'une espérance très ferme : « Voici, je fais l'univers nouveau » (Ap 21: 5). Avec Marie, avançons avec confiance vers [la réalisation de] cette promesse...

— PAPE FRANÇOIS, Evangelii Gaudium, n° 288 ; Vatican.va

Une promesse conditionnée par notre conversion :

L'humanité a besoin de justice, de paix, d'amour et elle ne pourra les avoir qu'en revenant de tout son coeur à Dieu, qui est la source de tout cela.

— PAPE FRANÇOIS, Angélus, 1er dimanche du Carême, Rome, 22 février 2015 ; Vatican.va

Il est réconfortant et rassurant d'entendre, de la bouche de tant de nos papes, cette anticipation prophétique d'une période de paix universelle appelée à s'établir sur la terre :

« Et elles écouteront ma voix : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur. » [Puisse Dieu... réaliser bientôt Sa prophétie, et cette vision consolatrice de l'avenir se transformer en une réalité présente...] C'est au Dieu tout-puissant et miséricordieux qu'il appartiendra de faire luire enfin ce jour beau entre tous, jour qui doit être fécond en toutes sortes de biens pour l'établissement du règne du Christ comme aussi pour la pacification... du monde... Afin de hâter le jour où sera accordé aux hommes ce don si doux de la paix, Nous exhortons instamment tous les fidèles de joindre avec persévérance leurs ferventes prières aux Nôtres...

— PAPE PIE XI, Ubi Arcano Dei Consilio, “De la paix du Christ dans le Règne de Dieu” , 23 décembre 1922 ; Vatican.va (entre crochets : traduction depuis l'édition anglaise)

S'exprimant avec autorité dans l'une de ses encycliques, le Pape Pie X écrivait :

[Oh] le jour où, dans chaque cité, dans chaque [village], la loi du Seigneur sera [fidèlement observée], les choses saintes entourées de respect, les sacrements fréquentés, en un mot, tout ce qui constitue la vie chrétienne remis en honneur, [il ne sera certainement plus nécessaire de nous donner autant de peine pour voir toutes choses restaurées] dans le Christ. Et que l'on ne crie pas que tout cela se rapporte seulement à l'acquisition des biens éternels ; les intérêts temporels et la prospérité publique s'en ressentiront aussi très heureusement... Dès lors il sera manifeste à tous que l'Eglise, telle qu'elle fut instituée par Jésus-Christ, doit jouir d'une pleine et entière liberté et n'être soumise à aucune domination humaine... « Il brisera la tête de ses ennemis » (cf. Ps 67: 22), de sorte que tous sachent que « le roi de toute la terre, c'est Dieu » (cf. Ps 46: 8), et que « les nations se reconnaissent mortelles ! » (Ps 9A : 21). Tout cela, Vénérables Frères, nous [le croyons et l'attendons] d'une foi [ferme].

— PAPE PIE X, E Supremi, Encyclique sur “la restauration de toutes les choses dans le Christ” , n° 14, 6-7 ; Vatican.va (entre crochets : traduction depuis l'édition anglaise)

Faisant écho à la prière d'unité de Jésus, « que tous soient un » (Jn 17: 21), Paul VI assura que cette unité de l'Église et du monde viendrait :

L'unité du monde se fera. La dignité de la personne humaine sera fermement reconnue, non seulement officiellement mais aussi dans les faits. L'inviolabilité de la vie, de la conception à l'âge de la vieillesse... Il sera mis un terme aux inégalités sociales injustifiées. Les relations entre les peuples seront pacifiques, raisonnables et fraternelles. Ni l'égoïsme, ni l'arrogance, ni la pauvreté... n'empêcheront plus l'instauration d'un véritable ordre humain, d'un bien commun, d'une nouvelle civilisation.

— Pape Paul VI, Message Urbi et Orbi, 4 avril 1971

Avant lui, Saint Jean XXIII explicita cette vision d'une nouvelle espérance universelle :

Il nous arrive de devoir écouter, à notre grand regret, la voix de certaines personnes qui, bien que brûlantes de zèle, manquent de discrétion et de mesure. En cette ère moderne, elles ne parviennent à voir que [corruption] et ruine... Nous estimons devoir être en désaccord avec ces prophètes de malheur qui n'entrevoient jamais rien d'autre que des désastres, comme si la fin du monde était à nos portes. De nos jours, la Providence divine nous conduit vers un nouvel ordre de relations humaines qui, par un effort humain et même au-delà de toute attente, s'oriente vers la réalisation des desseins supérieurs et impénétrables de Dieu, dans lesquels tout, y compris les échecs humains, conduit au plus grand bien de l'Église.

— Saint Jean XXIII, Discours prononcé à l'occasion de l'ouverture du Concile Vatican II, 11 octobre 1962 ; 4, 2-4: AAS 54 (1962), 789 ; Vatican.va (italien)

Et encore avant lui, le Pape Léon XIII prophétisa également cette restauration et cette unité futures dans le Christ :

[J'ai] fait converger vers deux fins principales tous les travaux entrepris et poursuivis durant [mon] pontificat déjà si long : en premier lieu, la restauration de la vie chrétienne dans la société et dans la famille, chez les chefs d'États et chez les peuples, étant donné qu'il n'y a pas de véritable vie pour l'humanité en dehors du Christ ; en second lieu, la réconciliation de tous ceux qui se sont éloignés de l'Église catholique, soit par l'hérésie, soit par le schisme, puisque le désir manifeste du Christ est de rassembler tous les hommes en un seul troupeau et sous un seul Berger.

Divinum Illud Munus, n° 10

Les semences du futur

Dans son Apocalypse, Saint Jean nous parle de ce renouveau de l'Église en termes de « résurrection » (Ap 20: 1-6). Le Pape Pie XII reprend ce même langage :

Mais cette nuit du monde comporte elle aussi des signes clairs d'une aube qui viendra, d'un jour nouveau caressé par un soleil nouveau et resplendissant... Une nouvelle résurrection de Jésus est nécessaire ; une véritable résurrection, qui n'admette plus aucune domination de la mort... Dans les individus, Jésus doit détruire la nuit du péché mortel par l'aube de la grâce reconquise. Dans les familles, à la nuit de l'indifférence et de la froideur, doit succéder le soleil de l'amour. Dans les lieux de travail, dans les villes, dans les nations, dans les terres de l'incompréhension et de la haine, la nuit doit devenir lumineuse comme le jour : et les conflits cesseront, et l'on fera la paix.

— PAPE PIE XII, discours Urbi et Orbi, 2 mars 1957 ; clerus.org

Cette « résurrection » est donc, en fin de compte, une restauration de la grâce dans toute l'humanité de sorte que Sa « volonté soit faite sur la Terre comme au Ciel », comme nous le demandons quotidiennement.

Dieu lui-même avait prévu, dans Sa Providence, de réaliser cette « nouvelle et divine » sainteté dont le Saint-Esprit souhaite enrichir les chrétiens à l'aube du troisième millénaire, dans le dessein de « faire du Christ le coeur du monde. »

— Pape Jean-Paul II, Message aux Pères Rogationnistes, n° 6, Vatican.va

Ainsi, le nouveau millénaire attendu par nos derniers pontifes est réellement l'accomplissement du Notre Père.

... chaque jour dans la prière du Notre-Père nous demandons au Seigneur : « Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel » (Mt 6: 10) ... nous reconnaissons que c'est au « ciel » que se fait la volonté de Dieu et que la « terre » devient « ciel », lieu de la présence de l'amour, de la bonté, de la vérité, de la beauté divine, uniquement si en elle est faite la volonté de Dieu.

— Pape Benoît XVI, Audience Générale, 1er février 2012 ; Vatican.va

Marie... une vision de l'avenir

L'Église a toujours enseigné que la Bienheureuse Vierge Marie est plus que la mère de Jésus. Comme Benoît XVI l'a exprimé :

Sainte Marie... tu [es devenue] l'image de l'Église à venir qui, dans son sein, porte l'espérance du monde...

— Encyclique, Spe Salvi, n° 50 ; Vatican.va

Mais soyons clairs, nos papes ne suggèrent pas que la sainteté de Marie ne sera accomplie par l'Église qu'au Ciel. La perfection ? Oui, elle ne viendra que dans l'éternité. Mais ce dont parlent nos pontifes est une restauration de cette sainteté primordiale qui existait dans le Jardin d'Eden, aujourd'hui perdue mais que nous retrouvons en Marie. Pour l'exprimer avec les mots de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort :

L'on a toutes les raisons de croire que, vers la fin des temps et peut-être plus tôt qu'on ne le pense, Dieu suscitera des hommes remplis du Saint-Esprit et imprégnés de l'esprit de Marie. A travers eux, Marie, cette Reine si puissante, accomplira de grandes merveilles dans le monde, détruisant le péché et établissant le royaume de Jésus son Fils sur les RUINES du royaume corrompu qui est cette grande Babylone terrestre. (Ap. 18: 19-20)

— St Louis-Marie Grignion de Montfort, Le Secret de Marie, n° 58-59

A la fin du monde… le Très-Haut avec Sa sainte Mère doivent se former de grands saints qui surpasseront autant en sainteté la plupart des autres saints, que les cèdres du Liban surpassent les petits arbrisseaux.

— St Louis-Marie Grignion de Montfort, Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge, n° 47

La Résurrection, cependant, ne précède pas la Croix. De même, comme il nous a été dit, les semences de ce nouveau printemps de l'Église seront et sont déjà plantées dans le présent hiver spirituel. Un nouveau printemps suivra, mais seulement après que l'Église aura été purifiée :

L'Eglise sera réduite dans ses dimensions, il faudra repartir de zéro. Cependant, de cette épreuve émergerait une Église renforcée par le processus de simplification qu'elle aura traversé, par sa capacité renouvelée à regarder en elle-même...

— Cardinal Ratzinger (PAPE BENOÎT XVI), Voici quel est notre Dieu, 2001 ; Entretien avec Peter Seewald ; cf. Le jour où Joseph Ratzinger a prédit l'avenir de l'Église

Cette « épreuve » peut très bien être celle dont parle le Catéchisme de l'Église catholique :

Avant [le second] avènement du Christ, l'Église doit passer par une épreuve finale qui ébranlera la foi de nombreux croyants (cf. Lc 18, 8 ; Mt 24, 12). La persécution qui accompagne son pèlerinage sur la terre (cf. Lc 21, 12 ; Jn 15, 19-20) dévoilera le "mystère d'iniquité" sous la forme d'une imposture religieuse apportant aux hommes une solution apparente à leurs problèmes au prix de l'apostasie de la vérité... Cette imposture antichristique se dessine déjà dans le monde chaque fois que l'on prétend accomplir dans l'histoire l'espérance messianique qui ne peut s'achever qu'au-delà d'elle à travers le jugement eschatologique.

— CEC 675, 676

Il est donc évident que nos pontifes ne font par référence à un royaume d'ordre politique et de style millénariste, mais à un renouveau spirituel de l'Église qui affectera jusqu'à la création elle-même, juste avant la "fin".

Ainsi est définie l'action complète du plan originel du Créateur : une création dans laquelle Dieu et l'Homme, l'homme et la femme, l'humanité et la nature sont en harmonie, en dialogue, en communion. Ce projet, entravé par le péché, a été assumé d'une manière encore plus merveilleuse par le Christ, qui l'accomplit mystérieusement mais efficacement dans la réalité présente, dans le dessein de le mener à son terme...

— Pape Jean Paul II, Audience générale, 14 février 2001 ; Vatican.va (anglais)

Telle est la grande espérance de notre invocation : "Que ton règne vienne!", un règne de paix, de justice et de sérénité, qui recompose l'harmonie originelle de la création.

— St Jean-Paul II, Audience générale, 6 novembre 2002 ; Vatican.va

La confrontation finale

Peut-être plus qu'à tout autre période au cours des 2000 dernières années, le messianisme sécularisé (CEC 676) n'a jamais été aussi dominant qu'aujourd'hui. La technologie, l'environnementalisme et le droit que l'Homme s'arroge de prendre la vie d'autrui — ou la sienne propre — sont devenus "l'espoir du futur", plutôt que Dieu et qu'une véritable civilisation de l'amour bâtie sur Ses commandements. Ainsi, nous vivons bel et bien la "confrontation finale" avec l'esprit de ce monde. Le Pape Paul VI semblait apercevoir les dimensions nécessaires mais pleines d'espérance de cette confrontation lorsqu'il canonisa les martyrs de l'Ouganda en 1964 :

Ces martyrs africains annoncent l'aube d'un nouvel âge. Non pas en ce sens qu'elle s'oriente vers les persécutions et les conflits religieux, mais vers une renaissance du christianisme et de la civilisation !

— Liturgie des heures, vol. III, p. 1453, Mémorial de Charles Lwanga et de ses compagnons ; cf. Homélie de Paul VI à la canonisation des martyrs de l'Ouganda (18 octobre 1964)

Puisse se lever sur le monde ce temps de paix et de liberté, ce temps de vérité, de justice et d'espérance.

— PAPE JEAN-PAUL II, Message radio, Cité du Vatican, 1981

Mark Mallett
The Popes, and the Dawning Era


[1] 160-220 ap. Apologeticum, n° 50

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Très bel article merci. J'apprécie de plus en plus les encycliques et autres discours des papes auquel je m'y intéressais pas trop avant car je ne savais pas où chercher et parce que j'étais débutant dans la foi il faut dire. Désormais grâce à vous j'en apprends plus et j'ai mis en favoris le site du Vatican. Je suis tellement énervé contre ces divisions dans l'Eglise c'est vraiment dur par moment pour discerner nous pauvres pécheurs. La seule choses qui me perturbe c'est le conflit tradi contre conciliaire que pour ma part je rejette car je ne me considères que chrétiens catholiques. Je trouves que ce conflit fait du tort, alors que nous avons déjà cette malheureuse fracture avec les orthodoxes et par dessus tout celle avec les protestants qui pour moi est le plus gros sandale de l'Eglise car ils ont vraiment une doctrine à part. Puisse l'Eglise catholique continuer de nous guider. Amen

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