La communion dans la main ? – Partie 1


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Publié le dimanche 7 juin 2020

Auteur / source : Mark Mallett

Catégorie : Vie de l'Eglise

Depuis la réouverture progressive des messes dans de nombreuses régions cette semaine, plusieurs lecteurs m'ont demandé de commenter les protocoles que plusieurs évêques ont mis en place, notamment concernant la Sainte Communion qui ne doit désormais être reçue que « dans la main ». Un homme m'a confié que lui et son épouse reçoivent la communion « sur la langue » depuis cinquante ans, et jamais dans la main, et que cette nouvelle interdiction les place dans une position inacceptable.

Lire le texte original en anglais sur le blog de Mark Mallett

Un autre lecteur écrit :

Notre évêque nous dit « seulement dans la main ». Je ne peux vous dire à quel point j'en souffre, étant donné que je la reçois toujours sur la langue et je ne veux pas la prendre sur la main. Ma question: que dois-je faire ? Mon oncle m'a dit que c'était un sacrilège de la toucher avec nos mains, ce que je crois être vrai, mais j'ai parlé avec mon prêtre et il ne pense pas que cela soit vrai... Je me demande maintenant si je devrais ne plus aller à la messe et me contenter d'aller à l'adoration et à la confession ?

Je trouve cela ridicule, toutes ces mesures extrêmes telles que le port du masque pour pouvoir participer à la messe. Nous devons également nous inscrire pour pouvoir aller à la messe — est-ce pour permettre au gouvernement de savoir qui s'y rend ? On peut se rendre dans les épiceries sans que nous soient imposées des mesures aussi extrêmes. Je sens que la persécution a commencé. Cela me fait tellement mal, je ne peux m'empêcher de pleurer. Cela n'a aucun sens. Même après la messe, nous ne pouvons pas rester pour prier, nous devons partir tout de suite. J'ai l'impression que nos bergers nous ont abandonnés entre les griffes des loups...

Lire : Reprise du culte – un protocole douteux

Et donc, comme vous pouvez le voir, beaucoup de fidèles souffrent de cette situation.

Les contradictions

Il ne fait aucun doute que c'est dans l'Église catholique, plus que dans n'importe quel lieu public, que sont mises en place les mesures anti-pandémiques les plus radicales. Et les contradictions abondent. Actuellement, dans de nombreuses villes, il est plus facile pour n'importe quel citoyen de s'asseoir dans un restaurant, de parler fort, de rire et de se promener sur les places publiques... que pour des catholiques de se rendre tranquillement dans des églises aujourd'hui largement désertées. En outre, le nombre de fidèles pouvant participer à la célébration eucharistique doit non seulement être limité, mais dans certains diocèses il est demandé de ne pas même chanter. D'autres sont tenus de porter un masque (y compris les prêtres qui dans certains diocèses doivent même porter des gants, ndtr), et il leur est même interdit de dire « Amen » après avoir reçu l'Hostie, voire de s'agenouiller pendant la consécration. [1] D'autre part, certains diocèses [mettent en place un « système de réservation » ou] demandent à ce que les paroissiens qui se rendent à la messe déclarent qui ils sont et avec qui ils ont été en contact.

C'est tellement contradictoire, si envahissant, tellement en contraste avec ce qui se passe dans le reste de la société (et, oui, si peu scientifique — et pourtant si facilement accepté par de nombreux évêques), que je ne suis pas surpris d'entendre des laïcs et même des prêtres me confier qu'ils ont un sentiment de « trahison » et de « profonde amertume ». J'ai été récemment interpelé par ce passage des Écritures :

Malheur à vous, bergers ! Vous laissez périr et vous dispersez les brebis de mon pâturage – oracle du Seigneur ! C'est pourquoi, ainsi parle le Seigneur, le Dieu d'Israël, contre les bergers qui conduisent mon peuple : « Vous avez dispersé mes brebis, vous les avez chassées, et vous ne vous êtes pas occupés d'elles. »

Jérémie 23: 1-2

Pour être juste, nous devons reconnaître que de nombreux évêques font sans aucun doute de leur mieux ; beaucoup savent probablement qu'ils s'exposent à de lourdes sanctions s'ils résistent à l'État ; d'autres agissent en fonction de ce qu'ils estiment être véritablement dans l'intérêt du « bien commun », en particulier pour leurs paroissiens les plus âgés. Pour autant, un prêtre m'a raconté que quand il a demandé à un homme âgé de rester chez lui et de ne pas assister à la messe afin de préserver sa santé, l'homme s'est exclamé : « Qui diable êtes-vous pour me dire ce qui est bon ou non pour moi ? Je peux décider par moi-même si le risque justifie que je m'abstienne de venir à la messe. » Ces paroles franches révèlent sans doute un sentiment partagé par nombre d'entre nous : l'État nous traite comme si nous étions des brebis stupides dont le moindre mouvement doit désormais être nécessairement contrôlé. Mais plus graves est le fait que l'Église a cédé pratiquement toute sa souveraineté à l'État, y compris en ce qui concerne la façon dont elle célèbre la liturgie et manifeste sa piété. Et Dieu seul sait quelles auront été les répercussions spirituelles de cette privation de l'Eucharistie (tout un sujet en soi).

Ainsi, nous avons bel et bien dépassé le point de non-retour. Reprendre possession de ce qui est non seulement du domaine du bon sens, mais qui fait surtout partie de notre devoir spirituel, entraînera probablement une véritable persécution du clergé quand viendra la prochaine crise.

D'ailleurs, tous ceux qui veulent vivre en hommes religieux dans le Christ Jésus subiront la persécution.

2 Tm 3: 12 (Première lecture de la messe du 5 juin 2020)

Que dit la science

Mais que dire au sujet de la communion dans la main ? Est-ce une mesure prudente ? L'agence de presse catholique a publié une déclaration de l'archidiocèse de Portland dans l'Oregon au début de la propagation du COVID-19 :

Ce matin, nous avons consulté deux médecins à ce sujet, dont l'un est un spécialiste en immunologie de l'État de l'Oregon. Ils ont convenu que le fait de recevoir la Sainte Communion sur la langue ou dans la main pose un risque plus ou moins égal. Le risque de toucher la langue d'une personne et de transmettre sa salive à d'autres est évidemment réel ; cependant, il existe également un risque de toucher la main de quelqu'un, alors que les mains sont plus exposées aux germes.

— Le 2 mars 2020 ; lire la déclaration ; cf. catholicnewsagency.com

... La Communion dans la main n'est pas plus hygiénique que la Communion dans la bouche. En effet, elle peut être dangereuse sur le plan de la contagion. Du point de vue de l'hygiène, la main est porteuse d'une énorme quantité de bactéries. De nombreux agents pathogènes sont transmis par les mains... De nombreuses personnes qui viennent à l'église et reçoivent ensuite la sainte communion dans leurs mains ont d'abord touché les poignées de porte ou les rampes et les barres d'appui dans les transports en commun ou dans d'autres bâtiments... Puis, pendant la Sainte Messe... ils touchent l'hostie consacrée, transférant ainsi le virus également sur l'hostie, et ils transporteront ainsi les virus par l'hostie dans leur bouche.

La communion dans la bouche est certainement moins dangereuse et plus hygiénique que la communion dans la main. En effet, la paume et les doigts de la main, à défaut de lavage intense, contiennent indéniablement une accumulation de virus.

L'interdiction de la Communion dans la bouche n'est pas fondée par rapport aux grands risques sanitaires de la Communion dans la main en temps de pandémie. Une telle interdiction constitue un abus d'autorité...

— Mgr Athanasius Schneider, 29 février 2020 ; Communion dans la main : le coronavirus les rend fous ; lire aussi Pour le pape, on peut communier « dans la bouche » ou « sur la main » (ajout)

(...)

Par conséquent, imposer la communion dans la main semble sans fondement d'un point de vue purement scientifique.

Mais autre chose ne colle pas du tout non plus. Des centaines de milliers de personnes meurent chaque année de la grippe, et pourtant nous n'avons jamais pris des mesures aussi extrêmes pour empêcher la transmission de cette maladie, telles que nous les voyons imposer aujourd'hui.

Que dit la loi ?

L'Église catholique possède de nombreux rites. Dans certaines liturgies orientales, la communion est distribuée uniquement sur la langue en trempant le pain consacré dans le calice, puis en donnant aux fidèles les Précieux Corps et Sang au moyen d'une cuillère. Dans la forme extraordinaire du rite romain ou « rite tridentin », les communiants ne sont autorisés à recevoir l'hostie que sur la langue. Sous la forme ordinaire (l'Ordo Missae) du rite latin, l'Église permet aux fidèles de recevoir soit dans la main, soit dans la bouche. Autrement dit, ce n'est pas un péché que de recevoir respectueusement l'Eucharistie dans la main, dans votre paroisse habituelle. Mais la vérité est que ce n'est pas ainsi que notre Mère l'Église préférerait que nous recevions Notre Seigneur aujourd'hui.

Tout comme pour les dogmes, notre compréhension des Saints Mystères s'est approfondie avec le temps. Ainsi la communion sur la langue finit par devenir la norme, à mesure que l'Église progressait dans l'expression de son respect [envers ce très saint sacrement].

... Par la suite, lorsque [se sont approfondies] la vérité et [la puissance] du mystère eucharistique, ainsi que la présence du Christ en lui, on a mieux ressenti le respect dû à ce Très Saint Sacrement et l'humilité avec laquelle il doit être reçu, et la coutume s'est établie que ce soit le ministre lui-même qui dépose sur la langue du communiant une parcelle de Pain consacré. Compte tenu de la situation actuelle de l'Église dans le monde entier, cette façon de distribuer la Sainte Communion doit être conservée, non seulement parce qu'elle a derrière elle une tradition multiséculaire, mais surtout parce qu'elle exprime le respect des fidèles envers l'Eucharistie. Par ailleurs, cet usage ne blesse en rien la dignité personnelle de ceux qui s'approchent de ce [si grand] sacrement, et il fait partie de la préparation requise pour recevoir le Corps du Seigneur d'une façon très fructueuse.

— PAPE SAINT PAUL VI, Memoriale Domini, 29 mai 1969

Paul VI a ensuite fait remarquer qu'une enquête menée auprès d'environ 2100 évêques a démontré que les deux tiers d'entre eux ne croyaient pas que la pratique de la communion sur la langue devait être modifiée, ce qui a conduit Paul VI à conclure : « le Souverain Pontife n'a pas pensé devoir changer la façon traditionnelle de distribuer la Sainte Communion aux fidèles. » Cependant, il a ajouté :

Mais là où s'est déjà introduit un usage différent — celui de déposer la Sainte Communion dans la main — le Saint-Siège, afin d'aider les Conférences épiscopales à accomplir leur tâche pastorale, devenue souvent plus difficile dans les circonstances actuelles, confie à ces mêmes Conférences la charge et le devoir de peser avec soin les circonstances particulières qui pourraient exister, à condition cependant d'écarter tout risque de manque de respect ou d'opinions fausses qui pourraient s'insinuer dans les esprits au sujet de la Très Sainte Eucharistie, et d'éviter [toute autre conséquence fâcheuse qui pourrait en découler].

Ibid

Il ne fait aucun doute que la communion dans la main a conduit à un grand nombre de sacrilèges à notre époque, dont certains ne furent jamais possibles avant que cette pratique ne soit autorisée. Une certaine désinvolture a par ailleurs été constatée dans la façon de distribuer la Sainte Eucharistie et dans la manière dont elle est reçue dans de nombreuses paroisses. Cela ne peut que nous attrister, alors que les sondages continuent de montrer, dans le même temps, un déclin de la croyance en la présence réelle [du Christ dans le pain et le vin consacrés]. [2]

Saint Jean-Paul II a déploré ces abus dans sa lettre Dominicae Cenae :

En certain pays est entrée en usage la communion dans la main. Cette pratique a été demandée par des Conférences épiscopales particulières, et elle a obtenu l'approbation du Siège Apostolique. Il m'arrive cependant d'entendre parler de cas de regrettables manques de respect à l'égard des espèces eucharistiques, manquements qui pèsent non seulement sur les personnes coupables d'un tel comportement, mais aussi sur les pasteurs de l'Eglise, qui auraient été moins vigilants sur l'attitude des fidèles envers l'Eucharistie. Il advient même parfois que l'on ne tienne pas compte du libre choix et de la libre volonté de ceux qui, là où a été autorisée aussi la distribution de la communion dans la main, préfèrent s'en tenir à l'usage de la recevoir dans la bouche. Il est difficile par conséquent, dans le contexte de la lettre actuelle, de ne pas mentionner les douloureux phénomènes rappelés plus haut. En rédigeant ces lignes, je ne veux en aucune façon me référer aux personnes qui, recevant le Seigneur Jésus dans la main, le font dans un esprit de dévotion et de respect profonds, dans les pays où cet usage a été autorisé.

— Saint Jean-Paul II, Dominicae Cenae, n° 11

Rappelons le protocole défini par la Présentation Générale du Missel Romain :

Si la communion est donnée seulement sous l'espèce du pain, le prêtre montre à chacun l'hostie en l'élevant légèrement et dit : "Le Corps du Christ". Le communiant répond : "Amen", et reçoit le sacrement dans la bouche ou bien, là où cela est autorisé, dans la main, selon son choix. Celui qui reçoit la sainte hostie pour communier la consomme aussitôt et intégralement.

Instruction Redemptionis sacramentum (2002) n° 161

Alors, que devrions-nous faire ?

Selon les paroles mêmes du Christ, l'Église a reçu l'autorité de promulguer des lois conformément à sa pratique liturgique :

En vérité, je vous le dis : tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel.

Mt 18: 18

Par conséquent, si vous souhaitez personnellement recevoir la communion dans la main, sous la forme ordinaire de la messe, vous êtes libre de le faire, dans les diocèses où cela est permis, tant que vous le faites avec respect et en état de grâce (bien que la norme, une fois encore, est de la recevoir sur la langue). Cependant, je sais que cela ne réconforte pas certains d'entre vous. Aussi, voici mes pensées personnelles...

L'Eucharistie n'est pas seulement une dévotion parmi de nombreuses autres dévotions ; elle est la « source et le sommet » de notre foi. [3] En fait, Jésus a promis que quiconque mange Son Corps et boit Son Sang reçoit la vie éternelle. Mais Il va plus loin :

Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n'avez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour.

Jean 6: 53-54

Ainsi, pour moi personnellement, je ne refuserais jamais de recevoir mon Seigneur dans l'Eucharistie à moins d'avoir une raison sérieuse de m'abstenir. Et les principales raisons qui me viennent à l'esprit sont 1) de me savoir en état de péché mortel, ou 2) d'être en schisme avec l'Église. Autrement, pourquoi me priverais-je du don de la « vie éternelle » quand Jésus s'offre à moi ?

Certains d'entre vous estiment cependant que recevoir Jésus dans la main « profane » le Seigneur et constitue par conséquent une « troisième » raison valable de refuser l'Eucharistie. Mais je vous le dis, beaucoup reçoivent Jésus sur une langue qui maudit et calomnie leurs frères et sœurs du lundi au samedi — et cependant, ils ne réfléchissent pas à deux fois avant de recevoir leur Seigneur sur une telle langue (cf. 1 Co 11: 26-29). La question est la suivante : si vous choisissez de ne pas recevoir Jésus parce que cela n'est permis que dans la main, qu'essayez-vous de prouver ? S'il s'agit de faire comprendre au reste de l'assemblée à quel point votre piété est grande, cela n'est en soi rien d'autre que de la vanité. S'il s'agit de témoigner de votre amour et de votre véritable « crainte du Seigneur », vous devez dans ce cas également prendre en considération le fait que l'acte de refuser Jésus peut aussi constituer un piètre témoignage en ce sens qu'il pourrait aussi être considéré comme un acte de division au sein du Corps du Christ, ou dénoter un esprit mesquin, étant donné que, sous la forme ordinaire de la messe, il n'y a pas d'interdiction canonique à recevoir la communion sur la main (beaucoup de saintes âmes reçoivent d'ailleurs Jésus dans leur main).

Pour ma part, je reçois Jésus sur la langue depuis des années, parce que j'estime que c'est la façon la plus respectueuse de communier et que celle-ci est conforme à ce que souhaite explicitement l'Église. Deuxièmement, il est très difficile d'éviter que des particules de l'hostie ne restent dans la paume de notre main, et il est nécessaire d'y être très attentifs (alors que beaucoup n'y pensent même pas). Cependant, je ne pourrais jamais refuser de recevoir le Seigneur si mon évêque venait à m'imposer cette manière de communier. Au lieu de cela, je ferais exactement ce qui fut enseigné du temps de l'Église primitive, lorsque la communion dans la main était pratiquée :

Quand tu t'approches, ne t'avance pas les paumes des mains étendues, ni les doigts disjoints ; mais fait de ta main gauche un trône pour ta main droite, puisque celle-ci doit recevoir le Roi. Et après avoir sanctifié la paume de ta main, reçois le Corps du Christ, en disant « Amen ». Avec soin, ensuite, sanctifie tes yeux par le contact du Saint Corps, puis prends-le et veille à n'en rien perdre. Car ce que tu perdrais, c'est comme si tu perdais un de tes propres membres. Car dis-moi, si l'on t'avait donné des paillettes d'or, ne les retiendrais-tu pas avec le plus grand soin, en veillant à ce qu'aucune d'entre elles ne se perde ? Ne veilleras-tu pas dès lors davantage encore à ce qu'aucune miette ne tombe de ce qui est plus précieux que l'or et que les pierres précieuses ? Puis après avoir communié au Corps du Christ, approche-toi aussi de la coupe de Son Sang [lorsque cela est possible] ; sans étendre les mains mais en t'inclinant en une attitude d'adoration et de respect et en disant : « Amen », sanctifie-toi aussi par la participation au Sang du Christ. Puis, tandis que tes lèvres en sont encore humectées, touche-les de tes mains et sanctifie tes yeux et ton front et tes autres organes sensoriels. Ensuite, dans la prière, rends grâce à Dieu de t'avoir rendu digne de si grands mystères.

— Saint Cyrille de Jérusalem, IVe siècle

En d'autres mots, si vous êtes contraint de recevoir Jésus dans votre main, recevez-le comme si ce fût la Sainte Vierge qui vous confiait l'Enfant Jésus. Tenez-le avec un très grand respect. Et puis, recevez-le avec un grand amour.

Ensuite, si vous le souhaitez, rentrez chez vous, écrivez à votre évêque et dites-lui pourquoi selon vous cette forme est déraisonnable — et soyez en paix, sachant en conscience que vous avez témoigné au Seigneur le plus grand respect possible.

Épilogue

Un jour, un Roi annonça que tous les dimanches, il rendrait visite à chaque foyer de Son Royaume. Sachant cela, toute la cité, depuis les grands seigneurs jusqu'aux humbles villageois, préparèrent leur maison afin d'accueillir leur Roi avec tout le respect qui lui est dû.

Les plus aisés disposèrent au sol de riches tapis rouges, ornèrent leurs portes de dorures, décorèrent leur hall d'entrée de parures de soie et engagèrent des ménestrels pour saluer le Roi. Mais de leur côté, les pauvres villageois ne pouvaient que balayer le portique de leur maison, secouer le tapis et porter leur seul bel habit.

Quand le grand jour arriva, un émissaire se présenta un peu en avance afin d'annoncer l'arrivée du Roi. Mais à la surprise de beaucoup, il annonça que le Roi souhaitait venir par l'entrée du serviteur, et non par l'entrée principale.

« C'est impossible ! » cria de nombreux seigneurs. « Il doit venir par l'entrée d'honneur. C'est la seule qui convient. En vérité, le Roi ne peut venir que de cette façon, sinon nous ne le recevrons pas. Car nous ne voudrions pas l'offenser, ni prendre le risque que quiconque nous accuse de manquer de bienséance. » Par conséquent, l'émissaire se retira — et le Roi n'entra pas dans leurs demeures.

L'émissaire se présenta ensuite dans le village et s'approcha de la première masure. C'était une humble demeure — avec son toit de chaume, ses fondations tortueuses et sa structure en bois usée et patinée. Après avoir frappé à la porte, il fut chaleureusement accueilli par tous les membres de la famille.

« Je viens vous annoncer par décret royal que le Roi souhaite visiter votre demeure. »

Le père, retirant son chapeau et inclinant la tête, ressentit une honte soudaine en raison de la pauvreté de son logis et lui répondit : « Je suis si désolé. De tout cœur, nous souhaitons recevoir le Roi. Mais... notre maison n'est pas digne de Sa présence. Voyez, » dit-il en montrant la marche en bois branlante sur laquelle se tenait l'émissaire, « quel Roi daignerait monter des marches si misérables ? » Puis, montrant sa porte d'entrée, il continua, « quel homme d'une si grande noblesse daignerait se baisser pour franchir notre seuil ? Et puis, quel Souverain daignerait s'asseoir à une si petite table en bois ? »

Entendant cela, les yeux de l'émissaire se plissèrent et il inclina la tête tandis qu'il fixait le père du regard, comme s'il scrutait son âme.

« Certes, » dit l'émissaire, « mais avez-vous le désir de recevoir le Roi ? »

Le visage du père prit un teint cendré et il ouvrit de grands yeux. « Oh, le Ciel me vienne en aide si j'ai pu laisser penser le contraire au bon messager de mon Roi. De tout notre cœur, nous le recevrions s'il trouvait notre logis digne de lui : si nous pouvions, nous aussi, poser le tapis rouge et orner notre porte d'entrée ; si nous pouvions, nous aussi, suspendre de riches rideaux et engager des ménestrels, alors oui, bien sûr, nous nous réjouirions de sa présence. Car notre Roi est le plus noble et le plus beau de tous les hommes. Aucun n'est aussi juste ou aussi miséricordieux que lui. Nous vous en supplions, transmettez-lui nos plus chaleureuses salutations et faites-lui part de nos prières, de notre amour et de notre loyauté. »

« Pourquoi ne pas le lui dire vous-même », lui répondit l'émissaire. Et sur ces mots, il retira son manteau et révéla sa véritable identité.

« Mon Roi ! » s'exclama le père. Après quoi, toute la famille tomba à genoux tandis que le Monarque franchissait le seuil d'entrée et entra dans l'humble masure. « Levez-vous, je vous prie, » leur dit-il, si doucement que toutes leurs craintes se dissipèrent en un instant. « Cette demeure me sied à merveille, car parée du sol au plafond de vertu, d'humilité et de charité. Allons, laissez-moi demeurer chez vous et festoyons ensemble... »

Lire la suite : La communion dans la main ? – Partie 2

Mark Mallett
Communion in the Hand ?


[1] edwardpentin.co.uk
[2] fr.aleteia.org
[3] Catéchisme de l'Église catholique, n° 1324

Cet article m'inspire ...


de la joie
32


de l'encouragement
13


de la perplexité
4


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