Un pape noir ? par Mark Mallett


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Publié le vendredi 25 janvier 2019

Auteur : Mark Mallett

Catégorie : Église et papauté

Nombre de consultations : 862

Depuis la renonciation du Pape Benoît XVI, j'ai reçu plusieurs courriels me posant des questions au sujet de prophéties relatives à la papauté, depuis Saint-Malachie jusqu'à des révélations privées contemporaines. Les plus remarquables sont des prophéties modernes qui se contredisent complètement les unes par rapport aux autres. Un "voyant" avait affirmé que Benoît XVI serait le dernier vrai pape et que les prochains papes ne viendront pas de Dieu, tandis qu'un autre parle d'une âme qui serait choisie pour diriger l'Église à travers des tribulations. Je peux vous dire aujourd'hui qu'au moins une des "prophéties" ci-dessus est en contradiction directe avec la Sainte Écriture et avec la Tradition.

Compte tenu des spéculations très répandues et de la confusion qui règne dans de nombreux milieux, il m'a semblé utile de publier cet article traitant de ce que Jésus et Son Église ont toujours enseigné depuis 2000 ans. Permettez-moi juste d'ajouter ce bref prologue : si j'étais le diable — en ce moment dans l'Église et dans le monde — je ferais de mon mieux pour discréditer le ministère des prêtres, saper l'autorité du Saint-Père, semer le doute dans le Magistère et tenter de faire croire aux fidèles qu'ils ne peuvent plus désormais compter que sur leurs propres jugements et sur les révélations privées.

Voilà, pour faire simple, la recette d'une parfaite imposture.

Il y a certaines questions qui, je crois, préoccupent beaucoup d'âmes. Je prie pour que, avec l'aide du Christ, vous trouviez non seulement la paix, mais une confiance renouvelée à travers cette méditation.

Un pape noir

Il se dit, non seulement dans les cercles évangéliques, mais aussi chez certains catholiques, qu'un "pape noir" [1] pourrait faire son apparition — un pontife qui coopérerait avec une nouvelle religion mondiale diabolique, égarant par voie de conséquence des millions de catholiques. (Certains pensent en fait — les sédévacantistes — que de faux papes se sont succédés sur la Chaire de Saint Pierre depuis Vatican II)

Sans doute, cette idée est-elle en partie basée sur le message qui aurait été donné en 1846 à Mélanie Calvat à La Salette, en France. Une partie de cette prophétie dit ceci :

Rome perdra la foi et deviendra le siège de l'Antéchrist.

Mais Jésus, qu'a-t-il dit ?

Jésus a adressé certaines paroles à Simon Pierre qu'Il n'a adressées à aucun autre être humain sur terre :

Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre [sur ce roc] je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle. Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »

Mt 16: 18-19

Examinez attentivement ces mots. Jésus donna à Simon le nom de « Pierre », qui signifie également « Roc ». Dans Ses enseignements, Jésus disait ceci :

Ainsi, celui qui entend les paroles que je dis là et les met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a construit sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé et se sont abattus sur cette maison ; la maison ne s'est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc.

Mt 7: 24-25

Qui pourrait être plus sage que le Christ ? A-t-Il bâti Sa maison — Son Église — sur du sable ou sur le roc ? Si vous répondez « sur du sable », alors vous faites du Christ un menteur. Si vous dites « sur le roc », vous devez également dire « Pierre », car c'est Lui qui est le roc.

Je ne crois en aucun autre primat que celui du Christ ; c'est pourquoi je me mets en communion avec votre béatitude [le Pape Damase I], c'est-à-dire avec la chaire de Pierre. Je sais que l'Église est édifiée sur cette pierre.

—Saint Jérôme, AD 396, Les lettres I, 15: 1-2 ; La Chaire de Pierre, don du Christ à Son Eglise

Le Nouveau Testament est l'accomplissement de l'Ancien. Jésus a confié Son autorité —- les clés du royaume — à Pierre, tout comme le Roi David confia son autorité, la clef de la Maison de David, à Éliakim, le maître du palais royal : [2]

Je mettrai sur son épaule la clef de la Maison de David : s'il ouvre, personne ne fermera ; s'il ferme, personne n'ouvrira.

Is 22: 22

Tout comme Jésus est l'éternel accomplissement du royaume de David, pareillement Pierre assume le rôle d'Éliakim en tant que gardien de la "cour royale". En effet, les Apôtres ont été nommés juges par le Seigneur :

Amen, je vous le dis : lors du renouvellement du monde, lorsque le Fils de l'homme siégera sur son trône de gloire, vous qui m'avez suivi, vous siégerez vous aussi sur douze trônes pour juger les douze tribus d'Israël.

Mt 19: 28

Ajoutez à cette autorité la promesse immuable que Jésus a faite aux Apôtres :

Quand il viendra, l'Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière.

Jean 16: 13

Comprenons dès lors que les portes de l'enfer ne prévaudront jamais sur la vérité qui a été sauvegardée par le biais de l'autorité que le Christ à déléguée au Saint Apôtre. Mais qu'en est-il de Pierre personnellement ? Les portes de l'enfer peuvent-elles l'emporter sur lui ?

Les fondations

Jésus a dit à Pierre :

J'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères.

Luc 22: 32

Il s'agit d'une puissante déclaration. Car elle dit à la fois que Pierre ne sera pas immunisé contre le péché, mais que cependant le Seigneur a prié pour que sa foi ne défaille pas. De cette façon, il pourra « affermir [Ses] frères ». Par la suite, se retrouvant seul avec Pierre, Jésus lui demandera de « nourrir [Ses] brebis. »

L'Église a eu des papes très pécheurs par le passé. Pourtant, aucun d'entre eux, au cours des deux derniers millénaires, n'a jamais proclamé un dogme contraire à la doctrine de la Foi transmise à travers les siècles, depuis les Apôtres jusqu'à nos jours. Ceci est en soi un miracle et un témoignage de la vérité des paroles du Christ. Cela ne signifie toutefois pas qu'ils n'ont pas commis d'erreurs. Pierre lui-même fut repris par Paul pour ne pas avoir « marché droit selon la vérité de l'Évangile » [3] en agissant hypocritement envers les païens. D'autres papes ont abusé du pouvoir politique ou du pouvoir ecclésiastique en faisant un mauvais usage des indulgences, du pouvoir temporel, etc. en prêchant les Croisades, ou en enseignant des choses erronées sur des questions scientifiques. Mais nous ne parlons pas ici d'une rupture dans le dépôt de la foi, mais d'erreurs de jugement personnel ou interne concernant la discipline de l'Église ou relatifs à des questions temporelles. Je me souviens avoir lu, peu après la mort de Jean-Paul II, comment ce dernier avait regretté de ne pas avoir été plus ferme avec les dissidents. Le pontificat du Pape Benoît XVI a également souffert en raison de plusieurs erreurs de jugement qui choquèrent l'opinion publique (et firent beaucoup de tort à l'Église, par exemple : l'affaire Williamson et le négationnisme qui furent « une catastrophe pour l'Eglise », ndt) ; erreurs qui ne furent néanmoins pas toujours entièrement de sa faute.

Les papes, pour le dire simplement, ne sont pas infaillibles à titre personnel. Le Pontife n'est qu'un être humain et a besoin du Sauveur comme chacun de nous. Il peut trembler devant l'ennemi. Il peut même commettre des péchés personnels et, par faiblesse, vouloir fuir ses grandes responsabilités, garder le silence quand il devrait parler, ou négliger certaines crises tout en se focalisant trop sur d'autres. Mais en matière de foi et de morale, il est guidé par le Saint-Esprit chaque fois qu'il proclame un dogme de façon définitive.

Car, avec le même réalisme avec lequel nous déclarons aujourd'hui la disproportion entre les péchés des papes et l'ampleur de leur charge, nous devons également reconnaître que Pierre s'est toujours présenté comme un roc face aux idéologies, face à la dissolution de la parole dans les plausibilités [le pensable et le croyable] d'une époque donnée, face à l'asservissement aux puissances de ce monde. Quand nous reconnaissons cela à travers les événements de l'histoire, nous ne célébrons pas les hommes mais louons le Seigneur, qui n'abandonne pas l'Église et qui a voulu manifester qu'il est le roc à travers [la personne de] Pierre, la petite pierre d'achoppement : « La chair et le sang » ne sauvent pas, mais le Seigneur sauve à travers ceux qui sont de chair et de sang. Nier cette vérité n'apporte rien à notre foi, ne nous fait pas grandir en humilité, mais consiste à nous soustraire à cette humilité qui reconnaît Dieu tel qu'il est. Par conséquent, la promesse pétrinienne et sa personnification historique à Rome demeurent au niveau le plus profond un motif de joie toujours renouvelé ; les forces de l'enfer ne prévaudront pas contre elle...

—Cardinal Ratzinger (PAPE BENOÎT XVI), Called to Communion, Understanding the Church Today, Ignatius Press, p. 73-74 (Appelés à la Communion : Comprendre l'Eglise aujourd'hui, éditions Fayard) ; traduction libre depuis l'anglais (n'ayant pas le livre chez moi)

Oui, la joie de savoir que le Christ ne nous abandonnera pas, même dans les heures les plus sombres de l'Église. En effet, aucun pape n'a jamais échoué, malgré lui, dans la transmission de la vraie foi, précisément parce qu'il est guidé par le Christ, par Ses promesses, par Son Esprit Saint, et par le charisme de l'infaillibilité. [4] Jésus était infaillible dans Ses enseignements, que nous appelons « Révélation divine » et Il communique cette infaillibilité aux apôtres.

Celui qui vous écoute m'écoute.

Luc 10: 16

Sans ce charisme, comment la foi pourrait-elle être transmise avec fidélité et exactitude aux générations futures par les mains d'hommes faibles ?

Cette infaillibilité s'étend aussi loin que le dépôt de la Révélation divine ; elle s'étend encore à tous les éléments de doctrine, y compris morale, sans lesquels les vérités salutaires de la foi ne peuvent être gardées, exposées ou observées.

—Catéchisme de l'Église catholique, n° 2035

Et bien sûr, ces vérités salvifiques sont transmises par les successeurs des Apôtres en communion avec le Pape. [5]

Pour que l'Évangile fût toujours gardé intact et vivant dans l'Église, les apôtres laissèrent comme successeurs les évêques, auxquels ils ‘transmirent leur propre charge d'enseignement'. En effet, "la prédication apostolique, qui se trouve spécialement exprimée dans les livres inspirés, devait être conservée par une succession ininterrompue jusqu'à la consommation des temps".

—Catéchisme de l'Église catholique, n° 77

« Jusqu'à la consommation des temps. » Cela s'étend au règne de l'Antéchrist et au-delà de celui-ci. C'est ce que nous enseigne notre foi catholique. Et nous devons en être assurés, car lorsque l'Antéchrist viendra, les enseignements de Jésus conservés dans Son Église seront ce roc solide qui nous préservera de la Tempête de l'hérésie et du mensonge. C'est-à-dire que, avec Marie, l'Église est cette arche qui nous aide à traverser la présente Tempête qui balaie notre monde (lire The Great Ark) :

[L'Église] est ce navire qui "navigue [en toute sécurité] en ce monde au souffle du Saint-Esprit sous la pleine voile de la Croix du Seigneur" ; selon une autre image chère aux Pères de l'Église, elle est [pré]figurée par l'Arche de Noé qui seule sauve du déluge.

—Catéchisme de l'Église catholique, n° 845

C'est le Saint Père qui, guidé par Jésus dont il est le Vicaire, pilote cette Arche...

Dangereuse imposture

Ainsi, l'idée d'un « pape noir » — ne fut-ce qu'un pape légitimement élu — est une notion dangereuse qui risque d'ébranler la confiance des croyants dans le berger suprême nommé par le Christ, en particulier en ces temps sombres où les faux prophètes se multiplient de façon exponentielle. Elle n'a aucun fondement biblique et contredit la tradition de l'Église.

Quelle est donc la part de vérité ?

Encore une fois, la voyante de La Salette (Mélanie Calvat) aurait déclaré :

Rome perdra la foi et deviendra le siège de l'Antéchrist.

Qu'est-ce que cela signifie exactement ? En raison de l'extrême gravité de cette prophétie, nous devons veiller à ne pas tirer de conclusions hâtives et dangereuses. Les messages prophétiques nécessitent toujours d'être interprétés avec prudence. Le “Rome perdra la foi” signifie-t-il que l'Église catholique perdra la foi ? Jésus nous dit que cela n'arrivera pas, que les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle. Cela pourrait-il signifier plutôt que, dans les temps à venir, la ville de Rome sera devenue païenne de façon tellement absolue dans ses croyances et pratiques qu'elle deviendra le siège de l'Antéchrist ? Encore une fois, c'est tout à fait possible, en particulier si le Saint-Père est contraint de fuir le Vatican. Une autre interprétation suggère que l'apostasie parmi les religieux et les laïcs pourrait à ce point affaiblir l'exercice du charisme pétrinien, que de nombreux catholiques deviendraient vulnérables au pouvoir trompeur de l'Antéchrist. En fait, peu de temps avant son élection pontificale, le Pape Benoît XVI semblait décrire l'Église moderne dans un tel état. Il l'a décrivait ainsi...

... une barque prête à couler, une barque qui prend l'eau de toute part.

—Cardinal Ratzinger, le 24 mars 2005, méditation du vendredi saint sur la troisième chute du Christ ; notredamedesneiges.over-blog.com

Mais cet état de vulnérabilité et d'affaiblissement ne signifie pas que le Saint-Père perdra la foi catholique et commencera à enseigner des hérésies.

Là où est Pierre, là est l'Eglise.

—Ambroise de Milan, 389 ap.

Dans un songe prophétique, Saint Jean Bosco [6] a également vu Rome attaquée, ainsi que ce qui semblait être l'assassinat du Pape. Cependant, après avoir été remplacé par son successeur, c'est le Saint-Père qui dirigea l'Église, à travers les eaux tumultueuses, entre les deux piliers de l'Eucharistie et de la Sainte Vierge Marie jusqu'à la défaite des ennemis du Christ. En d'autres termes, le Pape est le fidèle berger qui nous mènera vers « l'ère de paix » [7],

Même si un pape devait être emprisonné, réduit au silence, contraint de fuir, ou que la chaire de Pierre devait être usurpée par un antipape élu de manière non valide [8] — et l'on peut imaginer un grand nombre d'autres scénarios possibles — le vrai vicaire de l'Eglise resterait toujours tel que l'a promis le Christ : Pierre le roc. Par le passé, l'Église a connu de longues périodes de vacance du siège pétrinien. A d'autres périodes, deux papes régnèrent en même temps : l'un valide, l'autre non. Pourtant, le Christ guide Son Église infailliblement puisque « les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle ». Le théologien et philosophe Joseph Iannuzzi a déclaré il y a quelques années :

À la lumière de la vacance imminente du siège pontifical le 28 février [2013] et des rumeurs relatives à un antipape et à une Église qui se retrouverait sans berger, une vérité émerge qui mérite réflexion : à chaque époque, Dieu suscite pour Ses brebis un pontife validement élu, même si, comme Jésus et Pierre, il doit souffrir et être mis à mort. Car Jésus-Christ lui-même a établi pour toujours une Église hiérarchique à travers laquelle les Sacrements sont administrés pour le bien des âmes.

—Newsletter, janvier-juin 2013, Missionnaires de la Très Sainte Trinité ; cf. Catéchisme de l'Église catholique, n. 671

Nous devons en tout temps (mais en particulier à notre époque) garder à l'esprit le danger que représente la propagande qui tente de placer de fausses paroles dans la bouche du Saint-Père. Il existe également le danger réel que de puissants membres de la Curie à Rome travaillent contre le Saint-Père et l'Église. Il est largement admis que la franc-maçonnerie s'est infiltrée dans l'Église catholique afin d'y causer d'immenses dommages. [9]

Je vis de nouveaux martyrs, non pas du temps présent (1820), mais du temps à venir. J'ai vu des gens de la secte secrète [la franc-maçonnerie] saper sans relâche la grande Église. Et j'ai vu près d'eux une horrible bête qui était montée de la mer... Je vis ça et là, dans le monde entier, beaucoup de gens bons et pieux, surtout des ecclésiastiques, vexés, emprisonnés et opprimés, et j'eus le sentiment qu'ils deviendraient un jour des martyrs. Comme l'Église était déjà en grande partie démolie, si bien qu'il ne restait plus debout que le choeur avec l'autel, je vis ces démolisseurs pénétrer dans l'Église avec la Bête.

—Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich, 13 mai 1820; extrait de Hope of the Wicked de Ted Flynn. p.156 ; Prophétie d'Anne-Catherine Emmerich pour notre temps

Il y a aussi le fait que les attaques contre le Pape et contre l'Église ne viennent pas seulement de l'extérieur, mais les souffrances de l'Église viennent proprement de l'intérieur de l'Église, du péché qui existe dans l'Église. Ceci s'est toujours su, mais aujourd'hui nous le voyons de façon réellement terrifiante : que la plus grande persécution de l'Église ne vient pas de ses ennemis extérieurs, mais naît du péché de l'Église.

—PAPE BENOÎT XVI, entretien à bord du vol vers Lisbonne, Portugal ; Vatican.va , le 11 mai 2010

Les puissances et principautés qui servent le diable aimeraient beaucoup que l'humanité pense qu'un antipape est le véritable Pape et que les enseignements hérétiques d'un antipape sont de véritables enseignements catholiques. De plus, l'ennemi aimerait beaucoup que les gens, aveuglés par le doute, la peur ou le scepticisme, n'écoutent plus, ne lisent plus et ne suivent plus la voix de Saint Pierre. C'est pourquoi, encore et encore, frères et soeurs, je répète que vous devez remplir votre lampe [10], avec l'huile de la foi et de la sagesse, la lumière du Christ, de sorte que vous puissiez trouver votre chemin dans les ténèbres qui sont en train de descendre sur beaucoup tel un « voleur dans la nuit ». [11] Nous remplissons nos lampes par la prière, le jeûne, la lecture de la Parole de Dieu, en déracinant le péché de nos vies, par la confession fréquente, la Sainte Communion Eucharistique et l'amour du prochain :

Dieu est amour : qui demeure dans l'amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui.

1 Jean 4: 16

Mais cela ne signifie pas que nous devons entretenir une vie intérieure en dehors du Corps du Christ, qui est l'Église. Comme nous l'a rappelé le Pape Benoît XVI dans l'un de ses dernier discours en tant que pontife, la vie du chrétien ne se vit pas en vase clos :

L'Église, qui est mère et maîtresse, appelle tous ses membres à se renouveler dans l'esprit, à se réorienter résolument vers Dieu, en reniant l'orgueil et l'égoïsme pour vivre dans l'amour... Dans les moments décisifs de la vie, mais aussi, à bien y regarder, à chaque instant, nous nous trouvons face à un carrefour : est-ce que nous voulons suivre notre « moi » ou Dieu ?

—Angélus, Place Saint-Pierre, le 17 février 2013 ; Vatican.va

Le Pape et l'apostasie

Saint Paul avertit qu'il y aura une grande rébellion ou apostasie avant l'apparition de...

... l'Homme de l'impiété, le fils de perdition, celui qui s'oppose, et qui s'élève contre tout ce que l'on nomme Dieu ou que l'on vénère, et qui va jusqu'à siéger dans le temple de Dieu en se faisant passer lui-même pour Dieu.

2 Thess 2: 3-4

La Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich semblait avoir reçu une vision d'une telle époque :

J'ai vu chez des ecclésiastiques de renommée et des Protestants éclairés, des projets d'association de diverses croyances religieuses, la suppression de l'autorité du Pape... Je n'ai vu aucun Pape, mais un évêque prostré devant le Grand Autel. Dans cette vision, j'ai vu l'Église bombardée par d'autres vaisseaux... Elle était menacée de toutes parts... Ils construisirent une grande église extravagante qui devait embrasser tous les credo avec des droits égaux... mais à la place d'un autel, il n'y avait que l'abomination et la désolation. Telle devait être la nouvelle église...

—Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich (1774-1824), The Life and Revelations of Anne Catherine Emmerich, 12 avril 1820

La possibilité qu'il y ait une apostasie chez de nombreux membres du clergé à Rome, que le Saint-Père ait à fuir le Vatican, et qu'une figure antichristique prenne sa place et interdise le "sacrifice perpétuel" de la messe [12], est parfaitement conforme aux Saintes Écritures. Mais le Saint-Père restera un « roc » en ce qui concerne son service envers cette vérité immuable qui « nous rend libres ». C'est la parole du Christ. Faites confiance aux enseignements du Pape, non pas en raison de l'homme qui occupe cette charge, mais par fidélité à Jésus qui a fait de lui Son Vicaire ; qui lui a donné Sa propre autorité pour lier et délier, pour juger et pardonner, pour nourrir et affermir, et pour guider dans la vérité Son petit troupeau... Jésus, qui l'a nommé « Pierre, le roc. » (et qui a prié pour que sa foi ne défaille pas, ndt)

C'est Lui qui a fondé Son Église, qui l'a bâtie sur le roc, sur la foi de l'Apôtre Pierre. Comme le dit encore saint Augustin, « c'est Jésus Christ, Lui-même, Notre Seigneur qui construit son temple. Beaucoup se fatiguent à bâtir, mais si le Seigneur [n'intervient pas dans cette construction], c'est en vain que travaillent ceux qui construisent »

—Pape Benoît XVI, Homélie lors de la célébration des Vêpres, 12 septembre 2008, Cathédrale Notre-Dame de Paris, France ; Vatican.va

Priez pour moi, afin que je ne me dérobe pas, par peur, devant les loups.

—Pape Benoît XVI, Homélie inaugurale, le 24 avril 2005, place Saint-Pierre ; Vatican.va

Mark Mallett
« A Black Pope ? »


[1] “Noir” ne fait par référence à sa couleur de peau mais au mal et aux ténèbres ; cf. Eph 6:12 (note de Pierre et les Loups : "pape noir" fait aussi référence historiquement au supérieur général des Jésuites, en raison de son influence dans l'Église. Le "pape noire" actuel, le Père Arturo Sosa, faisait d'ailleurs tristement parler de lui en 2017, niant l'existence de l'Enfer et de Satan ; qu'il ne considère que comme une figure symbolique.)
[2] cf. Dynasty, not Democracy
[3] Gal 2: 14
[4] “L'assistance divine est encore donnée aux successeurs des apôtres, enseignant en communion avec le successeur de Pierre, et, d'une manière particulière, à l'évêque de Rome, Pasteur de toute l'Église, lorsque, sans arriver à une définition infaillible et sans se prononcer d'une " manière définitive ", ils proposent dans l'exercice du Magistère ordinaire un enseignement qui conduit à une meilleure intelligence de la Révélation en matière de foi et de [morale].” —Catéchisme de l'Église catholique, n° 892
[5] lire The Fundamental Problem, où j'écris au sujet des fondements bibliques de la “succession apostolique.”
[6] cf. The Da Vinci Code... Fulfilling a Prophecy ?
[7] cf. How the Era was Lost
[8] lire Ces papes qui ont renoncé au Siège de Pierre
[9] cf. Global Revolution
[10] cf. Mt 25: 1-13
[11] lire La flamme qui faiblit
[12] cf. Daniel 8: 23-25 et Daniel 9: 27

Soutenons le ministère à plein temps de Mark Mallett !

The Now Word : Reflections on our Times - with Mark Mallett

Commentaires des internautes

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Commentaire laissé par le

Bonjour,
Merci de nous rappeler les fondements de notre Eglise, c'est très réconfortant,
dans ces temps de désarroi , restons confiant , merci de votre soutient indéfectible à notre
"PIERRE " d'aujourd'hui .
Que Notre SEIGNEUR , La Très sainte Vierge Marie , vous bénisse et vous garde .
UDP

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