La Tempête de peur


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Publié le lundi 10 juin 2019

Auteur / source : Mark Mallett

Catégorie : Encouragement spirituel

Nombre de consultations : 866

Il est presque vain de vouloir parler de la façon de lutter contre les tempêtes de la tentation, de la division, de la confusion, de l'oppression et ainsi de suite, si nous n'avons pas avant tout une confiance inébranlable dans l'amour de Dieu pour nous. Tel est le contexte, non seulement de cette réflexion, mais de l'Évangile lui-même.

Nous aimons parce que Dieu lui-même nous a aimés le premier.

1 Jean 4: 19

Et pourtant, tellement de chrétiens sont freinés par la peur... la peur que, à cause de leurs fautes, Dieu ne les aime pas "tant que ça" ; la peur qu'Il ne se soucie pas réellement de leurs besoins ; la peur qu'Il veuille leur infliger de grandes souffrances « pour le salut des âmes », etc. Toutes ces peurs se résument en une seule chose : un manque de foi dans la bonté et l'amour du Père céleste.

En ces temps que nous vivons, vous devez avoir une confiance inébranlable dans l'amour de Dieu pour vous... en particulier lorsque tous nos soutiens commenceront à s'effondrer, y compris ceux que nous recevons dans l'Église, telle que nous la connaissons. Si vous êtes un chrétien baptisé, vous avez été béni et comblé «  de toutes les bénédictions spirituelles célestes  » [1] nécessaires pour votre salut, la première étant le don de la foi. Mais cette foi peut être attaquée, premièrement par nos propres insécurités produites par notre éducation, notre environnement social, une piètre transmission de l'Évangile [en Occident], etc. Deuxièmement, cette foi est constamment attaquée par des esprits mauvais, ces anges déchus qui, par orgueil et jalousie sont déterminés, à tout le moins, à vous voir misérable, et dans l'idéal à vous voir éternellement séparés de Dieu. Comment ? Par le biais de mensonges sataniques qui percent la conscience, tels des fléchettes ardentes imprégnées du venin du blâme et du dégoût de soi.

Dieu est Amour

Mes chers frères et soeurs, comment pouvez-vous regarder un crucifix sur lequel est suspendu notre Sauveur et douter que Dieu se soit anéanti dans un don total de Lui-même par amour pour vous, bien avant même que vous ne le connaissiez ? Qui donc est capable de nous prouver son amour au-delà du don de sa propre vie ?

Et pourtant, quelque part nous doutons, et il est facile de savoir pourquoi : nous craignons le châtiment que méritent nos péchés. Pourtant, saint Jean écrit :

Il n'y a pas de crainte dans l'amour, l'amour parfait bannit la crainte ; car la crainte implique un châtiment, et celui qui reste dans la crainte n'a pas atteint la perfection de l'amour.

1 Jean 4: 18

Notre péché nous dit avant tout que nous n'avons pas encore atteint la perfection de l'amour pour Dieu et pour notre prochain. Et nous savons que seuls ceux qui sont « parfaits » occuperont les demeures célestes. Alors nous commençons à désespérer. Mais c'est parce que nous avons perdu de vue l'incroyable miséricorde de Jésus révélée tout particulièrement par l'intermédiaire de sainte Faustine :

Mon enfant, sache que les plus grands obstacles à la sainteté sont le découragement et une inquiétude exagérée, qui te privent de la capacité à t'exercer à la vertu. Toutes les tentations réunies ne devraient pas, même un instant, troubler ta tranquillité intérieure. Quant à l'irritabilité et au découragement, ce sont là les fruits de ton amour-propre. Il ne faut pas te décourager, mais t'efforcer à faire régner mon amour à la place de ton amour-propre. Confiance donc, mon enfant ; tu ne dois pas te décourager à venir demander mon pardon, puisque je suis toujours prêt à te pardonner. A chaque fois que tu me le demandes, tu glorifies ma miséricorde.

—Jésus à Sainte Faustine, La miséricorde divine dans mon âme, Journal, n° 1488

Vous voyez, Satan nous dit que, parce que nous avons péché, nous sommes privés de l'amour de Dieu. Mais Jésus nous dit que, précisément parce que nous avons péché, nous sommes les plus grands bénéficiaires de Son amour et de Sa miséricorde.

En vérité, toutes les fois où vous vous approchez de Jésus pour Lui demander pardon, cela ne l'attriste pas, mais Il en est glorifié. C'est comme si, à ce moment précis, vous confériez, pour ainsi dire, toute sa valeur à la Passion, la Mort et la Résurrection de Jésus. Et tous les habitants du Ciel se réjouissent parce que vous, pauvre pécheur, êtes revenu une fois de plus vers le Père. Voyez-vous, le Ciel se lamente bien davantage lorsque vous abandonnez — non pas quand, par faiblesse, vous péchez pour la millième fois !

Je vous le dis : C'est ainsi qu'il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de conversion.

Luc 15: 7

Dieu ne se fatigue jamais de pardonner, c'est nous qui nous fatiguons de demander sa miséricorde. Celui qui nous a invités à pardonner « soixante-dix fois sept fois » (Mt 18: 22) nous donne l'exemple : il pardonne soixante-dix fois sept fois. Il revient nous charger sur ses épaules, [encore et encore]. Personne ne pourra nous enlever la dignité que nous confère cet amour infini et inébranlable. Il nous permet de relever la tête et de recommencer, avec une tendresse qui ne nous déçoit jamais et qui peut toujours nous rendre la joie. Ne fuyons pas la résurrection de Jésus, ne nous donnons jamais pour vaincus, advienne que pourra. Rien ne peut davantage que sa vie qui nous pousse en avant !

—PAPE FRANÇOIS, Evangelii Gaudium, n° 3

« Mais je suis un terrible pécheur ! » dites-vous. Eh bien, si vous êtes réellement un terrible pécheur, c'est une raison de plus pour faire preuve d'une plus grande humilité, non pas pour faiblir dans votre confiance en l'amour de Dieu. Écoutez saint Paul :

J'en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les anges ni les Principautés célestes, ni le présent ni l'avenir, ni les Puissances, ni les hauteurs, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur.

Rm 8: 38-39

Paul a également enseigné que « le salaire du péché, c'est la mort ». [2] Il n'y a pas de mort plus terrible que celle provoquée par le péché. Et pourtant, même cette mort spirituelle, nous dit Paul, ne peut nous séparer de l'amour de Dieu. Oui, le péché mortel peut nous priver de la grâce sanctifiante, mais jamais de l'inconditionnel et indicible amour de Dieu. C'est pourquoi saint Paul peut dire aux chrétiens : « Soyez toujours dans la joie du Seigneur ; je le redis : soyez dans la joie ! » [3] Parce que, par la mort et la résurrection de Jésus, qui a payé le salaire de nos péchés, il n'y a plus aucune raison de craindre de ne pas être aimé. « Dieu est amour. » [4] Non pas « Dieu aime » mais « Dieu EST amour ». C'est là Son essence même. Il lui est impossible de ne pas vous aimer. On pourrait dire que la seule chose qui soit capable de conquérir la Toute-puissance de Dieu, c'est Son propre amour. Il ne sait pas ne pas aimer. Mais il ne faut pas pour autant le voir comme une sorte d'amour romantique et aveugle. Non, Dieu a clairement su ce qu'Il était sur le point d'accomplir quand Il nous a créés vous et moi à Son image, avec la capacité de choisir soit le bien soit le mal (cette capacité qui nous rend libres d'aimer ou de ne pas aimer). Votre vie même a jailli de cet amour, lorsque Dieu eut le désir de vous créer et d'ouvrir ainsi la voie pour vous permettre de partager Sa ressemblance divine. C'est-à-dire que Dieu veut que vous expérimentiez l'infinitude de l'Amour, c'est-à-dire Son être même.

Écoutez, cher chrétien, vous pouvez ne pas comprendre chaque point de doctrine ni saisir toutes les nuances théologiques de la foi. Mais il y a une chose qui, je pense, est intolérable aux yeux de Dieu : que vous puissiez douter de Son amour.

Mon enfant, sache que tous tes péchés ne m'ont pas blessé aussi douloureusement le Coeur que ta méfiance actuelle ; comment après tant d'efforts de mon amour et de ma miséricorde peux-tu rester incrédule devant ma bonté.

—Jésus à Sainte Faustine, La miséricorde divine dans mon âme, Petit Journal, n° 1486

Cela devrait nous faire fondre en larmes. Cela devrait nous faire tomber à genoux, et remercier Dieu encore et encore de Son infinie bonté pour nous. Nous ne sommes pas orphelins. Nous ne sommes pas seuls. Lui, qui est Amour, ne vous quittera jamais, même si vous échouez maintes et maintes fois.

Tu as affaire au Dieu de miséricorde, ta misère ne saurait l'épuiser. Souviens-toi que je ne me suis pas limité à te pardonner seulement un certain nombre de fois... N'aie pas peur, car tu n'es pas seule. Je te soutiens toujours, appuie-toi donc sur mon épaule et lutte sans aucune crainte.

—Jésus à Sainte Faustine, La miséricorde divine dans mon âme, Petit Journal, n° 1488

La seule chose que vous devriez craindre est de trouver ce doute dans votre âme lorsque vous mourrez et ferez face à votre Juge. Vous n'aurez aucune excuse. Il s'est anéanti dans l'amour pour vous. Que peut-Il faire de plus ? Le reste appartient à votre libre arbitre, à votre persévérance à rejeter le mensonge qui veut vous faire croire que vous n'êtes pas aimé. Tout le ciel, [en ce moment même], crie votre nom et exulte de joie : « Tu es aimé ! Tu es aimé ! Tu es aimé ! » Acceptez-le. Croyez-le. C'est le Don que Dieu vous fait. Rappelez-vous-en en tout temps.

Qu'aucune âme n'ait peur de s'approcher de moi, même si ses péchés sont comme l'écarlate... Je ne peux punir même le plus grand pécheur s'il invoque ma pitié, mais je l'excuse en mon insondable et inconcevable miséricorde... Ta misère a sombré dans l'abîme de ma miséricorde. Pourquoi devrais-tu discuter avec moi de ta misère ? Fais-moi plaisir, confie-moi tous tes problèmes et tes peines, et je te comblerai d'un trésor de grâces.

—Jésus à Sainte Faustine, La miséricorde divine dans mon âme, Petit Journal, n° 699, 1146, 1485

Et parce que vous êtes aimé, Dieu ne veut pas que vous péchiez ; parce que, comme nous le savons tous les deux, le péché ne nous apporte que misères de toutes sortes. Le péché blesse l'amour et conduit au désordre, à la mort sous ses multiples formes. La racine de tout cela est un manque de confiance en la Providence de Dieu — doutant qu'Il puisse me procurer la joie à laquelle j'aspire, je me tourne vers l'alcool, le sexe, les biens matériels, les divertissements, etc. pour combler mon vide existentiel. Mais Jésus veut que vous Lui fassiez confiance, que vous lui mettiez à nu votre coeur et votre âme, votre condition de pécheur.

Ne redoute pas ton Sauveur, âme pécheresse, c'est moi qui fais les premiers pas, car je sais que tu n'es pas capable par toi-même de t'élever jusqu'à moi. Enfant, ne fuis pas ton Père, daigne entrer en conversation, seul à seul, avec ton Dieu de miséricorde qui veut lui-même te dire une parole de pardon et te combler de ses grâces. Oh ! combien ton âme m'est chère. J'ai inscrit ton nom sur mes mains. Et tu t'es gravée en mon coeur telle une profonde blessure.

—Jésus à Sainte Faustine, La miséricorde divine dans mon âme, Petit Journal, n° 1485

Plus nous sommes pécheurs, plus profonde est la blessure que nous gravons dans le coeur du Christ. Mais c'est une blessure dans Son coeur qui ne fait que répandre davantage sur vous l'abîme de Son amour et de Sa compassion. Votre péché n'est pas une pierre contre laquelle Dieu viendrait se heurter ; c'en est bien plutôt une pour vous, vous bloquant la voie vers la sainteté et donc l'accès au bonheur, mais ce n'est pas une pierre d'achoppement pour Dieu.

La preuve que Dieu nous aime, c'est que le Christ est mort pour nous, alors que nous étions encore pécheurs. À plus forte raison, maintenant que le sang du Christ nous a fait devenir des justes, serons-nous sauvés par lui de la colère de Dieu.

Rm 5: 8-9

La plus grande misère de l'âme n'allume pas ma colère, mais mon coeur frémit d'une grande miséricorde pour elle.

—Jésus à Sainte Faustine, La miséricorde divine dans mon âme, Petit Journal, n° 1739

Ainsi, en ayant ce contexte à l'esprit, nous continuerons la prochaine fois à implorer la sagesse de Dieu afin qu'elle nous aide à faire face aux autres tempêtes qui nous assaillent au milieu de la Puissante Tempête qui secoue notre monde. Parce qu'une fois que nous saurons que nous sommes aimés et que nos échecs n'atténuent pas l'amour de Dieu, nous pourrons puiser la confiance et des forces nouvelles pour nous relever et affronter la bataille qui s'en vient.

Ainsi vous parle le Seigneur : Ne craignez pas, ne vous effrayez pas devant cette foule immense ; car ce combat n'est pas le vôtre, mais celui de Dieu... La victoire remportée sur le monde, c'est notre foi.

2 Ch 20: 15 ; 1 Jean 5: 4

Mark Mallett
The Storm of Fear


[1] Ep 1: 3
[2] Rm 6: 23
[3] Ph 4: 4
[4] 1 Jn 4: 8

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