Considérez toute épreuve comme une joie extrême par Mark Mallett


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Publié le lundi 19 février 2018

Auteur : Mark Mallett

Catégorie : Encouragement spirituel

Nombre de consultations : 672

Nous ne voyons pas parce que nous avons des yeux ; nous voyons parce qu'il y a de la lumière. Là où il n'y a pas de lumière, les yeux ne voient rien, même lorsqu'ils sont complètement ouverts.

Nous pourrions dire que les yeux du monde sont complètement ouverts aujourd'hui. Nous perçons les mystères du cosmos, le secret de l'atome et les clés de la création. Toute la connaissance accumulée de l'histoire humaine est accessible d'un simple clic de souris, et un monde virtuel peut être érigé en un claquement de doigts.

Un article de Mark Mallett du 12 février 2018. Titre original : « Consider it all Joy »

Et pourtant, jamais nous n'avons été aussi aveugles. L'homme moderne ne comprend plus pourquoi il vit, pourquoi il existe et où il va. A croire qu'il n'est rien de plus qu'une particule ayant évolué aléatoirement et été produite par le simple fait du hasard ; son seul espoir réside dans ce qu'il réalise, principalement à travers la science et la technologie. Tout instrument que l'homme parvient à concevoir pour enlever la douleur, prolonger la vie, et maintenant, y mettre fin, devient le but ultime de son existence. Il n'y a pas d'autre raison d'exister que celle consistant à manipuler l'instant présent si cela lui permet d'en tirer les plus intenses sentiments de satisfaction ou de plaisir.

Il a fallu près de 400 ans à l'humanité pour arriver à cette heure de son histoire, qui débuta au 16ème siècle avec la naissance de la période "des Lumières". En réalité, ce fut l'ère de "l'Obscurité". La foi et la religion allaient lentement être éclipsées par un faux espoir de rédemption à travers la science, la raison et le matérialisme.

Quand on recherche les racines les plus profondes du combat entre la « culture de vie » et la « culture de mort » ... Il faut arriver au coeur du drame vécu par l'homme contemporain: l'éclipse du sens de Dieu et du sens de l'homme... [qui] conduit inévitablement au matérialisme pratique qui fait se répandre l'individualisme, l'utilitarisme et l'hédonisme. - PAPE JEAN-PAUL II, Evangelium Vitae, n.21, 23

Mais nous sommes bien plus que des molécules.

La science peut contribuer beaucoup à l'humanisation du monde et de l'humanité. Cependant, elle peut aussi détruire l'homme et le monde si elle n'est pas orientée par des forces qui se trouvent hors d'elle. -PAPE BENOÎT XVI, Lettre encyclique, Spe Salvi, n. 25

Les "forces qui se trouvent hors d'elle" sont, pour une part, la vérité sur notre inhérente dignité - que chaque homme, femme et enfant est créé à l'image de Dieu, bien que déchus selon la nature. D'autres forces incluent la loi naturelle d'où découlent les absolus moraux, et qui, en eux-mêmes, pointent vers une Source plus grande qui nous transcende : Jésus Christ, qui a pris notre chair et s'est fait homme, se révélant comme le médecin de notre nature humaine déchue et de nos faiblesses.

La vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde. (Jean 1: 9)

C'est cette Lumière dont l'homme a si désespérément besoin ... et que Satan, travaillant patiemment à travers les siècles, a presque complètement éclipsé dans la plupart des régions du monde. Il l'a fait en fomentant une "religion nouvelle et abstraite", pour reprendre les mots du pape Benoît XVI (Lumière du Monde, Entretien avec Peter Seewald) – un monde dans lequel « Dieu et les valeurs, la différence entre le bien et le mal restent dans l'obscurité » (Homélie de la Veillée Pascale du 7 avril 2012)

TRISTESSE UNIVERSELLE

Et pourtant, le propre de la condition humaine est de savoir que nous sommes d'une façon ou d'une autre fondamentalement malheureux (que nous l'admettions ou non), même lorsque nous possédons tout le confort matériel, les soins médicaux et les aides que nous pouvons nous permettre. Quelque chose au fond de notre coeur demeure torturé et incertain. Il y a un désir universel de libération – être libéré de la culpabilité, de la tristesse, de la dépression, du tourment et de l'agitation que nous ressentons. Oui, alors même que les grands prêtres de cette nouvelle religion abstraite nous disent que de tels sentiments ne sont que du conditionnement social ou de l'intolérance religieuse ; et que ceux qui imposent des notions de ce qui est "bien" et ce qui est "mal" essaient en réalité de nous manipuler ; et que nous sommes en réalité libres de définir notre propre réalité ... notre conscience nous dit le contraire. Tous nos apparats et artifices ; fringues, tatouages, drogues, pornographie, alcool, richesse et célébrité ne peuvent pas changer la réalité.

... on fait d'une religion négative et abstraite un critère tyrannique auquel chacun doit se plier. On prend ça pour la liberté uniquement parce que c'est une libération de toutes les valeurs qui existaient jusqu'à présent. - PAPE BENOÎT XVI, LUMIÈRE DU MONDE. Le pape, l'Eglise et les signes des temps – Page 78 - Conversation avec Peter Seewald

En réalité, cela conduit à l'asservissement et au désespoir de toute une génération : le taux de suicides en Occident ne cesse d'augmenter. (cf. theguardian.com; huffingtonpost.com)

LA CONNAISSANCE DE SOI

Mais comme un coup de foudre dans les ténèbres de notre temps, l'Epitre de Saint Jacques nous dit :

Considérez comme une joie extrême, mes frères, de buter sur toute sorte d'épreuves. Vous le savez, une telle vérification de votre foi produit l'endurance, et l'endurance doit s'accompagner d'une action parfaite, pour que vous soyez parfaits et intègres, sans que rien ne vous manque. (Jacques 1: 1)

Ceci est antithétique (contraire) à tout ce que le monde poursuit de nos jours, à savoir le confort et l'éradication de toute souffrance. Mais en deux phrases, cette épitre révèle la clef pour devenir intègre : la connaissance de soi.

Nos épreuves, dit Paul, devraient être considérées comme « une joie extrême » parce qu'elles révèlent une vérité sur nous-mêmes : la réalité que je suis faible, tiède et pécheur, malgré le masque que je porte et la fausse image que je projette. Les épreuves révèlent mes limites et exposent mon amour-propre. Il y a, en effet, une joie libératrice à regarder dans le miroir ou dans les yeux d'un autre et de dire : « C'est vrai, je suis un pauvre type. Je ne suis pas l'homme (ou la femme) que je devrais être. » La vérité vous rendra libres, et la première vérité est qui je suis et qui je ne suis pas.

Mais ce n'est que le début. La connaissance de soi ne fait que révéler qui je suis, pas nécessairement qui je peux devenir. Les soi-disant maîtres du New Age, gourous de l'auto-perfectionnement et guides spirituels ont essayé de résoudre cette dernière question au moyen de nombreuses fausses réponses :

Un temps viendra où les gens ne supporteront plus l'enseignement de la saine doctrine ; mais, au gré de leurs caprices, ils iront se chercher une foule de maîtres pour calmer leur démangeaison d'entendre du nouveau. Ils refuseront d'entendre la vérité pour se tourner vers des récits mythologiques. (2 Tim 4: 3-4)

La clé de la connaissance de soi n'est utile que si elle est insérée dans la Porte Divine, qui est Jésus-Christ. Il est le Seul qui puisse vous mener à la liberté pour laquelle vous avez été créés. « Je suis le chemin, la vérité et la vie » nous dit-il (Jn 14:6) :

Je suis le Chemin, c'est-à-dire le chemin de l'amour. Tu as été fait pour la communion avec ton Dieu et avec ton prochain.

Je suis la Vérité, c'est-à-dire la lumière qui révèle ta nature pécheresse et celui que tu es appelé à devenir.

Je suis la Vie, c'est-à-dire, Celui qui peut guérir cette communion brisée et restaurer cette image blessée.

Ainsi, dit le Psaume 118 (119) :

C'est pour mon bien que j'ai souffert ; ainsi, ai-je appris tes commandements. (Ps 118:71)

A chaque fois qu'une épreuve, une tentation ou une affliction vient à votre rencontre, celle-ci est permise par Dieu pour vous apprendre à vous abandonner au Père par Jésus-Christ. Acceptez ces limitations, et amenez-les à la lumière (dans le Sacrement de la Confession), et avec humilité, demandez pardon à ceux que vous avez blessés. Jésus n'est pas venu pour vous donner une petite tape amicale sur le dos et vous encourager dans vos dysfonctionnements, mais pour révéler à la fois votre véritable condition et votre vrai potentiel. Voilà le sens de la souffrance ... La Croix est le seul chemin vers une résurrection de votre vrai moi.

Ainsi, la prochaine fois que vous ressentirez l'humiliation brûlante de votre faiblesse et de votre besoin de Dieu, considérez cela comme une joie extrême. Cela signifie que vous êtes aimé. Cela signifie que la Lumière vous a rendu la vue.

Mon fils, ne néglige pas les leçons du Seigneur, ne te décourage pas quand il te fait des reproches. Quand le Seigneur aime quelqu'un, il lui donne de bonnes leçons ; il corrige tous ceux qu'il accueille comme ses fils. … Quand on vient de recevoir une leçon, on n'éprouve pas de la joie mais plutôt de la tristesse. Mais plus tard, quand on s'est repris grâce à la leçon, celle-ci produit un fruit de paix et de justice. (Héb 12: 5-11)

En réalité, le mystère de l'homme ne s'éclaire vraiment que dans le mystère du Verbe incarné. ... Le Christ manifeste pleinement l'homme à lui-même et lui découvre la sublimité de sa vocation ... En souffrant pour nous, il ne nous a pas simplement donné l'exemple, afin que nous marchions sur ses pas, mais il a ouvert une route nouvelle : si nous la suivons, la vie et la mort deviennent saintes et acquièrent un sens nouveau. - Gaudium et spes, n. 22

Dans la Croix se trouve la victoire de l'amour ... En elle, enfin, se trouve la pleine vérité sur l'homme, la stature de l'homme, sa misère et sa grandeur, sa valeur et le prix payé pour lui. – Cardinal Karol Wojtyla (SAINT JEAN PAUL II) dans « Le Signe de Contradiction », 1979

Mark Mallett

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