C'est la famille qui donne le sens du bonheur


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Publié le jeudi 1 février 2018

Auteur / source : Père Yannik Bonnet

Catégorie : Témoignages & évangélisation

Nombre de consultations : 615

Un article (paru dans le Pélerin), toujours et plus que jamais d'actualité !

Dans le cadre de Familles 2011, Yannick Bonnet, veuf devenu prêtre, est l'invité d'honneur de la rencontre organisée par le diocèse de Strasbourg, les 14 et 15 mai 2011 (1). L'occasion pour ce prêtre de redire sa conviction : c'est la famille qui donne le sens du bonheur. Père de sept enfants, il a une foi très ancrée, portée par sa famille nombreuse. Il est l'auteur d'ouvrages sur l'éducation notamment : Les neuf fondamentaux de l'éducation , Éd. Presses de la Renaissance, 2009

Pèlerin : Polytechnicien, haut responsable dans une grande entreprise, père de famille, veuf… puis prêtre. Votre parcours n'est pas banal…

Yannik Bonnet : J'ai longtemps été un homme d'entreprise : j'ai dirigé un laboratoire, puis les ressources humaines, chez Rhône-Poulenc. J'ai toujours été passionné par l'éducation et par les hommes.

En 1975, est parue l'exhortation apostolique Evangelii nuntiandi (Annoncer l'Évangile aux hommes de notre temps) de Paul VI, dans laquelle le pape insistait pour que tout baptisé joue un rôle dans l'évangélisation. Cela m'a convaincu de me tourner vers la formation. J'ai pris la direction de l'École supérieure de chimie de Lyon. En 1991, les conclusions du synode de Lyon parlaient de la nécessité de la formation dans l'Église. À 60 ans, j'ai décidé de me consacrer à la formation des adultes.

P. : La foi était-elle déjà au coeur de votre vie ?

Y. B. : J'avais une foi très ancrée, portée par ma famille. Un moment important a été ma rencontre avec Marthe Robin, en 1973. J'essayais de pratiquer la charité, mais il me manquait la colonne vertébrale : l'Espérance.

J'étais très pessimiste sur le cours du monde. Cette rencontre a changé ma vie. Avec sa vive et fine intelligence, Marthe m'a donné confiance. En sortant de chez elle, le pessimisme, c'était fini. Il m'est revenu ce que m'avait dit mon père : « Fais ce que tu sais faire. »

P. : Mais votre vie a pris un chemin imprévu avec la maladie de votre épouse…

Y. B. : J'ai rencontré ma future épouse dès le début de mon service militaire. Elle avait le même projet que moi : élever de nombreux enfants. En 1989, nous avons appris qu'elle souffrait d'un cancer.

À Lourdes, en 1993, j'ai ressenti fortement un appel au sacerdoce. Puis, à Medjugorje, en 1995, deux mois avant sa mort, j'ai compris que ma femme serait en paix et que le Seigneur m'appelait à le suivre. Je n'en ai rien dit à mon épouse mais elle l'avait deviné. Après son départ vers le Père, j'ai attendu un an avant d'annoncer à mes enfants que je voulais devenir prêtre.

P. : Jusque-là, vous n'y aviez jamais pensé ?

Y. B. : J'ai su très tôt, comme une véritable vocation, que je voulais être père d'une grande famille. C'était à Alger - mon père était médecin militaire - en 1944, j'avais à peine 11 ans. J'ai entendu le pape dire quelque chose comme : « Vous êtes les soldats du Christ, vous devez vous engager. » J'ai interprété ces paroles de la façon suivante : « Tu es un adulte sur le plan spirituel, il faut commencer à penser à ton avenir. »

Et moi, petit bonhomme d'une dizaine d'années, je suis venu annoncer à mes parents : « C'est décidé, je serai père de famille nombreuse. » Il n'y avait dans ma famille que des officiers depuis des siècles. Mon frère aîné est officier, mon autre frère jésuite. Que me restait-il ? (Il rit.) Je suis le petit dernier et j'ai un peu souffert de ne pas avoir de petit frère ou de petite soeur. Quand venait chez mes parents un jeune couple avec un bébé, je m'en occupais, et tout le monde avait la paix !

P. : Votre père appliquait un principe que vous conseillez aux jeunes : s'appuyer sur ses points forts…

Y. B. : Il ne m'a jamais embêté avec le fait que je détestais la botanique ou la géologie, car j'aimais la chimie, le latin et le grec. Lui qui était professeur agrégé de chirurgie, un des grands réparateurs des « gueules cassées » de 1914-1918, n'a jamais poussé ses trois fils à suivre sa voie.

Au contraire, il nous a toujours encouragés dans nos choix. Il faut toujours chercher à développer les points forts d'un enfant, au lieu de se focaliser sur la correction de ses points faibles. Travailler sur ses points forts va nécessiter une rigueur, une attention, une persévérance qui auront des retombées positives sur les points plus fragiles. Sans compter que renforcer ses aptitudes donne confiance en soi.

(1) Rens. et inscriptions sur www.sychar.net ou auprès de la Pastorale familiale du diocèse de Strasbourg. Tél. : 038821 28 76. Participation gratuite.

Auteur(s) : Isabelle Vial , Photo © Thierry Pasquet - Paru dans Pèlerin N° 6702 du 12 mai 2011

Source : yannikbonnet.com (archive)

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