Vivons-nous des temps apocalyptiques ? Partie 2


Commentaires (0)

Publié le mardi 30 octobre 2018

Auteur : Michael O'Brien

Catégorie : Eschatologie, signes des temps & prophéties

Nombre de consultations : 302

Voyez les jeunes dispersés dans cette salle ce soir. Ce sont de véritables héros et héroïnes. Ils sont l'Eglise, ils sont l'avenir et nous devons leur donner une saine nourriture. Ils sont le Corps du Christ revenant à la vie dans cette zone désolée, et si nous négligeons de les nourrir, nous devrons en rendre compte au Jour du Jugement Dernier. Nous devons faire aujourd'hui un choix. Ne pas choisir est un choix. Le genre d'Église que nous aurons bientôt dans ce pays dépendra beaucoup du choix que nous ferons. À moins que nous ne commencions à voir avec précision la nature du problème, et que nous nous repentions vraiment pour la part que nous y avons jouée, l'Église est finie dans notre pays. À moins d'un changement extraordinaire de notre coeur, elle est finie. Au cours de sa longue histoire, l'Église s'est éteinte dans de nombreuses régions du monde. Pensez à l'Afrique du Nord, qui fut autrefois la gloire de la chrétienté, pensez à d'autres églises particulières — elles ne sont plus ! Pourquoi supposerions-nous que Notre Seigneur investirait massivement dans la préservation d'une culture comme la nôtre ; pourquoi nous imaginerions-nous qu'Il continuerait de faire prospérer cette civilisation ? Il se peut qu'Il le fasse, s'il y a encore « dix hommes justes » parmi nous. Il se peut qu'Il le fasse s'il y a un retour massif des coeurs vers Sa sainte volonté. Ou il peut ne pas le faire.

Deuxième partie d'une conférence de Michael O'Brien à la basilique Saint-Patrick, Ottawa, le 20 septembre 2005.

Source : studiobrien.com

Illustration : Look Up par Michael O'Brien : On y voit des personnes fuyant la Cité des hommes, recouverte de ténèbres et d'une brume de confusion. Le désastre est sur le point de frapper cette ville, que beaucoup tentent de quitter pour se retrouver dans la désolation d'une radicale insécurité, où ils sont tentés par une autre forme d'obscurité. Ne regardant que vers la terre et vers leurs propres ressources, ils perdent espoir. Cependant, certains d'entre eux regardent vers le ciel, et ils y voient alors les secours divins : les anges qui descendent pour nous venir en aide, et le Christ qui est toujours parmi nous. (Commentaire de l'auteur)

Traduction Pierre et les Loups

Question : Je lisais récemment une citation de Jean-Paul II dans laquelle il disait que nos consciences sont comme de beaux instruments de musique qui doivent être continuellement accordés. Je suis particulièrement frappé par cette nécessité que nous retrouvions la docilité d'un petit enfant, l'ouverture de notre coeur au Saint Esprit pour Lui permettre d'affiner notre conscience. Pouvez-vous répondre à cela à la lumière de ce que vous avez dit ce soir ?

O'Brien : Je suis entièrement d'accord avec ce que le Saint Père disait, et qu'il exprimait mieux que tout ce que je pourrais dire. L'image de notre conscience ayant besoin d'être réglée comme un violon est appropriée, car la création de la vie humaine est, tout comme la création musicale, un processus co-créatif. Dans les deux domaines, nous répondons à une grâce qui nous est donnée d'en haut. Notre conscience a constamment besoin d'être resserrée, comme les chevilles d'un instrument à cordes, car les cordes ont toujours tendance à se relâcher. C'est la soumission de cet instrument bien-aimé au maître compositeur et musicien qui va propager cette beauté musicale — la musique de nos vies — à travers le monde.

Il est intéressant que vous utilisiez le mot docilité au Saint Esprit. C'est un terme très important. Dieu ne veut pas que nous soyons passifs comme des marionnettes. Il veut que nous soyons sensibles et réactifs, dans un dialogue intime entre deux amoureux, entre Dieu et la créature qu'Il aime tant. La docilité est fondamentalement différente du quiétisme passif, ou de son contraire, l'activisme.

Question : Je suis curieux de savoir pourquoi vous n'avez pas évoqué des sujets tels que les avertissements d'une prochaine illumination divine des consciences, d'un châtiment à l'échelle mondiale, ou les mille ans de paix. Il s'agit d'une partie importante des messages de nombreux voyants et visionnaires de notre époque.

O'Brien : Je suis très familier de ces thèmes, que l'on retrouve souvent dans les révélations privées actuelles — un grand avertissement à venir, une illumination des consciences, et un châtiment qui frappera le monde, si l'humanité ne se repent pas, suivis de mille ans de paix. Je peux dire, en tant qu'il s'agit d'une opinion personnelle, toujours soumise au discernement de l'Église, que je crois que nous approchons (et beaucoup de gens le pressentent déjà) d'une illumination des consciences à l'échelle planétaire, une révélation intense et accélérée de l'état actuel de nos âmes, telles que Dieu les voit véritablement. Si l'humanité dans son ensemble doit bientôt vivre un moment aussi éclairant, ce sera un choc qui nous fera tous réaliser que Dieu existe vraiment, et ce sera notre moment de choix — soit persister à vouloir être nos propres petits dieux, refusant de reconnaître l'autorité du seul vrai Dieu, soit accepter la miséricorde divine et vivre pleinement notre véritable identité en tant que fils et filles du Père. Si l'humanité ne fait pas ce dernier choix, il s'ensuivra une purification du monde. Les modalités, dates et heures exactes sont des sujets sur lesquels je ne me prononce pas, que ce soit par écrit ou oralement, parce que je ne connais tout simplement pas la réponse. Je veille et prie. Je ne rejette pas les prophéties, mais ce n'est pas ma tâche d'en parler ; je laisse cela au Magistère de l'Église.

Question : Mais les mille ans de paix se trouvent dans les Saintes Écritures, n'est-ce pas ? Ca va arriver !

O'Brien : Les « mille ans de paix » décrits au chapitre 20 du livre de l'Apocalypse auront lieu comme annoncé. Nous devons méditer sur ces passages, prier et étudier ce que l'Église enseigne au sujet de cette mystérieuse période. De nombreux voyants et écrivains proposent actuellement différents scénarios sur le sujet. Certains sont clairement erronés, et contiennent des erreurs théologiques, d'autres encouragent la croyance en un véritable millénarisme et d'autres proposent un millénarisme modifié. Ces deux interprétations des Écritures ont été condamnées par l'Église. Dans leurs formes les plus grossières, ils suivent l'ancienne hérésie du chiliasme — doctrine religieuse qui soutient l'idée d'un règne terrestre du Messie pendant mille ans, après que celui-ci aura chassé l'Antéchrist, et régnant sur un royaume de délices sensoriels excessifs. Les spéculations millénaristes modifiées modérèrent quelque peu le côté "plaisirs charnels", mais continuent de proposer un paradis pleinement réalisé en ce monde. Ces scénarios reviennent maintenant sous des formes moins hédonistes et sont parfois promus parmi des catholiques de bonne volonté.

Selon les enseignements de la plupart des Pères de l'Église, y compris des Pères apostoliques, les « mille ans de paix » représentent un nombre symbolique, indiquant une période plus ou moins longue d'extraordinaires conversions et de restauration en Jésus Christ, qui se situerait à un certain moment après l'étape cruciale du combat apocalyptique (la montée en pouvoir puis la chute de l'Antéchrist) et avant le déchaînement final de Satan et sa destruction ultime. Les « mille ans » se situent entre la destruction de l'Antéchrist et l'anéantissement final de toute la puissance de Satan. Ce n'est qu'à la fin des temps, à la "toute fin", si vous préférez, que Satan est jeté dans l'étang de feu, où l'Antéchrist et le faux prophète auront à ce moment déjà été précipités. Viennent ensuite les nouveaux cieux et la nouvelle terre, où Dieu fera descendre la ville céleste, la Nouvelle Jérusalem.

Si le livre de l'Apocalypse est un vaste panorama couvrant toute la période allant de l'Incarnation à la descente de la Nouvelle Jérusalem, nous devons veiller à ne pas appliquer des modèles strictement linéaires à une vision multidimensionnelle. Comment et de quelle manière les éléments symboliques deviendront littéraux n'est pas encore clair. Pour cette raison, la chronologie précise de toutes ces choses annoncées, la durée de la période de « mille ans », devrait être méditée dans le coeur dans un esprit de prière (tout comme la Sainte Vierge Marie « méditait » sur les prophéties de Siméon « dans son coeur »), mais nous ne devrions pas être trop prompts à considérer n'importe quelle interprétation privée comme définitive. Je ne sais tout simplement pas ce qui va se passer en termes spécifiques et je me retiens dès lors d'ajouter mes propres spéculations à ce sujet déjà fortement discuté. Nous devons écouter la sagesse et le discernement de l'Église universelle conduite par Saint Pierre. Encore une fois, je pense que nous saurons ce que nous devons savoir quand nous devrons le savoir.

Question : Êtes-vous en train de suggérer que nous ne devons pas écouter les révélations privées ?

O'Brien : Je ne le suggère pas du tout. J'avertis simplement que nous devons exercer un discernement plus prudent que cela ne l'a été jusqu'ici, en demandant à Dieu de nous faire le don de prudence et de sagesse. Saint Paul nous donne les critères de discernement des révélations privées. Dans sa première lettre aux Thessaloniciens, il écrit : « Ne méprisez pas les prophéties ». Puis il ajoute : « Mais éprouvez chaque esprit ». Ne contristez pas le Saint Esprit, mais examinez attentivement tout ce qui passe à travers des instruments humains. Ainsi, notre approche vis-à-vis des révélations privées prétendument reçues du Ciel devrait être la suivante : méditez sur ces choses dans votre coeur et priez pour recevoir le discernement, mais ne soyez pas trop rapide à leur accorder une espèce d'autorité magéstérielle. De nos jours, l'Église nous a également donné des directives pour nous aider à évaluer l'authenticité d'une révélation privée, et les grands saints en ont fait de même. Saint Jean de la Croix, Sainte Thérèse d'Avila, Sainte Catherine de Sienne, Saint Ignace de Loyola et d'autres saints ont tous écrit au sujet du rôle légitime des locutions intérieures et des autres phénomènes similaires dans la vie spirituelle. Cependant, ils soulignent que ceux-ci doivent être évalués avec prudence, car notre imagination humaine ainsi que les tromperies de l'ennemi peuvent simuler de telles grâces ou, au contraire, contaminer des grâces légitimes au moyen d'interprétations subjectives.

Le fossé entre une « parole » authentiquement inspirée par Dieu, dans une révélation privée, et l'interprétation de cette parole par l'esprit humain peut parfois être énorme.

Et en ce qui concerne les « inspirations spirituelles trompeuses », rappelez-vous que notre adversaire, le diable, possède une longue expérience dans l'observation des êtres humains. Il possède un doctorat en psychologie.

Question : En évoquant des sujets apocalyptiques, n'encoure-t-on pas le risque de propager la peur et le pessimisme ? Il me semble que les encycliques de Jean-Paul II promeuvent une nouvelle évangélisation, ce qui implique qu'il n'a pas pensé à l'éventualité d'une apocalypse dans un proche avenir.

O'Brien : Je suis d'accord pour dire que l'un des thèmes principaux des encycliques de Jean-Paul II est l'évangélisation. Il nous a enseigné qu'en tant que chrétiens, nous devons continuer à évangéliser le monde, comme nous y sommes tous appelés, jusqu'au retour glorieux de Notre Seigneur. Dans le même temps, je vous renvoie également au fil apocalyptique présent dans plusieurs de ses enseignements, ainsi qu'au discours qu'il a prononcé en 1976 lors de sa visite aux États-Unis.

Un disciple du Christ ne doit jamais se dire « Nous avons encore beaucoup de temps devant nous, inutile de nous soucier de la fin des temps. » D'un autre côté, il faut éviter la position contraire : « Nous sommes en pleine apocalypse, tout est fini, cachons-nous ! » Ce sont précisément les attitudes que je souhaite éviter.

La vision catholique authentique en ce qui concerne le développement de l'histoire ne doit jamais être réduite à ce genre de scénarios extrêmes : un messianisme laïc plongé dans le jargon religieux ou une orthodoxie fervente qui abandonne l'appel à annoncer l'Évangile aux nations jusqu'au tout dernier moment. Cependant, les Écritures saintes et le Catéchisme nous apprennent qu'il arrivera un moment dans l'histoire où tous nos efforts seront suspendus pendant un bref laps de temps suite à un déchaînement massif du mal, à l'époque de l'Antéchrist et également à la toute fin de l'histoire, juste avant le retour final du Christ. Pour cette raison, nous devons adopter une approche multidimensionnelle : nous travaillons tant que luit la lumière, comme nous y exhorte le Seigneur, tout en restant conscients que, à la fin des temps, seule une intervention divine conduira l'humanité entière à fléchir le genou devant l'autorité de Dieu. Il est donc tout à fait logique qu'un Pape nous appelle à une évangélisation pleine d'espérance tout en nous exhortant à rester éveillés et attentifs aux "signes des temps".

Les papes tout au long du 20ème siècle l'ont fait avec efficacité. Benoît XVI, en tant que Cardinal et ensuite en tant que Pape, a fréquemment fait référence à des passages du livre de l'Apocalypse en les reliant à la situation du monde moderne. Les Papes ne nous proposent aucun scénario qui s'exclueraient mutuellement, comme si l'appel évangélique s'opposerait à l'avertissement eschatologique. Ils nous offrent les deux. Ainsi, notre approche à chaque génération devrait être une intégration des deux courants de vision. Ou, si vous préférez, nos deux yeux ne voyant qu'une seule réalité. Combinés l'un à l'autre, ils nous offrent une faculté de perception en profondeur. Et c'est l'approche que j'essaie toujours d'encourager.

En gros, notre principale faiblesse à ce stade est une apathie généralisée parmi les croyants ; par contraste, ceux qui succombent à une croyance apocalyptique fondée sur la peur sont une petite minorité. Notre mission est de regarder en avant avec l'espérance chrétienne, comme l'ont fait nos derniers Papes, avec les yeux grands ouverts sur la nature unique de notre époque. Je crois que l'encyclique de Jean-Paul II sur la miséricorde divine, intitulée Dives in Misericordia et publiée en 1980, indique la juste compréhension que nous devons avoir de l'état du monde, ainsi que de la miséricorde et de la justice. Je doute qu'il ait opposé cet enseignement à celui de Redemptoris Missio. La retraite de carême qu'il prêcha au Vatican en 1976, pour le Pape Paul VI et la Curie romaine, et publiée dans un livre sous le titre « Le signe de contradiction » mérite également d'être lue dans le contexte du sujet qui nous intéresse. [Karol Wojtyla montre comment nous sommes appelés à être dans le monde des signes de contradiction, si notre fidélité au Christ est réelle. — theologieducorps.fr, ndt]

Question : Je me demande si nous ne nous égarons pas, souvent, avec toutes ces pratiques dans notre vie spirituelle. Ce qui importe vraiment, c'est de savoir si nous orientons notre vie vers Dieu ou vers notre propre égo. (...) Parce que le péché fondamental est de se mettre à la place de Dieu.

O'Brien : Je suis d'accord, le problème fondamental est celui du choix. Faisons-nous un choix fondamental pour Dieu ou pour nous-mêmes ? Bien que nos choix s'expriment de diverses façons dans nos vies, et qu'il y ai une multitude de manières d'exprimer ce choix fondamental, nous n'avons pas besoin de le compliquer. Vous posez peut-être aussi la question de la manière dont nous prions, en particulier de notre vie spirituelle. Pour moi, ce sont autant de langages d'amour entre l'homme et son Créateur. Ainsi, que l'on soit marial ou charismatique, ou les deux, ou que l'on prie de l'une ou l'autre des nombreuses manières qui s'offrent à nous, tout cela n'est qu'un unique flux d'amour, tant qu'il y a une véritable communication du coeur avec la Sainte Trinité, tantôt qui Lui parle, tantôt qui L'écoute. Personnellement, je prie tous les jours le chapelet de la Divine Miséricorde. Nous prions le chapelet tous les jours en famille. Je crois fermement au rôle unique de la Mère de Dieu en ces derniers temps. En tant que Mère de l'Église, en tant que la Femme du chapitre 12 du livre de l'Apocalypse, en tant que la Nouvelle Ève, elle joue un rôle unique dans la défaite de l'ennemi, en confondant sa malice et ses mensonges, et en fin de compte en lui écrasant la tête. Nous vivons des temps de confusion. Les ténèbres se répandent dans l'esprit des hommes ; ils ne sont plus certains de ce qui est réel et de ce qui ne l'est pas, de ce qui est vrai et de ce qui est faux, et nous avons donc tous grand besoin de revenir aux fondements : l'enseignement de l'Église, les Écritures saintes, la vie des saints, la simplicité et la clarté de notre façon de vivre. Si notre vie spirituelle — si nos vies — sont bâties sur ces fondements, nous aurons bien assez de lumière.

Question : Pouvez-vous nous parler du mouvement Solidarité en Pologne (Solidarność) et du Saint-Père Jean-Paul II qui, avec l'aide de Notre Dame, est parvenu à tuer la Bête du communisme soviétique qui a ôté la vie à plus de quarante millions de personnes.

O'Brien : Il faudrait tout un livre pour développer la réponse à votre question. Mais laissez-moi dire brièvement que la puissance de la prière, unie à notre consécration à la Mère de Dieu, unie à notre volonté de vivre courageusement en accord avec la loi morale peut faire barrage et vaincre n'importe quel adversaire. La chute de l'empire soviétique, ainsi que celle du régime corrompu de Marcos aux Philippines, ne furent pas des révolutions menées par l'effusion de sang. Ce furent des révolutions de prière, des « révolutions essentiellement mariales ». Elles réussirent l'impossible contre toute attente, sans tirer un seul coup de feu ni un seul missile. Et c'est un signe pour nous tous.

Question : L'Antéchrist est-il l'avortement ? (sic)

O'Brien : Je pense que vous me demandez si l'avortement est le fruit de l'esprit de l'Antéchrist. Oui, je le crois. Satan est un menteur et un tueur depuis les origines, nous disent les Écritures. Dans l'avortement, nous trouvons toujours le mensonge et le meurtre combinés. Le mensonge proclame que l'enfant dans le ventre maternel n'est pas humain, ou s'il est humain, qu'il n'a aucun droit absolu à la vie. Ce mensonge est une tentative de justifier le meurtre — un terme que l'Eglise comme les gouvernements définissent universellement comme étant le fait de retirer injustement une vie humaine. De nombreux pays occidentaux ont institutionnalisé l'avortement en tant que droit — le meurtre en tant que droit — et dans des pays comme le nôtre (le Canada), les citoyens sont obligés, par le biais des impôts, de financer ces meurtres. Sur tant de questions, les hommes appellent aujourd'hui le mal bien et le bien mal. C'est là un signe des temps significatif.

Malheur à ceux qui appellent le mal bien et le bien mal, qui font des ténèbres la lumière et de la lumière les ténèbres ...

Isaïe 5: 20

Question : Donc, si la famille d'une fille qui s'est fait violer essaie de l'aider à faire un choix entre avorter ou garder l'enfant, vous dites que la bonne décision est, pour elle, d'avoir le bébé et de regarder au-delà des embarras et de la détresse que cela causerait, financièrement et émotionnellement, etc. Leur choix serait-il un choix pour Dieu ?

O'Brien : Choisir la vie, c'est choisir le chemin que Dieu nous a tous commandé de suivre. Oui, toutes sortes de difficultés peuvent résulter de la naissance de cet enfant. Mais si notre Seigneur nous apprend quelque chose sur le rôle de la Croix dans nos vies, ou sur l'union de nos propres souffrances aux siennes, c'est celle-ci : même les souffrances les plus sévères, qui peuvent parfois être le résultat de nos propres péchés, ou le résultat des péchés commis contre nous, peuvent être transformées et rendues fécondes. En effet, cela peut même apporter un grand bien, si nous y accordons suffisamment de temps, si nous ne perdons pas courage et ne nous précipitons pas sur des solutions hâtives. La communauté chrétienne est appelée à se rassembler autour des femmes qui souffrent de la sorte, confrontées au choix de détruire leur enfant ou de lui donner la vie. Tuer un enfant parce que sa conception est le résultat d'un acte de viol malfaisant ne fait qu'aggraver un mal en y ajoutant un autre mal. Cet enfant n'a commis aucun mal. L'enfant dans le ventre maternel est une âme immortelle.

Il y a quelques années, après l'une de mes conférences, une belle jeune femme d'une vingtaine d'années s'est approchée de moi et m'a un peu parlé d'elle. Elle étudiait à l'université, était manifestement intelligente, réfléchie et dotée d'une forte foi catholique. Elle m'a également dit qu'elle avait été conçue suite au viol de sa mère, alors adolescente. Elle a poursuivi en me disant qu'un grand amour et une relation profonde les unissent, sa mère et elle. Le temps finit par apaiser la douleur et guérir les blessures de ses origines. Sa mère épousa un homme bon et ensemble ils ont eu une famille nombreuse et heureuse. Sa mère a fait le choix de la vie et, avec le temps, son choix pour la vie porta une grande fécondité ; la vie engendrant plus de vie, la vie propageant la vie. La jeune femme s'exprimait avec un visage radieux, un visage plein d'amour — elle était tellement reconnaissante pour la vie qu'elle avait reçue, pour le choix que fit sa mère.

Question : Pouvez-vous nous suggérer quelques pistes que nous devrions suivre pour renforcer l'Église dans ce pays ?

O'Brien : L'Église universelle nous appelle à nous tourner vers la Sainte Eucharistie avec une attention et une foi renouvelées. Cela inclut la pratique de l'adoration eucharistique. Jean-Paul II avait demandé que des chapelles d'adoration soient disponibles pour la prière dans toutes les paroisses du monde. Il encouragea également la dévotion et la consécration au Coeur Immaculé de Marie. De ce fondement spirituel viendront les solutions à nos multiples problèmes. Vous vous souvenez peut-être du fameux songe de Saint Jean Bosco à propos de la grande épreuve que devrait traverser l'Église au XXème siècle. Dans ce rêve, le monde est dans la tourmente et l'Église est attaquée comme jamais auparavant, ce qui est symbolisé dans le songe par un navire secoué de toutes parts sur une mer agitée par une forte tempête, tandis que des bateaux ennemis lui tirent dessus. Mais un Pape guide le navire entre deux colonnes qui se tiennent debout au milieu de la tempête. Au sommet de l'une des colonnes se trouve la Sainte Eucharistie, et au-dessus de l'autre colonne se trouve la Sainte Vierge. Le Pape attache solidement le navire à ces deux piliers, puis les navires ennemis s'entretuent et la tempête finit par s'apaiser. Les colonnes de sécurité pour nos âmes, pour notre Église particulière au Canada et pour l'Église catholique universelle sont notre union au Christ à travers Son Corps et Son Saint Sang dans l'Eucharistie, ainsi que la dévotion à Notre Dame, la Sainte Mère de Dieu, Mère de l'Église. la Nouvelle Ève qui, avec le Christ, aide à inverser le péché d'Adam et Ève.

Question : [à peine audible, la personne s'interroge sur la condition de décadence des "démocraties" en Occident, en particulier leur trahison des principes moraux sur lesquels furent fondées ces nations autrefois chrétiennes. Il se demande également si la condition d'affaiblissement des églises locales n'a pas contribué à cela.]

O'Brien : Depuis quelque temps maintenant, nous sommes consternés, horrifiés et en colère contre la dégérénescence de notre pays et contre la situation de nos églises particulières. J'avoue avoir dépensé beaucoup d'énergie inutilement par mes propres frustrations et irritations face à cette situation. Tout en prenant de l'âge (et les années filent à grande vitesse), j'ai appris que ce type de réaction est tout sauf productive, en fait c'est même souvent contre-productif. Même si nous avons le devoir de résister à la culture de mort omniprésente aujourd'hui, nous devons le faire avec un esprit clair et serein, et un coeur fermes. En même temps, nous devons comprendre que le travail essentiel qui nous attend est de construire la civilisation de l'amour, chacun selon son propre charisme, en fonction de notre état de vie et de notre vocation dans l'Église. Tout le monde peut aider à construire cette civilisation et cela commence là où les civilisations commencent toujours : dans nos âmes individuelles et dans nos familles. Rien ne nous empêche de constituer des cellules saines au sein du corps agonisant de notre société. Nous pouvons le faire parce que nous appartenons à un autre Corps, un Corps vivant et éternel. Si nous sommes suffisamment nombreux à le faire, nous pouvons changer le monde, l'un après l'autre, une personne à la suite de l'autre.

Nos grandes erreurs politiques et ecclésiales dans ce pays ont été commises toutes les fois où nous avons essayé d'accomplir le bien dans l'ordre social en utilisant l'approche même que le Catéchisme condamne en tant que messianisme sécularisé (CEC 676). Même si nous, en tant que chrétiens, l'avons fait involontairement, nous avons contribué au processus de révolution sociale, qui est en définitive futile. Nous devons maintenant revenir à la compréhension hiérarchique de la création et de la façon dont l'autorité de Dieu agit véritablement. Dieu est une Personne et nous sommes des personnes vivant dans le Corps qu'Il a engendré pour nous. Il s'agit d'un univers personnaliste responsable devant Dieu, et c'est pour cette raison que nous devons abandonner définitivement nos engouements pour les projets collectivistes.

Question : Voulez-vous dire que nous ne devrions pas être impliqués dans la justice sociale ?

O'Brien : Ce n'est pas du tout ce que je dis. Cependant, je pense que nous devons faire preuve de plus de discernement quant aux moyens utilisés pour promouvoir la justice dans le monde. Trop souvent, nos bonnes intentions dans ce domaine du travail apostolique ont été utilisées par d'autres pour promouvoir des objectifs contraires aux Évangiles. Notre bonne volonté et notre naïveté sont parfois devenues des instruments manipulés par des agents du messianisme sécularisé.

Un véritable disciple du Christ intègre les aspects immanents et transcendants de la restauration du monde dans le Christ. Dans ce pays, nous avons négligé de manière écrasante l'aspect transcendant, avec toutes les exigences de ses absolus moraux, et avons au contraire de plus en plus projeté la fausse notion selon laquelle servir les pauvres et oeuvrer pour la justice est, en soi, l'Évangile. Il va sans dire que nos sacrifices et notre énergie doivent être consacrés au service des pauvres et à la justice, mais cela ne doit pas se faire aux dépens de la vérité. Un tel service est une partie essentielle de la nouvelle évangélisation, mais il ne peut jamais se réduire à cela. Tragiquement, la conscience dans la vie de nos églises au Canada a été dominée par de fausses constructions mentales s'excluant l'une l'autre : une personne est supposée être soit immanentiste soit piétiste, soit libérale soit conservatrice, soit anthropocentrique soit théocentrique, soit compatissante soit légaliste. Ces fractures dans notre façon de penser se propagent dans toutes les directions, mais elles découlent toutes d'une unique source qui est le mensonge.

Le Christ nous appelle à être des hommes et des femmes d'amour et de vérité. L'Amour intégré à la Vérité. Vivre de cette manière demande beaucoup de courage, dans notre vie privée et dans nos engagements vis-à-vis des divers aspects de la vie publique. Les personnes de principe et courageuses ont grand besoin, de nos jours, de participer à toutes les dimensions de la vie publique. Les électeurs chrétiens ont également le devoir d'élire des représentants du gouvernement qui ne sont pas des marionnettes passives de la « dictature du relativisme moral ».

Question : Mais comment un politicien peut-il rester assez longtemps en place pour parvenir à apporter suffisamment de bien à la société ? S'il est amené à devoir faire certains compromis sur certaines questions dans le but de promouvoir de bonnes politiques, cela ne vaut-il pas mieux que de ne pas avoir le moindre pouvoir ?

O'Brien : Cela vaut-il mieux ? Cela semble être le raisonnement le plus répandu à notre époque, et cela a été institutionnalisé par des « catholiques pratiquants » de notre gouvernement. Je crois que chaque fois que nous cédons à l'argument erroné du "moindre mal", nous pouvons peut-être réduire certains maux à court terme, mais nous en encourageons de plus insidieux à long terme — y compris jusqu'à favoriser le mal à grande échelle.

Si les principes moraux sont compromis à la base d'une société, qu'est-ce qui empêche l'érosion et, en définitive, la destruction de tout ce dont le peuple, par caprice, décide de se débarraser — une population qui est en train de devenir de plus en plus vulnérable face aux manipulations des médias et à la propagande laïque ? Rien ne s'oppose à cette dynamique si ce n'est les principes moraux vécus avec un courage moral. Chacun de nous doit se poser la question suivante : « Suis-je prêt à tout perdre pour défendre un principe ? »

Comment avons-nous perdu tant de nos batailles pour la vérité dans ce pays ? Nous avons perdu la plupart de nos batailles parce que des hommes fondamentalement de bonne volonté ont succombé à une fausse interprétation de l'argument du "moindre mal". Ils ont cru être de bonnes personnes et, à ce titre, se sont dit qu'ils ne devaient pas perdre leur siège au Parlement, ni perdre leur voix dans quelque sphère d'influence où ils se trouvaient. Ils étaient convaincus que le compromis était le seul moyen de préserver ce qui restait de bien. Ils ont compté beaucoup trop sur la stratégie et beaucoup trop peu sur la grâce. Ils n'ont pas voulu être ce que le prophète Siméon appelait un « signe de contradiction ». Ils n'ont pas pu supporter d'être des signes amenés à devenir objets de rejet. Ils se sont dit qu'ils étaient réalistes et en sont venus à croire que ceux qui défendaient fermement des principes étaient des idéalistes voués à l'échec.

Et c'est ainsi que cela s'est passé, et c'est ainsi que cela continue : du plus haut jusqu'au plus bas niveau de notre société, érosion, érosion, érosion !

Et quelle est la conséquence de ce prétendu "réalisme", de cette approche supposée du "moindre mal" ? Une société dévastée, une vie de famille en désintégration à un degré jamais vu dans l'histoire de l'humanité, une Église divisée et compromise, aussi bien au Canada que dans tout l'Occident, une apostasie croissante sans précédent dans l'histoire de l'Église. Des vies humaines détruites, un grand nombre de personnes éradiquées — des enfants assassinés — environ quarante mille par an dans la seule province de l'Ontario.

A présent, les personnes âgées et handicapées physiques sont à leur tour menacées. Si nous avions plus de temps ce soir, je vous décrirais en détail l'expérience éclairante vécue par ma famille élargie lorsqu'un de leurs membres, atteint de la maladie d'Alzheimer, faillit de peu être assassiné dans un hôpital catholique. Cette tentative de meurtre institutionnalisé ne fut empêchée qu'au dernier moment par un coup de la Providence divine. Laissez-moi au moins vous dire ceci, que les religieuses qui possèdent et administrent cet hôpital ont été convaincues qu'il était moralement acceptable de retirer l'eau et la nourriture d'une femme en bonne santé, mettant ainsi délibérément fin à sa vie (une situation très semblable à celle de Terri Schiavo — ou ce qui pourrait être l'issue de l'affaire Vincent Lambert en France, ndt), parce qu'elles avaient été rassurées par un membre théologien de leur équipe, une femme diplômée de l'Université St Paul, qu'un tel acte n'était pas mauvais. On ne leur avait tout simplement jamais appris ou elles ignoraient les directives du Vatican en la matière. À quel point cette ignorance est-elle répandue et à quel point est-elle encouragée et justifiée par une théologie nuancée et une mauvaise ecclésiologie. De telles lacunes ont des conséquences réelles sur les vies humaines — et la conséquence principale de cette théologie corrompue et de cette ecclésiologie désordonnée est en grande partie la croissance accélérée de la culture de mort.

Le Maître en théologie qui encouragea le plus proche parent à tuer sa mère était une brave personne. Elle avait des compétences humaines en abondance. Elle savait comment gérer les membres d'une famille désemparée et confuse. Les réunions que nous avons eue avec elle et les autres membres du personnel, qui furent nécessaires pour sauver la vie de la mourante, constituèrent un exercice laborieux dans lequel il fallut se frayer péniblement un chemin à travers une véritable boue mentale et spirituelle, sans parler du défi consistant à voir au-delà du charme, de la voix douce, du diplôme sur le mur et des arguments vagues, supposés faire autorité avancés par cette théologienne. Bien sûr, elle n'avait aucune autorité pour violer les droits de Dieu et les enseignements de l'Église, mais à peu près tout le monde supposait qu'elle en avait une. Le prétendu "magistère alternatif" de certains théologiens n'est qu'un aspect de la maladie engendrée par une fausse ecclésiologie dans ce pays. Les théologiens, y compris ceux qui sont dans l'erreur, jouissent d'une autorité de facto, tandis qu'ils ne souscrivent qu'en paroles au Magistère authentique de l'Église universelle. Les conséquences de telles nuances sont des pertes de vies humaines innocentes, qu'il est aujourd'hui impossible de dénombrer.

Voilà ce que nous tendons à oublier. Voila aussi ce dont nous devons nous souvenir lorsque nous réfléchissons aux questions d'ordre apocalyptique. L'apocalypse n'est pas un univers abstrait, c'est un monde rempli d'êtres humains bien réels. Comme le Seigneur le dit à l'Eglise de Sardes : « Sois vigilant, raffermis ce qui te reste et qui allait mourir. » (Ap 3: 2)

Le pontificat de Jean-Paul II et celui de Benoît XVI nous ont donné le potentiel d'un nouveau printemps d'espérance. Quand j'étais encore un jeune homme, je n'ai jamais rencontré de jeunes croyants tels que les jeunes disciples du Christ que je rencontre aujourd'hui partout. Ils sont notre espoir, notre avenir. Ils sont l'Église sortant de la tombe et s'attelant à la nouvelle évangélisation. Laissons donc dépérir l'expérimentation libérale mortifère, et réorientons toutes nos énergies et nos ressources pour soutenir cette renaissance de la foi dans notre pays.

L'une des premières choses que nous devrions commencer à faire c'est prier et jeûner pour les évêques et les prêtres, qui subissent d'intenses pressions spirituelles et sociales. Un autre domaine crucial est la vie familiale. La plupart des familles de chrétiens fidèles luttent désespérément pour survivre. Dans ce pays, il semble que seules les personnes qui violent leur fertilité peuvent prospérer. Si vous violez votre propre chair en demandant à un chirurgien de couper la source même des forces procréatives de l'homme et de la femme données par Dieu, ou en vous empoisonnant avec des produits chimiques pour atteindre le même but, ou en utilisant l'une ou l'autre des nombreuses savantes manières que l'humanité a éllaborées pour faire comprendre à Dieu qu'Il ne nous a pas faits correctement, et que Son dessein n'est pas "réaliste", vous pouvez alors aller de l'avant et réussir magnifiquement votre vie dans cette société. Depuis une génération maintenant, l'Église au Canada et à travers le monde occidental est dominée par des théologiens, des éducateurs et des religieux qui soit soutiennent que la contraception et la stérilisation ne sont pas intrinsèquement mauvaises, soit admettent que ce n'est pas « l'idéal » mais maintiennent qu'une personne qui la pratique n'est pas coupable tant qu'elle agit conformément à sa « conscience personnelle ». Ces erreurs sont sur le point de détruire l'Église au Canada et ont contribué de manière significative à la ruine de la nation.

Dans une économie qui favorise le double revenu et aucun enfants (ou au mieux, deux enfants), les jeunes époux catholiques qui sont fidèles aux commandements de Dieu et aux enseignements de l'Église entrent dans le royaume de la souffrance croissante. La plupart ne réussiront pas aussi bien matériellement parlant que ceux qui ont succombé à l'argument du "moindre mal" dans ses innombrables manifestations. À moins que le salarié au sein d'une famille ne soit un professionnel disposant d'un revenu élevé, ou que la famille ait le bonheur d'avoir un oncle riche qui a le désir de subventionner leur fidélité, la famille s'en trouvera rudement éprouvée et tentée. Le coeur, l'âme, l'amour des époux l'un envers l'autre et pour leurs enfants deviendront des "problèmes". J'ai discuté de cela au fil des ans avec des centaines de familles qui, s'efforçant d'être totalement fidèles au Christ, se sentent prises au piège dans l'économie diabolique de cette révolution sociale.

L'Église de ce pays n'a pas cessé de dialoguer avec la révolution, et elle devient de moins en moins convaincante à mesure qu'elle use de paroles mielleuses et de propos nuancés (le ni oui ni non que condamne Jésus, le entre-les-deux pour plaire à la fois à Dieu et au monde, ndt). Nous parlons si gentiment à nos adversaires depuis si longtemps qu'il semble que nous ne sachions plus comment faire preuve de conviction et de clarté. Ainsi, les catholiques du Canada ont créé tout autour d'eux une religion inefficace de la gentillesse, un culte de la gentillesse, et ont par conséquent joué un rôle déterminant dans la construction d'un immense et peut reluisant charnier, discrètement camouflé derrière des façades de cliniques et d'hôpitaux. Cela s'est produit parce qu'une telle compassion a été confondue avec l'authentique charité chrétienne.

Voyez les jeunes dispersés dans cette salle ce soir. Ce sont de véritables héros et héroïnes. Ils sont l'Eglise, ils sont l'avenir et nous devons leur donner une saine nourriture. Ils sont le Corps du Christ revenant à la vie dans cette zone désolée, et si nous négligeons de les nourrir, nous devrons en rendre compte au Jour du Jugement Dernier. Nous devons faire aujourd'hui un choix. Ne pas choisir est un choix. Le genre d'Église que nous aurons bientôt dans ce pays dépendra beaucoup du choix que nous ferons. À moins que nous ne commencions à voir avec précision la nature du problème, et que nous nous repentions vraiment pour la part que nous y avons jouée, l'Église est finie dans notre pays. À moins d'un changement extraordinaire de notre coeur, elle est finie. Au cours de sa longue histoire, l'Église s'est éteinte dans de nombreuses régions du monde. Pensez à l'Afrique du Nord, qui fut autrefois la gloire de la chrétienté, pensez à d'autres églises particulières — elles ne sont plus ! Pourquoi supposerions-nous que Notre Seigneur investirait massivement dans la préservation d'une culture comme la nôtre ; pourquoi nous imaginerions-nous qu'Il continuerait de faire prospérer cette civilisation ? Il se peut qu'Il le fasse, s'il y a encore « dix hommes justes » parmi nous. Il se peut qu'Il le fasse s'il y a un retour massif des coeurs vers Sa sainte volonté. Ou il peut ne pas le faire. Il ne nous appartient pas de peser cette question, à laquelle Dieu seul peut répondre. Notre tâche est de rester fidèles.

Vous, les jeunes, vous êtes si beaux. Vous n'avez pas idée à quel point vous êtes beaux. Nous, les aînés et les personnes âgées serons appelés bientôt à rendre compte de la manière dont nous vous avons protégés, enseignés, nourris et préparés pour le nouveau printemps qui arrive. Ce printemps a bel et bien commencé, et il peut fleurir et porter des fruits abondants pour l'éternité, que notre époque soit celle où se révélera l'Antéchrist ou non.

Michael D. O'Brien

+ + +

La période de questions et la réflexion finale qui ont suivi font suite à une conférence donnée par Michael O'Brien à la basilique Saint-Patrick, à Ottawa, au Canada, le 20 septembre 2005. Pour le texte complet de sa conférence, cliquez sur le lien ci-dessous :

Vivons-nous à une époque apocalyptique? (partie 1)

Commentaires des internautes

Partagez votre opinion

Aucun commentaire n'a encore été déposé sur cet article.

Ecrire un commentaire

Veuillez utiliser le formulaire suivant pour nous soumettre votre commentaire.

Champs obligatoires

@
Pour recevoir les avis de réponse à votre commentaire si vous avez coché l'option correspondante ci-dessous.

Etre informé des prochains commentaires déposés sur cet article ?

Veuillez résoudre le calcul simple suivant : 93 + 21 = ?

Recommander cette page

Le formulaire ci-dessous vous permet de recommander la page Vivons-nous des temps apocalyptiques ? Partie 2.

Champs obligatoires

@
@
Veuillez résoudre le calcul simple suivant : 93 + 21 = ?

Articles similaires

Lire un article au hasard

Quand ils écoutaient

Mark Mallett   samedi 15 décembre 2018   0 commentaire   2

POURQUOI le monde souffre-t-il ? Parce que nous avons muselé Dieu. Nous avons rejeté Ses prophètes et ignoré Sa Mère. Du haut de notre orgueil, nous avons succombé au rationalisme, ou la mort du mystère. Ainsi le Seigneur, par l'intermédiaire du prophète Isaïe, crie à une génération devenue sourde — qui est également la nôtre :

Si seulement tu avais prêté attention à mes commandements, ta paix serait comme un fleuve, ta justice, comme les flots de la mer.

Isaïe 48: 18

Lire la suite

Le silence ou l'épée ?

Mark Mallett   vendredi 14 décembre 2018   0 commentaire   33

Plusieurs personnes ont été surprises par les récents messages que nous donne la Sainte Vierge en différents endroits de la planète : « Priez plus... parlez moins » [1], ou encore par ceci :

… priez pour votre évêque et pour vos pasteurs, priez et faites silence. Pliez vos genoux et mettez-vous à l'écoute de la voix de Dieu. Laissez aux autres le jugement, ne vous occupez pas des affaires qui ne vous concernent pas.

—Notre Dame de Zaro à Angela, le 8 novembre 2018

Comment pouvons-nous rester silencieux à une époque comme la nôtre, se demandent certains lecteurs ?

Lire la suite

Pourquoi l’Eglise est-elle contre les relations sexuelles avant le mariage ?

mercredi 26 septembre 2018   0 commentaire   53

L'Eglise n'est pas d'accord pour qu'il y ait des relations sexuelles avant le mariage. Pourquoi est-elle si rigide? Face à tant de mariages qui échouent, n'est-il pas plus sensé d' « essayer » pour voir si la relation fonctionne, avant de se jeter et risquer un échec ?

Lire la suite