Une réponse catholique à la crise des réfugiés


Publié le mercredi 21 novembre 2018

Auteur : Mark Mallett

Catégorie : Drames historiques

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C'est l'un des sujets les plus explosifs de notre temps — et les discussions qui en découlent sont parmi les moins équilibrées : les réfugiés, et la façon dont nous pouvons faire face à cet exode qui menace de nous submerger. Saint Jean-Paul II a qualifié ce drame de « peut-être la plus grande parmi toutes les tragédies humaines de notre temps. » [1] Pour certains, la réponse est simple : faites-les entrer, en tout temps, quel que soit leur nombre et peu importe qui ils sont. Pour d'autres, la question est plus complexe et exige une réponse plus mesurée et plus prudente ; car ce qui est en jeu, disent-ils, n'est pas seulement la sureté et le bien-être d'individus fuyant la violence et la persécution, mais aussi la sureté et la stabilité de nos nations.

Un article de Mark Mallett. Titre original : « A Catholic Answer to the Refugee Crisis »

Photo : Réfugiés, crédit Associated Press

Si tel est le cas, quelle devrait être la voie médiane, celle qui protège la dignité et la vie des véritables réfugiés tout en préservant le bien commun ? Quelle doit être notre réponse en tant que catholiques ?

La crise

Notre monde est confronté à une crise de réfugiés d'une ampleur inconnue depuis la Seconde Guerre Mondiale. Cette crise nous place devant de grands défis et de nombreuses décisions difficiles... Nous ne devons pas reculer devant leur nombre, mais plutôt les voir comme des personnes, en les regardant en face et en écoutant leurs histoires, en essayant de répondre le mieux possible à leur situation, de répondre d'une manière toujours humaine, juste et fraternelle... Souvenons-nous de la Règle d'Or : « Tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour les autres aussi » (Mt 7: 12).

—PAPE FRANCOIS, Discours devant le Congrès américain, le 24 septembre 2015 ; vatican.va

L'un des principaux obstacles à une discussion civilisée et raisonnée sur la crise actuelle des réfugiés est probablement le manque de compréhension au sein de la population en général quant à la question de savoir pourquoi cette crise a commencé, car « un monde où les droits de l'homme sont violés en toute impunité ne cessera de produire des réfugiés de toutes sortes. » [2]

La réponse, en un mot, est la guerre. La guerre entre peuples, la guerre entre sectes musulmanes, la guerre entre nations, la guerre du pétrole et, en vérité, la guerre pour la domination mondiale. Dans son discours devant le Congrès, le Pape François a reconnu « la complexité, la gravité et l'urgence de ces défis. » [3] On ne peut apporter des solutions justes, de manière adéquate, à la crise des réfugiés actuelle sans examiner ses racines diverses et surprenantes. Je soulignerai donc brièvement trois problèmes importants qui alimentent la migration massive de réfugiés en provenance du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord.

I. Combats entre sectes musulmanes

Tandis que les chrétiens sont les principales victimes de la persécution islamique dans de nombreux pays du monde, leurs compatriotes musulmans le sont également. Les deux principales sectes de l'islam sont la secte sunnite et la secte chiite. La division entre ces deux clans remonte à 1400 ans en arrière suite à une dispute pour savoir qui devrait succéder au prophète Mahomet. Aujourd'hui, leurs différences continuent de se manifester dans une lutte de pouvoir pour savoir qui gouvernera telles régions ou tels pays entiers.

Al-Qaïda, ISIS, le Hamas et Boko Haram sont des groupes musulmans sunnites qui utilisent le terrorisme pour menacer et expulser leurs ennemis, souvent, comme nous le savons, de la manière la plus barbare. Il y a ensuite Abu Sayyef aux Philippines, Lashkar e Taiba au Cachemire et les Taliban en Afghanistan. Le Hezbollah, basé au Liban, est le bras militaire de certains chiites. Toutes ces organisations sont responsables à un degré ou un autre du déplacement de millions de personnes fuyant l'application brutale de la doctrine islamique connue sous le nom de charia (note : la lutte entre sectes islamiques revient souvent à considérer l'autre partie comme "apostat" en raison de l'interprétation ou de l'application erronée qu'elle fait de l'enseignement islamique).

II. Intervention occidentale

Ici, la situation devient encore plus complexe. Il est notoire que des pays étrangers, en particulier les États-Unis [et la France], ont fourni des armes, des ressources et une formation à certains des groupes terroristes susmentionnés afin de faire basculer les pouvoirs en place au Moyen-Orient pour répondre à leurs propres "intérêts nationaux". Pourquoi ? Il serait peut-être trop simplificateur de répondre « le pétrole », mais c'est en grande partie de cela dont il s'agit. Une autre raison moins connue mais apparentée est liée à la franc-maçonnerie et à la propagation de « démocraties éclairées » : [4]

L'Amérique serait utilisée pour conduire le monde vers l'empire philosophique. Vous comprenez que l'Amérique a été fondée par des chrétiens en tant que nation chrétienne. Cependant, il y a toujours eu ces individus de l'autre côté qui voulaient utiliser l'Amérique, abuser de notre puissance militaire et de notre puissance financière pour établir des démocraties éclairées à travers le monde et restaurer l'Atlantis perdue [un système utopique fondé uniquement sur l'humanisme].

—Dr. Stanley Monteith, The New Atlantis: Secret Mysteries of America's Beginnings (video); interview Dr. Stanley Monteith

Trois aspects dévastateurs de l'intervention occidentale ont été, en premier lieu, la guerre en Irak, qui tua des centaines de milliers de personnes sur la base de déclarations controversées selon lesquelles l'Irak posséderait des « armes de destruction massive ». [5] Deuxièmement, comme cela a déjà été mentionné, les États-Unis ont formé des groupes terroristes.

Ce que les cercles traditionnels ont omis de révéler, cependant, c'est la relation intime qui existe entre les agences de renseignement américaines et ISIS. En effet, ceux-ci ont formé, armé et financé le groupe terroriste pendant des années.

—Steve MacMillan, 19 août 2014; global research.ca

Troisièmement, avec le retrait de la coalition dirigée par les États-Unis de la région, principalement sous le contrôle d'Obama, le vide ainsi créé a provoqué une énorme instabilité et une violente lutte de pouvoir entre sectes musulmanes, ce qui a notamment contribué à la crise actuelle des réfugiés.

III. Idéologie islamique

De même que beaucoup d'Occidentaux ont une très faible compréhension de la politique confuse du Moyen-Orient, ils sont encore plus nombreux à ne pas comprendre que l'islam n'a rien à voir avec le christianisme, ni d'ailleurs avec la plupart des autres religions. La "séparation entre l'Église et l'État" qui prévaut en Occident [6] n'est pas un concept défendu dans l'islam. Dans un monde islamique idéal, l'économie, la politique, le droit et la religion respirent tous au moyen des mêmes poumons de la tradition islamique. La charia est essentiellement l'application de la doctrine islamique et constitue une règle et un désir prédominants dans de nombreux pays sous contrôle musulman où les sunnites représentent entre 85 et 89% de la population mondiale islamique.

La propagation d'un « califat mondial » visant à soumettre le monde entier à la domination islamique est au coeur de la doctrine islamique. Comme il est dit dans le Coran :

C'est Lui [Allah] qui a envoyé Son messager avec la bonne direction et la religion de la vérité [l'Islam], afin qu'elle triomphe sur toute autre religion, quelque répulsion qu'en aient les associateurs.

—Sourate at-Tawbah, 9:33 et Sourate As-Saff 61: 4-9, 13

Mawlana Sayid Abul Ala Mawdudi (né en 1905) était un théologien islamique du sous-continent indien et est considéré comme l'un des plus grands théologiens de l'islam. Il dit ceci :

L'islam n'est pas une religion normale comme les autres religions du monde et les nations musulmanes ne sont pas comme les nations normales. Les nations musulmanes sont très spéciales car elles ont reçu l'ordre d'Allah de gouverner le monde entier et de dominer toutes les nations du monde... Afin d'atteindre cet objectif, l'islam peut utiliser chaque pouvoir disponible de toutes les manières possibles pour apporter la révolution mondiale. C'est le Jihad.

—Islam and Terrorism, Mark A. Gabriel, (Lake Mary Florida, Charisma House 2001) p.81

Selon Mahomet, l'un des moyens par lesquels ce califat mondial peut se propager est la migration ou « Hijrah ».

… Le concept de Hijrah — Immigration — en tant que moyen de supplanter la population autochtone et d'accéder au pouvoir est devenu une doctrine bien développée dans l'Islam… Le principe fondamental d'une communauté musulmane dans un pays non musulman est qu'elle doit être séparée et distincte. Déjà dans la Charte de Médine, Muhammad a énoncé la règle de base pour les musulmans qui émigrent vers des terres non musulmanes, à savoir qu'ils doivent former un organe séparé, suivant leurs propres lois et obligeant le pays hôte à s'y soumettre.

—Y.K. Cherson, “The Goal of Muslim Immigration According to Muhammad's Teachings”, Oct. 2nd, 2014

Bien qu'il demeure incertain si le précepte de la Hijrah joue un rôle dans la migration actuelle de centaines de milliers de musulmans, Steve Bannon, ancien conseiller stratégique controversé [limogé en août 2017] du nouveau président des États-Unis, a déclaré publiquement ses préoccupations concernant le califat islamique.

C'est un sujet très déplaisant — mais nous sommes engagés dans une guerre totale contre le fascisme djihadiste islamique. Et cette guerre est, je crois, en train de métastaser bien plus rapidement que les gouvernements ne sont capables de la contrôler.

—Extrait d'une conférence au Vatican en 2014 ; lattention.net

Ces inquiétudes ne proviennent pas simplement de mouvements "radicaux". Le Cardinal autrichien Schönborn, proche du Pape François, et qui avait initialement soutenu l'immense afflux de migrants, s'est également posé la question suivante:

Y aura-t-il à présent une troisième tentative de conquête islamique de l'Europe ? Beaucoup de musulmans le pensent, l'espèrent et disent : c'est la fin de l'Europe.

« Beaucoup de musulmans » souhaitent une « conquête islamique » de l'Europe, pointant la responsabilité des Européens qui ont « dilapidé » leur héritage chrétien.

la-croix.com , le 27 décembre 2016

Le Cardinal Miloslav Vlk, Archevêque émérite de Prague (décédé le 18 mars 2017), avait également averti que l'Europe risquait de perdre entièrement son identité chrétienne en raison de l'utilisation généralisée de la contraception et de l'avortement en Occident.

Si les chrétiens ne se réveillent pas, il se pourrait qu'une islamisation de la vie ait lieu... Si le rapport de l'Europe envers ses propres racines ne change pas, l'Europe s'islamisera.

Comme la vie des Européens est systématiquement dépourvue de contenu chrétien, un espace vide se crée que [les musulmans] remplissent très facilement.

Selon lui, l'Europe a "renié ses racines chrétiennes" qui pourraient, estime-t-il, donner au vieux continent une "force de braver le danger d'être conquis par les musulmans."

"Le combat est aujourd'hui mené par des armes spirituelles" que "l'Europe ne possède pas... Les musulmans, eux, en sont pourvus à la perfection."

Les musulmans d'Europe ont beaucoup plus d'enfants que les familles chrétiennes ; c'est pourquoi les démographes envisagent un moment où l'Europe deviendrait musulmane. L'Europe paiera très cher d'avoir abandonné ses fondements spirituels… À moins que les chrétiens ne se réveillent, la vie peut s'islamiser et le christianisme n'aura pas la force d'imprimer son caractère dans la vie des gens, pour ne pas dire de la société.

World Tribune , le 29 janvier 2017 ; religion-orthodoxe.eu

Certains suggèrent qu'il est déjà trop tard, car le taux de natalité dans la plupart des pays européens est tombé bien en dessous des niveaux de remplacement. [7] C'est peut-être à cela que le Pape Benoît XVI a fait allusion dans une homélie qui invite à la réflexion :

Mais la menace de jugement nous concerne nous aussi, l'Eglise en Europe, l'Europe et l'Occident en général… Le Seigneur clame également à nos oreilles… « Si tu ne te repens pas, je vais venir à toi pour changer ton candélabre de son rang. »

—Pape Benoît XVI, Homélie d'ouverture, Synode des Évêques, 2 octobre 2005, Rome, Vatican.va

Le Cardinal Raymond Burke a également soulevé la question de l'islamisation dans une interview avec le journal italien Il Giornale.

L'islam est une menace en ce sens que pour le vrai musulman, Allah doit gouverner le monde. Le Christ a dit dans l'Évangile : « Rendez à César ce qui appartient à César. » En revanche, la religion islamique, basée sur la loi du Coran, vise à gouverner tous les pays où il y a des musulmans. Tant qu'ils constituent une minorité, ils ne peuvent pas insister, mais lorsqu'ils deviennent la majorité, ils doivent appliquer la charia.

—Le 4 mars 2016, Il Giornale ; Traduction anglaise sur brietbart.com

(...)

Rester enraciné dans la réalité

Dans son discours devant le Congrès concernant la crise des réfugiés, le Pape François a appelé toutes les parties à éviter un « réductionnisme simpliste, qui voit seulement le bien ou le mal ; ou, si vous voulez, les justes et les pécheurs. » [8], Considérer d'emblée l'ensemble des musulmans comme une menace ou, inversement, occulter l'idéologie dominante de l'islam, comme si elle n'existait pas, est contre-productif. D'un côté, il y a des milliers de familles, comme la vôtre et la mienne, qui fuient pour sauver leur vie. De l'autre côté, l'afflux massif de migrants face à des « frontières grandes ouvertes » déstabilise des régions entières, suscitant ainsi la peur et des mouvements populistes dans tout l'Occident, comme lors de la récente élection américaine ou du Parti de la liberté d'Autriche. Ceci aussi a le potentiel d'engendrer d'autres formes d'extrémisme, voire de placer le monde au seuil d'un "conflit mondial".

L'équilibre consiste à faire face à la vérité, aux aspects multidimensionnels de la crise et à trouver des solutions humaines mais prudentes enracinées dans la réalité.

Toute recherche de solutions doit reconnaître quelle est l'idéologie musulmane prédominante, à savoir que — selon cette idéologie — la loi de la charia doit prévaloir. [9] Par exemple, ceux qui persistent à prétendre qu'il y a une majorité de musulmans "modérés" en Amérique qui ne souscrivent pas à ce que les médias traditionnels appellent « islam radical » se trompent tout simplement.

Une enquête de Pew Research auprès de musulmans américains de moins de 30 ans a révélé que 60% d'entre eux ressentent plus de loyauté envers l'islam qu'envers l'Amérique…. Une enquête nationale menée par The Polling Company pour le Centre de politique de sécurité révèle que 51% des musulmans sont d'accord pour dire que « les musulmans en Amérique devraient avoir le choix d'être gouvernés conformément à la charia ». En outre, 51% des sondés pensent qu'ils devraient avoir le choix entre des tribunaux américains ou de la charia.

—William Kilpatrick, « Know-Nothing Catholics on Muslim Immigration » (Des catholiques ignorants quant à l'immigration musulmane), 30 janvier 2017; Crisis Magazine ; lire http://www.wikistrike.com/article-bientot-des-tribunaux-de-la-charia-en-europe-86071744.html

(...)

Il est également utile de prendre en compte tout ce que le Saint-Père a dit sur la question. Par exemple, il est inexact de prétendre que le Pape François ignore les dangers actuels, bien qu'il soit vrai qu'il les souligne rarement, tel qu'il le fit lors de cette interview :

La vérité, c'est qu'à seulement 400 kilomètres de la Sicile, il y a un groupe terroriste incroyablement cruel. Il y a donc un danger d'infiltration, c'est vrai ... Oui, personne n'est à l'abri de cette menace. Mais on peut prendre des précautions.

—Pape François, interview à la radio catholique portugaise Radio Renascenca, le 14 septembre 2015 ; nouvelobs.com

En effet, des politiciens de plusieurs continents — pas seulement Donald Trump aux Etats Unis — ont appelé à des "précautions" pour assurer la sécurité de leurs pays respectifs, y compris le très respecté Premier ministre de la Saskatchewan au Canada : [10]

Je vous demande [Premier ministre Trudeau] de suspendre votre plan actuel visant à accueillir 25.000 réfugiés syriens au Canada d'ici la fin de l'année et de réévaluer cet objectif et les processus en place pour l'atteindre… Nous ne voulons certainement pas être déterminés par les dates ou les chiffres dans un effort qui peut mettre en danger la sécurité de nos citoyens et celle de notre pays.

—Huffington Post, 16 novembre 2015 ; note : depuis le décret du président Donald Trump sur l'immigration, M. Wall a proposé d'accueillir les réfugiés syriens. Cependant, il maintient que le processus ne doit pas être précipité et qu'aucune date limite ne devrait être imposée ; lire https://www.immigration.ca/fr/les-politiques-canadiennes-sur-les-refugies-syriens-critiquees-audio

Ces appels à la précaution sont-ils justifiés ou s'agit-il simplement de xénophobie [11] déguisée ? Lors des récents attentats terroristes à Nice, Bruxelles, Paris et en Allemagne, la majorité de ceux qui les ont perpétrés sont entrés dans ces pays « déguisés en migrants ». [12] Un membre de l'Etat islamique aurait admis avoir introduit clandestinement des djihadistes en Occident en tant que "réfugiés" [13] Et en Allemagne, le Gatestone Institute rapporte que « Au cours des six premiers mois de 2016, les migrants ont été impliqués dans 142.500 crimes et délits … Cela équivaut à 780 délits par jour, soit une hausse de près de 40% par rapport à 2015. » [14]

Alors, comment concilier l'obligation incombant à l'État de protéger les personnes vulnérables, tant celles à l'intérieur de ses frontières que celles dans le besoin frappant à ses portes ?

Accueillir l'étranger

Dans un discours franc prononcé devant une assemblée de catholiques et de luthériens en Allemagne, le Pape François a reproché « la contradiction de ceux qui veulent défendre le christianisme en Occident et d'autre part sont contre les réfugiés et contre les autres religions. »

C'est une hypocrisie de se dire chrétien et de chasser un réfugié ou une personne qui cherche de l'aide, quelqu'un qui a faim ou soif, rejeter quelqu'un qui a besoin de mon aide… Vous ne pouvez pas être chrétien sans faire ce que Jésus nous enseigne en Matthieu 25.

—Catholic Herald, le 13 octobre 2016

“Seigneur, quand est-ce que nous t'avons vu… ? tu avais donc faim, et nous t'avons nourri ? tu avais soif, et nous t'avons donné à boire ? Tu étais un étranger, et nous t'avons accueilli ? Tu étais nu, et nous t'avons habillé ? Tu étais malade ou en prison… Quand sommes-nous venus jusqu'à toi ?” Et le Roi leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait.”

Matt 25: 37-40

« L'étranger » est toute personne dans le besoin. Jésus ne dit pas « l'étranger / réfugié catholique » ou le « prisonnier chrétien ». La raison est que chaque être humain est créé à l'image de Dieu, et par conséquent, son inhérente valeur exige que nous défendions et préservions sa dignité.

C'était l'une des plus belles facettes, et l'une des plus controversées, de la vie de Jésus : Il regardait au-delà de la religion de la Samaritaine, de la nationalité du Romain et, surtout, de la faiblesse, de la corruption et du péché de la personne humaine, tous ayant été créés à l'image du même Dieu. Il guérit, délivra et prêcha à tous. En conséquence, Jésus scandalisait les docteurs de la Loi — ceux qui utilisaient la religion comme prétexte au pouvoir et au confort mondain, mais qui étaient dépourvus de compassion et de miséricorde. [15]

La première chose qu'il nous faut voir chez le réfugié qui cherche un refuge n'est pas le visage d'un musulman, d'un africain ou d'un syrien… mais le visage du Christ caché sous le douloureux déguisement du pauvre.

La Communauté internationale dans son ensemble a l'obligation morale d'intervenir en faveur des groupes dont la survie même est menacée ou dont les droits fondamentaux sont massivement violés.

—Compendium de la doctrine sociale de l'Église, n° 506 ; vatican.va

Rien n'empêche de donner de la nourriture, de l'eau et un abri de base à quelqu'un qui pourrait même être un ennemi.

Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent. Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient … Mais si ton ennemi a faim, donne-lui à manger ; s'il a soif, donne-lui à boire : en agissant ainsi, tu entasseras sur sa tête des charbons ardents. Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais sois vainqueur du mal par le bien.

Lc 6: 27-28, Rm 12: 20-21

Se protéger

Le Conseil Pontifical pour la Pastorale des Migrants et des Personnes en Déplacement a déclaré : « La communauté chrétienne doit vaincre la peur et la méfiance à l'égard des réfugiés et parvenir à voir sur leur visage celui du Sauveur. » [16] Malheureusement, ce n'est pas toujours le « visage du Sauveur » que nous apercevons dans les rues et les quartiers des villes européennes. [17] Beaucoup ont dû faire face à une hausse dramatique de la violence, des cas de viol et du vandalisme qui proviennent en partie des migrations vers l'Europe. L'Archevêque catholique de Berlin, Heiner Koch (nommé par le Pape François) propose une confrontation avec la réalité :

Peut-être avons-nous trop mis l'accent sur l'image radieuse de l'humanité, sur le bien. Au cours de la dernière année, ou peut-être aussi des dernières années, nous avons constaté que ... non ! il y a aussi le mal.

—Tribune mondiale, le 29 janvier 2017

C'était un ressortissant tunisien, arrivé parmi une vague de migrants arabes et qui assassina 12 personnes sur un marché de Noël à Berlin en faisant rouler un camion dans la foule.

L'État a donc également l'obligation de préserver la paix et la sécurité de ceux qui se trouvent à l'intérieur de ses frontières (même si cela nécessite de faire appel à des "forces armées").

Ceux qui président avec un tel esprit à la sécurité et à la liberté d'un pays apportent une authentique contribution à la paix… Il existe un droit de se défendre contre le terrorisme.

Compendium de la doctrine sociale de l'Église, n° 502, 514 (cf. Concile Vatican II, Gaudium et Spes, n° 79; PAPE JEAN PAUL II, Message de sa sainteté le Pape Jean-Paul II pour la célébration de la Journée Mondiale de la Paix , n° 5

Il est moral et licite pour tous ceux investis de la responsabilité de protéger leurs concitoyens de prendre toutes les précautions nécessaires pour empêcher les terroristes de pénétrer dans leur pays, tout en gardant à l'esprit que « la personne humaine est le fondement et la fin de la communauté politique. » [18] D'une part, non seulement ils protègent les habitants de leur propre nation mais également ceux qui y cherchent refuge. Ce serait une ironie tragique, pour les réfugiés, d'émigrer en Occident — pour constater au final que ces mêmes terroristes qu'ils fuyaient les ont suivis en s'infiltrant parmi eux.

Cependant, il faut aussi ajouter qu'en ciblant des terroristes…

… l'identification des coupables doit être dûment prouvée, car la responsabilité pénale est toujours personnelle et ne peut donc pas être étendue aux religions, aux nations, aux ethnies, auxquelles appartiennent les terroristes.

— Compendium de la doctrine sociale de l'Église, n° 514 ; vatican.va

L'Église n'a pas à se prononcer sur la façon dont les pays mettent en oeuvre les mesures de protection de leurs politiques d'immigration, cependant son rôle est de nous guider à travers son enseignement social.

Solutions aux besoins immédiats

Pourtant, la question demeure : qu'en est-il de ces véritables réfugiés ayant besoin d'un asile immédiat, de nourriture et d'eau (beaucoup d'entre eux étant victimes des conséquences de la politique étrangère américaine des administrations Bush et Obama — une politique qui a déstabilisé le Moyen-Orient et aidé et soutenu les organisations terroristes telles que ISIS qui ont aujourd'hui chassé toutes ces personnes de leus maisons…) ? Le Magistère social de l'Église enseigne que :

… une analyse courageuse et lucide des motivations sous-jacentes aux attaques terroristes [est essentielle]… La lutte contre le terrorisme présuppose le devoir moral d'aider à créer les conditions qui l'empêcheront de naître ou de se développer.

—Compendium de la doctrine sociale de l'Église, n° 514 ; vatican.va

Une solution — la plus évidente — consiste à mettre fin aux conditions qui, au départ, génèrent ces réfugiés. Car …

Il ne s'agit pas seulement de panser les plaies, il faut aussi un engagement pour agir sur les causes qui sont à l'origine des flux de réfugiés.

— Conseil Pontifical pour la Pastorale des Migrants et des Personnes en Déplacement, “Les réfugiés, un défi à la solidarité”, n° 20 ; vatican.va

Cependant, étant donné que la bataille au Moyen-Orient porte principalement sur les réserves de pétrole et le contrôle — et non sur une recherche de plus de justice — on se demande ce qui transformera la cupidité de l'élite dirigeante et du complexe militaro-industriel en dehors d'une intervention divine. [19]

Une deuxième solution humaine (déjà en place dans certains pays) consiste à créer des « zones de sécurité » dignes, organisées et défendues par la communauté internationale jusqu'à ce que les réfugiés soient déplacés — ou renvoyés chez eux en toute sécurité. Mais « compte tenu de leur surnombre, de l'insécurité des frontières nationales et d'une politique de dissuasion qui transforme certains camps en quasi-prisons … même traité avec humanité, le réfugié se sent toujours humilié [et se retrouve] … à la merci de ses semblables. » [20]

Une troisième solution serait de continuer à déplacer les réfugiés vers les pays occidentaux, mais avec une réserve : que les lois et la culture des nations vers lesquelles ils se dirigent soient respectées ; que la charia — incompatible avec les principes occidentaux de droit, de liberté, de dignité des femmes, etc. — ne soit pas mise en oeuvre ; et que le respect mutuel des coutumes soit défendu dans la mesure où elles s'inscrivent dans le cadre juridique existant.

Malheureusement, le flot prédominant du politiquement correct dans la société occidentale non seulement s'oppose à toute notion d'assimilation prudente, mais persécute subtilement ses propres racines culturelles au point que le christianisme est souvent rejeté, tandis que d'autres religions sont non seulement tolérées, mais également célébrées. Dans ce qui est en train de devenir une ironie tragique, la pensée islamique dominante n'approuve pas les "idéaux" occidentaux de démocratie, de féminisme et de relativisme. Et plus ironique encore, Richard Dawkins, militant athée, a semblé récemment prendre la défense du christianisme :

Autant que je sache, il n'y a aucun chrétien qui fait sauter des bâtiments. Je ne suis au courant d'aucun kamikaze chrétien. Je n'ai entendu parler d'aucune confession chrétienne parmi les plus importantes qui croit que la peine pour apostasie est la mort. J'ai des sentiments mitigés concernant le déclin du christianisme, dans la mesure où le christianisme pourrait être un rempart contre quelque chose de pire.

—Lu sur Brietbart.com, « L'athée professionnel, Richard Dawkins, dit que le christianisme est un "rempart contre quelque chose de pire"  », le 12 janvier 2016

Le califat et la réponse catholique

Il reste la question de savoir comment réagir face à ceux qui souhaitent diffuser le califat islamique dans votre quartier et dans le mien. Que se passe-t-il lorsque « les conditions » qui sont à l'origine d'agressions violentes ne sont pas le fruit d'injustices sociales, mais plutôt de l'idéologie [...] islamique ?

Le Pape Benoît XVI a tenté de répondre à cette question dans un discours célèbre prononcé à l'Université de Regensburg, en Allemagne. [21] Il a appelé les musulmans et toutes les religions à "la foi et la raison" afin d'éviter le fanatisme religieux qui commence à déchirer le monde. [22] Benoît XVI cita un empereur [byzantin Manuel II Paléologue] qui avait un jour déclaré « Montre-moi ce que Mahomet a apporté de nouveau et tu ne trouveras que du mauvais et de l'inhumain comme ceci : qu'il a prescrit de répandre par l'épée la foi qu'il prêchait » [23] Ceci déclencha une tempête de — ironiquement — violentes manifestations.

Les réactions violentes dans de nombreuses régions du monde islamique ont justifié l'une des principales craintes du Pape Benoît XVI… Elles montrent le lien qui existe pour de nombreux islamistes entre religion et violence, leur refus de répondre aux critiques par des arguments rationnels, mais uniquement par des manifestations, des menaces et des actes de violence.

—Cardinal George Pell, Archevêque de Sydney; www.timesonline.co.uk, le 19 septembre 2006

Il est certainement possible pour les catholiques et les musulmans de vivre dans une paix mutuelle ; beaucoup le vivent déjà, et nous devrions effectivement nous efforcer de le faire. Après tout, dans l'un des dictons antérieurs de Mahomet, il enseignait :

Nulle contrainte en religion.

—Sourate 2: 256

De toute évidence, certains musulmans vivent en accord avec cette sourate — mais beaucoup ne le font pas. Pour ceux qui ne se convertissent pas à l'islam dans certaines des plus grandes nations musulmanes du monde, une taxe, la confiscation de leur maison ou, pire encore — la mort — peuvent être imposés en vertu de la charia. Pourtant, de nombreux musulmans choisissent de se conformer aux préceptes plus pacifiques de Mahomet et c'est pourquoi le Pape Saint Jean XXIII écrivait :

Il est permis d'espérer que les peuples, intensifiant entre eux les relations et les échanges, découvriront mieux les liens d'unité qui découlent de leur nature commune ; ils comprendront plus parfaitement que l'un des devoirs primordiaux issus de leur communauté de nature, c'est de fonder les relations des hommes et des peuples sur l'amour et non sur la crainte...

Pacem in Terris, Lettre encyclique, n° 291 ; Vatican.va

Beaucoup se demandent si le califat est ou non compatible avec la paix, et affirment qu'un conflit militaire est inévitable, comme ce fut le cas pour venir à bout de l'idéologie du nazisme. Si tel est le cas, les règles d'engagement doivent continuer à suivre les voies de la justice, ce que le Magistère social de l'Église a exposé concernant la "guerre juste" (lire le Catéchisme de l'Église catholique, n° 2302 - 2330). Il faut rappeler ici que la prière est plus puissante que les armes et que la guerre « engendre [souvent] des conflits nouveaux et plus complexes. » [24]

La guerre est une aventure sans retour... NON À LA GUERRE ! Elle n'est jamais une fatalité. Elle est toujours une défaite de l'humanité.

—PAPE JEAN PAUL II, message au moment de la guerre du Golfe en 1991 et celui prononcé à la veille de l'opération militaire en Irak en 2003 ; lire Jean-Paul II : « Non à la guerre ! » et Pourquoi une diplomatie pontificale ?

La réponse ultime

Pourtant, dans toutes les discussions, les débats et les appels à la tolérance, la compassion, l'accueil et l'ouverture des frontières aux réfugiés (qui sont pour la plupart musulmans), nous ne pouvons oublier la plus grande obligation de chaque chrétien : rendre visible et annoncer le message du salut. Comme le disait Saint Jean-Paul II, « nous rejoindrons la justice à travers l'évangélisation. » [25] La raison est que le christianisme n'est pas simplement une autre option philosophique, une autre voie religieuse parmi beaucoup d'autres. C'est la révélation de l'amour du Père à toute l'humanité et le chemin de la vie éternelle. C'est aussi la réalisation la plus profonde de notre existence, car « le Christ… manifeste pleinement l'homme à lui-même » [26] et « l'Église, pour sa part, qui a reçu la mission de manifester le mystère de Dieu, de ce Dieu qui est la fin ultime de l'homme, révèle en même temps à l'homme le sens de sa propre existence, c'est-à-dire sa vérité essentielle. » [26b]

[L'Église] existe pour évangéliser, c'est-à-dire pour prêcher et enseigner, être le canal du don de la grâce, réconcilier les pécheurs avec Dieu, perpétuer le sacrifice du christ dans la sainte messe, qui est le mémorial de sa mort et de sa résurrection glorieuse.

—PAPE PAUL VI, Evangelii Nuntiandi, n° 14 ; vatican.va

Cependant, il y a un courant erroné et dangereux qui traverse actuellement l'Eglise — un courant intimement lié à l'apostasie généralisé de notre époque — et il s'agit de la notion selon laquelle notre objectif serait essentiellement de vivre en paix, d'être tolérant et agréable les uns envers les autres. [27] Certes, tel est notre espoir… mais ce n'est pas notre mission. Le commandement que le Christ Lui-même nous a donné est de…

... [faire] des disciples de toutes les nations : « baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. »

Mt 28: 19-20

Ainsi, déclara Jean-Paul II, « Si l'Église se rend présente dans la défense ou dans la promotion de la dignité de l'homme, elle le fait dans la ligne de sa mission qui [...] ne peut pas ne pas considérer l'homme dans l'intégralité de son être. » [28] La mission chrétienne implique la « libération complète » de la personne, « libération de tout ce qui opprime l'homme mais qui est avant tout libération du péché et de l'emprise du Démon, dans la joie de connaître Dieu et d'être connu de lui, de Le voir, et de s'abandonner à Lui. » [29] En tant que chrétiens, nous sommes appelés à être non seulement des instruments de paix — « Heureux les artisans de paix » — mais aussi à conduire les autres vers le Prince de la paix.

Il n'y a pas d'évangélisation vraie si le nom, l'enseignement, la vie, les promesses, le Règne, le mystère de Jésus de Nazareth Fils de Dieu ne sont pas annoncés.

—PAPE PAUL VI, Evangelii Nuntiandi, n° 22; vatican.va

Mais Jésus a averti : « Si l'on m'a persécuté, on vous persécutera, vous aussi ... Vous serez détestés de tous, à cause de mon nom » [30], L'histoire de l'Église est couverte des traces de pas ensanglantés des martyrs — des hommes et des femmes qui ont donné leur vie pour apporter la Bonne Nouvelle aux Juifs, aux Gentils (non-juifs), aux païens et, oui, aux Musulmans.

L'action pour la paix n'est jamais dissociée de l'annonce de l'Évangile, qui est précisément la « bonne nouvelle de la paix » (Ac 10, 36; cf. Ep 6, 15) ... La paix du Christ est avant tout la réconciliation avec le Père, qui se réalise à travers la mission apostolique confiée par Jésus à ses disciples …

—Compendium de la doctrine sociale de l'Église, n° 493, 492 ; vatican.va

… et confiée à vous et moi. Peut-être un autre bien qui peut sortir de cette crise des réfugiés est que, pour certains d'entre eux, cela peut être leur seule occasion de voir et d'entendre l'Évangile.

Or, comment l'invoquer, si on n'a pas mis sa foi en lui ? Comment mettre sa foi en lui, si on ne l'a pas entendu ? Comment entendre si personne ne proclame ?

Romains 10: 14

Mais comme nous le rappelle Saint Jacques, l'Évangile n'a aucune crédibilité si nous négligeons les besoins réels de « l'un de ces plus petits » de nos frères. [31]

Supposons qu'un frère ou une soeur n'ait pas de quoi s'habiller, ni de quoi manger tous les jours ; si l'un de vous leur dit : « Allez en paix ! Mettez-vous au chaud, et mangez à votre faim ! » sans leur donner le nécessaire pour vivre, à quoi cela sert-il ? Ainsi donc, la foi, si elle n'est pas mise en oeuvre, est bel et bien morte.

Jacques 2: 15-17

Les réfugiés, en vertu de leur inhérente dignité humaine, méritent notre assistance, que l'opportunité se présente ou non de leur partager le message de l'Évangile (même si un amour inconditionnel qui va au-delà de la couleur de peau, de l'ethnie et de la religion est un puissant témoignage).

Cependant, l'Église déplore toutes formes de prosélytisme parmi les réfugiés qui tirent profit de leur situation de vulnérabilité, et défend la liberté de conscience y compris dans les difficultés de l'exil.

—Conseil Pontifical pour la Pastorale des Migrants et des Personnes en Déplacement, “Les réfugiés, un défi à la solidarité” n° 28 ; vatican.va

Néanmoins, annoncer le message du salut signifie que nous pouvons à certains moments être confrontés, non pas à un réfugié reconnaissant, mais à un adversaire hostile. Nous devons continuer à prêcher l'Evangile à travers le service — et par des paroles qui trouvent leur crédibilité dans notre amour pour l'autre, même si cet amour exige que nous donnions jusqu'à notre vie. C'est, en fait, le témoignage le plus crédible qui soit. [32]

Dernier mot... Notre Dame va triompher !

Je pense qu'il est clair que nous ne pouvons pas réduire la crise actuelle à une réalité simplement humaine ou politique. Il convient de répéter l'avertissement de Saint Paul :

Nous ne luttons pas contre des êtres de sang et de chair, mais contre les Dominateurs de ce monde de ténèbres, les Principautés, les Souverainetés, les esprits du mal qui sont dans les régions célestes.

Ephésiens 6: 12

Derrière les guerres, derrière la cupidité de ces « [intérêts financiers] anonymes qui réduisent l'homme en esclavage » [33] se trouvent des esprits démoniaques opérant contre l'ordre divin et le dessein de Rédemption. De même, nous devons dès lors reconnaître courageusement que derrière l'islam, ou toute religion qui ne reconnaît pas Jésus-Christ comme Seigneur, se cache une imposture.

Voici comment vous reconnaîtrez l'Esprit de Dieu : tout esprit qui proclame que Jésus Christ est venu dans la chair, celui-là est de Dieu. Tout esprit qui refuse de proclamer Jésus, celui-là n'est pas de Dieu : c'est l'esprit de l'anti-Christ, dont on vous a annoncé la venue et qui, dès maintenant, est déjà dans le monde.

1 Jean 4: 2-3

Ainsi, nous ne pouvons lutter contre cet esprit d'imposture qu'avec un esprit de puissance et de force — c'est-à-dire, l'Esprit de Dieu. À cet égard, nous ferions bien de rejoindre le "programme divin" en cours, dans lequel la Sainte Vierge Marie tient, une fois encore, un rôle central.

À ce niveau universel, si la victoire arrive, elle sera apportée par Marie. Le Christ vaincra par Marie parce qu'Il veut que la victoire de l'Église aujourd'hui et celle de demain soient liées à Sa Mère…

—PAPE JEAN PAUL II, Entrez dans l'espérance, traduction libre

Et encore,

L'Église a toujours reconnu à [la prière du Rosaire] une efficacité particulière, lui confiant les causes les plus difficiles... En des moments où la chrétienté elle-même était menacée, ce fut à la force de cette prière qu'on attribua l'éloignement du danger, et la Vierge du Rosaire fut saluée comme [celle dont l'intercession apportait le] salut.

—Pape Jean Paul II, Rosarium Virginis Mariae, n° 39 ; vatican.va - lire « La Bataille de Lépante et le Rosaire »

(...) Je crois que notre Sainte Mère va jouer un rôle clé dans la conversion des musulmans à Jésus-Christ. Et je le dis avec joie car aucun musulman ne devrait considérer les chrétiens comme une menace. Ce que nous offrons (avec les mains tremblantes) est l'accomplissement de tous les désirs : Jésus Christ, « le Chemin, la Vérité et la Vie. » C'est ce que le Seigneur a dit de Lui-même ! [34] Tout en respectant les vérités authentiques contenues dans l'islam, le Bouddhisme, le Protestantisme et de nombreux autres "ismes", nous pouvons dire avec joie : mais il y a plus ! L'Église catholique, aussi meurtrie et battue qu'elle puisse l'être, est garante d'un trésor de grâce pour chaque être humain. Elle n'est pas destinée aux élites : elle a pour mission de mener le monde entier vers le coeur du Christ et, par conséquent, vers la vie éternelle. Aucun catholique ne doit s'opposer à ce message de joie, tellement précieux et urgent. Que Dieu nous pardonne notre lâcheté toutes les fois où nous l'avons maintenu caché !

En implorant l'aide de la Bienheureuse Vierge Marie, allons rejoindre le coeur des hommes, avec courage et foi dans la puissance de l'Évangile qui « est vivant, énergique et plus coupant qu'une épée à deux tranchants. » [36] Aimons nos ennemis, aimons les réfugiés et tous ceux qui viennent de si loin, avec la puissance de la charité. Car « Dieu est amour », et ainsi, nous ne pouvons pas échouer, même si nous y donnons notre vie.

Mark Mallett


[1] Allocution prononcée devant des réfugiés et des personnes déplacées le 21 février 1981 à Morongo (Philippines).
[2] Conseil Pontifical pour la Pastorale des Migrants et des Personnes en Déplacement, “Les réfugiés, un défi à la solidarité”, vatican.va ; lire la-croix.com
[3, 8] Discours devant le Congrès américain, le 24 septembre 2015 ; vatican.va
[4] lire Mystery Babylon
[5] cf. To My American Friends
[6] La Pologne fait figure d'exception quant à la façon dont cette séparation est réalisée en pratique
[7] cf. Muslim Demographics
[9] cf. The Myth of the Tiny Radical Muslim Minority
[10] lire The Crisis of the Refugee Crisis
[11] La xénophobie est une « hostilité à ce qui est étranger », plus précisément à l'égard d'un groupe de personnes ou d'un individu considéré comme étranger à son propre groupe. (Wikipedia)
[12] cf. “La majorité des terroristes de Paris utilisèrent les routes de migration pour entrer en Europe, révèle le chef hongrois de la lutte anti-terroriste“, The Telegraph, 2 octobre 2016
[13] cf. Express, Nov. 18th, 2015
[14] cf. « La Rue Allemande en Proie à l'Anarchie » www.gatestoneinstitute.org
[15] cf. The Scandal of Mercy
[16] Conseil Pontifical pour la Pastorale des Migrants et des Personnes en Déplacement, “Les réfugiés, un défi à la solidarité” n° 27, la-croix.com ; lire vatican.va
[17] cf. The Crisis of the Refugee Crisis
[18] Compendium de la doctrine sociale de l'Église, n° 384 ; vatican.va
[19] cf. The Cosmic Surgery
[20] Conseil Pontifical pour la Pastorale des Migrants et des Personnes en Déplacement, “Les réfugiés, un défi à la solidarité” n° 2
[21] cf. On the Mark
[22, 27] cf. La Goélette Noire - partie 2
[23] cf. Regensburg, Germany, 12 septembre 2006 ; Vatican.va ; « Il y a dix ans éclatait la « controverse » de Ratisbonne » la-croix.com ... L'empereur, après s'être prononcé de manière si peu amène, explique ensuite minutieusement les raisons pour lesquelles la diffusion de la foi à travers la violence est une chose déraisonnable. La violence est en opposition avec la nature de Dieu et la nature de l'âme. « Dieu n'apprécie pas le sang — dit-il —, ne pas agir selon la raison, sun logô, est contraire à la nature de Dieu. La foi est le fruit de l'âme, non du corps. Celui, par conséquent, qui veut conduire quelqu'un à la foi a besoin de la capacité de bien parler et de raisonner correctement, et non de la violence et de la menace… Pour convaincre une âme raisonnable, il n'est pas besoin de disposer ni de son bras, ni d'instrument pour frapper ni de quelque autre moyen que ce soit avec lequel on pourrait menacer une personne de mort… » (Wikipedia)
[24] PAPE PAUL VI, Discours adressé aux cardinaux, 24 juin 1965 ; Compendium de la doctrine sociale de l'Église, n° 497 ; vatican.va
[25] Discours d'ouverture du Pape Jean-Paul II au Puebla de Los Angeles (Mexique), séminaire Palafoxiano, 28 janvier 1979 ; III-4 ; vatican.va
[26] Gaudium et Spes, Vatican II, n° 22; vatican.va
[26b] Ibid., n° 41
[28] Discours d'ouverture du Pape Jean-Paul II au Puebla de Los Angeles (Mexique), séminaire Palafoxiano, 28 janvier 1979 ; III-2 ; vatican.va
[29] PAPE PAUL VI, Evangelii Nuntiandi, n. 9; vatican.va
[30] cf. Jn 15: 20, Lc 21: 17
[31] cf. Mt 25: 40
[32] lire Where Heaven Touches Earth – Part IV
[33] PAPE BENOÎT XVI, méditation lors de la Première Congrégation Générale, assemblée spéciale pour le Moyen-Orient du Synode des évêques, Cité du Vatican, 11 octobre 2010 ; vatican.va
[34] lire Jn 14: 6
[35] Hébreux 4: 12

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