Une crise de crédibilité profonde et universelle


Commentaires (2)

Publié le mercredi 19 septembre 2018

Auteur : Cardinal Müller

Catégorie : Liturgie, sermons & homélies

Nombre de consultations : 209

« (…) L'Eglise, don de Dieu confié aux mains des hommes, se trouve, du point de vue humain, dans une crise de crédibilité profonde et universelle, crise dont la faute est à imputer aux hommes. Dans cette période dramatique nous appréhendons et nous redoutons de possibles conséquences négatives de ces scandales et de ces erreurs de gouvernement. Spontanément, cela nous fait penser au schisme de la chrétienté occidentale au XVIe siècle, ou à la sécularisation de la vie religieuse suite au mouvement des Lumières et à la révolution française.

Lu sur Belgicatho

Extraits de l'homélie du Cardinal Müller lors de l'ordination d'un nouveau prêtre à l'église Ste Agnès de Rome :

Ce n'est pas le cléricalisme, et tout ce que l'on peut mettre sous ce terme, qui est à la racine de ce mal, mais le fait que l'on se détourne de la vérité et qu'on laisse libre cours aux questions de morale. La corruption de la doctrine entraîne toujours après une corruption de la morale, et se manifeste en cette dernière. Le grave péché commis ainsi contre la sainteté de l'Eglise, sans remords ni regrets, est la conséquence du relativisme introduit dans les fondements de la doctrine de l'Eglise. C'est là la vraie raison de ce qui choque et bouleverse actuellement des millions de croyants catholiques qui vivent une grande déception. En analysant les origines de la rupture vécue par l'unique Eglise du Christ au XVIe siècle, le spécialiste de l'histoire de l'Eglise Hubert Jedin (1900-1980) a constaté dans le premier tome de son « Histoire du Concile de Trente », que « le mot réforme avait permis de dissimuler l'hérésie et la rupture naissante dans l'Eglise ».

Et aujourd'hui, comme en ce temps-là, il est beaucoup question de réforme.

Que se cache-t-il donc derrière la brillante formule de propagande dont les médias sont friands : “Réforme de la Curie et de toute l'Eglise”, si ce n'est pas, comme je n'ai cessé de l'espérer, une compréhension renouvelée de la vérité de la Révélation et de la vie dans les pas du Christ ? La réforme véritable consiste non pas en la sécularisation de l'Eglise, mais en la sanctification de l'homme en vue de Dieu.

Ce n'est pas réformer, que de penser qu'on pourrait, sans toucher à la doctrine de l'Eglise, inventer au nom de la faiblesse humaine une nouvelle pastorale qui amoindrirait l'exigence de vérité de la Parole de Dieu et de la morale chrétienne.

La délivrance du péché, la rédemption, est ce qui fonde en vérité le fait que Jésus est le Fils de Dieu. Sans la vérité de l'Incarnation, l'Eglise en serait réduite à n'être qu'une agence séculière pour l'amélioration de la condition humaine. Elle n'aurait aucun effet sur notre désir de Dieu et sur notre espoir de vie éternelle. Le prêtre ne serait qu'un fonctionnaire d'un mouvement social à coloration religieuse.

L'Eglise ne gagne aucunement en pertinence et en crédibilité si elle vit à la remorque du monde et de l'air du temps, mais seulement si elle marche en avant, portant haut le flambeau de la vérité du Christ. Nous ne devons pas chercher à nous rendre importants avec des thèmes secondaires et en reprenant les préoccupations des autres, de ceux qui ne veulent pas croire que Dieu seul est l'origine et le but unique des hommes et de toute la création.

Car le véritable danger qui guette l'humanité en ce moment se trouve dans les gaz d'échappement du péché et le réchauffement global du manque de foi et de l'écroulement de la morale, lorsque plus personne ne reconnaît ni n'enseigne la différence entre le bien et le mal. Le meilleur ami de la nature, l'écologiste le plus performant, est celui qui annonce l'Evangile, qui propage l'idée qu'il n'y a de survie qu'en Dieu, et pas seulement de façon limitée, pour un temps, mais pour toujours et pour l'éternité.

L'opinion que le dogme chrétien ne serait plus l'origine et le critère sur lequel se fondent la morale et la pastorale, révèle une hérésie sur le plan christologique. Celle-ci consiste à opposer le Christ enseignant de la vérité divine au Christ bon pasteur. Mais le Christ est une seule et unique personne. Il ne s'est pas tu devant Pilate, mais « a rendu son beau témoignage » (1Tim 6, 14). Jésus oppose au relativisme de Pilate, qui personnifie le cynisme du pouvoir temporel, le pouvoir salvateur de la vérité de Dieu : « Tu le dis, je suis roi. Je ne suis né, et je ne suis venu dans le monde, que pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix. » (Jean, 18, 37). (…)

Alors que le Christ était sans péché, les croyants et leurs pasteurs ont besoin du pardon de leurs fautes. La reconnaissance des péchés se fait au confessionnal. Mais si des personnes consacrées à Dieu, avec un mépris cynique de leur vocation, mènent une double vie, il est alors nécessaire qu'elles paraissent devant un tribunal ecclésiastique. Les mauvaises actions doivent être jugées par l'autorité de l'Eglise ; ceux qui les ont commises doivent être jugés et punis de façon adaptée. Celui qui considère que la justice ecclésiale est incompatible avec l'Evangile de l'amour, celui-là n'agit pas avec miséricorde, mais avec le mépris de l'homme qui a été trompé dans ses droits et sa dignité. « Malheur au monde à cause des scandales. Il est fatal, certes, qu'il arrive des scandales, mais malheur à l'homme par qui le scandale arrive ! » (Mt 18, 7). Cela s'applique particulièrement à ceux qui, à travers leur charge sacrée, sont présentés comme des modèles pour les croyants et ont reçu par leur consécration la force de l'Esprit-Saint. (…) »

Source : Pro Liturgia

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Commentaire laissé par le

Bonsoir Peyo,

Ce que je lis c'est plutôt ceci : "crise dont la faute est à imputer aux hommes" (non pas à l'Eglise même si en fait nous sommes, Catholiques, tous membres - pécheurs et non pas encore saints - de l'Eglise, donc s'il avait dit que l'Eglise - dans sa partie temporelle - est coupable il n'aurait pas eu tort même s'il fait lui aussi partie de cette Eglise et donc il se sera inclus dans le lot)

Oui Satan existe mais l'homme est doué d'un libre arbitre, il peut refuser de faire le jeu du démon. C'est un peu trop facile de dire que tout est la faute de Satan. Si votre enfant commet un acte mauvais parce que son copain de classe lui à demandé de le faire, est ce votre enfant qui sera tenu responsable de son acte ou son camarade de classe qui l'aura tenté ?

Nous ne sommes pas des marionnettes...

"Ce n'est pas moi c'est la femme que tu m'as confiée qui m'a tenté" ... "Ce n'est pas moi c'est le serpent qui m'a tentée c'est lui le coupable" ...

Commentaire laissé par le

C'est quoi ce Cardinal qui attaque publiquement l'Église ? Comme si c'était l'Église qui était responsable de ses propres malheurs, et pas Satan.
À quelle "Église idéale" fait-il allusion avec ses références historiques ?
Au 7ème siècle, Satan a suscité l'Islam, qui a détruit la moitié des pays catholiques de l'époque. Il n'aime donc pas non plus l'Église du 7ème siècle.
Au 16ème siècle, Satan a suscité le protestantisme, qui a détruit la moitié des pays catholiques restants. Il n'aime donc pas non plus l'Église du 16ème siècle.
Au 18ème siècle, Satan a suscité la franc-maçonnerie, qui a détruit ce qui restait de pays catholiques. Il n'aime donc pas non plus l'Église du 18ème siècle.
Bref, pour lui, Satan n'existe pas. C'est l'Église seule qui est responsable, depuis 2000 ans, du fait qu'il n'existe plus aucun pays catholique. S'il ne croit pas en Satan et ses œuvres, et s'il accuse l'Église du Christ de tous les maux, croit-il encore vraiment en Jésus-Christ ?

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