Transhumanisme : la fin de la Femme ?


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Publié le vendredi 2 mars 2018

Catégorie : Mariage, Famille & Bioéthique

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Le XXème siècle a bouleversé la famille, la contraception moderne a permis de se défaire des lois biologiques et libérer les choix de construction de la vie familiale. Les techniques de fécondation ont également créé de nouvelles façons de concevoir des enfants. Le XXIème siècle pourrait être celui de nouvelles avancées dans les processus de fécondation, l’ectogenèse, c’est-à-dire la fécondation hors du ventre de la mère. L’ectogenèse, une technique de fécondation dont la porte fut entrouverte avec la fécondation in vitro, ouvrant à l’être humain de nouvelles perspectives sociétales. Périodiquement l’humanité en se cherchant, se réinvente, se déconstruit et produit un monde de plus en plus artificiel, déshumanisant, déconnecté du réel.

Un article de Info Chrétienne écrit par Eric Lemaitre, socio économiste chargé de cours en économie à l’Ecole Supérieure d’Ingénieurs de Reims et Coordinateur du Courant pour une Ecologie Humaine.

L’utopie est en marche, bientôt un utérus artificiel ?

« La distinction progressive entre sexualité et natalité ».

Aldous Huxley auteur du livre ‘Le meilleur des mondes’ écrivait dans la seconde préface de son livre rédigé en 1932 :

« À tout bien considérer il semble que l’Utopie soit plus proche de nous que quiconque ne l’eût pu imaginer, il y a seulement quinze ans. À cette époque je l’avais lancée à six cents ans dans l’avenir. Aujourd’hui il semble pratiquement possible que cette horreur puisse s’être abattue sur nous dans un délai d’un siècle ».

Dans ‘Le meilleur des mondes’, Aldous Huxley imaginait déjà l’ectogenèse , que nous appelons dans la modernité l’utérus artificiel c’est-à-dire un processus de gestation en dehors du corps humain c’est-à-dire faire des enfants sans grossesse, sans accouchement. Or selon Henri Atlan médecin biologiste, philosophe et écrivain français, pionnier des théories de la complexité, les avancées biotechnologiques laissent raisonnablement présager que l’utérus artificiel pourrait voir le jour dans un très proche avenir. Selon le biologiste l’évolution de notre époque, en matière de reproduction du genre humain, est caractérisée par « la distinction progressive entre sexualité et natalité ». Ainsi après la fécondation in vitro, voici l’ectogenèse, c’est-à-dire l’utérus artificiel .

Corroborant notre propos, voici ce que déclare Henri Atlan dans un article publié dans le monde en avril 2005 :

« Certains disent d’ici 10 à 20 ans. Je pense que cela prendra encore 50 ans, ou plus. Mais la mise au point de l’utérus artificiel semble inéluctable. Cette technique, appelée ectogenèse, développée au départ pour des raisons thérapeutiques dans le cadre des traitements de la stérilité, des avortements à répétition ou de la protection des grands prématurés, permettra de développer une nouvelle forme de procréation. Extérieure à la femme. Artificielle.
Ce sera une nouvelle date historique dans l’histoire du corps humain. Un intense débat de société l’accompagnera, sans aucun doute. Nous entrerons dans une problématique qui, à mon sens, rappellera celle de la contraception, ce qui pourra sembler paradoxal, puisqu’il s’agira d’une nouvelle façon d’enfanter. Les femmes auront la liberté de faire des enfants sans grossesse, sans accouchement.
Personne n’est dupe, beaucoup de femmes choisiront d’enfanter de cette manière. Il sera aussi difficile d’empêcher la popularisation de l’ectogenèse, qu’il l’a été d’interdire les méthodes de contraception et l’avortement. L’argument irréfutable sera celui de la libre disposition par chaque femme de son corps. Beaucoup d’entre elles se diront : pourquoi ne pas éviter les risques, les déformations et les désagréments associés à l’enfantement. La fonction maternelle telle que nous la connaissons depuis l’origine de l’espèce humaine, va changer de nature.
C’est l’aboutissement d’une volonté à la fois médicale, thérapeutique et philosophique, de se détacher de certains impératifs biologiques, et d’en éviter les dangers. La séparation entre procréation et sexualité, déjà largement commencée au XXe siècle, ne fait que s’accentuer ».

Une telle avancée relative à la procréation de l’enfant dans un « utérus » assurant les multiples fonctions d’un utérus humain ne peut nous laisser indifférents d’un point de vue éthique, moral, et spirituel.

Sur le plan éthique, la dignité humaine doit être au cœur même de toute réflexion, l’argument de l’aide à la naissance en ayant recours à l’ectogenèse, pose aussi le problème de la relation au corps humain, l’être humain évoluant dans un utérus artificiel est ici réduit à une matière connectée à une autre matière, c’est réduire le fœtus humain à la dimension de l’objet manipulable.

Sur le plan moral, l’ectogenèse pose le problème de la trajectoire d’un individu. Devrions-nous changer la trajectoire génétique et donc l’évolution de l’enfant et son rapport au vivant. N’est-ce pas là une façon d’apprendre à l’enfant, d’être lui-même déconnecté du monde des êtres vivants en lui apprenant dès sa gestation, l’apprentissage de la société cyborg. Sur un plan moral c’est toute la construction psychique de l’enfant qui est posée, né hors du ventre de la mère mais enfanté par la machine qui a été en quelque sorte sa matrice nourricière, qui lui a offert sa protection. L’ectogenèse pourrait être demain une fabrique de barbares, parce que cet enfant n’a pas appris ce qu’est être humain.

Sur le plan spirituel, il nous semble nous chrétiens, que Dieu dans son immense sagesse a pris soin d’offrir à l’enfant l’environnement du ventre d’une maman, Jésus lui-même a été conçu dans le ventre de sa mère (Luc 2:7) . Mais tout ce monde technicien qui nie le rapport à la transcendance, se développe de nos jours, se dessine en parallèle avec l’affaissement de la culture, le délitement des discours philosophiques ou religieux, qui racontaient à l’Homme ses origines, son passé, sa filiation à une histoire, qui lui relataient qui il est, cette culture lui donnait du sens. Mais d’un coup d’un seul la science vient saccager le rapport au spirituel, l’homme est issu d’une machine, débarrassé de toute antécédence.

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Commentaire laissé par le

Fichtre, il va falloir en inventer des machines pour remplacer une maman qui n’existe plus.

Une machine à bercer, à chatonner, à caresser, à soigner, à vêtir, à nourrir, à consoler, … bref une machine à aimer.

Je vois déjà les industriels capitalistes se frotter les mains et les banquiers usuriers estimer leurs bénéfices.

Les arbres généalogiques porteront-ils des utérus artificiels ? La fête des mères sera-t-elle remplacée par la fête des utérus artificiels ? Pour visiter sa grand-mère, visitera-t-on l'utérus artificiel qui a mis au monde son père ou sa mère ?

La vie est une création de Dieu. La vie est donc devenue une obsession pour l'homme athée, qui se veut dieu. Il veut la maîtriser totalement, pour avoir l’illusion de pouvoir se passer de Dieu.

L'Univers est aussi création de Dieu. Le rêve de l'homme athée est de créer un Univers de plus en plus artificiel, de plus en plus éloigné de Dieu.

Le rêve de l'homme athée est un cauchemar pour les autres êtres humains.

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