Survivre à la toxicité de notre culture - par Mark Mallett


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Publié le mercredi 17 octobre 2018

Catégorie : Encouragement spirituel

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DEPUIS l'élection de deux hommes aux postes les plus influents de la planète — Donald Trump à la présidence des États-Unis et le Pape François à la Chaire de Saint-Pierre — le discours public au sein de la culture et de l'Église elle-même a fortement évolué. Qu'ils en aient eu l'intention ou non, ces deux hommes sont devenus des agitateurs du statu quo. Tout à coup, le paysage aussi bien politique que religieux s'est mis à changer. Ce qui était caché jusqu'alors dans l'obscurité est en train de se révéler au grand jour. Contrairement à hier, il n'est plus possible aujourd'hui de prédire ce qu'il va se passer. L'ordre ancien s'effondre. C'est le début d'une grande secousse qui a pour conséquence l'accomplissement au niveau mondial des paroles du Christ :

Car désormais cinq personnes de la même famille seront divisées : trois contre deux et deux contre trois ; ils se diviseront : le père contre le fils et le fils contre le père, la mère contre la fille et la fille contre la mère, la belle-mère contre la belle-fille et la belle-fille contre la belle-mère. »

Luc 12: 52-53

Un article de Mark Mallett du 11 octobre 2018. Titre original : « Surviving Our Toxic Culture »

Le discours à notre époque est non seulement devenu toxique, mais dangereux. Ce qui s'est passé aux États-Unis au cours des neuf derniers jours (...) est stupéfiant. Je répète depuis des années que la révolution bouillonne sous la surface ; j'ai écrit à plusieurs reprises que le moment arriverait où les événements se mettraient à bouger si rapidement que nous serions très vite humainement dépassés. Ce temps est à présent arrivé.

Le but de la réflexion d'aujourd'hui n'est cependant pas de m'attarder sur l'onde de tempête qui s'intensifie ni sur les vents de plus en plus violents de l'ouragan spirituel qui traverse le monde actuellement, mais de vous aider à rester joyeux et, par conséquent, à vous concentrer sur la seule chose qui compte : la volonté de Dieu.

Changer notre façon de penser

Le discours dans les journaux télévisés, les médias sociaux, les émissions de fin de soirée et les forums de discussion est devenu tellement toxique qu'il conduit bien des gens à la dépression et l'anxiété, et provoque des réactions passionnées et souvent blessantes. Je souhaite donc à nouveau me tourner vers Saint-Paul, car c'était un homme qui vivait au milieu de bien plus grandes menaces, divisions et dangers que ce que la plupart d'entre nous ne connaîtra jamais. Mais commençons d'abord par un peu de science.

Nous sommes ce que nous pensons. Cela ressemble à un cliché, mais c'est vrai. Notre façon de penser affecte notre santé mentale, émotionnelle et même physique. Dans une nouvelle recherche fascinante sur le cerveau humain, le Dr Caroline Leaf explique comment notre cerveau n'est pas "figé" comme on le pensait jusqu'ici. Au contraire, nos pensées peuvent effectivement nous transformer physiquement.

Lorsque nous pensons, nous choisissons ; et lorsque nous choisissons, nous provoquons une expression génétique dans notre cerveau. Cela signifie que nous fabriquons des protéines, et ces protéines forment nos pensées. Les pensées sont réelles, ce sont des réalités physiques qui occupent des espaces mentaux.

Switch On Your Brain, Dr. Caroline Leaf, BakerBooks, p 32

La recherche, fait-elle remarquer, démontre que 75 à 95% des maladies mentales, physiques et comportementales proviennent de notre vie cérébrale. Ainsi, la désintoxication de nos pensées peut avoir un impact considérable sur notre santé, allant jusqu'à réduire les effets de l'autisme, de la démence et d'autres maladies.

Nous ne pouvons pas contrôler les événements et les circonstances de la vie, mais nous pouvons contrôler nos réactions… Vous êtes libre de choisir la manière dont vous concentrez votre attention, et cela affecte la façon dont les produits chimiques et les protéines ainsi que les connexions de votre cerveau changent et fonctionnent.

—Ibid. p. 33

Alors, quel regard portez-vous sur votre vie ? Vous réveillez-vous grincheux le matin ? Vos conversations gravitent-elles naturellement vers le négatif ? Le verre est-il à moitié vide ou à moitié plein ?

Être transformé

De façon remarquable, ce que la science découvre aujourd'hui fut confirmé par Saint Paul il y a deux mille ans.

Ne prenez pas pour modèle le monde présent, mais transformez-vous en renouvelant votre façon de penser pour discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait.

Romains 12: 2

La façon dont nous pensons nous transforme littéralement. Cependant, pour être transformés de manière positive, Saint Paul souligne que notre façon de penser doit se conformer, non pas au monde, mais à la volonté de Dieu. C'est là que réside la clé de la joie authentique — l'abandon total à la Volonté Divine. [Mt 7: 21] Ainsi, Jésus était également préoccupé par notre façon de penser :

Ne vous faites donc pas tant de souci ; ne dites pas : “Qu'allons-nous manger ?” ou bien : “Qu'allons-nous boire ?” ou encore : “Avec quoi nous habiller ?” Tout cela, les païens le recherchent. Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez d'abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. Ne vous faites pas de souci pour demain : demain aura souci de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine.

Matthieu 6: 31-34

Mais comment ? Comment ne pas s'inquiéter de nos besoins quotidiens ? Premièrement, en tant que chrétien baptisé, vous n'êtes pas abandonné à vous-même :

Car ce n'est pas un esprit de crainte que Dieu nous a donné, mais un Esprit de force, d'amour et de maîtrise de soi … l'Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse.

2 Timothée 1: 7 ; Romains 8: 26

Par la prière et les sacrements, Dieu nous donne une surabondance de grâces pour nos besoins. Comme nous le lisons dans l'Évangile, « Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l'Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! » [Luc 11: 13]

[La prière] pourvoit à notre besoin de la grâce pour les actions méritoires.

—Catéchisme de l'Église catholique, n° 2010

Néanmoins, il nous faut éviter l'erreur de quiétisme, qui consiste à rester les bras croisés à attendre que la grâce nous transforme. Non ! Tout comme un moteur a besoin de carburant pour fonctionner, votre transformation aussi requiert votre fiat, la coopération active de votre libre arbitre. Cela vous oblige à changer littéralement votre façon de penser. C'est-à-dire …

... rendre captive toute pensée pour l'amener à obéir au Christ.

2 Cor 10: 5

Cela demande du travail sur soi ! Comme je l'ai écrit dans Le pouvoir du jugement, nous devons nous décider avec détermination à « attirer ces jugements à la lumière, identifier les schémas de pensée (toxiques), nous repentir, demander pardon à chaque fois que cela est nécessaire, et enfin apporter des changements concrets ». Il m'a fallu le faire moi-même lorsque je réalisai que j'avais une manière négative de voir les choses ; que la peur me poussait à m'imaginer les pires issues possibles ; et que j'étais trop dur avec moi-même, refusant de reconnaître en moi le moindre côté positif. Les fruits sont devenus évidents : j'avais perdu toute joie, toute paix et ma capacité à aimer les autres comme le Christ nous a aimés.

Êtes-vous un rayon de lumière lorsque vous entrez dans une pièce ou un nuage orageux ? Cela dépend de votre façon de penser, qui est sous votre contrôle.

Prenez de bonnes résolutions dès aujourd'hui

Je ne suis pas en train de dire que nous devrions éviter la réalité ou nous mettre la tête dans le sable. Non, les crises que vous et moi, ou toute personne sur terre, traversons sont réelles et exigent souvent que nous y faisions face courageusement. Mais c'est différent de les laisser nous maîtriser — et elles le feront, si nous n'acceptons pas la volonté de Dieu qui permet ces circonstances négatives pour qu'un plus grand bien en résulte, et que nous essayons au lieu de cela de contrôler tout et tout le monde autour de nous. Cependant, c'est là tout le contraire de « rechercher d'abord le Royaume de Dieu ». C'est l'antithèse de cet état nécessaire d'enfance spirituelle.

Devenir de petits enfants, c'est se vider de son moi égoïste et sensuel afin de donner une place centrale à Dieu dans le plus intime de notre être. C'est renoncer à ce besoin, si profondément enraciné en nous, de tout maîtriser, de décider selon nos caprices de ce qui est bon ou mauvais pour nous.

Père Victor de la Vierge ou Victor Sion (1909-1990), maître des novices et directeur spirituel au noviciat des Carmes de Lille, France

C'est pourquoi saint Paul écrit que nous devrions « rendre grâce en toute circonstance : c'est la volonté de Dieu à votre égard dans le Christ Jésus. » [1 Th 5: 18] Nous devons rejeter activement les pensées du style « Pourquoi moi ? » et commencer à dire « Pour moi », c'est-à-dire « Dieu, dans Sa Providence, a permis que cela m'arrive, et ma nourriture est de faire la volonté de Dieu. » [cf. Jn 4: 34] Au lieu de grommeler et de me plaindre — même si j'agis souvent ainsi par réflexe — je peux recommencer et changer ma façon de penser en disant : « que soit faite non pas ma volonté, mais Ta volonté. » [Lc 22: 42],

Dans le film Le Pont des espions, un Russe fut surpris en train d'espionner et fut confronté à de graves conséquences. Il resta là, assis calmement, tandis que l'homme chargé de l'interroger lui demandait pourquoi il n'était pas plus contrarié que ça. « Cela servirait-il à quelque chose ? » répondit l'espion. Je me remémore souvent ces mots lorsque je suis tenté de « perdre mon sang froid » quand quelque chose ne va pas comme je le voudrais.

« Que rien ne te trouble… Dieu seul suffit ! »

Que rien ne te trouble,
Que rien ne t'épouvante,
Tout passe, Dieu ne change pas,
La patience obtient tout ;
Celui qui possède Dieu ne manque de rien :
Dieu seul suffit.

—Ste Thérèse d'Avila ; site-catholique.fr

Mais nous devons également prendre des mesures pour éviter les situations naturellement anxiogènes. Jésus lui-même s'est éloigné de la foule, sachant que toutes ces personnes n'étaient pas intéressées par la vérité, et n'étaient pas prêtes à raisonner sainement et avec logique. Aussi, pour être transformé intérieurement, vous devez vous concentrer sur « le vrai, le beau et le bien » et éviter les ténèbres. Cela peut nécessiter de vous éloigner des relations, forums et échanges toxiques ; cela peut vouloir dire éteindre la télévision, ne pas participer à des débats virulents sur Facebook et éviter les sujets politiques lors des réunions de famille. Au lieu de cela, commencez à poser avec résolution des choix positifs :

… Tout ce qui est vrai et noble, tout ce qui est juste et pur, tout ce qui est digne d'être aimé et honoré, tout ce qui s'appelle vertu et qui mérite des éloges, tout cela, prenez-le en compte. Ce que vous avez appris et reçu, ce que vous avez vu et entendu de moi, mettez-le en pratique. Et le Dieu de la paix sera avec vous.

Ph 4: 8-9

Vous n'êtes pas seul

Pour conclure, n'allez pas croire que les « pensées positives », ou que louer Dieu au milieu de la souffrance, soit une forme de déni de la réalité. Ne pensez pas non plus que vous êtes seul. Nous pensons parfois que Jésus n'est à nos côtés que dans les moments de consolation (Mont Thabor) ou de désolation (Golgotha). Alors qu'en fait, Il est avec nous à tout instant :

Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : ton bâton me guide et me rassure.

Psaume 22 (23) : 4

C'est-à-dire que Sa Divine Volonté — qui agit par notre fidélité dans l'instant présent — nous rassure. Je ne sais peut-être pas pourquoi je souffre. Je ne sais peut-être pas pourquoi je suis malade. Je ne comprends peut-être pas pourquoi des choses mauvaises m'arrivent à moi ou à d'autres… mais je sais que si je suis le Christ, si j'obéis à Ses commandements, Il demeurera en moi comme je demeurerai en Lui et ma joie « sera parfaite ». [Jn 15: 11] C'est Sa promesse.

Et donc,

Déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, puisqu'il prend soin de vous.

1 Pierre 5: 7

Et ensuite, rendez captive toute pensée qui survient et qui tente de vous enlever la paix. Amenez-la à obéir au Christ … et soyez transformé par le renouvellement de votre pensée.

Je vous le dis, j'en témoigne dans le Seigneur : vous ne devez plus vous conduire comme les païens qui se laissent guider par le néant de leur pensée. Ils ont l'intelligence remplie de ténèbres, ils sont étrangers à la vie de Dieu, à cause de l'ignorance qui est en eux, à cause de l'endurcissement de leur coeur ; ayant perdu le sens moral, ils se sont livrés à la débauche au point de s'adonner sans retenue à toute sorte d'impureté. Mais vous, ce n'est pas ainsi que l'on vous a appris à connaître le Christ, si du moins l'annonce et l'enseignement que vous avez reçus à son sujet s'accordent à la vérité qui est en Jésus. Il s'agit de vous défaire de votre conduite d'autrefois, c'est-à-dire de l'homme ancien corrompu par les convoitises qui l'entraînent dans l'erreur. Laissez-vous renouveler par la transformation spirituelle de votre pensée. Revêtez-vous de l'homme nouveau, créé, selon Dieu, dans la justice et la sainteté conformes à la vérité.

Ep 4: 17-24

Pensez aux réalités d'en haut, non à celles de la terre.

Col 3: 2

Mark Mallett

Soutenir l'apostolat de Mark Mallett

The Now Word : Reflections on our Times - with Mark Mallett

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Je vous remercie pour ce site, ca fait du bien et c'est bien présenté.
J'aime les articles, c'est bien expliqué et proche de ce que nous vivons.

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