Sur la vraie humilité - par Mark Mallett


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Publié le jeudi 17 mai 2018

Catégorie : Réflexions et méditations diverses

Nombre de consultations : 114

Il y a trois niveaux d'humilité, et peu d'entre nous dépassons le premier.

Traduction d'une réflexion de Mark Mallett du 26 février 2018 : « On True Humility »

Le premier [signe d'orgueil] est relativement facile à voir. C'est quand nous-mêmes ou quelqu'un d'autre est arrogant, fier ou sur la défensive ; quand nous nous affirmons trop, sommes obstinés ou réticents à accepter une certaine réalité. Quand une âme en arrive à reconnaître cette forme d'orgueil et à se repentir, c'est une bonne et nécessaire étape. En effet, quiconque s'efforce « d'être parfait comme le Père céleste est parfait » commencera rapidement à voir ses fautes et ses échecs. Et en s'en repentant, il pourrait même dire avec sincérité : "Seigneur, je ne suis rien. Je suis un misérable. Aie pitié de moi." Cette connaissance de soi est essentielle. Comme je l'ai déjà dit, "la vérité vous rendra libre" (Jn 8: 32), et la première vérité est la vérité de qui je suis et de qui je ne suis pas. Mais encore une fois, ce n'est qu'un premier pas vers l'humilité authentique ; la reconnaissance de notre arrogance n'est que le début de l'humilité. Cela doit aller plus loin. Le niveau suivant, cependant, est beaucoup plus difficile à reconnaître.

Une âme authentiquement humble non seulement accepte sa pauvreté intérieure, mais accepte aussi chaque croix extérieure. Une âme qui est encore captive de l'orgueil peut sembler humble ; elle pourrait très bien dire : « Je suis un très grand pécheur ; je ne suis pas une personne sainte. » elle peut aller à la Messe quotidiennement, prier chaque jour et se confesser régulièrement. Mais il manque quelque chose : elle n'accepte pas encore chaque épreuve qui lui arrive comme la volonté permissive de Dieu. Au contraire, elle dit : « Seigneur, je m'efforce de te servir et d'être fidèle. Pourquoi permets-tu que cela m'arrive ?

Mais c'est quelqu'un qui n'est pas encore vraiment humble ... comme ce fut une fois le cas de Pierre. Il refusait d'accepter que la Croix soit la seule voie vers la Résurrection ; que le grain de blé ne doive mourir pour porter du fruit. Quand Jésus disait qu'Il devait monter à Jérusalem pour souffrir et mourir, Pierre s'y est opposé :

Dieu t'en garde, Seigneur ! cela ne t'arrivera pas.

Mt 6: 22

Jésus a réprimandé, non seulement Pierre, mais à travers lui le père de l'orgueil :

Passe derrière moi, Satan ! Tu es pour moi une occasion de chute : tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes.

Mt 6: 23

Pourtant, à peine quelques versets plus tôt, Jésus faisait l'éloge de la foi de Pierre, déclarant qu'il était le "rocher" ! Mais dans cette scène suivante, Pierre ressemblait davantage à du schiste. Il était comme ce « sol rocailleux » sur lequel la semence de la parole de Dieu ne pouvait prendre racine.

Il y a ceux qui sont dans les pierres : lorsqu'ils entendent, ils accueillent la Parole avec joie ; mais ils n'ont pas de racines, ils croient pour un moment et, au moment de l'épreuve, ils abandonnent.

Lc 8: 13

De telles âmes ne sont pas encore authentiquement humbles. La vraie humilité est quand nous acceptons tout ce que Dieu permet dans nos vies parce que, en effet, rien ne nous arriverait si Sa volonté ne le permettait pas. Combien de fois, lorsque viennent les épreuves, la maladie ou la tragédie (cela nous arrive à tous), n'avons-nous pas dit : « Dieu m'en garde, Seigneur ! Une telle chose ne devrait pas m'arriver ! Ne suis-je pas Ton enfant ? Ne suis-je pas Ton serviteur, Ton ami et Ton disciple ? » À quoi Jésus répond :

Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande ... une fois bien formé, chacun sera comme son maître.

Jean 15: 14, Luc 6: 40

C'est-à-dire que l'âme vraiment humble dira en toutes choses : « Que tout m'advienne selon ta parole » (Lc 1: 38) et « Que soit faite non pas ma volonté, mais la tienne. » (Lc 22: 42)

... il s'est anéanti, prenant la condition de serviteur ... il s'est abaissé, devenant obéissant jusqu'à la mort, et la mort sur la croix.

Phil 2: 7-8

Jésus est l'incarnation de l'humilité ; Marie Lui est configurée.

Le disciple qui est comme Lui ne refuse ni les bénédictions de Dieu ni Sa discipline ; il accepte aussi bien la consolation que la désolation ; comme Marie, il ne suit pas Jésus à distance, mais se prosterne devant la Croix, partageant toutes Ses souffrances, comme il unit ses propres adversités à celles du Christ.

Quelqu'un m'a un jour donné une petite carte avec une méditation au verso. Elle résume très bien ce qui a été dit ci-dessus.

L'humilité est une perpétuelle paix du coeur.
C'est n'avoir point de trouble.
C'est n'être jamais fâché, vexé, irrité ou endolori ;
C'est ne m'étonner de rien qui puisse m'arriver,
ne rien ressentir comme étant dirigé contre moi.
C'est rester calme quand personne ne me loue,
Et si je suis blâmé ou méprisé,
C'est trouver en moi un lieu béni ou je puisse me retirer,

refermer la porte, m'agenouiller devant Mon Père dans le secret
et être en paix, comme au sein d'une profonde mer de sérénité,

quand tout autour de moi semble trouble.
(Auteur Inconnu)

Enfin, une âme demeure dans une authentique humilité lorsqu'elle embrasse tout ce qui précède — mais résiste à toute sorte d'autosatisfaction — du genre “Ah, j'ai enfin compris ; ça y'est, me voilà humble ! ... etc.” St Padre Pio a averti de cet ennemi très subtil :

Soyons toujours sur nos gardes et ne laissons pas cet ennemi redoutable [l'autosatisfaction ou la suffisance] pénétrer notre esprit et notre coeur, car, une fois entré, il ravage toutes les vertus, gâche toute sainteté et corrompt tout ce qui est bon et beau.

- de Padre Pio's Spiritual Direction for Every Day (La direction spirituelle de Padre Pio pour chaque jour), édité par Gianluigi Pasquale, Servant Books ; 25 février

Tout ce qui est bon est de Dieu — le reste est de moi. Si ma vie porte de bons fruits, c'est parce que Celui qui est Bon agit en moi. Car Jésus a dit : « hors de moi vous ne pouvez rien faire. » (Jn 15: 5)

Repentez-vous de l'orgueil, reposez-vous dans la volonté de Dieu et renoncez à toute forme de suffisance, et vous découvrirez la douceur de la Croix. Car la Volonté Divine est la semence de la vraie joie et de la véritable paix. C'est la nourriture des humbles.

Mark Mallett

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Commentaire laissé par le

On pourrait dire que toute la Création est en quelque sorte «chrétienne» (à l'image du Christ), c'est-à-dire, humble et charitable.
En effet, rien n'y existe pour soi-même.
La gravitation, le Soleil, l'eau, l'arbre, l'abeille, … n'existent pas pour eux-mêmes, mais pour les autres.
Ce qu'ils sont et ce qu'ils produisent, ils le donnent gratuitement, à tout qui en a besoin, sans distinction et à profusion.
Et ils n'en tirent surtout aucune gloire.
Contempler avec amour la Création, comme saint François d'Assise, c'est peut-être recevoir la meilleure leçon d'humilité et de charité ?

Commentaire laissé par le

Comme je l'avais écrit,il faut et c'est difficile, être mort à soi-même,à son ego pour que l'âme se dépouille vraiment.
Autrement dit,le lâcher-prise.....
Un jour,j'ai demandé à un prêtre comment voir les limites entre la vraie modestie.....et la fausse.....car on aborde rarement ce sujet alors que l'hypocrisie est un état voisin.

Comment ressentir si l'on agit bien ?
Ressent t on une paix intérieure?
Merci à ceux qui savent répondre
Très beau texte intéressant.

Ann

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