Réflexions sur l'Eglise ... par Michael O'Brien


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Publié le samedi 5 mai 2018

Catégorie : Réflexions et méditations diverses

Nombre de consultations : 136

Ma tristesse à l'égard de la condition actuelle de l'Église, à la fois universelle et particulière (États-Unis, Canada, Europe de l'Ouest), est immense. Notre principale tentation pendant cette période de confusion est l'amertume, l'isolement et la consternation. Ayant eu à passer par ces tentations, j'ai appris que notre Seigneur désire que nous avancions toujours plus au large, toujours plus loin. Au coeur de toute chose est l'union avec Lui. Mais cette union ne grandit qu'à travers la foi et la souffrance. Vivre le rejet, les faux jugements des autres, les échecs des bergers à être de vrais pères spirituels, une multitude de désordres dans le Corps du Christ ... tout cela constitue un test pour nous (parfois un test sévère).

Source : StudiObrien, titre original : « Reflections on the Church »

Traduction inédite Pierre et les Loups.

Comme vous le savez, l'Église a souvent traversé une crise au cours de sa longue histoire. Elle a toujours été constituée de et parfois même dirigée par des personnes qui furent tout sauf édifiantes (je me considère comme l'une d'entre elles). Avec le temps, le navire se stabilise toujours et va de l'avant. Dieu est toujours à l'oeuvre, cherchant à tirer du bien de nos folies apparemment sans fin. De même, Il suscitera de nouveaux bergers et de nouveaux saints pour notre temps, et ce sera probablement au milieu de grandes tribulations. Notre tâche est de continuer à orienter nos pensées et les mouvements de notre coeur vers le véritable horizon — ou, pour mélanger les métaphores, de garder nos yeux fixés sur l'Église comme l'Epouse se préparant à rencontrer son Époux, le Christ.

Il est proche. Il arrive. Je vous prie de ne pas perdre courage. Les « solutions » humaines telles que les schismes ou l'apostasie ne font qu'ajouter aux blessures de l'Épouse et retarder sa préparation. Nous devons aimer le charisme de Pierre, l'office de Pierre, d'un grand amour, sans jamais perdre de vue la promesse du Seigneur que les « portes de l'enfer » ne prévaudront jamais contre l'Église. Cela implique que l'enfer va sûrement se déchaîner, pour nous tenter, nous passer au crible comme le blé (Lc 22: 31). Positionnons-nous sur la ligne de défense de l'Église et non en tant que partie du problème.

J'ai trouvé beaucoup de consolation et de force dans l'offrande de toutes mes souffrances comme sacrifice uni à la Croix pour la purification et le renforcement de l'Église. Nous les hommes, et en particulier nous les Nord-Américains pragmatistes, avons ce sentiment bien ancré qu'il nous est possible de « réparer » n'importe quoi en ayant suffisamment de connaissances, de compétences, d'outils, d'influence, de rhétorique, etc. Mais dans le cas de l'Église cela n'est pas possible. Nous pouvons seulement nous « réparer » nous-mêmes par notre coopération à la grâce du Christ — par la prière, les sacrements, le sacrifice, l'endurance et la persévérance, la patience, la miséricorde, la vérité et la foi raffinée par les feux les plus ténébreux. Gardez les yeux de votre coeur sur le véritable horizon. Gardez vos yeux sur l'Épouse.

Ayez courage. Ayez confiance dans le Seigneur, surtout quand rien ne semble favoriser cette confiance.

Sainte Faustine Kowalska écrivait dans son Petit Journal, La Miséricorde Divine dans mon âme : « Plus les ténèbres sont grandes, plus totale doit être notre confiance. » (n° 357)

Sainte Thérèse de Lisieux écrit dans ses lettres : « C'est la confiance et rien que la confiance qui doit nous conduire à l'Amour. »

Puis-je vous suggérer de lire Ézéchiel, chapitre 9, dans vos temps de prière ?

L'un de mes derniers romans (2016), The Fool of New York City (Le Fou de New York), qui se déroule dans la ville de Manhattan à notre époque, conte l'histoire de deux âmes considérées comme des « fous » et des « idiots » aux yeux de la plupart des gens qu'ils rencontrent.

L'un est un géant dans le sens propre du terme, l'autre un amnésique qui croit être le peintre espagnol du 17ème siècle Francisco de Goya, âgé d'une centaine d'années, vieillissant plus lentement que le reste de la race humaine. Billy le géant a également brièvement souffert d'amnésie des années plus tôt, et il comprend l'angoisse de ceux qui ont perdu leur identité. C'est une personne simple en apparence, un joueur de basket-ball raté doté d'un grand coeur, qui prend Francisco sous son aile après qu'ils se soient rencontrés par une apparente coïncidence. Ensemble, ils entreprennent une recherche laborieuse pour découvrir le véritable passé de Francisco.

En chemin, ils vivent de nombreuses aventures, qui les conduisent dans les profondeurs d'un royaume de souvenirs enfouis — ironies et complexités du caractère humain et du destin —, de souffrances dévastatrices et de rédemption. C'est un voyage dans les dimensions mystérieuses de l'esprit. Il explore les traumatismes et les souvenirs du peuple américain.

Le livre (dont je conseille comme toujours la version anglaise) peut être commandé directement auprès de l'éditeur Ignatius Press ou auprès de votre libraire habituel.

Michael O'Brien

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