Réflexion sobre au sujet de ces idoles


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Publié le samedi 26 octobre 2019

Auteur / source : Mark Mallett

Catégorie : Vie de l'Eglise

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Cela devait être une cérémonie inoffensive de plantation d'un arbre, une consécration à Saint François du Synode sur l'Amazonie. L'événement n'était pas organisé par le Vatican mais par l'Ordre des Frères Mineurs, le Mouvement mondial catholique pour le climat (GCCM) et le REPAM (Réseau ecclésial pan-amazonien). Le Pape ainsi que d'autres membres de la hiérarchie se sont réunis dans les jardins du Vatican avec des indigènes d'Amazonie. Un canoë, un panier, des statuettes en bois représentant une femme enceinte et d'autres « artéfacts » ont été placés devant le Saint-Père. Cependant, ce qui s'est passé ensuite a provoqué une onde de choc dans toute la chrétienté : plusieurs personnes présentes se sont soudainement inclinées devant les « artéfacts ». Cela ne semblait plus être un simple « geste visible d'une écologie intégrale », comme l'affirmait le communiqué de presse du Vatican, mais cela avait toutes les apparences d'un rituel païen. La question centrale est immédiatement devenue la suivante : « Qui ces statuettes représentaient-elles ? »

Traduction d'un article de Mark Mallett. Lire le texte original en anglais.

Catholic News Agency a rapporté que « des personnes se tenaient par la main et se prosternaient devant des images sculptées de femmes enceintes, dont l'une représentait prétendument la Bienheureuse Vierge Marie ». [1] D'après la transcription d'une vidéo de présentation de la statuette au Pape, celle-ci est identifiée comme étant « Notre-Dame de l'Amazonie ». [2] Cependant, le Père Giacomo Costa, responsable des communications pour le Synode, a déclaré que la femme sculptée n'est pas la Vierge Marie mais « une figure féminine représentant la vie ». [3] Cela semble avoir été confirmé par Andrea Tornielli, directeur éditorial du Dicastère pour la Communication du Vatican. Il a décrit l'image sculptée comme « une effigie de la maternité et du caractère sacré de la vie ». [4] Dans le folklore amazonien, il est donc probable qu'il s'agisse d'une représentation de la « Pachamama » ou « Terre-Mère ». Si tel est le cas, les participants ne vénéraient pas la Sainte Vierge Marie, mais adoraient une idole païenne — ce qui pourrait expliquer pourquoi le Pape avait mis de côté son discours préparé pour simplement prier le Notre-Père.

Cela explique probablement aussi pourquoi, aux petites heures du matin, deux hommes non identifiés ont saisi certaines des figurines et les ont envoyées au fond du Tibre — sous les applaudissements de nombreux catholiques du monde entier. Tornielli a répliqué qu'il s'agissait d'un acte de mépris, d'un « geste violent et intolérant » [5]. Le porte-parole du Vatican, Paolo Ruffini, a déclaré qu'il s'agissait « d'un acte de provocation... contre l'esprit de dialogue ». [6] Et le cardinal Carlos Aguiar Retes de Mexico a qualifié les deux voleurs de « mouton noir » de la famille catholique — ainsi que de « négationnistes du changement climatique », selon Crux. [7]

Indolent envers les idoles ?

Il est certain qu'il n'y a rien de mal à ce qu'un symbole culturel représentant la « maternité et le caractère sacré de la vie » soit présent lors d'un événement au Vatican. De plus, je suis en désaccord avec ceux qui disent que la Sainte Vierge ne devrait jamais être représentée les seins nus. Cependant, la nudité, même partielle, en Occident a une signification complètement différente de celle qu'elle a chez les peuples autochtones. De plus, l'art sacré catholique des siècles passés révèle la puissance du symbolisme et de l'imaginaire entourant le sein de Marie, dont sort le lait maternel de la plénitude de la grâce.

... une femme éleva la voix au milieu de la foule pour dire [à Jésus] : « Heureuse la mère qui t'a porté en elle, et dont les seins t'ont nourri ! » Alors Jésus lui déclara : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la mettent en pratique ! »

Lc 11 : 27-28 (citation ajoutée par Pierre et les Loups)

Le problème — le grave problème — est que plusieurs personnes présentes à la cérémonie, parmi lesquelles au moins un moine, se prosternèrent face contre terre devant ce que le Vatican nous dit être des images profanes. Dans le langage [et la foi] de l'Église, une telle prosternation est réservée à Dieu seul. En fait, dans presque toutes les cultures du monde, un tel prosternement est un signe universel d'adoration.

Même si les porte-parole du Vatican peuvent avoir eu à juste titre une réaction de mécontentement face au vol qui s'ensuivit, le manque d'intérêt ou de commentaires face à ce qui ne peut être compris que comme un acte d'idolâtrie est ahurissant. Encore une fois, étant donné la réponse officielle qui fut donnée, selon laquelle ce n'était pas [une représentation de] la Vierge Marie, il semblerait que le Premier Commandement ait été violé en présence du Pontife Romain. Oubliez le fait de devoir se soumettre à l'idéologie climatique... il nous faut maintenant être un adorateur du climat ?

Le scandale que cela suscite dans le monde catholique est approprié puisque A) les porte-parole du Vatican ont affirmé qu'il ne s'agissait pas d'une vénération de la Bienheureuse Vierge Marie ou de Notre-Dame de l'Amazonie ; B) aucune excuse ou explication appropriée n'a été faite par rapport à ce qui s'est passé ; et C) il existe un précédent biblique dans le fait de traiter l'idolâtrie avec sérieux et de façon non politiquement correcte :

Informés de cela, les Apôtres Barnabé et Paul déchirèrent leurs vêtements et se précipitèrent dans la foule en criant : Pourquoi faites-vous cela ? ... nous vous annonçons la Bonne Nouvelle : détournez-vous de ces vaines idoles, et tournez-vous vers le Dieu vivant, lui qui a fait le ciel, la terre, la mer, et tout ce qu'ils contiennent.

Actes 14: 14-15

Cette affaire (dans tous les cas, son optique) sentait non seulement le syncrétisme, mais le genre d'enviro-spiritualisme qui transforme la soi-disant « Terre-Mère » en une divinité. Ce n'est pas un événement isolé. Nous constatons de plus en plus une volonté de faire de l'Église catholique le bras politique des Nations Unies, et de supplanter à la "bonne nouvelle" le "dogme climatique". Ceci évoque l'avertissement que le Pape François lui-même a donné en ce qui concerne cette mondanité qui se répand comme de l'encre noire dans les eaux baptismales :

... la mondanité est la racine du mal qui nous conduit à renier nos propres traditions et notre propre identité et à négocier notre fidélité à Dieu qui demeure toujours fidèle. Ceci... s'appelle l'apostasie, qui ... est une forme d'“adultère” qui survient quand nous négocions l'essence de notre être : la fidélité envers le Seigneur.

— PAPE FRANÇOIS, extrait d'une homélie, 18 novembre 2013 ; cf. Vatican.va

En date du 25 octobre 2019, le Saint-Siège a publié un communiqué de presse concernant le message que le Pape vient d'adresser au sujet des statuettes en bois jetées dans le Tibre. François a annoncé que les statues avaient été récupérées par [les carabiniers italiens] et a demandé « pardon aux personnes qui ont été offensées par cet acte (de vol) ». Le Pape se réfère aux sculptures de bois par les mots « statuettes de la pachamama » et a déclaré que celles ayant été « retirées de l'église de la Transpontina… s'y trouvaient sans intentions idolâtres ». Il a ajouté que les statuettes pourraient à nouveau être exposées « pendant la Messe de clôture du Synode. » [8]

À ce stade, il est encore difficile de savoir si le Pape François considère les « pachamamas » comme un simple objet d'art culturel. Si tel est le cas, cela pose toujours un gros problème étant donné que des personnes se sont prosternées et ont prié devant ces figurines, en la présence du Saint Père dans les jardins du Vatican.

La poutre dans nos propres yeux

Bien que la colère que suscite cette apathie apparente de la part du Vatican concernant cette affaire soit compréhensible, il nous faut la tempérer en regardant, une fois encore, dans le miroir. Il y a une autre façon de considérer les événements susmentionnés : il s'agit d'un avertissement pour chacun d'entre nous pour que nous comprenions que de faux dieux sont entrés dans le temple, c'est-à-dire votre corps et le mien, qui sont des temples du Saint-Esprit. Cette affaire a le mérite de nous aider à prendre conscience des idoles dans nos propres vies et de nous repentir de toute idolâtrie. Nous nous montrerions hypocrites si nous nous contentions d'agiter les poings en direction du Vatican... alors que dans le même temps nous nous prosternons devant les dieux du matérialisme, de la luxure, de la nourriture, de l'alcool, du tabac, de la drogue, du sexe, etc., ou que nous consacrons un temps précieux quotidiennement à fixer l'écran de nos smartphones, de nos ordinateurs ou de nos téléviseurs aux dépens de la prière, du temps passé en famille ou de notre devoir d'état.

Car je vous l'ai souvent dit, et maintenant je le redis en pleurant : beaucoup de gens se conduisent en ennemis de la croix du Christ. Ils vont à leur perte. Leur dieu, c'est leur ventre, et ils mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte ; ils ne pensent qu'aux choses de la terre.

Phil 3: 18-19

En effet, dans les derniers temps, Dieu a été contraint (à contrecœur) de permettre que des châtiments frappent la terre dans le but d'arracher, ne fut-ce que quelques âmes, à leur idolâtrie :

Et le reste des hommes, ceux qui n'avaient pas été tués par ces fléaux, ne se sont pas convertis, ne renonçant pas aux œuvres de leurs mains ; ils n'ont pas cessé de se prosterner devant les démons, les idoles d'or, d'argent, de bronze, de pierre et de bois, qui ne peuvent pas voir, ni entendre, ni marcher.

Ap 9: 20

Nous pourrions penser aux veaux d'or ou aux statues de bronze... mais les bateaux, les voitures, les maisons, les bijoux, la mode et les objets électroniques contiennent également du bois, de la pierre et divers métaux précieux — et ceux-ci sont devenus les idoles du 21e siècle.

Colère déplacée ?

Bien que les responsables du Vatican soient en colère après que des symboles païens aient été enlevés d'une église italienne par ce qui a été qualifié de « geste violent et intolérant », nous pouvons nous demander où se cachait cette colère lorsque les modernistes sont entrés dans nos églises catholiques pour voler notre patrimoine ? J'ai personnellement entendu des témoignages selon lesquels, à la suite de Vatican II, des statues furent déplacées dans des cimetières et brisées en morceaux, des icônes et des objets d'art sacré blanchis à la chaux, des maîtres-autels détruits à la tronçonneuse, des bancs de communion liquidés, des crucifix et des prie-Dieu retirés des églises, et des habits de cérémonie mis au rancart. « Ce que les communistes firent par la force dans nos églises », m'ont dit des immigrants de Russie et de Pologne, « vous le faites vous-mêmes dans les vôtres ! »

L'essentiel à savoir est qu'une nouvelle génération de chrétiens est en train de se lever dans une sorte de contre-révolution qui cherche à restaurer la beauté et la dignité de notre héritage catholique. Ici, je ne parle pas de simple nostalgie ni d'un ultra-traditionalisme "rigide" fermé aux motions de l'Esprit Saint. Il s'agit plutôt de la destruction tant attendue des idoles modernistes qui ont souillé le sanctuaire, rabaissé la liturgie et privé Dieu de la gloire qui lui revient.

Cette petite cérémonie dans les jardins du Vatican, je le crains, est du même acabit. C'est juste que les fidèles catholiques aujourd'hui en ont assez.

Mark Mallett
On Those Idols...


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8


de l'encouragement
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de la perplexité
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