Père Yannik Bonnet - Comment pouvez-vous dire que tout est grâce ?


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Publié le vendredi 2 mars 2018

Catégorie : Foi, doctrine & morale catholiques

Nombre de consultations : 366

Comment pouvez-vous dire que tout est Grâce ?
Les chrétiens sont souvent interpelés à propos de cette phrase qui fait partie de la sagesse populaire ….chrétienne.

Et de fait, il est facile de débiter la liste de tout ce qui ne va pas dans notre monde. Le premier reflexe du sage consiste à poser une question à l'interlocuteur : pouvez- vous me dire les critères de jugement dont vous vous servez pour décréter ce qui va et ce qui ne va pas dans notre bas monde ? On peut en effet évaluer l'impact d'un événement ou la valeur d'une action de bien des façons.

Avant de porter un jugement, il faut toujours prendre le temps d'analyser la situation, qui peut s'avérer plus complexe qu'on ne l'imaginait.

Le deuxième réflexe consiste à faire remarquer que nous ne connaissons pas l'avenir et que l'histoire, merveilleuse rallonge à notre courte expérience de la vie, nous montre que c'est souvent l'imprévisible qui se produit et qui infirme les pronostics optimistes ou pessimistes que nous nous étions aventurés à faire !

Et c'est à ce niveau que s'opère une différence profonde entre l'incroyant et le chrétien. C'est bien notre Foi qui affirme à notre raison que le Dieu que nous adorons est Amour, qu'Il ne peut vouloir pour nous que le bonheur pour lequel Il nous a créés, celui d'une vie éternelle où Il nous comblera de sa tendresse infinie. Le chrétien ne méprise pas la vie terrestre mais il sait qu'elle n'est qu'un passage pour nous conduire à la Vie Eternelle. Il dépend de nous qu’elle nous permette d'accéder à ce Bonheur que, seul, notre Dieu peut nous donner et pour lequel Il s'est fait homme, allant jusqu'à mourir sur une Croix par pur Amour.

Grâce - Croix du ChristDans cette perspective, le chrétien convaincu sait bien que sa manière d'évaluer les événements diffère profondément de celle des incroyants. Autant pour ce qui concerne les actes des personnes, il est tout à fait possible de trouver des points de convergence avec les incroyants, car il y a une morale "naturelle", accessible à tous les hommes de bonne volonté, autant pour ce qui concerne la "marche du monde", c'est beaucoup plus ardu. Car, pour le croyant, l'essentiel est de parvenir à la Vie Eternelle et, de ce fait, il évalue la vie terrestre en fonction de critères religieux, c'est-à-dire de relation avec ce Dieu, qui l'aime au point d'avoir subi volontairement une souffrance indicible pour le sauver.

Dès lors l'expression "Tout est Grâce" prend tout son sens : Dieu qui est Amour et pour Lequel le temps n'existe pas agit en permanence pour le salut éternel de ses chères créatures. Ce salut éternel nécessite peut-être des épreuves, qu'à vue humaine nous pensons injustes, insupportables, inhumaines.

Nous oublions que Dieu sait mieux que nous tirer du Bien de ce qui est objectivement un mal : pensons aux horreurs perpétrées pendant les guerres, aux régimes politiques totalitaires et, plus proches de nous, aux horribles "faits divers" relatés par nos media. Nombre de drames ont paradoxalement été à l'origine de conversions humainement impensables, ce qui confirme la puissance de la Grâce divine. Je pense au procès des criminels de guerre, à Nuremberg, pendant lequel l'un d'entre eux a vécu un retournement total, approuvant sa condamnation à mort par pendaison en la considérant comme une grâce aussi merveilleuse qu'imméritée. (ndlr : lire « Indonésie : les huit condamnés louent Dieu au moment de leur exécution »)

La Grâce divine ne fait jamais défaut.

Père Y. Bonnet
www.yannikbonnet.com

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Commentaire laissé par le

Cf https://livres-mystiques.com/partieTEXTES/Delassus/ConjurationT1.pdf Page 15.

Montesquieu : « La religion chrétienne, qui semble n'avoir d'autre objet que la félicité de l'autre vie, fait encore notre bonheur en celle-ci. »

Tocqueville : « Dans les siècles de foi, on place le but final de la vie après la vie. Les hommes de ces temps-là s'accoutument donc naturellement, et, pour ainsi dire sans le vouloir, à considérer pendant une longue suite d'années un objet immobile vers lequel ils marchent sans cesse, et ils apprennent, par des progrès insensibles, à réprimer mille petits désirs passagers pour mieux arriver à satisfaire ce grand et permanent désir qui les tourmente.

Dans les siècles d'incrédulité, il est donc toujours à craindre que les hommes ne se livrent sans cesse au hasard journalier de leurs désirs, et que, renonçant entièrement à obtenir ce qui ne peut s'acquérir sans de longs efforts, ils ne fondent rien de grand, de paisible et de durable. »

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