Leurs récriminations dans le désert ont beaucoup à nous apprendre (Leçon n°3)


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Publié le lundi 26 mars 2018

Catégorie : Encouragement spirituel

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Nous avons étudié précédemment plusieurs incidents dans lesquels l'ancien peuple juif a récriminé contre Moïse et contre Dieu. Nous l'avons fait non seulement pour examiner leurs péchés, mais pour apprendre de nos propres tendances à faire de même. Ce qui rend la récrimination si détestable, c'est qu'elle vient si tôt après avoir reçu des bénédictions et des démonstrations stupéfiantes de l'amour de Dieu pour nous et de Sa volonté et Sa capacité à nous sauver. La confiance, semble-t-il, est quelque chose qu'il nous est très difficile à apprendre.

Par Mgr Charles Pope • 20 mars 2018 • Titre original « The Grumblings in the Wilderness Have Much to Teach Us (Lesson Three) »

Leçon 3 : Ils ont récriminé contre la promesse même que Dieu leur faisait : la Terre Promise.

Aujourd'hui nous allons voir quelle fut la révolte qui condamna les anciens Juifs à errer dans le désert pendant quarante ans. Ils renoncèrent à la bénédiction dont ils ont laissé l'Egypte s'emparer. Dieu leur avait promis une terre qui leur appartiendrait, une Terre Promise où coulaient le lait et le miel. Au moment décisif où Dieu était sur le point de la livrer entre leurs mains, ils rechignèrent ; ils doutèrent. Ils furent si effrayés qu'ils prétendirent que prendre possession de cette terre pourrait nécessiter trop d'efforts ou comporter trop de risques. Vous n'auriez jamais pu deviner que Dieu venait tout juste de les délivrer, de séparer la Mer Rouge en deux, de les nourrir d'une nourriture miraculeuse et de leur fournir de l'eau et même des cailles. Tout cela fut oublié en un instant et ils doutèrent que Dieu puisse tenir sa promesse.

Rappelons cet incident :

Dieu les amena près des frontières de Canaan et, par l'intermédiaire de Moïse, leur demanda de partir explorer cette terre en vue de se l'approprier. Moïse rassembla douze hommes, un de chaque tribu, et leur dit :

« Montez par le Néguev, montez dans la montagne. Regardez le pays : comment est-il ? Regardez la population qui l'habite : est-elle forte ou faible, nombreuse ou pas ? Comment est le pays où cette population habite : est-il bon ou mauvais ? Comment sont les villes où cette population habite : sont-elles des campements ou des forteresses ? Comment est ce pays : sa terre est-elle grasse ou maigre ? Y pousse-t-il ou non des arbres ? Rassemblez vos forces et prenez les fruits du pays. »

Nombres 13: 17-20

Ils revinrent avec de magnifiques fruits, mais firent ce rapport décourageant :

« Nous sommes allés dans le pays où tu nous as envoyés. Vraiment, il ruisselle de lait et de miel, et voici ses fruits. Cependant le peuple qui l'habite est puissant, ses villes sont fortifiées et très grandes. Nous y avons même vu des descendants d'Anaq. Les Amalécites habitent le pays du Néguev ; les Hittites, les Jébuséens et les Amorites habitent la montagne ; les Cananéens habitent le bord de la mer et les rives du Jourdain. »

Nombres 13: 27-29

Seuls Josué et Caleb montrèrent une foi sans réserve.

Caleb dit,

« Allons-y ! Montons prendre possession de ce pays. Oui, nous nous en rendrons maîtres. »

Et Josué dit,

« Le pays que nous avons parcouru pour l'explorer, ce pays est très, très bon. Si le Seigneur nous est favorable, il nous fera entrer dans ce pays et il nous le donnera. C'est un pays ruisselant de lait et de miel. Mais ne vous révoltez pas contre le Seigneur. Ne craignez pas les gens du pays : nous n'en ferons qu'une bouchée ! Leur ombre protectrice s'est éloignée d'eux, et le Seigneur est avec nous. Ne les craignez pas ! »

Nombres 14: 8-10

Malheureusement, la réaction du groupe était prévisible :

Alors toute la communauté éleva la voix, se mit à crier ; et le peuple pleura cette nuit-là. Tous les fils d'Israël récriminèrent contre Moïse et Aaron. La communauté tout entière leur dit : « Ah ! Si nous étions morts au pays d'Égypte ou si nous étions morts dans ce désert ! Pourquoi le Seigneur nous conduit-il vers ce pays ? Pour que nous tombions par l'épée ? Nos femmes et nos enfants deviendraient un butin ! Ne serait-il pas mieux pour nous de retourner en Égypte ? » Et ils se dirent l'un à l'autre : « Donnons-nous un chef et retournons en Égypte. »

Nombres 14: 1-4

Ils veulent retourner en Egypte ? Sérieusement ? Le Dieu qui a séparé la Mer Rouge en deux ne peut-Il pas livrer la Terre Promise entre les mains de Son peuple ? Apparemment, ils n'y croient pas. Nous pourrions être choqués par leur incrédulité, mais nous devrions reconnaître que nous aussi sommes de peu de foi malgré les bénédictions innombrables et les signes de l'amour et de la volonté de Dieu de nous sauver. Très vite nous nous inquiétons et sommes effrayés quand nous nous retrouvons face à des défis. Nous nous demandons si Dieu est en mesure de nous aider. Nous chantons des hymnes de louange à la messe et nous nous rappelons de Ses libérations passées et présentes, mais à la première mauvaise nouvelle nous avons tôt fait de nous recroqueviller puis nous gémissons en nous disant que Dieu nous éprouve trop durement.

À ce stade, Dieu en a assez. Il dit à Moïse,

« Combien de temps encore ce peuple me méprisera-t-il ? Combien de temps refuseront-ils de croire en moi, de croire tous les signes que j'ai accomplis au milieu d'eux ? Je le frapperai de la peste et je le déposséderai. Et de toi je ferai une nation plus grande et plus puissante que lui ! »

Nombres 14: 11-12

Moïse intercède et Dieu "renonce" au plus sévère de ses desseins, mais Dieu lui dit, en substance, que ces hommes ne sont pas prêts à profiter de Ses promesses.

« Je pardonne selon ta parole. Mais, aussi vrai que je suis vivant et que la gloire du Seigneur emplit toute la terre, oui, tous ces hommes qui ont vu ma gloire et mes signes accomplis en Égypte et dans le désert, qui m'ont mis à l'épreuve dix fois déjà et n'ont pas écouté ma voix, eh bien, jamais ils ne verront le pays que j'ai juré de donner à leurs pères. Aucun de ceux qui me méprisent ne le verra.

Mais mon serviteur Caleb, puisqu'il est animé d'un autre esprit et qu'il adhère à moi sans réserve, je le ferai entrer dans le pays où il s'est rendu, et sa descendance en prendra possession.

Les Amalécites et les Cananéens habitent dans la vallée : demain, faites demi-tour et partez au désert en direction de la mer des Roseaux. »

Nombres 14: 20-25

En effet, Dieu dit : « Si vous ne voulez pas ce que Je vous offre, vous n'êtes pas forcés de l'avoir. Si vous considérez le coût trop élevé ou l'effort trop grand, alors ne vous embêtez pas. Continuez à vivre dans le désert et à fuir vos ennemis. Si vous ne voulez pas de mon aide ni ce que je vous offre, alors profitez de cette étendue désertique ; elle est tout à vous. Au fait, je vois que les Amalécites et les Cananéens sont tout près, vous feriez mieux de commencer à courir. Battez en retraite jusqu'à la Mer Rouge ! »

Si nous refusons de faire confiance à Dieu, nous serons gouvernés par nos peurs. Le seul remède aux effets asservissants de la peur est la confiance et l'abandon à la volonté de Dieu. Notre chair soumise au péché veut tout contrôler, elle rechigne à la confiance. Elle veut être confiante selon ses propres conditions, non celles de Dieu.

Pour beaucoup aujourd'hui, la guerre spirituelle nécessaire pour obtenir le Ciel demande un trop gros effort. Peut-être savons-nous instinctivement que cela impliquera d'abandonner certains de nos péchés les plus chers ou de confronter nos peurs et nos pulsions pécheresses. Au lieu du zèle pour la joie du Ciel à notre portée, nous cédons à la paresse (mépris ou aversion des bonnes choses que Dieu nous offre). La bataille semble trop coûteuse, le prix trop élevé. Nous en arrivons à préférer le désert de ce monde plutôt que ce que Dieu a à nous offrir. Nous le faisons alors même que nous savons que ce monde est un pénible lieu d'exil, une vallée de larmes. Obtenir le Ciel semble demander trop de sacrifices et la victoire sur nos passions hors de portée. Peu importe que Dieu promette la grâce dont nous avons besoin pour triompher de ces batailles spirituelles. Effrayés, nous doutons de Sa toute-puissance en dépit de tous les témoignages de Saints les ayant surmontées avant nous.

Ici aussi, Dieu dit en substance : « Si vous ne voulez pas ce que je vous offre, vous n'êtes pas obligés de l'avoir. Vous voulez le désert ? Il est tout à vous. » Notre réponse consiste souvent à nous plaindre en disant que Dieu n'est pas juste ou qu'Il ne devrait pas nous mettre à l'épreuve ni exiger le moindre effort de notre part. Nous prétendons que nos peurs sont de Sa faute, à cause des défis auxquels Il nous soumet, plutôt que notre faute en raison de notre manque de confiance.

Ainsi, nos récriminations finissent par nous faire trébucher, parce que nous renonçons à nos bénédictions — tout ça parce que nous rechignons à faire confiance à Dieu. L'Écriture avertit,

Aujourd'hui écouterez-vous sa parole ? « Ne fermez pas votre coeur comme au désert, comme au jour de tentation et de défi, où vos pères m'ont tenté et provoqué, et pourtant ils avaient vu mon exploit. « Quarante ans leur génération m'a déçu, et j'ai dit : Ce peuple a le coeur égaré, il n'a pas connu mes chemins. Dans ma colère, j'en ai fait le serment : Jamais ils n'entreront dans mon repos. »

Psaume 94 (95) : 7-11

À vrai dire, nous qui voulons mettre Dieu à l'épreuve sommes nous-mêmes éprouvés : sommes-nous lâches ou courageux ? Allons-nous engager la bataille ou juste rechercher la tranquillité mondaine ? Seuls les hommes et femmes courageux hériteront de la Terre Promise ; les lâches sont condamnés à mourir dans et avec le monde qu'ils chérissent plus que le Ciel.

Saint Paul met également en garde,

Frères, je ne voudrais pas vous laisser ignorer que, lors de la sortie d'Égypte, nos pères étaient tous sous la protection de la nuée, et que tous ont passé à travers la mer. Tous, ils ont été unis à Moïse par un baptême dans la nuée et dans la mer ; tous, ils ont mangé la même nourriture spirituelle ; tous, ils ont bu la même boisson spirituelle ; car ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher, c'était le Christ. Cependant, la plupart n'ont pas su plaire à Dieu : leurs ossements, en effet, jonchèrent le désert.

Ces événements devaient nous servir d'exemple, pour nous empêcher de désirer ce qui est mal comme l'ont fait ces gens-là. Ne devenez pas idolâtres, comme certains d'entre eux, selon qu'il est écrit : Le peuple s'est assis pour manger et boire, et ils se sont levés pour s'amuser. Ne nous livrons pas à la débauche, comme l'ont fait certains d'entre eux : il en est tombé vingt-trois mille en un seul jour. Ne mettons pas le Christ à l'épreuve, comme l'ont fait certains d'entre eux : ils ont péri mordus par les serpents. Cessez de récriminer comme l'ont fait certains d'entre eux : ils ont été exterminés. Ce qui leur est arrivé devait servir d'exemple, et l'Écriture l'a raconté pour nous avertir, nous qui nous trouvons à la fin des temps. Ainsi donc, celui qui se croit solide, qu'il fasse attention à ne pas tomber. L'épreuve qui vous a atteints n'a pas dépassé la mesure humaine. Dieu est fidèle : il ne permettra pas que vous soyez éprouvés au-delà de vos forces. Mais avec l'épreuve il donnera le moyen d'en sortir et la force de la supporter.

1 Co 10, 1-13

Alors ne récriminez pas. N'ayez pas peur. Engagez la bataille ! Le bras de Dieu n'est pas trop court ; Sa grâce nous suffit. Mettez votre confiance dans Celui qui seul peut vous sauver. Le choix vous appartient, mais si vous ne le faites pas, votre sort sera de vivre dans le désert en fuyant constamment vos ennemis. Soyons clairs : si nous récriminons nous trébucherons. A être négatifs nous nions notre foi ; nous nous fermons aux bénédictions.

Comptez vos bénédictions et comptez sur Dieu !

Mgr Charles Pope

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