Les Papes et le Nouvel Ordre Mondial - partie 2


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Publié le mardi 18 février 2020

Auteur / source : Mark Mallett

Catégorie : Église et papauté

La cause principale de la révolution sexuelle et culturelle est idéologique. Notre Dame de Fatima a prévenu que les erreurs de la Russie se répandraient à travers le monde. Cela s'est fait d'abord sous une forme violente, le marxisme classique, qui a massacré des dizaines de millions de personnes. Aujourd'hui cela se fait principalement par le biais du marxisme culturel. Il y a continuité entre la révolution sexuelle de Lénine... et l'idéologie contemporaine des droits homosexuels et du genre. Le marxisme classique avait la prétention de refaçonner la société, par le biais de la spoliation violente de la propriété. Aujourd'hui la Révolution a franchi une nouvelle étape ; elle prétend redéfinir la famille, l'identité sexuelle et la nature humaine. Cette idéologie se qualifie elle-même de progressiste. Mais elle n'est rien d'autre que la proposition du serpent ancestral, qui incite l'homme à prendre le contrôle, à remplacer Dieu, à organiser la rédemption ici-bas, en ce monde.

— Dr. Anca-Maria Cernea, discours lors du Synode sur la Famille à Rome, 17 octobre 2015

Lire aussi :
Dr Anca-Maria Cernea - le marxisme culturel: une menace pour la famille ;
Le mal dans ce monde vient du péché, et non de la disparité des revenus ou du changement climatique ;
Une entreprise de formatage idéologique permanent pour rééduquer l'homme occidental

Lire le texte original en anglais sur le blog de Mark Mallett

Lire la première partie : Les Papes et le Nouvel Ordre Mondial - partie 1

Le Catéchisme de l'Église catholique nous avertit que l'idéologie marxiste voulant « organiser la rédemption ici-bas, en ce monde » par le biais de l'État laïc constituerait « l'épreuve finale » qui ébranlerait la foi de nombreux croyants.

Cette imposture antichristique se dessine déjà dans le monde chaque fois que l'on prétend accomplir dans l'histoire l'espérance messianique qui ne peut s'achever qu'au-delà d'elle à travers le jugement eschatologique... surtout sous la forme politique d'un messianisme sécularisé, "intrinsèquement perverse".

Catéchisme de l'Église catholique, n° 676, 675

A travers cette épreuve, l'Église connaîtra sa propre Passion, quand elle « suivra son Seigneur dans sa mort et sa Résurrection ». [1] Tandis que les Nations Unies accélèrent leurs efforts pour atteindre au plus vite [avant 2030] leurs objectifs de « développement durable » (beaucoup de ces objectifs dissimulent ces mêmes idées marxistes), et que l'Église semble de plus en plus y apporter son soutien, ce n'est pas manquer de Romanità (esprit de soumission à l'autorité du Pontife romain, ndtr) que de se demander ce que tout cela signifie. La tentation pour les catholiques, cependant — et elle est dangereuse — est de se retourner contre les papes comme si ceux-ci cherchaient à faire prévaloir les portes de l'enfer contre l'Église.

Voici une autre perspective.

Tout comme Jésus avait délibérément livré Son corps aux autorités pour être crucifié, de la même manière l'Église, le Corps mystique du Christ, doit être livrée à la suite de son Seigneur pour vivre sa propre passion, sa mort et sa résurrection. N'est-il pas vrai qu'à la veille de Sa Passion, le Christ prit son repas avec Judas, allant jusqu'à tremper son pain dans le même plat ? De la même façon, en cette dernière heure, nos papes ont confié de grandes responsabilités à des hommes qui n'ont pas à cœur l'intérêt supérieur de l'Église. Ceci pour dire que nos papes ne sont pas des Judas ; les traîtres doivent plutôt être cherchés du côté de ceux qui « ont des apparences de piété, mais qui rejettent ce qui en fait la force » [2] ceux qui « dialoguent » avec l'Église mais qui ignorent son message ; ceux qui des lèvres lui donnent un « baiser » mais dont le cœur complote sa crucifixion.

Oui, il existe des prêtres, des évêques et même des cardinaux infidèles qui manquent à la chasteté mais aussi, et c'est tout aussi grave, à la vérité de la doctrine ! Ils désorientent les fidèles par leur langage confus, ambigu et liquide. Ils trahissent et falsifient la Parole de Dieu, prêts à la tordre et à la déformer pour obtenir l'approbation du monde. Ce sont les Judas Iscariote de notre époque.

— Cardinal Robert Sarah, 5 avril 2019 ; cf. « Avoir honte de Jésus », Cardinal Sarah : « le problème est qu'il y a des prêtres, des évêques et même des cardinaux infidèles » et « La peur est la grande faiblesse de l'Église aujourd'hui »

« Mais attendez », me diront certains. « Le Pape François n'utilise-t-il pas lui-même un "langage confus et ambigu" ? » La réponse est à la fois oui et non. Ceux qui tentent d'interpréter ce pontificat de façon manichéenne échoueront inévitablement — ils ne voient pas comment le Christ conduit Son Église dans ces derniers temps, y compris à travers des papes qui peuvent faire des erreurs.

Le Christ n'abandonnera pas Son Église. L'Enfer ne prévaudra jamais.

Méfiance et suspicion

Au tournant du XXe siècle, le Pape saint Pie X exposa une vision magnifique et prophétique de la future résurrection de l'Église, la « restauration de toutes choses en Jésus-Christ » qui doit s'accomplir dans les limites du temps. Celle-ci n'aura pas seulement pour effet de ramener les nations dans le troupeau du Christ, mais d'établir pour un temps une authentique justice et une véritable paix sur terre. Quatorze ans plus tard, Notre Dame promit que cela s'accomplirait par son Cœur Immaculé.

Le Saint-Père me consacrera la Russie, qui se convertira, et il sera concédé au monde un certain temps de paix

— Notre Dame de Fatima, Le Message de Fatima, Vatican.va

Oui, un miracle a été promis à Fatima, le plus grand miracle de l'histoire de l'humanité, après la Résurrection. Et ce miracle sera une ère de paix qui n'a jamais vraiment été accordée auparavant au monde.

— Cardinal Mario Luigi Ciappi, théologien pontifical de Pie XII, Jean XXIII, Paul VI, Jean-Paul Ier et Jean-Paul II, 9 octobre 1994 ; Family Catechism (9 septembre 1993), p. 35

Cependant, saint Pie X admettait que les papes feraient l'objet de suspicion de la part de certains, en raison de leurs efforts pour contribuer à la réalisation de cette tâche divine :

Il s'en trouvera sans doute qui, appliquant aux choses divines la courte mesure des choses humaines, chercheront à découvrir nos projets secrets et à les déformer selon leurs vues terrestres et leurs intérêts partisans. Pour couper court à ces vaines tentatives, Nous affirmons avec insistance que Nous ne voulons être, et avec le secours divin Nous ne serons jamais rien d'autre, au milieu des sociétés humaines, que le Ministre de Dieu dont Nous avons reçu l'autorité.

E Supremi, n° 4 (partiellement traduit depuis l'anglais)

Il est probable qu'aucun pape dans l'histoire récente de l'Église n'a autant fait l'objet de suspicion que le Pape François.

Un nouveau pape, une nouvelle direction ?

Tel un prophète criant dans le désert numérique, le cardinal Jorge Bergoglio fit cette exhortation :

L'Église est appelée à sortir d'elle-même et à aller vers les périphéries, pas seulement géographiques, mais également celles de l'existence : celles du mystère du péché, de la souffrance, de l'injustice, de l'ignorance et de l'absence de croyance religieuse, celles de la pensée, celles de toutes les formes de misère.

— Cardinal Jorge Mario Bergoglio, homélie pré-conclave, Salt and Light Magazine, p. 8, numéro 4, édition spéciale, 2013 ; cf. la-croix.com

Quelques jours plus tard, il allait être élu en tant que 266e successeur de Saint-Pierre — avertissant presque aussitôt que les choses ne se dérouleraient désormais plus comme d'habitude. Fuyant les appartements pontificaux et les honneurs, se déplaçant dans de petites voitures et faisant la queue pour les repas, dénonçant le cléricalisme et le statu quo, le Pape latino-américain mit toute l'Église au défi de revenir à plus de simplicité et d'authenticité. En un mot, il tentait d'enseigner par l'exemple la véritable "justice" évangélique.

Mais il ne s'arrêta pas là. François fit fi des normes liturgiques et lava les pieds de femmes et de musulmans au cours de la messe du Jeudi Saint ; il nomma des libéraux à des postes élevés ; il accueilli chaleureusement des personnalités controversées à des audiences et conférences papales ; il embrassa divers chefs religieux du monde dans un souci de « fraternité humaine » et appuya explicitement l'agenda de l'ONU sur le changement climatique.

Chers amis, le temps est compté ! ... Une politique de tarification du carbone est essentielle si l'humanité souhaite utiliser avec sagesse les ressources de la création... les effets sur le climat seront catastrophiques si nous dépassons le seuil de 1,5° C défini dans les objectifs de l'Accord de Paris.

— PAPE FRANÇOIS, 14 juin 2019 ; Brietbart.com ; lire aussi : Le Pape François appelle à une « transition énergétique radicale »

Nous avons ainsi aujourd'hui un pape qui approuve personnellement un document de l'ONU dans lesquels se sont également glissés subrepticement d'autres objectifs plus problématiques tels que ceux-ci :

... lorsqu'elles prennent des mesures face à ces changements climatiques, les Parties devraient respecter, promouvoir et prendre en considération leurs obligations respectives concernant les droits de l'Homme, le droit à la santé... ainsi que l'égalité des genres, l'autonomisation (*) des femmes...

Accord de Paris, 2015

(*) Note du traducteur :

"autonomisation" se dit "empowerment" en anglais ; terme qui possède un sens bien spécifique, qui se perd dans la traduction française et qui pourtant reflète l'esprit marxiste des objectifs de l'ONU :

L'empowerment est l'octroi de davantage de pouvoir à des individus ou à des groupes pour agir sur les conditions sociales, économiques, politiques ou écologiques auxquelles ils sont confrontés... L'empowerment est resté très longtemps une notion difficile à traduire en France... Il s'agit d'un processus par lequel un individu ou un groupe acquiert les moyens de renforcer sa capacité d'action, de s'émanciper.

Wikipedia

L'expression « empowerment des femmes » figure dans presque toutes les conversations sur le féminisme... Il existe des branches du féminisme qui adhèrent à une philosophie marxiste, qui se concentre principalement (sinon exclusivement) sur la prise de pouvoir. Selon ce point de vue, le pouvoir est idolâtré comme un bien en soi plutôt que comme une responsabilité à exercer pour le bien d'autrui.

femcatholic.com ; lire aussi : Le Pape appelle à l'autonomisation des femmes, mais pas au détriment de leur rôle familial

L'objectif n° 5 de l'Agenda 2030 des Nations Unies consiste à « réaliser l'égalité des genres et émanciper ["empower"] toutes les femmes et les filles. » Cet objectif inclut le sous-objectif suivant qui, comme expliqué dans la première partie, est un euphémisme pour avortement et contraception :

Garantir l'accès universel à la santé sexuelle et reproductive et aux droits en matière de reproduction...

Transformer notre monde: le Programme de développement durable à l'horizon 2030, n° 5.6

Les efforts du Pape François en matière de dialogue interreligieux suscitèrent tout autant la controverse. Il signa une déclaration aux côtés d'un iman musulman affirmant que « le pluralisme et les diversités de religion, de couleur, de sexe, de race et de langue sont une sage volonté divine... » [3] Puisque la couleur, le sexe et la race sont implicitement voulus par Dieu, certains ont pensé que le Pape disait que Dieu voulait activement une diversité de religions au lieu de la seule Église établie par le Christ, et qu'il était dès lors en contradiction avec son prédécesseur [le Pape Léon XIII].

... ils [enseignent dès lors] la grande erreur du temps présent, laquelle consiste à reléguer au rang des choses indifférentes le souci de la religion, et à mettre sur le même pied d'égalité toutes les formes religieuses. Or, à lui seul, ce principe suffit à ruiner toutes les religions...

— PAPE LEON XIII, Humanum Genus, n° 16

Bien que le Pape ait corrigé cette interprétation lors de sa rencontre avec Mgr Athanasius Schneider, déclarant que la diversité des religions n'était que la volonté « permissive » de Dieu [4], la déclaration controversée reste inchangée sur le site web du Vatican. En fait, cette déclaration a fait son chemin, avec la coopération de François : dans le but de promouvoir les principes de « fraternité humaine » énoncées dans le document signé à Abou Dhabi, une « Maison de la famille Abrahamique » sera construite aux Émirats arabes unis.

Maison de la famille Abrahamique

Une église, une synagogue et une mosquée partageront les mêmes fondations... le projet représentera une nouvelle typologie de l'architecture mondiale. « Il n'y a jamais eu de bâtiment abritant les trois religions ensemble » [a déclaré David Adjaye, un célèbre architecte ghanéen qui sera en charge du projet].

africanshapers.com, 21 septembre 2019 ; cf. La « Maison d'Abraham », le projet inédit des trois religions monothéistes

Tout cela fut suivi quelques jours plus tard par un rassemblement controversé dans les Jardins du Vatican pour marquer l'ouverture du Synode sur l'Amazonie. (Lire Le nouveau paganisme - partie 3) Ce qui déclencha un tollé chez de nombreux catholiques aux quatre coins du monde.

Perplexité papales

Un prêtre et martyr de l'holocauste nazi déclarait un jour :

L'historien honnête aura, dans un avenir plus ou moins proche, certaines choses amères à dire quant à la contribution des Églises à la création de l'esprit de masse, du collectivisme, des dictatures, etc.

— Père Alfred Delp, S.J., Lumière au coeur de la nuit : Un jésuite allemand dans les prisons nazies (Ed. Vie Chrétienne) ; le père Delp a été exécuté pour avoir résisté au régime nazi.

Le Pape François contribue-t-il à ramener toutes choses vers leur « restauration dans le Christ », ou bien s'est-il écarté par moment du récit divin ?

Sur le dialogue interreligieux

Rappelons-le encore une fois,

Les papes ont commis et commettent encore des erreurs et ce n'est pas une surprise. L'infaillibilité est réservée aux enseignements ex cathedra [“depuis la Chaire” de Saint Pierre, c'est-à-dire toutes proclamations de dogmes fondées sur la Sainte Tradition]. Aucun pape dans toute l'histoire de l'Église n'a jamais commis d'erreur ex cathedra.

— Rev. Joseph Iannuzzi, théologien et expert en patristique

Lors de sa rencontre avec des musulmans au Vatican, il fut remis au Pape Jean-Paul II un exemplaire du Coran. Bien qu'il ne soit pas rare que des pontifes reçoivent des présents, ce qui se passa ensuite choqua de nombreux chrétiens : il l'embrassa — un livre qui contient plusieurs passages gravement incompatibles avec le christianisme. À l'instar du « scandale de la Pachamama » dans les Jardins du Vatican, cela fut terriblement mal perçu.

Ensuite, il y a eu la Journée mondiale de prière pour la paix qui se tint en 1986 à Assise et à laquelle furent convoqués par le Pape Jean-Paul II plusieurs chefs religieux. On se demanda alors comment il était possible que des hommes de religions différentes, voire adorant pour certains des divinités différentes, puissent se réunir pour prier ensemble ? Le cardinal Ratzinger avait apparemment choisi de ne pas assister à l'événement, déclarant plus tard :

... il existe des dangers indéniables et il est incontestable que les réunions d'Assise, en particulier en 1986, furent mal interprétées par de nombreuses personnes.

Clerical Whispers, le 9 janvier 2011

Le but de cette réunion n'était pas de fusionner différentes croyances dans une sorte d'indifférentisme religieux (comme certains le prétendirent), mais de promouvoir la paix et le dialogue dans un monde dévasté par deux guerres mondiales et par la multiplication des génocides — souvent au nom de « la religion ». Mais le dialogue à quelle fin ? Le Pape François répondit à cette question :

Ce dialogue interreligieux est une condition nécessaire pour la paix dans le monde, et par conséquent est un devoir pour les chrétiens, comme pour les autres communautés religieuses. Ce dialogue est, en premier lieu, une conversation sur la vie humaine, ou simplement, comme le proposent les évêques de l'Inde, une « attitude d'ouverture envers eux, partageant leurs joies et leurs peines ». Ainsi, nous apprenons à accepter les autres dans leur manière différente d'être, de penser et de s'exprimer... La véritable ouverture implique de se maintenir ferme sur ses propres convictions les plus profondes, avec une identité claire et joyeuse, mais « ouvert à celles de l'autre pour les comprendre » et en « sachant bien que le dialogue peut être une source d'enrichissement pour chacun ». Une ouverture diplomatique qui dit oui à tout pour éviter les problèmes ne sert à rien, parce qu'elle serait une manière de tromper l'autre et de nier le bien qu'on a reçu comme un don à partager généreusement. L'Évangélisation et le dialogue interreligieux, loin de s'opposer, se soutiennent et s'alimentent réciproquement.

Evangelii Gaudium, n° 250, 251, vatican.va

Considérons la rencontre au puits entre Jésus et la Samaritaine. Le Seigneur ne s'est pas mis à lui annoncer qu'Il était le Sauveur du monde, mais au contraire a commencé par la rencontrer en se plaçant d'abord au niveau des besoins humains fondamentaux.

Arrive une femme de Samarie, qui venait puiser de l'eau. Jésus lui dit : « Donne-moi à boire. »

Jean 4: 7

Ainsi commença le « dialogue ». Pourtant, Jésus ne lui révéla pas Son identité — pas immédiatement — mais explora avec elle un besoin humain bien plus fondamental : sa soif de divin, de trouver un sens à son existence, de transcendance.

Jésus lui répondit : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : “Donne-moi à boire”, c'est toi qui lui aurais demandé, et il t'aurait donné de l'eau vive. »

Jean 4: 10

C'est dans cette rencontre en vérité, sur ce « terrain commun », que Jésus pu finalement lui proposer « l'eau vive » dont son âme était assoiffée, allant même jusqu'à l'inciter à se repentir.

« Quiconque boit de cette eau aura de nouveau soif ; mais celui qui boira de l'eau que moi je lui donnerai n'aura plus jamais soif ; et l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d'eau jaillissant pour la vie éternelle. » La femme lui dit : « Seigneur, donne-moi de cette eau, que je n'aie plus soif, et que je n'aie plus à venir ici pour puiser. »

Jean 4: 14-15

Dans ce récit, nous trouvons un condensé de ce à quoi ressemble un « dialogue interreligieux » authentique.

L'Église catholique ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions. Elle considère avec un respect sincère ces manières d'agir et de vivre, ces [préceptes] et ces doctrines qui, quoiqu'[ils] diffèrent sous bien des rapports de ce qu'elle-même tient et propose, cependant reflètent souvent un rayon de la vérité qui illumine tous les hommes. Toutefois, elle annonce, et elle est tenue d'annoncer sans cesse, le Christ qui est « la voie, la vérité et la vie » (Jn 14: 6), dans lequel les hommes doivent trouver la plénitude de la vie religieuse et dans lequel Dieu s'est réconcilié toutes choses.

— Concile Vatican II, Nostra Aetate, n° 2

En effet, le dernier jour de ce rassemblement interconfessionnel à Assise, saint Jean-Paul II identifia cette « eau vive » comme étant une Personne :

... je professe à nouveau ma conviction, partagée par tous les chrétiens, qu'en Jésus-Christ, le Sauveur de tous, on peut trouver la vraie paix, « paix pour vous qui êtes loin et pour ceux qui sont proches » (cf. Ep 2: 17) ... Je redis ici humblement ma propre conviction : la paix porte le nom de Jésus-Christ.

Discours de Jean-Paul II aux représentants des églises chrétiennes, des communautés ecclésiales et des religions mondiales, Basilique Saint-François à Assise, 27 octobre 1986

Est-ce aussi le but visé par le Pape François avec les initiatives interreligieuses qu'il a entreprises ? Nous devons supposer que tel est le cas, même s'il apparaît souvent que le dialogue n'a pas encore dépassé le stade du « Donnez-moi à boire ». Le lendemain de la publication d'une vidéo dans laquelle le Pape François disait : « Nous sommes tous des enfants de Dieu », il proclama lors de l'Angélus :

... l'Église [désire] que tous les peuples de la terre puissent rencontrer Jésus, faire l'expérience de son amour miséricordieux... [l'Église veut] désigner respectueusement à chaque homme et à chaque femme de ce monde l'Enfant qui est né pour le salut de tous.

— Pape François, Angélus, le 6 janvier 2016 ; Zenit.org

En même temps, nous ne pouvons pas prétendre que le Pape n'a pas donné des signaux déroutants. Se référant aux événements s'étant tenus dans les Jardins du Vatican, le cardinal Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, fit une déclaration inquiétante que voici :

Toute cette triste affaire alimentera de nombreuses sectes agressives anticatholiques en Amérique du Sud et ailleurs qui, dans leurs polémiques, soutiennent que les catholiques sont des adorateurs d'idoles et que le Pape auquel ils obéissent est l'Antéchrist. Des centaines de milliers de catholiques de la région amazonienne et partout où ont été vues les vidéos de ce spectacle romain quitteront l'Église en signe de protestation. Personne n'a-t-il pensé à ces conséquences ou a-t-on simplement supposé qu'il ne s'agissait que de dommages collatéraux ?

— Cardinal Müller, entretien avec Die Tagestpost, 15 novembre 2019 ; lifesitenews.com

Exagération ? L'histoire établira si, à travers ces cérémonies interreligieuses, ce Pape mais également tous les papes des cinquante dernières années, ont efficacement servi l'Évangile ou, au contraire, l'ont obscurci. Il est certain en tout cas que François ne croit pas au panthéisme ni à l'animisme. Pour citer ses propres mots :

Saint Jean de la Croix enseignait que tout ce qu'il y a de bon dans les réalités et les expériences de ce monde « est présent en Dieu de façon éminente et infinie, ou pour le dire plus adéquatement, Dieu se trouve dans chacune de ces sublimes réalités ». Non parce que les choses limitées de ce monde seraient réellement divines, mais parce que [Saint Jean de la Croix] fait l'expérience de la connexion intime qui existe entre Dieu et tous les êtres, et perçoit ainsi que « Dieu est toutes choses ».

Laudato si', n° 234 (traduction libre depuis l'anglais)

Hélas, le premier pape de l'histoire de l'Église est un bon exemple de la façon dont les pontifes, dans leur tentative de parvenir à « dialoguer avec tout le monde », peuvent parfois en arriver à franchir la limite. Pierre, en effet, avait cédé sous la pression des « circoncis » lorsqu'il s'était mis à ne plus vouloir prendre son repas avec les fidèles d'origine païenne. Saint Paul « le réprimanda devant tout le monde » en déclarant que Pierre [et les autres fidèles d'origine juive] ...

... ne marchaient pas droit selon la vérité de l'Évangile...

Galates 2: 14

Sur l'environnement

Un thème majeur de ce pontificat est l'environnement, et à juste titre. Les dégâts que l'homme cause à la terre, et donc à lui-même, sont graves (lire The Great Poisoning). Mais François n'est pas le seul à sonner l'alarme ; saint Jean-Paul II aborda la profonde crise écologique de notre temps dans des mots similaires :

En effet, tous ont sous les yeux les dévastations croissantes causées dans le monde de la nature par le comportement d'hommes indifférents aux exigences [cachées], mais clairement perceptibles, de l'ordre et de l'harmonie qui le régissent... Alors que, dans certains cas, les dégâts sont désormais irréversibles, dans bien d'autres cas, ils peuvent encore être contrôlés. C'est donc un devoir pour toute la communauté humaine — pour les individus, les Etats et les Organisations internationales — de prendre au sérieux leurs responsabilités.

— 1er janvier 1990, Journée mondiale de la paix ; vatican.va

En fait, dans ce discours, il s'est fait le défenseur de la théorie scientifique dominante de son époque selon laquelle « l'épuisement progressif de la couche d'ozone et "l'effet de serre" qui en résulte a aujourd'hui atteint des proportions critiques ». Comme le Pape François, Jean-Paul II comptait sur ses conseillers, tels que l'Académie Pontificale des Sciences. Il s'est finalement avéré que ce « trou est en fait lié à un phénomène saisonnier qui se forme au cours du printemps en Antarctique ». [5] En d'autres termes, la panique était exagérée.

La nouvelle crise aujourd'hui est le « réchauffement climatique ». Mais, encore une fois, François n'est pas le seul à avoir été amené à croire à une catastrophe climatique imminente.

La protection de l'environnement, la promotion d'un développement durable et l'attention particulière aux changements climatiques sont des sujets de grave préoccupation pour toute la famille humaine.

— PAPE BENOÎT XVI, Lettre à Sa Sainteté Bartholomaios Ier, Archevêque de Constantinople Patriarche Œcuménique, 1er septembre 2007

Ici, Benoît XVI utilise le jargon de l'ONU, tout comme François. Bien que ces mots ont pris un sens souvent funeste dans la bouche de beaucoup de mondialistes — par exemple l'expression « maintenir ou contenir la population » [6] — le « développement durable » n'est pas en soi incompatible avec la doctrine catholique. Comme l'affirme le Compendium de la doctrine sociale de l'Église :

Le lien étroit qui existe entre le développement des pays les plus pauvres, les mutations démographiques et une utilisation durable de l'environnement, ne doit pas servir de prétexte à des choix politiques et économiques peu conformes à la dignité de la personne humaine.

— n° 483, vatican.va

Ainsi, le Pape Benoît XVI émet une mise en garde pertinente contre les dangers que cache ce mouvement écologique :

De nos jours, l'humanité s'inquiète pour l'avenir de l'équilibre écologique. À cet égard, il convient que les évaluations se fassent avec prudence, dans un dialogue entre experts et [personnes de sagesse], sans précipitations idéologiques vers des conclusions hâtives et surtout en recherchant ensemble un modèle de développement durable qui garantisse le bien-être de tous dans le respect des équilibres [environnementaux].

— Message pour la célébration de la Journée mondiale de la paix, le 1er janvier 2008 ; vatican.va

Une fois de plus, l'histoire établira si François a été « hâtif » en soutenant la science du « réchauffement climatique ».

Sur l'économie

François – citant ses prédécesseurs – appelle également à une autorité mondiale.

... pour assurer la protection de l'environnement et pour réguler les flux migratoires, il est urgent que soit mise en place une véritable Autorité politique mondiale telle qu'elle a déjà été esquissée par mon Prédécesseur, [saint] Jean XXIII.

Laudato si', n° 175 ; cf. Caritas in Veritates, n° 67

Et comme ses prédécesseurs, le Pape François rejette l'idée d'un « super-État mondial » invoquant une fois encore le principe de « subsidiarité » qui assure l'autonomie de chaque niveau de la société, depuis la « famille » jusqu'aux autorités internationales.

Rappelons le principe de subsidiarité, qui donne la liberté [de développer les] capacités présentes à tous les niveaux [de la société], mais qui exige en même temps plus de responsabilité pour le bien commun de la part de celui qui détient plus de pouvoir. Il est vrai qu'aujourd'hui certains secteurs économiques exercent davantage de pouvoir que les États eux-mêmes.

Laudato si', n° 196

Le Pape François n'a pas ménagé ses critiques vis-à-vis de ces « secteurs économiques », en ayant lui-même recours à un langage quasi apocalyptique.

Une nouvelle tyrannie invisible s'instaure, parfois virtuelle, qui impose ses lois et ses règles, de façon unilatérale et implacable. De plus, la dette et ses intérêts éloignent les pays des possibilités praticables par leur économie et les citoyens de leur pouvoir d'achat réel. S'ajoutent à tout cela une corruption ramifiée et une évasion fiscale égoïste qui ont atteint des dimensions mondiales. L'appétit du pouvoir et de l'avoir ne connaît pas de limites. Dans ce système, qui tend à tout phagocyter dans le but d'accroître les bénéfices, tout ce qui est fragile, comme l'environnement, reste sans défense [face aux intérêts d'un] marché divinisé, transformés en règle absolue.

Evangelii Gaudium, n° 56

Des commentateurs occidentaux, notamment américains, ont critiqué le Pape en affirmant qu'il était marxiste, en particulier lorsqu'il a déclaré sans ambages que Capitalisme « le désir sans retenue de l'argent » est le « crottin du diable ». [7] Marxiste ? Non. François faisait écho à la doctrine sociale catholique qui n'est ni « capitaliste » ni « communiste », mais est plutôt en faveur d'un système économique qui fait de la dignité et du bien-être de la personne sont principe fondamental. Une fois de plus, ses prédécesseurs n'ont pas dit autre chose :

... Si sous le nom de « capitalisme » on désigne un système économique qui reconnaît le rôle fondamental et positif de l'entreprise, du marché, de la propriété privée et de la responsabilité qu'elle implique dans les moyens de production, de la libre créativité humaine dans le secteur économique, la réponse est sûrement positive... Mais si par « capitalisme » on entend un système où la liberté dans le domaine économique n'est pas encadrée par un contexte juridique ferme qui la met au service de la liberté humaine intégrale et la considère comme une dimension particulière de cette dernière, dont l'axe est d'ordre éthique et religieux, alors la réponse est nettement négative.

— SAINT JEAN-PAUL II, Centesimus Annus, n° 42; Compendium de la doctrine sociale de l'Église, n. 335

François rejeta catégoriquement cette accusation calomnieuse selon laquelle il serait marxiste :

L'idéologie marxiste est erronée... [mais] la théorie du ruissellement ('trickle-down' en anglais) ... exprime une confiance grossière et naïve dans la bonté de ceux qui détiennent le pouvoir économique... [ces théories présument que] toute croissance économique, favorisée par le libre marché, réussit à produire, par elle-même, une meilleure équité et inclusion sociale dans le monde. Soit la promesse que quand le verre serait rempli, il déborderait, et les pauvres alors en profiteraient. Mais quand il est plein, le verre, comme par magie, s'agrandit et jamais rien n'en sort pour les pauvres. Ce fut là ma seule référence à une théorie spécifique. Je le répète, je ne me suis pas exprimé en technicien mais selon la doctrine sociale de l'Église. Cela ne signifie pas être marxiste.

— PAPE FRANÇOIS, 14 décembre 2013, entretien avec La Stampa ; lefigaro.fr

Mais du coup, comme nous le lisons dans Le nouveau paganisme - partie 3, une réaction destructrice, un esprit révolutionnaire est en train de se lever contre le système de marché libre et la redistribution injuste de la richesse ; c'est une révolution qui commence par prendre la forme du socialisme (et qui n'est pas moins scatologique — pour reprendre la référence du Saint Père : « le désir sans retenue de l'argent est le fumier [ou crottin] du diable » [7]).

Cette révolte est en son essence spirituelle. Elle est la révolte de Satan contre le don de la grâce. Au fond, je crois que l'homme en Occident refuse d'être sauvé par pure miséricorde. Il refuse de recevoir le salut et veut le bâtir par lui-même. Les « valeurs occidentales » promues par l'ONU reposent sur un refus de Dieu que je compare à celui du jeune homme riche de l'Évangile. Dieu a regardé l'Occident et il l'a aimé parce qu'il a fait de grandes choses. Il l'a invité à aller plus loin mais l'Occident s'est détourné, il a préféré les richesses qu'il ne devait qu'à lui-même.

— Cardinal Sarah, Catholic Herald, 5 avril 2019 ; evangelium-vitae.org

Encore une fois, l'histoire établira si, en apportant son soutien aux objectifs des Nations Unies, le Pape ne fait pas lui-même preuve d'une « confiance grossière et naïve dans la bonté de ceux qui détiennent le pouvoir économique. »

Cela dit, en conclusion de ce qui a été dit jusqu'ici, ce pontificat n'est pas radicalement en rupture avec celui de ses prédécesseurs.

Prophétique... ou imprudent ?

D'un point de vue spirituel, il est peut-être temps de nous poser de sérieuses questions. La mission de l'Église est-elle accomplie ou est-elle obscurcie par un « dialogue » qui se focaliserait trop sur le temporel ? Contribuons-nous à la « restauration de toutes choses dans le Christ », ou l'Église devient-elle trop politique en s'alignant sur des institutions telles que les Nations Unies ? Construisons-nous selon une perspective spirituelle, ou avons-nous trop confiance dans la bonne volonté d'une autorité politique mondiale séculière ? Faisons-nous confiance à la sagesse et à la puissance de Dieu, ou comptons-nous trop sur des solutions humaines pour réaliser Son dessein « de justice et de paix » pour l'avenir ? [8] Ce sont là des questions honnêtes.

Mais voici une réponse honnête. Dans un moment de prescience, anticipant peut-être la naissance des Nations Unies, 42 ans plus tard, Pie X déclarait :

Il en est, et en grand nombre, Nous ne l'ignorons pas, qui, dans leur aspiration à la paix, c'est-à-dire à la tranquillité de l'ordre, se regroupent en associations et en factions pour former ce qu'ils appellent des partis de l'ordre. Hélas ! vaines espérances, peines perdues ! Car il n'existe qu'un parti de l'ordre capable de rétablir la tranquillité au milieu de tous ces troubles : le parti de Dieu. C'est dès lors ce parti qu'il nous faut promouvoir, en y conduisant le plus de monde possible, pour peu que nous soyons réellement animés par l'amour de la paix.

E Supremi, n° 7 (traduit partiellement depuis l'anglais)

Les efforts que nous déployons dans la sphère publique importent peu, pas davantage nos interactions avec les gouvernements ni les relations fraternelles que nous établissons avec d'autres religions ; tout cela ne fera jamais advenir le Royaume de Dieu sur terre, a-t-il déclaré. Celui-ci « n'adviendra que par Jésus-Christ. ». [9] Notre Seigneur lui-même a dit à Sainte Faustine :

L'humanité n'aura pas la paix tant qu'elle ne se tournera pas avec confiance vers Ma miséricorde.

La miséricorde divine dans mon âme, Petit Journal, n° 300

Dieu aime tous les hommes et toutes les femmes de la terre et il leur donne l'espérance d'une ère nouvelle, d'une ère de paix. Son amour, révélé en plénitude dans son Fils qui s'est fait chair, est le fondement de la paix universelle. Accueilli au plus profond du cœur, il réconcilie chacun avec Dieu et avec lui-même, il renouvelle les rapports des hommes entre eux et il suscite la soif de fraternité qui est capable d'éloigner la tentation de la violence et de la guerre.

— Pape Jean Paul II, Message du Pape Jean-Paul II à l'occasion de la Journée mondiale de la paix, 1er janvier 2000 ; Vatican.va

Toute notre activité missionnaire doit en fin de compte être orientée vers la réconciliation de nos frères et soeurs avec le Père par Jésus-Christ, Notre Seigneur. [10] Cette tâche n'est-elle pas plus urgente que jamais ?

Ce n'est pas le moment d'avoir honte de l'Évangile. Le temps est venu de le proclamer au-dessus des toits.

— PAPE SAINT JEAN-PAUL II, Homélie au Cherry Creek State Park, Denver, Colorado, 15 août 1993 ; Vatican.va

Autrement, nous risquons de tomber dans l'idolâtrie, c'est-à-dire dans un état d'adultère avec l'esprit du monde. Une prophétie de saint Antoine du Désert est particulièrement d'actualité en ces temps où l'Église semble de plus en plus se faire le porte-parole des Nations Unies et de leurs objectifs de « développement durable » :

Les hommes se livreront à l'esprit de leur siècle. Ils diront que s'ils avaient vécu à notre époque, la Foi serait simple et facile. Mais à leur époque, diront-ils, les choses seront complexes ; l'Église doit être mise à l'ordre du jour et s'adapter aux problèmes du temps présent. Quand l'Église et le monde ne feront qu'un, alors ces jours [de la Justice divine] seront proches, parce que notre divin Maître a placé une barrière entre Ses choses et les choses du monde.

catholicprophecy.org

Il est intéressant de noter que le thème de la "complexité" des situations dans la famille d'aujourd'hui, et de la "complexité" des solutions... apparaît fréquemment dans Amoris Laetitia (voir e.a. les points 32, 41, 79, 84, 202, 206, 249, 259, 287, 296, 303, Ndtr) — l'un des documents pontificaux ayant suscité le plus le désaccord depuis Humanae Vitae (cette fois, pour être considéré comme trop libéral, et non pas trop conservateur).

Saint Nilus [est un ermite qui] vécut aux alentours de l'an 400. Il prophétisa avec une précision époustouflante ce qui se passerait aux alentours de la période au cours de laquelle l'Organisation des Nations Unies serait créée (1945) :

Après l'année 1900, vers le milieu du 20e siècle, les gens de ce temps-là deviendront méconnaissables. Quand le temps de la venue de l'Antéchrist approchera, l'intelligence des hommes sera obscurcie par des passions charnelles : l'avilissement et l'impiété s'accentueront. Le monde deviendra alors méconnaissable. Les gens changeront d'apparence, il sera impossible de distinguer les hommes des femmes à cause de l'effronterie dans leur manière de s'habiller et dans la mode de leurs cheveux... On ne respectera plus les parents et les aînés. L'Amour disparaîtra. Et les pasteurs chrétiens, évêques et prêtres, deviendront des hommes vains, complètement incapables de discerner leur droite de leur gauche. En ce temps-là, les lois morales et les traditions des chrétiens et de l'Église changeront...
La luxure, l'adultère, l'homosexualité, les actions secrètes et le meurtre seront la règle de la société... Les églises seront privées de pasteurs pieux et craignant Dieu, et malheur aux chrétiens qui resteront sur la terre à ce moment-là ! Ils auront beaucoup de difficultés à garder la foi, car il n'y aura plus personne pour leur montrer la lumière et la Vérité...

— Le reste de la prophétie peut être lue ici.

Loyauté vs Fidélité

De telles prophéties ont pour but de nous préparer au combat — mais nous ferions bien de nous assurer de mener le bon combat. Ne tombons pas dans le piège qui tend à utiliser ces paroles prophétiques pour attaquer le Saint Père ; elles parlent de l'Église dans son ensemble et peuvent inclure ou non le Pape. Si le Saint Père en fait partie, l'attitude qu'il nous faut adopter est celle énoncée avec sagesse par le cardinal Robert Sarah.

Nous devons aider le Pape. Nous devons rester avec lui comme nous le ferions avec notre propre père.

— Cardinal Robert Sarah, 16 mai 2016, Lettres du Journal de Robert Moynihan

Nous pouvons aider nos papes de cinq façons : 1) par notre prière ; 2) en étant une voix de clarté lorsque la leur ne l'est pas ; 3) en évitant tout jugement téméraire à leur égard ; 4) en interprétant leurs paroles favorablement et en accord avec la Sainte Tradition ; 5) et par une correction fraternelle quand ils se trompent (ce qui est principalement le rôle des évêques). Sinon, le cardinal Sarah lance un avertissement :

L'Église est représentée sur la terre par le Vicaire du Christ, c'est-à-dire le pape. Et qui est contre le pape est ipso facto hors de l'Église.

— Cardinal Robert Sarah, Corriere della Sera, 7 octobre 2019 ; La Croix

Ceux qui sont ébranlés par François, et qui ont par conséquent commencé à chercher des moyens d'invalider son élection, feraient bien d'écouter l'un des critiques les plus virulents de l'approche pastorale du Pape François :

Certaines personnes m'ont présenté toutes sortes d'arguments mettant en cause l'élection du Pape François. Mais je le nomme chaque fois que j'offre la Sainte Messe, je l'appelle Pape François, ce ne sont pas des paroles creuses de ma part. Je crois qu'il est le pape. Et j'essaie de dire cela systématiquement aux gens, parce que vous avez raison — selon ma perception aussi, les gens deviennent de plus en plus extrêmes dans leur réaction vis-à-vis de ce qui se passe dans l'Église.

— Cardinal Raymond Burke, entretien avec le New York Times, 9 novembre 2019

La loyauté envers un pape qui peut, par moment, être dans l'erreur ne constitue pas une infidélité envers le Christ ; c'est tout le contraire. Cela fait partie de cet effort vers lequel nous devons tendre « pour garder l'unité dans l'Esprit par le lien de la paix ». [11] Une telle loyauté révèle la profondeur de notre foi dans le Christ : croyons-nous que Jésus est toujours en train de bâtir Son Église, même lorsque les papes se trompent ?

Car même si un pape devait diriger la Barque de Pierre dans la mauvaise direction,
il n'ira nulle part tant que le vent du Saint-Esprit ne souffle pas dans ses voiles.

En d'autres termes, « toutes choses concourent au bien de ceux [...] qui sont appelés selon son dessein. ». [12] Et quel pourrait être le dessein de Dieu à l'heure actuelle ?

... on voit la nécessité d'une passion de l'Église, qui naturellement se reflète dans la personne du Pape, mais le Pape est pour l'Église et donc ce sont des souffrances de l'Église qui sont annoncées...

— PAPE BENOÎT XVI, entretien avec des journalistes lors de son vol vers le Portugal, 11 mai 2010

Même lorsque nos papes disent et font des choses déroutantes ou ambiguës, ce n'est jamais une raison pour abandonner le navire. Comme nous le rappelle saint Jean Chrysostome :

L'Église est ton espérance, l'Église est ton salut, l'Église est ton refuge.

Hom. "de capto Euthropio", n° 6

Et comme Mgr Ronald Knox (1888-1957) disait un jour : « Peut-être serait-ce une bonne chose si chaque chrétien, et certainement chaque prêtre, pouvait rêver une fois dans sa vie qu'il est le pape — et se réveiller de ce cauchemar dans des sueurs d'agonie. »

Mark Mallett
The Popes and the New World Order – Part II


[1] Catéchisme de l'Église catholique, n° 677
[2] 2 Tim 3: 5
[3] Document sur « La fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune », Abou Dhabi, 4 février 2019 ; vatican.va
[4] 8 mars 2019 ; leforumcatholique.org
[5] smithsonianmag.com
[6] lire Limiter la population mondiale à 500 millions ? et Combien d'habitants la Terre peut-elle supporter ? ; cf. Le nouveau paganisme - partie 3
[7] Discours lors de la deuxième rencontre mondiale des mouvements populaires, Santa Cruz de la Sierra, Bolivie, 10 juillet 2015 ; vatican.va
[8] cf. Ps 84 (85) : 11 ; Is 32: 17
[9] E Supremi, n° 8
[10] cf. 2 Co 5: 18
[11] Éphésiens 4: 3
[12] Romains 8:28

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« Mais attendez », me diront certains. « Le Pape François n'utilise-t-il pas lui-même un "langage confus et ambigu" ? »

Je me demande si cette ambiguïté n'est pas intentionnelle, n'y avez-vous jamais pensé ? Il en va de même pour la liberté de parole que le Pape a donnée aux évêques lors des récents synodes. De cette façon, ils peuvent révéler ce qu'ils ont dans le cœur. (cf. Luc 2: 34-35) Même si cette "stratégie" fait souffrir l’Église, et donc la Sainte Vierge Marie ("et toi, ton âme sera traversée d’un glaive" - Luc 2: 35)

En effet, cette ambiguïté a un mérite, elle fait croire à tous ces Judas, tous ces loups que le Pape est l'un des leurs et ils s'écrient donc "Sortons du bois et changeons l'Enseignement de l'Église avec l'aide du Pape."

Mais bientôt ils verront que le pape est un vrai berger, qu'il ne modifiera pas la doctrine, qu'il est un "fidèle fils de l'Église". Mais à ce moment les loups seront exposés et ils essaieront de le crucifier. Mais alors, le temps de la Miséricorde prendra fin et la Justice balaiera tous ces loups.

Je pense vraiment que ce pape est délibérément ambigu, c'est une stratégie en quelque sorte.

D'ailleurs François s'est révélé un vrai berger quand il a soutenu le célibat des prêtres. Ceux qui l'attaquaient auparavant sur ce sujet se sont retrouvés bien embarrassés de voir échouer leurs prévisions, tandis que ceux qui s'attendaient à ce qu'il soit progressiste et donc des leurs, ont été laissés pour compte.

Notre Mère l’Église, et à travers elle la Sainte Vierge Marie, est affligée à cause de cette ambiguïté et parce que ce Pape (et le Christ à travers lui) devient "un signe de contradiction". Mais cette souffrance, ce glaive qui perce son âme, agit comme un révélateur des pensées de nombreux cœurs, et comme un tamis aussi pour séparer le bon grain de l'ivrée.

Parfois, le pape pourrait être plus clair (après tout, c'est son rôle principal). Mais François est comme il est - pour notre part, nous connaissons déjà les vérités de la foi catholique (sinon nous avons les encycliques, exhortations apostoliques et le catéchisme pour nous former) ; ce n'est pas comme si ces vérités étaient cachées, attendant qu'un Pape ne daigne les révéler.

Philippe

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