Les catholiques qui quittent l'Eglise en raison des scandales risquent le "néant existentiel" pour toute l'éternité par Cardinal Walter Brandmüller


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Publié le vendredi 14 juin 2019

Auteur : Cardinal Walter Brandmüller

Catégorie : Vie de l'Eglise

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Le cardinal Walter Brandmüller, l'un des signataires des dubia, a averti les catholiques qui abandonnent la seule véritable Église, quelle qu'en soit la raison, qu'ils risquent de tomber dans la damnation éternelle du « néant existentiel ».

Selon le cardinal Brandmüller, quitter l'Église signifie « tomber dans un néant existentiel, et ce choix, [s'il persiste] au moment de la mort, [vaudrait] pour l'éternité. » Brandmüller a fait ce commentaire lors d'un récent entretien en s'exprimant sur les raisons de l'augmentation du nombre de catholiques bavarois (Allemagne) quittant l'Église.

Il a également cité Saint Augustin, qui déclarait que les catholiques sont comme des sarments qui sont « soit greffés à la vigne, soit jetés au feu où ils brûlent ». Brandmüller a indiqué, toutefois, qu'il se sentait encouragé par le « nombre croissant de jeunes » qui ont décidé de « servir l'Église » malgré les scandales actuels.

Photo : Le cardinal Walter Brandmüller, lifesitenews.com

Les médias se réjouissent :

Les demandes d'apostasie (débaptisation) se multiplient après les scandales de l'Église catholique... Après les récents scandales de pédophilie de l'Église catholique, de nombreuses personnes se font débaptiser.

Source : bfmtv.com

L'apostasie ou comment des fidèles catholiques choisissent de se débaptiser par dégoût de l'Église

Après les nombreux scandales qui ont touché et continuent de toucher l'Église catholique, de plus en plus de fidèles choisissent de tourner le dos à leur religion. Avec l'apostasie, ils peuvent ainsi se faire débaptiser et quitter le culte.

Source : tf1.fr

Mais tout cela est arrivé pour que s'accomplissent les écrits des prophètes. Alors tous les disciples l'abandonnèrent et s'enfuirent.

Mt 26: 56

« Au temps de l'avènement de l'impie ennemi de tout bien [certains catholiques diront] : je nie le Créateur du ciel et de la terre, je nie le baptême, je renie [ma fidélité à l'Église], et je m'attache à vous [le Fils de perdition], et je crois en vous. »

—Pères de l'Église, extrait d'un discours du bienheureux Hippolyte, évêque et martyr, sur la fin du monde, sur l'Antéchrist et sur la seconde venue de Notre Seigneur Jésus-Christ. newadvent.org

S'adressant au Dr Armin Schwibach — correspondant à Rome du site autrichien d'actualité catholique Kath.net — le cardinal Brandmüller a tout d'abord exprimé quelques raisons pour lesquelles, en 2018, il y eut une augmentation de l'ordre de 25% du nombre de catholiques quittant l'Église catholique en Bavière. Selon lui, il y avait alors un certain nombre de catholiques "par tradition" qui restèrent dans l'Église par habitude, mais qui l'ont aujourd'hui quittée en raison des scandales récents.

« Les vents violents qui secouent l'arbre-Église, » explique Brandmüller, « balaient à présent ces feuilles mortes et desséchées. » Lorsque « seuls 5% à 10% des catholiques qui paient l'impôt religieux à l'Église participent à la messe dominicale, il devient évident qu'un très petit nombre de catholiques ont réellement la foi et la pratiquent dans les faits. »

L'impôt d'église ou Kirchensteuer est obligatoire en Allemagne pour les membres d'un groupe religieux particulier. Il est déduit au niveau de la paye. L'obligation de payer cette taxe, théoriquement, commence le jour où l'on est baptisé. Toute personne qui veut arrêter de payer doit déclarer par écrit, au tribunal administratif local (Amtsgericht) ou bureau d'enregistrement, qu'elle quitte l'Église. Elle est alors rayée des registres de l'Église et ne peut plus recevoir les sacrements.

Wikipedia

Ainsi, les démarches officielles entreprises pour quitter l'Église ne font que rendre visible « ce qui fut une réalité vécue pendant longtemps. »

(...) Une fois que les catholiques quittent ce système [d'imposition religieuse], les évêques allemands refusent de leur administrer les sacrements et les déclarent excommuniés. L'un des problèmes de ce système est que les catholiques fidèles en Allemagne sont obligés de financer des projets émanant de l'Église catholique officielle qui promeuvent parfois des points de vue hétérodoxes. Ajoutant à la confusion des catholiques, l'Église catholique allemande, dans de nombreuses régions, donne aujourd'hui officiellement la Sainte Communion aux "divorcés-remariés" et aux épouses protestantes de fidèles catholiques, ce qui constitue une violation de l'enseignement et de la discipline de l'Église.

C'est dans ce contexte que le cardinal allemand voit également un autre groupe de catholiques quitter l'Église en Allemagne. Ce sont ceux qui quittent l'Église « pour des raisons complètement différentes ». « Ils protestent contre une institution empêtrée dans des structures bureaucratiques. Pour ces [bureaucrates], la vérité de la foi, les normes morales de l'Évangile, des sacrements et l'adoration de Dieu ne jouent qu'un rôle secondaire, pour ne pas dire aucun. »

(...)

[S'exprimant au sujet de] l'image et de la substance que donne l'Église catholique d'elle-même, Brandmüller explique que, si l'on comprend l'Église catholique comme une sorte « d'ONG poursuivant un programme à la fois religieux, folklorique et caritatif », alors les catholiques s'en vont si quelque chose ne leur plaît pas. « Mais, » ajoute le cardinal, « l'Église est vraiment quelque chose de complètement différent ! » Elle est le « Peuple de Dieu, » le « Corps du Christ, » explique-t-il, ajoutant qu'elle n'a pas été « bâtie par des mains d'homme, mais est l'oeuvre et l'instrument de Jésus-Christ pour la rédemption de l'humanité, et de l'univers tout entier. » Il ajoute que l'Église « est aussi la barque de Pierre le pêcheur dont la mission est de nous permettre de traverser la mer déchaînée. Bien sûr, certains peuvent décider de la quitter [face à ces vagues déferlantes] ... »

Selon le prélat, un catholique quitte véritablement l'Église « lorsqu'il apostasie de la foi » (...) Le cardinal souligne les conséquences de cette apostasie en se référant à l'Évangile de Jean, chapitre 15, dans lequel l'évangéliste explique que seuls les sarments greffés à la Vigne — à Notre Seigneur — peuvent porter du fruit, et que ceux qui se séparent de la Vigne « se dessèchent et on les jette au feu, où ils brûlent. » Brandmüller cite ensuite Saint Augustin : « L'une de ces deux choses arrivera au sarment : soit [il sera greffé à] la vigne soit [jeté au] feu. » Commentant ces mots, le prélat allemand explique au Dr Schwibach : « Comprenez-vous maintenant que je ne peux vraiment rien faire d'autre que de rester dans l'Église, en tant que sarment greffé à la Vigne ? Et ceci malgré tous les scandales. »

Brandmüller a déclaré qu'au cours de ses vingt années à Rome, il a été témoin d'un grand sens du « service désintéressé, de la piété et de la loyauté envers la foi », mais également de « beaucoup de choses mauvaises ». « Ici, ajoute-t-il, nous avons appris à souffrir dans et avec l'Église. Mais "la quitter" ? Cela signifierait tomber dans un néant existentiel — et ce choix, [s'il persiste] au moment de la mort, [vaudrait] pour l'éternité. »

Terminant l'entretien sur un ton positif, le cardinal Brandmüller déclare qu'il est « rempli d'une confiante assurance » en raison du « nombre croissant de jeunes qui, tout en ayant pleinement conscience des scandales et des problèmes actuels, sont néanmoins déterminés à servir l'Église et le Seigneur, soit en s'engageant dans la prêtrise, soit dans la vie religieuse. Ils savent souvent par expérience que la hiérarchie de l'Église les considère avec méfiance, voire même avec aversion. Ils ont constaté que celui qui priait le Rosaire, etc. était immédiatement renvoyé du séminaire. » En particulier en France, explique le cardinal, de nouvelles communautés religieuses ont été fondées, lesquelles « désirent servir l'Église avec une ferme loyauté envers la foi. » « Le Saint-Esprit est à l'oeuvre — même aujourd'hui, » ajoute-t-il.

Brandmüller, qui est l'un des deux cardinaux encore en vie à avoir signé les dubia, conclut sur ces mots : « Le blason de la ville de Paris arbore l'image d'un navire sur les hautes vagues de la Seine. L'accompagne sa devise : Fluctuat nec mergiturbattu par les flots, mais ne sombre pas ! Combien plus cette devise s'applique-t-elle à l'Église !

lifesitenews.com

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