La peur d'être appelé


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Publié le dimanche 22 mars 2020

Auteur / source : Mark Mallett

Catégorie : Encouragements spirituels

Saint Augustin disait un jour : « Seigneur, rends-moi [saint], mais pas tout de suite ! »

Lire le texte original en anglais sur le blog de Mark Mallett

Il trahissait une peur commune chez de nombreux croyants et non croyants : qu'être un disciple de Jésus implique de devoir renoncer aux joies terrestres ; qu'il s'agit finalement d'un appel à la souffrance et à la privation ici-bas ; à la mortification de la chair, à l'anéantissement de la volonté et au refus du plaisir. Après tout, saint Paul ne dit-il pas « offrez votre corps en sacrifice vivant » [1] et Jésus de rajouter :

Si quelqu'un veut marcher à ma suite, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la trouvera.

Mt 16: 24-26

Oui, à première vue, le christianisme parait être une voie plutôt misérable à suivre au cours de notre courte existence terrestre. Jésus semble davantage vouloir notre perte que notre salut.

Ah ! que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu.

Lc 4: 34

Mais pour corriger ce constat plutôt sombre, il nous faut préciser quelle est la raison première de la venue de Jésus sur terre, et qui est résumée dans ces trois passages des Écritures :

... tu lui donneras le nom de Jésus, car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés... (Mt 1: 21)

Amen, amen, je vous le dis : qui commet le péché est esclave du péché. (Jn 8: 34)

C'est pour que nous soyons libres que le Christ nous a libérés. Alors tenez bon, ne vous mettez pas de nouveau sous le joug de l'esclavage. (Ga 5: 1)

Jésus n'est pas venu pour nous asservir à la misère, mais précisément pour nous en libérer ! Qu'est-ce qui nous rend profondément tristes ? Est-ce le fait d'aimer Dieu de tout notre cœur, de toute notre âme et de toute notre force... ou n'est-ce pas plutôt la culpabilité et la honte que nous ressentons toutes les fois où nous péchons ? La réponse honnête à cette question, qui s'appuie sur l'expérience empirique de l'humanité, est simple...

... le salaire du péché, c'est la mort ; mais le don gratuit de Dieu, c'est la vie éternelle dans le Christ Jésus notre Seigneur.

Rm 6: 23

Prenons l'exemple « des riches célébrités » de ce monde et tirons-en une parabole — voyez comment il est possible de tout avoir (argent, pouvoir, sexe, drogue, gloire, etc.) — tout en étant complètement ravagé intérieurement. Ils ont en effet accès à tous les plaisirs temporels mais poursuivent, sans jamais y parvenir, des joies durables et éternelles qui les fuient continuellement.

Et pourtant, pour quelle raison, nous qui sommes chrétiens craignons-nous tant que Dieu veuille nous priver du peu que nous avons ? Nous avons peur que si nous lui donnons notre « oui » plein et entier, Il exigera en retour que nous abandonnions notre chalet au bord du lac, ou l'homme ou la femme que nous aimons, ou cette nouvelle voiture que vous venez d'acheter, ou le plaisir que vous procure un bon repas, ou la sexualité, ou une foultitude d'autres plaisirs. Tout comme pour le jeune homme riche dans les évangiles, chaque fois que nous entendons Jésus nous appeler à quelque chose de plus grand, nous lui tournons le dos et nous éloignons de Lui remplis de tristesse.

« Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes [ou] donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux. Puis viens, suis-moi. » À ces mots, le jeune homme s'en alla tout triste, car il avait de grands biens.

Mt 19: 21-22

J'aimerais comparer ce passage à celui où Jésus demande à Pierre de laisser derrière lui ses filets de pêche et l'invite à le suivre. Nous savons que Pierre a immédiatement suivi Jésus... mais, ensuite, nous lisons quelques pages plus loin que Pierre a toujours sa barque et ses filets. Qu'est-il arrivé ?

Dans le cas du jeune homme riche, Jésus voyait que ses biens étaient devenus des idoles et que son cœur en était devenu esclave (cf. Mt 6: 21). Et donc, il fallait que ce jeune homme « brise ses idoles » afin d'être libre, et donc vraiment heureux. Car,

Nul ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l'un et aimera l'autre, ou bien il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l'Argent.

Mt 6: 24

Lire : (EMI) Témoignage de Dale Recinella : Un prestigieux avocat sans aucune défense

Après tout, la question que le jeune homme posa à Jésus était celle-ci : « Que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ? » Pierre, quant à lui, fut également appelé à renoncer à ses biens. Mais Jésus ne lui a pas demandé de les vendre. Pourquoi ? Parce que la barque de Pierre n'était de toute évidence pas une idole et ne l'empêchait pas de se donner complètement au Seigneur.

... Ils abandonnèrent leurs filets et le suivirent.

Mc 1: 17

Il s'avère que la barque de Pierre est devenue un instrument très utile pour servir le Seigneur dans Sa mission, que ce soit pour transporter Jésus d'un village à un autre, ou pour donner l'occasion au Christ d'accomplir plusieurs miracles afin de révéler Sa puissance et Sa gloire. Les biens matériels et les plaisirs ne sont pas mauvais en soi ; c'est la façon dont nous les utilisons ou les recherchons qui peut le devenir. Dieu a fait don de la création à l'humanité pour que l'homme parvienne à trouver son Créateur et à l'aimer à travers la vérité, la beauté et la bonté. Cela n'a pas changé.

Quant aux riches de ce monde, ordonne-leur de ne pas s'enorgueillir. Qu'ils mettent leur espérance non pas dans des richesses incertaines, mais en Dieu qui nous procure tout en abondance pour que nous en jouissions. Qu'ils fassent le bien et soient riches en bonnes œuvres ; qu'ils donnent de bon cœur et sachent partager. De cette manière, ils amasseront un trésor pour [assurer leur avenir] et obtenir la vie véritable.

1 Tm 6: 17-19

Et donc, Jésus se tourne vers vous et moi aujourd'hui et nous dit : « Suivez-moi. » Qu'est-ce que cela implique, pourrions-nous nous demander ? Or, ce n'est pas la bonne question. Vous voyez, déjà nous nous demandons, « Que dois-je abandonner ? » La bonne question est plutôt celle-ci : « Comment puis-je (et comment mes biens peuvent-ils) te servir, Seigneur ? »

Je suis venu pour que [vous ayez] la vie, et la vie en abondance... qui perd sa vie à cause de moi la trouvera... Donnez, et l'on vous donnera : c'est une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans le pan de votre vêtement... Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n'est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé.

Jn 10: 10 ; Mt 16: 25 ; Lc 6: 38 ; Jn 14: 27

Ce que Jésus nous promet à vous et moi, c'est la véritable liberté et la vraie joie ; non pas selon la définition qu'en donne le monde, mais selon le Cœur de notre Créateur. La vie chrétienne ne consiste pas à nous voir priver par Dieu de toutes les richesses de Sa création, mais à rejeter ce qui la falsifie et la corrompt, c'est-à-dire ce que nous appelons le « péché ». Et donc, nous ne parviendrons à pénétrer « dans les profondeurs » de cette liberté, qui nous est acquise en tant que fils et filles du Très-Haut, que si nous rejetons les mensonges de ces démons de la peur qui essaient de nous faire croire que la foi chrétienne nous condamne nécessairement au malheur. Non ! Ce que Jésus est venu détruire, c'est l'emprise du péché dans nos vies, en nous appelant à mettre à mort l' « homme ancien » qui est une déformation de l'image du Dieu à la ressemblance de qui nous avons été créés.

Et ainsi, cette mort à soi-même exige en effet de rejeter les désirs et les passions désordonnés de notre nature humaine déchue. Pour certains d'entre nous, cela signifiera briser littéralement toutes ces idoles en considérant les divinités de ces addictions comme ce qu'elles sont, des reliques du passé. Pour d'autres, cela impliquera de subordonner ces passions afin qu'elles se soumettent au Christ et, comme pour la barque de Pierre, puissent servir le Seigneur plutôt que notre ego. Dans tous les cas, cela nécessite un renoncement courageux à soi-même, et de porter la croix de ce renoncement afin de devenir de vrais disciples de Jésus, et ainsi, des fils ou des filles en chemin vers la vraie liberté.

Car notre détresse du moment présent est légère par rapport au poids vraiment incomparable de gloire éternelle qu'elle produit pour nous. Et notre regard ne s'attache pas à ce qui se voit, mais à ce qui ne se voit pas ; ce qui se voit est provisoire, mais ce qui ne se voit pas est éternel.

2 Co 4: 17-18

... les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière. Eh bien moi, je vous le dis : Faites-vous des amis avec l'argent malhonnête, afin que, le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles.

Lc 16: 8-9 (ajout)

Ne vous faites pas de trésors sur la terre, là où les mites et les vers les dévorent, où les voleurs percent les murs pour voler. Mais faites-vous des trésors dans le ciel, là où il n'y a pas de mites ni de vers qui dévorent, pas de voleurs qui percent les murs pour voler. Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur.

Mt 6: 19-21 (ajout)

Si nous fixons nos yeux sur les trésors qui nous attendent au Ciel, nous pouvons faire nôtre les paroles du psalmiste : « j'en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur sur la terre des vivants » — pas seulement au Ciel. Mais cela nécessite notre fiat, notre « oui » à Dieu et un « non » catégorique au péché.

Et de la persévérance.

Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ; espère le Seigneur... Le Seigneur est ma lumière et mon salut ; de qui aurais-je crainte ? Le Seigneur est le rempart de ma vie ; devant qui tremblerais-je ?

Ps 26 (27) : 14, 1

Mark Mallett
Afraid of the Call


[1] cf. Rm 12: 1

Cet article m'inspire ...


de la joie
8


de l'encouragement
27


de la perplexité
0


de la tristesse
0


de la peur
1

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