La communion dans la main ? – Partie 2


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Publié le samedi 13 juin 2020

Auteur / source : Mark Mallett

Catégorie : Vie de l'Eglise

Sainte Faustine raconte comment le Seigneur se montra mécontent au sujet de certaines choses ayant lieu dans son couvent...

Lire le texte original en anglais sur le blog de Mark Mallett

Lire la première partie : La communion dans la main ? – Partie 1

À un certain moment, Jésus me dit : « Je quitterai cette maison... car il y a ici des choses qui ne me plaisent pas. » Et l'Hostie sortit du tabernacle et se posa sur mes mains, et moi, avec joie, je la remis dans le tabernacle. Ceci se répéta une seconde fois et je fis la même chose. Cependant, cela se répéta une troisième fois, alors l'Hostie se transfigura en Jésus vivant, qui me dit : « Je ne resterai pas ici plus longtemps ! » Et dans mon âme se réveilla tout à coup un grand amour pour Jésus et je dis : « Et moi, je ne Te laisserai pas, Jésus, quitter cette maison ! » Et Jésus disparut à nouveau, et l'Hostie revint sur mes mains. Je la remis dans le ciboire et je fermai le tabernacle. Et Jésus est resté avec nous. Pendant trois jours, je tâchai de faire une adoration expiatoire.

Miséricorde divine dans mon âme, Petit Journal, n° 44

Une autre fois, sainte Faustine assista à la messe avec l'intention de faire réparation pour les offenses commises contre Dieu. Elle écrivit :

En ce jour mon devoir est de réparer tous les outrages et les manques de respect envers le Seigneur, et de prier qu'en ce jour aucun sacrilège ne soit commis. Mon esprit était ce jour-là enflammé d'un singulier amour pour l'Eucharistie. Il me semblait que j'étais changée en brasier. Quand je m'approchai de la sainte Communion et que le prêtre me donna Jésus, une seconde Hostie s'accrocha à sa manche et je ne savais pas laquelle des deux je devais recevoir. Alors que je réfléchissais un instant, le prêtre impatient me fit de la main le signe de recevoir l'Hostie. Quand je reçus l'Hostie qu'il me présentait, l'autre tomba sur mes mains. Le prêtre continua à donner la sainte Communion jusqu'au bout de la table de Communion, et moi je tenais Jésus sur mes mains pendant tout ce temps. Quand le prêtre revint, je lui donnai l'Hostie pour qu'il la remette dans le ciboire, car tout de suite après avoir reçu Jésus, je ne pouvais pas parler avant d'avoir consommé l'Hostie, et donc je ne pouvais pas lui dire que l'autre était tombée. Mais pendant tout le temps où j'ai eu l'Hostie dans la main, je ressentais une telle puissance d'amour que de toute la journée je ne pus ni manger ni reprendre connaissance. J'ai entendu ces paroles venant de l'Hostie : « Je désirais reposer sur tes mains et pas seulement dans ton cœur », et soudain, au même instant, je vis le petit Jésus. Mais quand le prêtre s'approcha, je ne vis à nouveau que l'Hostie.

Miséricorde divine dans mon âme, Petit Journal, n° 160

Avant de commenter ce qui précède, permettez-moi de répéter pour ceux qui n'ont pas lu la partie 1. Les directives de l'Église sont claires : la pratique normative pour les catholiques du monde entier est de recevoir la Sainte Eucharistie sur la langue. Deuxièmement, c'est ainsi que j'ai reçu Jésus pendant des années et je continuerai à le faire aussi longtemps que cela m'est possible. Troisièmement, si j'étais pape (et Dieu merci, je ne le suis pas), je demanderais à toutes les paroisses du monde entier de réinstaller un humble banc de communion qui permettrait aux fidèles de communier d'une manière appropriée eu égard à Celui qu'ils s'apprêtent à recevoir dans le Saint-Sacrement : à genoux (pour ceux qui le peuvent) et sur la langue. Comme dit l'adage ancien : lex orandi, lex credendi : « La loi de la prière est la loi de la foi ». En d'autres mots, la façon dont nous adorons doit être en accord avec ce que nous croyons. Voilà pourquoi l'art et l'architecture catholiques, la musique sacrée, la manière dont nous nous recueillons et tous les ornements liturgiques qui se sont développés au cours des siècles sont devenus en eux-mêmes, un langage mystique qui se comprend sans parole. Il n'est dès lors pas étonnant que celui-ci ait fait l'objet des attaques les plus féroces de la part de Satan au cours des cinquante dernières années, dans le but de réduire le divin au silence (lire On Weaponizing the Mass).

Toucher Jésus

Cela dit, nous pouvons également tirer bien des enseignements des écrits de sainte Faustine. Premièrement, alors que certaines choses déplaisaient au Seigneur dans le couvent de la religieuse, l'idée de se retrouver entre les mains d'une âme qui l'aime n'en faisait clairement pas partie. En fait, le Seigneur a insisté par trois fois sur Son désir de se trouver entre les mains non consacrées de la religieuse (c'est-à-dire, dans des mains autres que celles d'un prêtre, sacramentellement ordonné). Deuxièmement, au cours de la messe où sainte Faustine fait réparation pour « tous les outrages et les manques de respect », le Seigneur ne semble pas offensé d'avoir touché ses mains. En fait, Il « désirait » cela. Maintenant, rien de tout cela n'indique que Jésus souhaite voir des changements apportés dans la pratique liturgique (l'abandon de la Communion sur la langue), mais que Notre Seigneur Eucharistique, désire simplement « reposer » auprès de celui ou celle qui l'aime avec respect, et oui, y compris dans leurs mains.

À ceux qui sont consternés de lire cela, je voudrais également attirer votre attention sur les Saintes Écritures où Jésus apparaît aux Douze après Sa Résurrection. Alors qu'il était encore dans un état de doute, Jésus invite Thomas à placer ses doigts dans Son côté, à l'endroit même d'où le Sang et l'Eau ont jailli (symbolisant les Sacrements).

Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d'être incrédule, sois croyant. »

Jean 20: 27

Ensuite il y avait cette femme « qui était pécheresse » qui entra dans la maison où se trouvait Jésus. Elle...

... avait apporté un flacon d'albâtre contenant un [onguent]. Tout en pleurs, elle se tenait derrière lui, près de ses pieds, et elle se mit à mouiller de ses larmes les pieds de Jésus. Elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et répandait sur eux [l'onguent].

Luc 7: 37-38

Les pharisiens en furent dégoûtés. « Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu'elle est : une pécheresse. » [1]

De même, beaucoup de gens « lui amenaient des enfants pour qu'il pose la main sur eux », et les disciples en furent « indignés ». Mais Jésus leur répondit :

Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent.

Marc 10: 14

Tout cela pour dire que la pratique liturgique consistant à recevoir Jésus sur la langue nous est enseignée, non pas parce que Notre Seigneur ne veut pas nous toucher [ni que nous le touchions], mais pour que nous prenions conscience de Qui nous sommes en train de toucher.

Pour répondre à vos lettres

Je tiens à rappeler l'objectif de cette série consacrée à la Communion dans la main : répondre à vos questions quant à savoir s'il est sacrilège ou illicite de recevoir la Sainte Eucharistie dans votre main dans les diocèses où les évêques ont rendu ce moyen de communier obligatoire en raison du COVID-19.

Hormis les commentaires positifs que m'ont adressés des prêtres et des laïcs après avoir lu la première partie, d'autres ont estimé que je traitais « de façon légère » la question de la communion dans la main. Certains ont insisté sur le fait qu'ils refuseront catégoriquement de recevoir l'Eucharistie de cette façon et feront à la place une « communion spirituelle ». D'autres ont essayé de rejeter les conférences catéchétiques de saint Cyrille de Jérusalem comme n'étant peut-être pas ses paroles, ou comme ne reflétant pas vraiment ce que furent les pratiques des premiers chrétiens.

Le fait est que très peu de choses ont été écrites sur la façon dont l'Eucharistie était reçue dans les premiers siècles. Mais ce sur quoi les théologiens s'accordent à l'unanimité, c'est que la Dernière Cène aurait été un repas traditionnel juif du Seder, à l'exception du fait que Jésus ne prit pas part à la « quatrième coupe ». [2] Cela signifie que le Seigneur aurait rompu le pain sans levain et l'aurait distribué d'une façon traditionnelle — chaque apôtre prenant le pain consacré dans ses mains avant de le consommer. Ainsi, il est fort probable que c'est ainsi que communièrent les premiers chrétiens, pratique qui perdura pendant un certain temps.

Les premiers chrétiens étaient tous juifs et ils continuèrent à célébrer la Pâque une fois par an pendant de nombreuses années, au moins jusqu'à ce que le temple de Jérusalem soit détruit vers 70 après J.C.

Marg Mowczko, maîtrise ès arts en études des chrétiens et juifs du premier siècle ; cf. « The Passover Meal, the Seder, and the Eucharist » ; lire aussi ORIGINE DE LA MESSE : Pâque juive - Dernière Cène - Fraction du pain

En fait, nous savons avec certitude que pendant au moins les trois à quatre premiers siècles, les chrétiens reçurent l'Eucharistie sur la paume de leur main.

Dans l'Église primitive, les fidèles, avant de recevoir le pain consacré, devaient se laver la paume de leurs mains.

— Mgr Athanasius Scheider, Dominus Est, p. 29 (éd. anglaise)

Saint Athanase (298–373), saint Cyprien (210–258), saint Jean Chrysostome (349–407) et Théodore de Mopsuestia (350–428) peuvent tous témoigner de la pratique de la communion dans la main. Saint Athanase fait référence au lavage des mains avant la communion. Saint Cyprien, saint Jean Chrysostome et Théodore de Mopsuestia mentionnent des choses similaires telles que de recevoir [le Corps du Christ sous la forme du pain consacré] dans la main droite, puis de l'adorer et de l'embrasser.

— André Levesque, « Hand or Tongue: The Eucharistic Reception Debate »

L'un des témoignages les plus frappants au cours de la même période que celle où vécut saint Cyrus, nous vient de saint Basile le Grand (Basile de Césarée). Et comme je l'expliquerai dans un instant, cela s'applique particulièrement aux temps de persécution.

Communier même tous les jours et recevoir sa part du saint corps et du précieux sang du Christ est chose bonne et profitable, car lui-même dit clairement : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle » (Jn 6: 54) ... Quant à la nécessité, en temps de persécution et en l'absence de prêtre ou de ministre, de recevoir la communion dans sa propre main, il est superflu de montrer qu'elle ne constitue pas une offense grave, parce qu'une telle pratique est confirmée par la longue coutume attestée par les faits eux-mêmes. Tous les moines qui habitent les déserts, où il n'y a pas de prêtre, gardent la communion chez eux et se la donnent de leur propre main. À Alexandrie et en Égypte, chacun, même dans le peuple, a presque toujours la communion dans sa maison, et, quand il le veut, il se la donne à lui-même... Et même en église le prêtre donne la part qu'on lui demande [l'hostie], celui qui la reçoit la garde en toute liberté et la porte à sa bouche de sa propre main.

Lettre 93

Il est à noter que l'Eucharistie était alors ramenée à la maison et que les laïcs, de toute évidence, devaient manipuler l'Hostie avec leurs mains (on suppose que tout cela était accompli avec le plus grand respect et le plus grand soin). Deuxièmement, saint Basile fait remarquer que « même en église », cette pratique était courante. Et troisièmement, particulièrement « en temps de persécution », dit-il, « cela ne constitue pas une offense grave » de recevoir [le pain consacré] dans la main. Eh bien, ne vivons-nous pas aujourd'hui un temps de persécution ? Car ce sont avant tout l'État et la "science" qui imposent et exigent de nous ces restrictions, dont certaines semblent sans fondement, abusives et contradictoires. [3]

Rien de ce que je viens de dire n'est une excuse désinvolte pour recourir à la communion dans la main lorsqu'il vous est permis de la recevoir sur la langue. Il s'agit plutôt de faire valoir deux choses. La première est que la communion dans la main n'est pas une invention des calvinistes, même s'ils adoptèrent plus tard cette forme afin d'éroder la croyance en la Présence réelle. [4] Deuxièmement, ce n'est ni votre prêtre, ni votre évêque, mais le Saint-Siège lui-même qui a accordé l'indult autorisant la communion dans la main. Tout cela pour dire qu'il n'est ni sacrilège ni illicite de recevoir la communion dans la main. Le pape reste souverain sur cette question, que cela nous plaise ou non.

Communion spirituelle ?

Certains ont insisté sur le fait qu'au lieu de la communion dans la main, je devrais promouvoir la « communion spirituelle ». De plus, certains lecteurs m'ont écrit que leurs prêtres leur disaient de le faire.

Or, n'avez-vous pas entendu dire que les protestants évangéliques le font déjà de l'autre côté de la rue ? Oui, chaque dimanche il y a un « appel à la repentance » (altar call) où vous pouvez venir devant l'assemblée et inviter spirituellement Jésus dans votre cœur. [Ndtr, les protestants se confessent également "spirituellement" sans passer par un prêtre] En fait, les chrétiens évangéliques pourraient même ajouter : « De plus, nous avons de la bonne musique et des prédicateurs charismatiques. » (L'ironie dans tout cela est que certains catholiques insistent pour ne pas recevoir la communion dans la main afin de résister à la « protestantisation » de l'Église).

Écoutez encore une fois ce que Notre Seigneur nous dit : « Ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. » [5] Et ensuite il ajoute : « Prenez et mangez. » [6] Le commandement de Notre Seigneur n'était pas de regarder, de méditer, de désirer ou de faire une « communion spirituelle » — aussi belle soit-elle — mais de manger. Par conséquent, nous devons faire ce que Notre Seigneur nous commande, de toute manière qui soit reconnue pieuse et licite. Bien que cela fasse des années que je ne reçois plus Jésus dans la main, à chaque fois que je communiai de cette façon, ce fut selon les recommandations de saint Cyrille de Jérusalem. Je m'inclinai (là où il n'y avait pas de banc de communion) ; je présentai la paume de ma main telle un « autel », et avec beaucoup d'amour, de dévotion et un grand soin je plaçai Jésus sur ma langue. Ensuite, j'examinai ma main avant de m'éloigner pour m'assurer que chaque particule de Mon Seigneur était consommée.

Car dis-moi, si l'on t'avait donné des paillettes d'or, ne les retiendrais-tu pas avec le plus grand soin, en veillant à ce qu'aucune d'entre elles ne se perde ? Ne veilleras-tu pas dès lors davantage encore à ce qu'aucune miette ne tombe de ce qui est plus précieux que l'or et que les pierres précieuses ?

— St. Cyrille de Jérusalem, IVe siècle; Conférence catéchétique 23, n° 21

Sa chair nourrit, son sang abreuve,
mais le Christ tout entier demeure
sous chacune des espèces.

On le reçoit sans le briser,
le rompre ni le diviser ;
il est reçu tout entier.

Qu'un seul ou mille communient,
il se donne à l'un comme aux autres,
il nourrit sans disparaître...

Si l'on divise les espèces,
n'hésite pas, mais souviens-toi
qu'il est présent dans un fragment
aussi bien que dans le tout.

Le signe seul est partagé,
le Christ n'est en rien divisé,
ni sa taille ni son état
n'ont en rien diminué.

— Séquence, messe du Corps et du Sang de Jésus, 14 juin 2020 (ajout) ; cf. Le Miracle Eucharistique de Lanciano : « Le sang est réel. Il est composé de cinq caillots inégaux, mais chacun d'eux pèse exactement le poids des cinq caillots pris ensembles, soit 15,85 grammes. »

J'avoue que j'ai personnellement bien du mal à digérer le fait que certains prêtres priveraient leurs brebis de l'Eucharistie parce que nos évêques nous imposent cette forme « temporaire » de communion exclusivement dans la main. Comme Ézékiel le déplorait :

Malheur aux bergers d'Israël qui ne [pensent qu'à se nourrir] eux-mêmes. (*) N'est-ce pas le troupeau que les bergers doivent [nourrir] ? ... Vous n'avez pas aidé les brebis chétives à retrouver des forces. Vous n'avez pas soigné celle qui était malade, vous n'avez pas bandé celle qui était blessée, vous n'avez pas ramené celle qui s'était égarée, vous n'avez pas cherché celle qui était perdue ; non, vous leur avez imposé votre autorité par la violence et la tyrannie (**).

Ez 34: 2-4 (BDS)

(*) Ndtr : les prêtres doivent célébrer la messe chaque jour, que cela se fasse publiquement ou en privé. Ainsi, tandis qu'ils se nourrissent quotidiennement du Corps du Christ, certains demandent aux fidèles de se contenter d'une "communion spirituelle".

(**) Ndtr : tels que ces prêtres qui nous disent que « sans masque, non vous n'entrerez pas dans cette église ! » Alors que nos évêques insistent sur le fait que le port du masque est conseillé mais non obligatoire.

Ce n'est pas de libéralisme dont il est question ici mais de légalisme. Un prêtre m'a écrit il y a quelques instants pour me faire remarquer :

On en arrive au point où la bouche devient particulièrement préoccupante pour la transmission [du coronavirus]... Les évêques y réfléchissent très attentivement... Les gens doivent se demander : vont-ils continuer à prétendre que le respect pour Jésus ne peut s'exprimer qu'à travers la communion sur la langue — une pratique ancienne — ou sur l'autel formé par les mains du communiant — aussi une pratique ancienne. La question est de savoir comment Jésus désire se donner à eux, et non pas la façon dont eux veulent le recevoir. Nous ne devons jamais nous considérer comme les patrons de Jésus, Lui qui aspire à nous remplir de Sa présence.

À cet égard, voici une autre considération. Peut-être que l'indult autorisant la communion sur la main, accordé par le pape il y a une cinquantaine d'années, pourrait s'avérer être une disposition du Seigneur précisément en vue de l'époque actuelle, dans le but de pouvoir continuer à nourrir Son troupeau, alors que le gouvernement pourrait autrement interdire purement et simplement l'Eucharistie si l'Église eût insisté sur la communion exclusivement « sur la langue » ?

Ainsi parle le Seigneur Dieu : « Me voici contre les bergers... ils ne seront plus des bergers [pour se nourrir eux-mêmes] ; j'arracherai mes brebis de leur bouche et elles ne seront plus leur proie. »

Ez 34: 10

En tout temps, Dieu fait tout contribuer au bien de Son Peuple. Mais certains d'entre vous ont dit : « Ah, mais voyez tous ces abus depuis qu'est permise la communion dans la main ! Tous ces sacrilèges ! »

Les sacrilèges

Oui, il ne fait aucun doute que l'Eucharistie a été profanée d'innombrables fois avec la communion « dans la main ». Et ici, je ne parle pas seulement des satanistes dérobant des hosties consacrées pour les emporter avec eux, mais du catholique moyen qui reçoit l'hostie avec désinvolture sans respect ni foi vis-à-vis de ce sacrement. Mais parlons aussi d'une autre tragédie : l'échec colossal de la catéchèse à notre époque. Rares sont les prêtres qui enseignent dans leurs homélies [que Jésus est réellement présent dans la Sainte Eucharistie], et encore plus rares sont ceux qui nous rappellent quelle est la manière respectueuse de communier, ou la façon de s'habiller pour venir à la messe, etc. Ainsi, quand des catholiques arrivent en tenue de plage et se promènent dans l'allée avec un chewing-gum dans la bouche, qui devrait être blâmé ?

De plus, une partie de la douleur légitime que beaucoup d'entre vous ressentent actuellement pourrait être atténuée si nos bergers non seulement nous annonçaient ces nouvelles règles mais nous expliquaient, avec douceur et compréhension, les difficultés que cela représente ; en expliquant l'indult du Saint-Siège, puis la façon de recevoir respectueusement l'eucharistie dans la main lorsque l'évêque impose cette forme de communion. Nous sommes une famille et un minimum de communication contribue grandement à clarifier les choses.

Dans les années 1970, la voyante japonaise Sœur Agnès Sasagawa ressentit les douloureux stigmates dans sa main gauche, ce qui l'empêcha de recevoir la Communion de cette façon. Elle sentit que c'était là un signe qu'elle devait recevoir l'Eucharistie sur la langue. Suite à cela, tout son couvent revint à cette pratique. Le Père Joseph-Marie Jacq, des Missions étrangères de Paris, fut l'un des témoins oculaires [des larmes miraculeuses de la statue de Notre Dame] ; ce théologien en vint également à connaître de façon approfondie la condition spirituelle des religieuses d'Akita. « Concernant cet événement », le Père Joseph conclut : « l'épisode du 26 juillet nous montre que Dieu veut que les laïcs et les religieuses reçoivent la communion sur la langue, car la communion reçues par des mains non consacrées comporte le danger potentiel de blesser et d'affaiblir la foi en la Présence réelle. » [7]

Puisque le Saint-Siège a autorisé la communion dans la main, les prêtres peuvent éviter « le danger potentiel de blesser et d'affaiblir la foi en la Présence réelle » en profitant de ce temps que nous vivons pour re-catéchiser les fidèles sur la Sainte Eucharistie et sur la manière de recevoir Jésus avec le respect approprié. Deuxièmement, les fidèles peuvent saisir cette occasion pour discuter du contenu de cette série et reconsidérer, renouveler et raviver leur dévotion envers le Saint Sacrement.

Et enfin, puissions-nous tous considérer ceci. En tant que chrétiens baptisés, nous dit saint Paul, « votre corps est le temple de l'Esprit Saint » [8] — et cela inclut vos mains et votre langue. La vérité est que beaucoup plus de gens utilisent leurs mains pour construire, caresser, aimer et servir que leurs langues, qui souvent servent à détruire, ridiculiser, blasphémer et condamner.

Quel que soit l'autel sur lequel vous recevez votre Seigneur... puisse celui-ci lui faire honneur.

Mark Mallett
Communion in the Hand ? Part II

Lectures de la messe du dimanche 14 juin 2020 :

« Dieu t'a donné cette nourriture que ni toi ni tes pères n'aviez connue » (Dt 8, 2-3.14b-16a)

Lecture du livre du Deutéronome (méditer la période de confinement dont nous sortons à la lumière de ce passage des Écritures)

Moïse disait au peuple d'Israël : « Souviens-toi de la longue marche que tu as faite pendant quarante années dans le désert ; le Seigneur ton Dieu te l'a imposée pour te faire passer par la pauvreté ; il voulait t'éprouver et savoir ce que tu as dans le cœur : allais-tu garder ses commandements, oui ou non ? Il t'a fait passer par la pauvreté, il t'a fait sentir la faim, et il t'a donné à manger la manne – cette nourriture que ni toi ni tes pères n'aviez connue – pour que tu saches que l'homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur. N'oublie pas le Seigneur ton Dieu qui t'a fait sortir du pays d'Égypte, de la maison d'esclavage. C'est lui qui t'a fait traverser ce désert, vaste et terrifiant, pays des serpents brûlants et des scorpions, pays de la sécheresse et de la soif. C'est lui qui, pour toi, a fait jaillir l'eau de la roche la plus dure. C'est lui qui, dans le désert, t'a donné la manne – cette nourriture inconnue de tes pères. »

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

« Ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson » (Jn 6, 51-58)

Jésus disait aux foules des Juifs : « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c'est ma chair, donnée pour la vie du monde. » Les Juifs se querellaient entre eux : « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n'avez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui. De même que le Père, qui est vivant, m'a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi. Tel est le pain qui est descendu du ciel : il n'est pas comme celui que les pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement. »


[1] Luc 7: 39
[2] lire L'eucharistie – la quatrième coupe, Conférence de Scott Hahn Hunt for the Fourth Cup,
[3] La communion dans la main ? – Partie 1
[4] Mgr Athanasius Schneider, Dominus Est, p. 37–38
[5] Jn 6: 55
[6] Mt 26: 26
[7] Akita, par Francis Mutsuo Fukushima
[8] 1 Co 6: 19

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10


de l'encouragement
25


de la perplexité
5


de la tristesse
2


de la peur
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Commentaire laissé par le

Ma Soeur,
Vous m'avez convaincue d'aller Communier....même dans la main.....car c'est le coeur qui compte. Merci.

Commentaire laissé par le

Je suis religieuse je préfère de loin communier sur la langue ... Mais je crois profondément que nous devons nous adapter à l'heure que nous vivons et que la communion dans la mais n'es pas un péché ! C'est le coeur qui compte ! Durant la guerre, les prêtres faisaient circuler la sainte communion dans des paquets de cigarettes ! Pour moi, communion tous les jours est ma force, m'en priver lorsque je peux l'obtenir serait passer à côté du plus grand cadeau que le Christ désire m'offrir !
Merci pour votre article !

Commentaire laissé par le

J’ai oublié : préférer la communion spirituelle à un mode de communion sacramentelle possible me semble en cela un mépris du Seigneur tout aussi néfaste : Lui Se donne. Quelle que soit l’éventuelle indignité de Son ministre, Il vient et Se donne dans la consécration.
Allons-nous mépriser ce Don, encore Signe de cet Amour qui va au bout, jusque dans la misère, pour nous rejoindre?
-ceux qui prennent la responsabilité des modes du Don en répondront.
Nous ne sommes pas à leur place.
Et cette « abstention » finalement ne ressemble-t-elle pas à un jugement (-vraisemblablement téméraire « car qui connaît le cœur d’autrui? »-) qui prend alors le pas sur l’accueil du Seigneur Qui Se donne?

Peut-être notre douleur réelle des conditions de célébration vécues, rejoint-elle simplement la douleur de Jésus S’offrant sans retour en celles-ci? Et sont déjà réparation de Celle-ci?

Commentaire laissé par le

Ceci me paraît très équilibré...

Ne pas oublier (relire st Jean, ou saint Paul, ou.. ) : nous sommes le Temple de Dieu trinitaire. Pierres vivantes de ce Temple (lettre de saint Pierre). Le baptême nous introduit dans la Vie trinitaire, l’Eucharistie nous accorde à cette Vie, en nous nourrissant d’Elle, en nous corrigeant etc..
Jésus mort et ressuscité, donnant et Parole, et mère et Saint Esprit et le Nom de Père qu’Il nous partage comme à des frères et sœurs, et l’Église, et nous-mêmes, vient à nous pour faire en nous Sa Demeure.

Aussi, si la question du respect lors de la Communion eucharistique est primordiale puisqu’elle manifeste notre foi, il nous faut aussi respecter, et de la même manière, le Temple que nous sommes (je n’invente rien, cf le culte des reliques, le sacrement de mariage ou la consécration des vierges, la considération du martyre, le soin de tout pauvre etc.. ).
Dieu habite nos profondeurs et veut gagner tout notre être.
Tout notre être. Jusqu’à ressusciter in fine notre corps.
Marie est le témoin vivant de la vocation chrétienne, elle qui en a déjà accompli toutes les étapes (et en perfection pour ce qui la concerne) jusqu’à la Gloire.

On peut détruire tous les temples de pierre dans lesquels nous nous réunissons, prions, célébrons : le Temple, c’est nous!
Jésus en cela nous précède et ouvre le Chemin, pour nous y entraîner « viens vers le Père »... en Esprit Saint.

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