L'Église accueillante


Commentaires (0)

Publié le dimanche 18 novembre 2018

Auteur : Mark Mallett

Catégorie : Témoignages & évangélisation

Nombre de consultations : 171

Depuis le début de son pontificat, en refusant le faste qui accompagne souvent le ministère du Pape, François n'a pas manqué de susciter la controverse. Après mûres réflexions, le Saint-Père a délibérément tenté de repenser le ministère du prêtre, aussi bien pour l'Église que pour le monde : un ministère plus pastoral, miséricordieux et ne craignant pas de marcher dans les périphéries de la société pour retrouver la brebis perdue. Ce faisant, il n'a pas hésité à réprimander sévèrement ses pairs et à secouer les zones de confort où s'étaient retranchés les catholiques "conservateurs".

Un article de Mark Mallett. Titre original : « The Welcoming Church »

pope-francis-lgbt-catholic-church - pridelife.comEt ceci à la grande joie du clergé moderniste et des médias libéraux qui annoncèrent en choeur que le Pape François était en train de « changer » l'Église pour la rendre plus « accueillante » pour les gais et lesbiennes, les divorcées-remariés, les protestants, etc. [1] Les reproches du Pape envers la droite, associés aux suppositions de la gauche, ont conduit à une escalade de franches colère et accusations à l'encontre du vicaire du Christ, affirmant qu'il tentait de modifier une Tradition Sacrée bimillénaire. Certains médias catholiques très orthodoxes, tels que LifeSiteNews et EWTN, ont ouvertement mis en doute la capacité de discernement et la logique du Saint-Père dans certaines de ses déclarations. Et je ne compte plus les lettres que j'ai reçues de la part de laïcs et de membres du clergé exaspérés par l'approche douce du Pape face à la guerre des cultures que nous vivons.

Ainsi, la question que nous devons nous poser [deux ans après la clôture de l'Année Sainte de la Miséricorde] et à laquelle nous devrions répondre avec prudence est celle-ci : que signifie devenir une Église plus « accueillante », et François a-t-il l'intention de changer l'enseignement de l'Église ?

Avant de faire mes propres commentaires, permettez-moi de commencer par préciser, dans ses propres mots, quelle est à ce jour la vision du Pape François...

La vision de François

L'approche tactique du Pape François n'est en réalité pas une surprise. Peu de temps avant son élection, le Cardinal Jorge Bergoglio, dans une homélie adressée à ses frères prélats, a fait précisément savoir quel genre de pontificat il estimait nécessaire à notre époque :

Evangéliser suppose dans l'Eglise un [désir de sortir] d'elle-même. L'Eglise est appelée à sortir d'elle-même et à aller dans les périphéries, les périphéries géographiques mais également existentielles: là où réside le mystère du péché, la douleur, l'injustice, l'ignorance, là où le religieux, la pensée sont méprisés, là où sont toutes les misères. Quand l'Eglise ne sort pas pour évangéliser, elle devient autoréférentielle et tombe malade… L'Eglise autoréférentielle prétend retenir le Christ à l'intérieur d'elle-même et ne le fait pas sortir… Pensant au prochain pape, il faut un homme qui, de la contemplation et de l'adoration de Jésus Christ, aide l'Eglise à sortir d'elle-même vers la périphérie existentielle de l'humanité, pour qu'elle devienne mère féconde de la « douce et réconfortante joie d'évangéliser ».

—Cardinal Jorge Mario Bergoglio, lors de la congrégation générale des cardinaux avant d'entrer en conclave, 23 mars 2013 ; zenit.org

De toute évidence, ses frères cardinaux furent du même avis, au point d'élire Jorge Bergoglio en tant que 266ème Pape. Le successeur de Pierre n'a pas perdu de temps pour brosser un tableau de ce qu'il considérait être la mission de l'Église à la présente époque :

Le pape François embrasse un jeune garçon, au cours de l’audience générale, le 19 juin 2013 sur la place Saint-Pierre. / Stefano Rellandini/Reuters

Je vois clairement que ce dont l'Eglise a le plus besoin aujourd'hui, est une capacité de guérir les blessures et de réchauffer les coeurs des fidèles. Cela demande de la proximité. Je vois l'Eglise comme un hôpital de campagne après la bataille. Il est inutile de demander à une personne sérieusement blessée, si elle a trop de cholestérol ou trop de sucre dans le sang! Il faut guérir ses blessures. Après, on pourra parler du reste. Guérir les blessures, guérir les blessures… Et il faut commencer par le début.

—PAPE FRANCOIS, « L'Eglise est un hôpital de campagne après la bataille », 30 septembre 2013 ; ericdebeukelaer.be ; à lire : Pape François : « Je rêve d'une Église mère et pasteur »

Ainsi, dans sa première Exhortation apostolique, le Pape François a commencé à expliquer de manière concrète comment un tel "hôpital de campagne" devrait être dirigé. La guérison des blessures, a-t-il déclaré, commence quand l'Église, pas nécessairement le pécheur, fait le "premier pas".

L'Église “en sortie” est la communauté des disciples missionnaires qui prennent l'initiative, qui s'impliquent, qui accompagnent, qui fructifient et qui fêtent... La communauté évangélisatrice expérimente que le Seigneur a pris l'initiative, [Il nous a aimés le premier] (cf. 1 Jn 4, 10), et en raison de cela, elle sait aller de l'avant, elle sait prendre l'initiative sans crainte, aller à la rencontre, chercher ceux qui sont loin et arriver aux croisées des chemins pour inviter les exclus. Pour avoir expérimenté la miséricorde du Père et sa force de diffusion, elle vit un désir inépuisable d'offrir la miséricorde.

—PAPE FRANCOIS, Evangelii Gaudium, n° 24 ; Vatican.va

Pour rester bref, permettez-moi d'ajouter une intuition supplémentaire tirée de l'exhortation apostolique post-synodale du Saint-Père, Amoris Laetitia. L'Église doit avoir...

…une pastorale positive, accueillante, qui rend possible un approfondissement progressif des exigences de l'Évangile. Cependant, nous avons souvent été sur la défensive, et nous dépensons les énergies pastorales en multipliant les attaques contre le monde décadent, avec peu de capacité dynamique pour montrer des chemins de bonheur. Beaucoup ne sentent pas que le message de l'Église sur le mariage et la famille est un reflet clair de la prédication et des attitudes de Jésus, qui, en même temps qu'il proposait un idéal exigeant, ne renonçait jamais à une proximité compatissante avec les personnes fragiles, comme la samaritaine ou la femme adultère.

—PAPE FRANCOIS, Amoris Laetitia, n° 38 ; Vatican.va

Devenir un autre Christ

Nous avons donc défini une vision de ce que le détenteur actuel des Clés du Royaume considère comme primordial à notre époque. Cependant, la clé permettant d'interpréter cette vision ne se trouve pas dans les interviews du Saint Père à bord de tel ou tel vol, dans ses remarques improvisées, dans ses prétendus appels téléphoniques, dans des articles de magazine, ni même dans des opinions spontanées au cours d'une homélie. Comme le disait à juste titre le Cardinal Burke :

La seule clef d'interprétation correcte d'Amoris Lætitia [et d'autres déclarations du Saint Père] c'est l'enseignement constant de l'Église et sa discipline qui protège et encourage cet enseignement.

—Cardinal Raymond Burke, Amoris Lætitia, l'enseignement constant et la pratique de l'Église, 12 avril 2016 ; hommenouveau.fr

Et en voici la raison, clairement énoncée il y a 2000 ans par Saint Paul :

Si quelqu'un vous annonce un évangile différent de celui que vous avez reçu, qu'il soit anathème !

Gal 1: 9

Ainsi, le but de cette réflexion est de vous aider à comprendre ce que ne peut que signifier « devenir une Église plus "accueillante". »

Quand le Pape François parle de rejoindre les « périphéries » de l'humanité, « là où réside le mystère du péché, la douleur, l'injustice, l'ignorance, là où le religieux, la pensée sont méprisés, là où sont toutes les misères, » il parle ici, à certains égards, de nous tous. Car lequel d'entre nous n'est pas affecté par son propre péché, sa propre souffrance, sa propre ignorance et sa propre misère ? Mais il identifie également avec précision "l'état" de l'âme de nos contemporains : une âme immergée dans les profondeurs du péché, parce qu'elle est devenue insensible à ce concept [du péché]. C'est un monde qui a pratiquement rejeté toute contrainte et qui est donc en train de récolter la misère du péché mortel, cette mort de l'esprit qui est la plus grande blessure de l'homme moderne.

Permettez-moi de vous demander : après avoir commis un péché, à quoi aspirez-vous à ce moment précis où vous luttez contre vous-même, vous accusant, vous faisant toutes sortes de reproches et vous condamnant ? Désirez-vous entendre à ce moment une parole dure … ou une parole de miséricorde ? Qu'est-ce qui vous apporte le plus la guérison lorsque vous vous présentez au confessionnal ? Être réprimandé par le prêtre — ou entendre que Jésus-Christ vous aime toujours, malgré les péchés que vous avez commis ?

Voilà quelle est la pensée du Pape François quand il dit que nous devons d'abord guérir les blessures : cela signifie soigner la plaie béante de la culpabilité et de la condamnation.

L'homme et sa femme allèrent se cacher aux regards du Seigneur Dieu parmi les arbres du jardin... [Adam] répondit : « J'ai entendu ta voix dans le jardin, j'ai pris peur parce que je suis nu, et je me suis caché. »

Gen 3: 8, 10

Comment le Père a-t-il guéri cette blessure de la peur dans la race humaine ? Il a envoyé Son Fils Jésus Christ pour couvrir notre nudité de Sa Miséricorde :

Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé… Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs… Si l'un de vous a cent brebis et qu'il en perd une, n'abandonne-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu'à ce qu'il la retrouve ?

Jn 3: 17 ; Mc 2: 17 ; Lc 15: 4

Et ainsi, l'approche pastorale a déjà été définie. Jésus nous a donné le modèle suprême de l'évangélisation, de ce à quoi l'Église devrait ressembler partout et en tout temps :

Celui qui prétend demeurer en [Jésus] doit se conduire à son tour comme il s'est conduit.

1 Jn 2: 6

François appelle chaque catholique à devenir un autre Christ au travail, dans les lieux publics, dans les écoles et à la maison. Il nous appelle à montrer la miséricorde et l'amour du Christ à ceux qui ont le plus besoin de Sa miséricorde et de Son amour. L'exemple cité par le Pape est celui du récit de la Samaritaine au puits.

Accompagner le pécheur

Jésus et la Samaritaine.jpgC'était une femme vivant dans une situation d'adultère. Lorsque le Christ la rencontra au puits, deux événements importants se produisirent avant que le sujet de son état de péché ne soit abordé. Le premier est que Jésus lui demande de lui donner à boire. C'est là une profonde leçon pour ces chrétiens qui "évitent" les pécheurs précisément parce qu'ils sont pécheurs. Combien de fois nos groupes de prière, associations paroissiales et paroisses elles-mêmes ne deviennent-ils pas des lieux chaleureux uniquement pour les dévots ? Si souvent nous gravitons vers d'autres chrétiens tout en évitant les personnes plus rudes. Combien de fois ne contournons-nous pas les pauvres et ceux qui ont toutes sortes de problèmes, pour que leurs problèmes ne deviennent pas les nôtres ? Pour Jésus, cette attitude est absurde et contraire à Sa mission, qui est à présent la nôtre : ceux qui sont en bonne santé n'ont pas besoin d'un hôpital de campagne — mais les malades bien ! Pourquoi, alors, laissez-vous sur le bord de la route, ces pauvres âmes battues et dépouillées par Satan, le destructeur des âmes ? La question s'adresse à nous qui connaissons le Christ, qui prétendons être Ses disciples. Et ainsi, le Pape François a voulu secouer l'Église dans de nombreux quartiers, exposant ceux qui se cachent derrière la feuille de vigne de leurs zones de confort. Pourquoi ? Il nous a répondu à la question du pourquoi lorsqu'il ouvrit les portes de la basilique Saint-Pierre, déclarant une « Année de la Miséricorde », en citant Sainte Faustine. Parce que François sait bien, comme l'a révélé notre Seigneur à Faustine, que nous vivons un « temps de miséricorde » qui va bientôt prendre fin. [2]

La deuxième chose importante qui se passe au puits est que Jésus continue à inciter la Samaritaine à regarder au-delà du temporel, à dépasser ses désirs de plaisir et à laisser grandir en elle une soif de quelque chose de plus grand : « l'eau vive », qui est la vie dans l'Esprit.

Lorsque nous rejoignons sans crainte le coeur de notre prochain pour lui témoigner de la joie et de la paix qui surpassent tout entendement, simplement en nous montrant joyeux, deux choses peuvent se produire : soit il ou elle commencera à désirer ce que nous avons, soit il ou elle rejettera [notre témoignage]. Je pense que la raison pour laquelle certains chrétiens sont irrités par l'appel du Pape François à accompagner les personnes homosexuelles, les divorcés et remariés, etc. c'est qu'il les a convaincus qu'ils n'ont ni la joie ni la paix du Seigneur ! Et ainsi, pour certains, il est beaucoup plus facile de se cacher simplement derrière la doctrine, derrière un mur d'apologétique, plutôt que de donner un témoignage vivant de l'Évangile qui pourrait leur coûter leur réputation, sinon leur vie.

Par Sa douceur, Jésus a reconnu avant tout la dignité de la femme samaritaine. Il ne l'a pas regardée comme un ver répugnant, mais bien plutôt comme une femme créée à Son image et ayant la capacité d'aimer à son tour comme le Christ l'a aimée. Cette espérance, cet optimisme divin qui le conduisit jusqu'à la Croix par amour pour cette femme (et pour chacun d'entre nous), est ce qui a poussé le coeur de la Samaritaine à rechercher ce qui est éternel. Son amour et Sa miséricorde envers elle ouvrirent son coeur et guérirent la blessure primordiale du rejet qu'elle portait en elle… et ensuite… alors seulement elle fut prête à recevoir le remède de la vérité qui allait la rendre libre. Comme Jésus lui dit :

Dieu est esprit, et ceux qui l'adorent, c'est en esprit et vérité qu'ils doivent l'adorer.

Jean 4: 24

La Vérité qui nous rend libres

Le Pape François, tout comme le Christ, a choisi de ne pas insister sur le péché, choisissant de ne pas être, selon ses mots, « sur la défensive, [à dépenser] les énergies pastorales en multipliant les attaques contre le monde décadent, avec peu de capacité dynamique pour montrer des chemins de bonheur. » Est-ce la bonne approche à l'heure où la guerre culturelle devient de plus en plus hostile au christianisme ? Comme l'a souligné le Pape Benoît XVI, le "consensus moral" qui a maintenu les nations civilisées et ordonnées est en train de s'effondrer tout autour de nous. Ce n'est pas rien :

Combattre cet aveuglement de la raison et lui conserver la capacité de voir l'essentiel, de voir Dieu et l'homme, ce qui est bon, et ce qui est vrai, est l'intérêt commun qui doit unir tous les hommes de bonne volonté. L'avenir du monde est en jeu.

—Pape Benoît XVI, Discours à la curie romaine, 20 décembre 2010, Vatican.va

Quand Jésus se fit homme et marcha parmi nous, Matthieu déclara que le Seigneur était venu rejoindre un « peuple qui habitait dans les ténèbres » [Mt 4: 16 ; Is 9: 1] Le coeur de ces hommes était-il tellement différent du nôtre ? Le Christ est venu comme une lumière dans le monde. Cette lumière était composée à la fois de Son exemple et de Son enseignement. A présent, Il se tourne vers nous et nous dit : « Vous êtes la lumière du monde » [Mt 5: 14] — à travers votre exemple et votre enseignement.

Ainsi, accueillir les pécheurs au sein de l'Église ne signifie pas minimiser la gravité du péché. S'ils sont malades c'est précisément à cause du péché ! Mais Jésus nous montre que le chemin qui mène au coeur du pécheur, pour ainsi dire, consiste à devenir le visage de l'amour à leur égard — et non pas le masque de la condamnation. Et ainsi le Pape François exhorte les fidèles à commencer par soigner cette blessure du rejet dont souffre notre prochain :

Il faut guérir ses blessures. Après, on pourra parler du reste… L'Eglise s'est parfois enfermée dans de petites choses, des règles étriquées. Le plus important est la première proclamation: Jésus-Christ vous a sauvé.

—PAPE FRANCOIS, « L'Eglise est un hôpital de campagne après la bataille », 30 septembre 2013 ; ericdebeukelaer.be

Après, on pourra parler du reste. Autrement dit, nous pourrons ensuite enseigner les vérités salvatrices de notre foi concernant les sacrements, le mariage et la morale. Telle fut la triple approche de Jésus avec la Samaritaine : soyez à l'écoute de votre prochain, soyez une lumière pour lui, ensuite enseignez-le s'il a soif de connaître la vérité. Jésus dit assez clairement : la vérité vous rendra libres. Ainsi, la mission de l'Eglise n'est pas simplement de faire en sorte que les gens se sentent accueillis, comme si le fait de nous rassembler dans un esprit de camaraderie était notre objectif ultime. Non, Jésus a précisé quelle devait être notre mission :

… De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé.

Mt 28: 19-20

Le baptême est une purification littérale et spirituelle qui nous lave du péché. Ainsi, au coeur même de la mission de l'Église, le pécheur est amené à abandonner sa vie de péché et à vivre de l'enseignement de Jésus, ce qui seul fera de lui Son disciple. Ainsi, le Pape François déclara clairement :

… Une pastorale positive [et] accueillante [...] rend possible un approfondissement progressif des exigences de l'Évangile.

—PAPE FRANCOIS, Amoris Laetitia, n° 38 ; Vatican.va

Les exigences de l'Évangile sont la repentance du péché et la conformité à la volonté de Dieu, qui sont source de joie, de paix et d'équilibre véritables, tout comme la terre reste féconde et source de vie lorsqu'elle "obéit" aux lois de la gravité qui la maintiennent dans une orbite parfaite autour du soleil.

L'Église accueillante et source de salut

En conclusion, « accueillir » son prochain dans l'Église consiste à lui faire connaître par votre gentillesse, votre respect de sa dignité et votre volonté d'être à ses côtés, la puissance et la présence de Jésus. De cette manière, nos paroisses peuvent devenir « une communauté de communautés ». [3] Cela n'est possible que si nous-mêmes connaissons Jésus et avons été touchés par Sa miséricorde — ce qui est le fruit de la prière et de la fréquentation des Sacrements. Comme le disait François, cela découle « de la contemplation de Jésus-Christ et de l'adoration de Jésus-Christ [qui] aide l'Église à sortir d'elle-même pour aller jusqu'aux périphéries existentielles. » [4]

Malgré tout, même si nous sommes chaleureux et accueillants, il y en aura toujours qui rejetteront les exigences de l'Évangile. C'est-à-dire que les limites de notre "accueil" se définissent par le libre arbitre de l'autre.

Bien que cela semble évident, l'accompagnement spirituel doit conduire toujours plus vers Dieu, en qui nous pouvons atteindre la vraie liberté. Certains se croient libres lorsqu'ils marchent à l'écart du Seigneur, sans s'apercevoir qu'ils restent existentiellement orphelins, sans un abri, sans une demeure où revenir toujours. Ils cessent d'être pèlerins et se transforment en errants, qui tournent toujours autour d'eux-mêmes sans arriver nulle part. L'accompagnement serait contreproductif s'il devenait une sorte de thérapie qui renforce cette fermeture des personnes dans leur immanence, et cesse d'être un pèlerinage avec le Christ vers le Père.

—PAPE FRANCOIS, Evangelii Gaudium, n° 170, Vatican.va

La Fils Prodigue - wol.jw.org

Jésus était très clair à ce sujet. L'Église, qui est le royaume de Dieu sur la terre, est le refuge des pécheurs — mais uniquement les pécheurs qui placent leur confiance dans la miséricorde de Dieu, acceptant de se réconcilier avec le Père par le Fils, et Lui permettant de les revêtir d'un habit neuf, de sandales aux pieds et de la bague de filiation afin qu'ils puissent s'asseoir à la table de l'Agneau. [5] Car l'Église a été établie par le Christ non seulement pour accueillir les pécheurs, mais pour les racheter de leurs péchés.

Le roi entra pour examiner les convives, et là il vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noce. Il lui dit : “Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce ?” L'autre garda le silence. Alors le roi dit aux serviteurs : “Jetez-le, pieds et poings liés, dans les ténèbres du dehors ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents.” Car beaucoup sont appelés, mais peu sont élus. »

Mt 22: 11-14

Mark Mallett


[1] exemple : Vanity Fair, April 8th, 2016
[2] cf. Opening Wide the Doors of Mercy
[3] Evangelii Gaudium, n° 28
[4] « L'Eglise est appelée à sortir d'elle-même pour aller jusqu'aux périphéries » - la-croix.com ; « L'intervention du cardinal Bergoglio qui a convaincu les cardinaux » - aleteia.org
[5] cf. Lc 15: 22

Soutenir l'apostolat de Mark Mallett

The Now Word : Reflections on our Times - with Mark Mallett

Commentaires des internautes

Partagez votre opinion

Aucun commentaire n'a encore été déposé sur cet article.

Ecrire un commentaire

Veuillez utiliser le formulaire suivant pour nous soumettre votre commentaire.

Champs obligatoires

@
Pour recevoir les avis de réponse à votre commentaire si vous avez coché l'option correspondante ci-dessous.

Etre informé des prochains commentaires déposés sur cet article ?

Veuillez résoudre le calcul simple suivant : 37 x 47 = ?

Recommander cette page

Le formulaire ci-dessous vous permet de recommander la page L'Église accueillante.

Champs obligatoires

@
@
Veuillez résoudre le calcul simple suivant : 37 x 47 = ?

Articles similaires

Lire un article au hasard

Oui, l’enfer existe, et les damnés y passeront une éternité de souffrances

dimanche 23 septembre 2018   1 commentaire   67

Aujourd'hui très peu de catholiques ou chrétiens croient à l'enfer. Beaucoup de prêtres ne parlent plus de l'enfer. Vous entendrez des gens dire : « Oh, l'enfer, c'était une invention des curés pour faire peur au monde », ou bien « l'enfer, existe, mais il n'y pas personne dedans », ou encore « les bons vont aller au ciel, mais les méchants n'iront pas en enfer, ils seront tout simplement anéantis ». Eh bien non, l'enfer existe réellement, c'est une vérité de foi, et il y a bel et bien du monde dedans.

Lire la suite

Prier pour ceux qui sont morts est une œuvre de miséricorde

Mgr Charles Pope   samedi 3 novembre 2018   1 commentaire   133

Quelle est la valeur d'une seule prière ? Je soupçonne qu'elle est beaucoup plus grande qu'aucun de nous ne l'imagine. La prière change les choses, parfois de façons évidentes, mais plus souvent de manières subtiles et même paradoxales. Mais la prière est assurément importante, même lorsque nous ne ressentons pas ses effets immédiats. C'est peut-être la raison pour laquelle Jésus nous a appris à prier en tout temps et à ne jamais nous décourager (cf. Luc 18: 1). Saint Paul a repris cette exhortation par ces simples mots : « Priez sans relâche » (1 Th 5, 17). Saint Jacques a également averti : « Vous n'obtenez rien parce que vous ne demandez pas. » (Jacques 4: 2)

Lire la suite

La colère de Jonas et la miséricorde de Dieu

dimanche 3 juin 2018   0 commentaire   176

Ça commence comme une histoire que l'on raconte aux enfants, le soir, avant de s'endormir. Et c'est tout à fait cela : l'histoire de Jonas, c'est ce que les Juifs appellent un « midrash », c'est-à-dire un récit mi-réel mi-fictif, une de ces histoires qui font réfléchir petits et grands. Quand les juifs racontent l'aventure de Jonas à leurs enfants, c'est pour leur faire découvrir que Dieu est plus grand que le peuple juif ; que le salut de Dieu est pour Ninive aussi, pour toutes les nations. Quand des chrétiens racontent Jonas à leurs enfants, c'est pour leur annoncer Jésus-Christ, le vrai Jonas ; et pour parler du baptême, le vrai poisson…

Lire la suite