L'échec catholique - par Mark Mallett


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Publié le samedi 2 juin 2018

Catégorie : Signes des temps & prophéties

Nombre de consultations : 260

Pendant douze ans, le Seigneur m'a demandé de me tenir sur le « rempart » comme l'un des « veilleurs » de Saint Jean-Paul II et de parler de ce que je vois venir — non pas selon mes propres idées ou pensées préconçues, mais selon d'authentiques révélations publiques et privées à travers lesquelles Dieu parle continuellement à Son peuple. Mais détournant les yeux de l'horizon ces derniers jours pour regarder vers notre propre Maison, l'Église catholique, je me retrouve à baisser la tête de honte.

Traduction d'un article de Mark Mallett du 29 mai 2018 : « The Catholic Fail »

Le signe avant-coureur irlandais

Ce qui s'est passé en Irlande au cours du week-end dernier était peut-être l'un des « signes des temps » les plus significatifs que j'ai pu voir depuis longtemps. Comme vous le savez probablement, une écrasante majorité vient de voter en faveur de la légalisation de l'avortement.

L'Irlande est un pays qui est (était) majoritairement « catholique. » Elle fut imprégnée par le paganisme jusqu'à ce que St Patrick la conduise dans les bras d'une nouvelle Mère, l'Église. Celle-ci allait soigner les plaies du pays, revigorer son peuple, réorganiser ses lois, transformer ses paysages et la faire s'élever tel un phare guidant les âmes égarées vers les ports sûrs du salut. Alors que le catholicisme était en déclin dans la plus grande partie de l'Europe après la Révolution française, la foi en Irlande est demeurée forte.

C'est pourquoi ce vote représente un signe avant-coureur terrifiant. Malgré les preuves scientifiques qui attestent de l'humanité du foetus ; les arguments philosophiques qui affirment le fait qu'il s'agit bien d'une personne ; les preuves confirmant la douleur causée au bébé lors d'un avortement ; les photographies, les miracles médicaux, et le bon sens de base qui nous éclaire sur ce qui grandit réellement dans le ventre d'une mère ... l'Irlande a voté pour l'importation du génocide sur ses rivages. Nous sommes en 2018 ; les Irlandais ne vivent pas dans un espace clos. Une nation « catholique » vient de détourner les yeux de la réalité brutale que représente la procédure abortive, anesthésiant sa conscience et rejetant la vérité au moyen d'arguments aussi minces que ceux des « droits » des femmes. L'idée selon laquelle ils pensent peut-être que l'enfant dans le ventre de sa mère n'est qu'un « tissu foetal » ou un « amas de cellules » est trop généreuse. Non, l'Irlande catholique a déclaré, à la suite de la féministe américaine Camille Paglia, qu'une femme a le droit de tuer une autre personne lorsque ses propres intérêts sont en jeu :

J'ai toujours reconnu avec honnêteté que l'avortement était un meurtre, l'extermination de l'impuissant par le puissant. Les libéraux pour la plupart ont cherché à esquiver les conséquences éthiques de leur acceptation de l'avortement: l'élimination de vrais individus et non d'un amas de tissus sans vie. J'estime que l'État n'a aucune autorité pour intervenir dans les processus biologiques du corps d'une femme; ces processus ayant été crées par la nature avant l'entrée de la femme dans la société et son accession à la citoyenneté.

Surprenant, mais honnête et lucide ; ainsi l'auteur a le mérite de reconnaître une évidence que des gens autrement intelligents refusent de regarder en face – le bébé dans le ventre est un être humain, plus ou moins développé physiquement; lui ôter la vie équivaut à un meurtre. Nous ne pouvons pas prétendre qu'il en soit autrement, où que nous n'en savons rien.

Pour Camille Paglia, le seul fait qu'il s'agisse d'un être humain ne suffit pas à lui garantir la protection de l'Etat. Son argument est simple, malheureusement cet être humain se trouve impliqué dans et dépendant des processus biologiques de la femme, lesdits processus selon Paglia échappant à la juridiction de l'Etat, elle a donc le droit de disposer de cet humain à son gré (...) Nous sommes passés de l'horreur à la décriminalisation et de la décriminalisation à la banalisation d'une solution si finale. La question de la responsabilité se pose et des limites de la liberté.

— Camille Paglia, “L'avortement est un meurtre ... mais j'en suis une ferme partisane” , le 10 septembre 2008

Bienvenue au reste de l'Occident « progressiste » qui a non seulement adopté la logique eugénique d'Hitler, mais franchi un stade de plus — nous célébrons en réalité notre suicide collectif.

Le suicide de la race humaine sera compris par ceux qui verront la terre peuplée de personnes âgées et dépeuplées de ses enfants : brûlée comme un désert.

— St Pio de Pietrelcina

Rappelez-vous, nous avons vu un microcosme de cette tendance suicidaire quand, en 2007, Mexico a voté pour légaliser l'avortement. On ne peut pas non plus en exagérer la signification, parce que c'est là-bas que se trouve l'image miraculeuse de Notre-Dame de Guadalupe — un miracle qui a littéralement mis fin à la « culture de mort » aztèque où des centaines de milliers d'hommes, femmes et enfants furent sacrifiés au dieu-serpent Quetzalcoatl. Le fait que cette ville « catholique » pratique à nouveau le sacrifice humain, adressant de nouvelles offrandes de sang à Satan, cet antique serpent (aujourd'hui dans des salles stérilisées plutôt que dans des temples), représente un retour en arrière stupéfiant.

Bien sûr, le vote récent de l'Irlande fait suite à leur référendum sur le mariage en 2015 où une redéfinition radicale du mariage fut adoptée. C'était là un avertissement assez clair quant au retour du dieu-serpent sur les terres irlandaises ...

Les scandales

« D'une certaine manière, » note un professeur irlandais en théologie morale ...

... le terrible résultat [deux-tiers des voix adoptant la légalisation de l'avortement] est à vrai dire ce à quoi nous devions nous attendre, étant donné le monde moderne sécularisé et relativiste dans lequel nous vivons, le sinistre bilan de l'Église catholique en Irlande et ailleurs en ce qui concerne les scandales de pédophilie, la faiblesse de l'enseignement de l'Église sur les questions morales au cours des dernières décennies ...

— Lettre privée

On ne doit pas sous-estimer ce que les scandales sexuels dans le sacerdoce ont accompli à travers la planète pour entraver la mission de Jésus-Christ.

Ainsi, la foi n'est plus crédible en tant que telle, l'Église ne peut plus se présenter de manière crédible pour proclamer le Seigneur.

— PAPE BENOÎT XVI, Lumière du monde, le pape, l'Église et les signes des temps : un entretien avec Peter Seewald, p. 45 ; Bayard

Aussi bien Benoît XVI que le Pape François ont insisté sur le fait que l'Église ne fait pas de prosélytisme mais qu'elle se développe plutôt par "attraction". (cf. Vatican.va) Si tel est le cas, alors le nombre de plus en plus réduits de fidèles dans l'Église catholique en Occident témoigne d'une mort par « répulsion ». Qu'est-ce que l'Église en Europe et en Amérique du Nord offre exactement au monde ? En quoi sommes-nous différents des autres organismes caritatifs ? Qu'est-ce qui nous distingue des autres ?

Professeur en théologie, le Père Julián Carrón a déclaré :

Le christianisme est appelé à témoigner de la vérité sur le terrain de la réalité. Si ceux qui entrent en contact avec le christianisme n'y trouvent pas la nouveauté que celui-ci promet, ils seront certainement déçus.

— Désarmante beauté : essais sur la foi, la vérité et la liberté (University of Notre Dame Press) ; France Catholique

Le monde a été profondément déçu. Ce qui manque au catholicisme dans beaucoup d'endroits (...) c'est la puissance du Saint-Esprit. La différence entre les Églises primitives d'avant et après la Pentecôte n'était pas la connaissance mais la puissance, une lumière invisible qui perçait le coeur et l'âme des gens. C'était une lumière intérieure qui coulait depuis l'intime des Apôtres parce qu'ils s'étaient vidés d'eux-mêmes pour se laisser remplir de Dieu. Comme nous le lisons dans l'Évangile, Pierre a déclaré : « Nous avons tout quitté pour te suivre. » (Mt 19: 27)

Le problème de l'Eglise est que, aussi belles que soient nos oeuvres sociales, nous sommes encore du monde. Nous ne nous sommes pas vidés de nous-mêmes. Nous n'avons pas renoncé aux plaisirs de la chair ni aux offres alléchantes du monde et, à ce titre, nous sommes devenus stériles et impuissants.

« C'est comme s'ils disaient : “nous sommes progressistes, nous allons dans le sens du progrès, là où va tout le monde” ». Mais ils négocient « la fidélité au Dieu toujours fidèle ». « Ceci s'appelle apostasie, adultère… ils négocient exactement l'essentiel de leur être : leur fidélité au Seigneur ».

— PAPE FRANCOIS dans une homélie, le 18 novembre 2013 ; Cath.ch

A quoi bon avoir le plus beau site Internet ou l'homélie la plus éloquente si nos paroles et nos actes ne transmettent rien de plus que notre propre style artistique ou notre habileté ?

Les techniques d'évangélisation sont bonnes mais les plus perfectionnées ne sauraient remplacer l'action discrète de l'Esprit. La préparation la plus raffinée de l'évangélisateur n'opère rien sans Lui. Sans Lui, la dialectique la plus convaincante est impuissante sur l'esprit des hommes.

— Bienheureux Pape Paul VI, L'Esprit de l'Evangélisation (Evangelii nuntiandi) ; clerus.org

L'Eglise non seulement échoue à prêcher en suscitant des apôtres dont la vie et les paroles sont remplies du Saint-Esprit, mais elle a également échoué au niveau local dans l'éducation de ses enfants. En cinquante ans d'existence je n'ai jamais entendu une seule homélie sur la contraception, et encore moins sur les autres vérités morales qui sont mises à mal aujourd'hui. Alors que certains prêtres et évêques ont été très courageux dans l'exercice de leur charge, mon constat est partagé par de trop nombreux catholiques.

Mon peuple périt faute de connaissance !

Osée 4: 6

Cet échec colossal est le résultat d'un programme moderniste, qui a apporté une culture du relativisme aussi bien dans les séminaires que dans toute la société, transformant beaucoup de membres de l'Église en lâches qui s'inclinent devant l'autel du dieu du politiquement correct.

... il n'y a pas de façon aisée de le dire. L'Eglise aux Etats Unis a fait un piètre travail en formant la foi et la conscience des catholiques pendant plus de 40 ans. Et aujourd'hui, nous en récoltons les fruits — sur la place publique, dans nos familles et dans la confusion de nos vies personnelles.

— Archevêque Charles J. Chaput, « Rendre à César ce qui est à César : la vocation politique catholique », 23 février 2009 ; catholicnewsagency.com

« Cela ne sert à rien de proclamer notre foi si nous ne sommes pas disposés à agir en conformité avec nos croyances. »

« Ce que nous disons sur notre foi catholique est la partie la plus facile. Mais c'est ce que nous faisons en cohérence avec elle qui façonne notre véritable identité. »

« Nous servons mieux notre pays en servant Dieu en premier ... Plus nous aimons Dieu fidèlement, plus nous servons vraiment le monde. »

— Archevêque Charles J. Chaput, conférence publique sur le thème de son dernier ouvrage « Rendre à César ce qui est à César : la vocation politique catholique », 23 février 2009 ; Zenit

Et cela ne concerne pas seulement nos bergers. Nous, les brebis, n'avons pas non plus suivi notre Seigneur, qui s'est pourtant clairement fait comprendre d'une multitude de manières et en diverses occasions lorsque les bergers échouaient dans leur charge. Si le monde ne croit pas en Jésus Christ, c'est principalement parce que les laïcs n'en sont plus le reflet. Nous — pas le clergé — sommes le « sel et la lumière » que le Seigneur a répandus dans les lieux publics. Si le sel perd sa saveur ou si la lumière n'est plus perçue, c'est parce que nous avons été souillés par le monde et obscurcis par le péché. Ceux qui cherchent véritablement le Seigneur Le trouveront, et par cette relation personnelle qu'ils auront avec Lui, ils rayonneront la Vie Divine et la liberté qu'elle procure.

Ce à quoi chaque homme, femme et enfant aspirent, c'est la vraie liberté, non seulement celle de résister aux régimes autoritaires, mais surtout celle de lutter contre le pouvoir du péché qui domine, dérange et enlève toute paix intérieure. Ainsi, le Pape François disait le 29 mai dernier qu'il nous faut devenir saints :

L'appel à la sainteté, qui est l'appel normal, est l'appel à vivre en chrétien : vivre en chrétien, c'est la même chose que de dire ‘vivre en saint'. Bien souvent, nous pensons à la sainteté comme à quelque chose d'extraordinaire, comme d'avoir des visions ou des prières très élevées… ou certains pensent qu'être saint signifie faire une tête d'image pieuse… non ! Être saint, c'est autre chose. C'est être en tension dans l'espérance de la rencontre avec Jésus. Mais pour cela, il est nécessaire d'être libre et de se sentir libre. Il s'agit de ne pas entrer dans les schémas du monde : n'entre pas dans les schémas, dans la manière de penser mondaine, dans la manière de penser et de juger que t'offre le monde, parce que cela t'enlève la liberté.

— Pape François, Homélie du 29 mai 2018 ; Zenit.org

Guerres catholiques

Mais qui écoute le Pape ces jours-ci ? Non, de nos jours même des paroles claires et vraies, telles que celles ci-dessus, sont jetées aux ordures par de nombreux catholiques "conservateurs" parce que le Pape est confus à d'autres moments. Ils se tournent ensuite vers les médias sociaux et déclarent que « le Pape François est en train de détruire l'Église » ... tandis que le monde entier nous regarde et se demande quel intérêt il aurait à se joindre à une institution dont les membres utilisent la rhétorique la plus intolérante pour s'opposer les uns aux autres, voire carrément à leur propre chef. Les paroles suivantes du Christ semblent avoir échappé à beaucoup ces temps-ci :

C'est ainsi que tous sauront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres.

Jean 13: 35

Depuis plus de vingt-cinq ans que j'exerce cet apostolat, c'est triste et décevant à dire mais ce sont les catholiques les plus "traditionnels" parmi ceux avec qui j'ai eu l'occasion de discuter, qui se sont avérés avoir le coeur le plus endurci, et être les plus malveillants et les moins charitables.

C'est une présumée sécurité doctrinale ou disciplinaire qui donne lieu à un élitisme narcissique et autoritaire, où, au lieu d'évangéliser, on analyse et classifie les autres, et, au lieu de faciliter l'accès à la grâce, les énergies [s'épuisent à scruter et analyser son prochain]. Dans les deux cas, ni Jésus-Christ, ni les autres n'intéressent vraiment.

— PAPE FRANCOIS, Evangelii Gaudium, n° 94

De façon générale, le monde a aujourd'hui un terrible problème de communication. Notre capacité à avoir des désaccords courtois s'est rapidement désintégrée en l'espace d'à peine quelques années. Beaucoup se servent d'Internet de nos jours comme d'un bélier pour imposer leurs opinions. Quand cela arrive entre chrétiens, c'est une cause de scandale.

Recherchez activement la paix avec tous, et la sainteté sans laquelle personne ne verra le Seigneur ... S'il me manque l'amour, cela ne me sert à rien.

Hébreux 12:14, 1 Cor 13: 3

Oh, combien de fois n'ai-je pas compris que ce n'est pas ce que je dis mais comment je le dis qui fait toute la différence !

Perplexités papales

L'ambiguïté qui a accompagné tout le pontificat de François a elle-même créé le scandale. On ne peut pas effacer ces gros titres de journaux déclarant que le Pape aurait affirmé que « il n'y a pas d'enfer » ou que « Dieu vous a fait gay. » J'ai reçu des lettres de personnes converties au catholicisme qui se demandent à présent si elles n'ont pas commis une grave erreur. D'autres envisagent de quitter l'Église pour rejoindre une confession orthodoxe ou évangélique. Certains prêtres m'ont avoué qu'ils se retrouvent face à des situations délicates où des brebis de leur troupeau, qui vivent en état d'adultère, demandent à recevoir la Sainte Communion parce que [les médias prétendent que ...] "le Pape a dit que nous le pouvions". Et maintenant nous sommes face à cette situation douloureuse où des collèges épiscopaux font des déclarations totalement en contradiction avec les conférences d'autres évêques.

Nous avançons peut-être vers une plus grande unité avec les chrétiens évangéliques, mais beaucoup de ces chemins que nous empruntons ont été labourés et ensemencés avec des graines de méfiance.

J'ai défendu le Pape François au cours des cinq dernières années parce qu'il est le Vicaire du Christ — que cela vous plaise ou non. Il a enseigné, et continue d'enseigner beaucoup de choses vraies, malgré la confusion évidente qui grandit chaque jour.

Nous devons aider le Pape. Nous devons rester avec lui comme nous le ferions avec notre propre père.

— Cardinal Robert Sarah, 16 mai 2016, Lettres du Journal de Robert Moynihan

Nous aidons le Pape — et évitons de provoquer la scandale chez les non croyants — lorsque nous nous efforçons de comprendre ce que le Pape a réellement dit ou voulu dire ; quand nous lui accordons le bénéfice du doute ; et quand nous ne sommes pas d'accord avec des déclarations improvisées et ambigües ou des commentaires non magistériels, nous le faisons savoir d'une manière respectueuse et appropriée.

Le politicien "catholique"

Enfin, nous catholiques avons échoué dans notre devoir de témoignage face au monde lorsque nos propres politiciens tel que le Premier ministre canadien Justin Trudeau et une foule d'autres politiciens carriéristes qui participent aux messes dominicales, se déclarent défenseurs des droits de l'homme tout en les piétinant — en particulier les droits inaliénables des êtres les plus vulnérables. Si la liberté religieuse fait totalement naufrage à notre époque (en particulier au Canada), c'est en grande partie grâce aux politiciens catholiques et aux blocs d'électeurs qui ont élu des hommes et des femmes lâches, dont le coeur bat davantage pour le pouvoir et les programmes politiquement corrects que pour Jésus-Christ.

Il n'est pas étonnant que des icônes et statues de Notre Sainte Mère (que Benoît XVI appelait « le miroir de l'Église ») versent des larmes en différents lieux à travers le monde. Il est temps pour nous d'affronter la vérité : l'Église catholique n'est que l'ombre de la puissance d'influence qu'elle fut autrefois ; une puissance mystique qui transforma des empires, façonna nos lois, l'art, la musique et l'architecture. Mais aujourd'hui, ses compromissions avec le monde ont créé un grand vide qui est rapidement rempli par l'esprit de l'antéchrist et par un nouveau communisme qui cherche à supplanter la providence du Père céleste.

Avec les courants intellectuels des Lumières, la rébellion antireligieuse de la Révolution française qui a suivi, et le profond rejet intellectuel de la vision chrétienne du monde symbolisé par Marx, Nietzsche et Freud, des forces se sont déchaînées dans la culture occidentale qui a finalement conduit non seulement à la rupture des relations entre l'Église et l'État ayant évolué au fil des siècles mais aussi au rejet de la religion elle-même en tant que formatrice légitime de la culture ... L'effondrement de la culture chrétienne (...) a profondément affecté les croyances et actions des baptisés catholiques.

The Post-Christendom Sacramental Crisis: The Wisdom of Thomas Aquinas, Dr. Ralph Martin, pg. 57-58

Le Pape Benoît XVI l'avait fait remarquer, comparant notre époque à l'effondrement de l'Empire romain. Il n'a pas mâché ses mots quand il a averti des dangers que le monde encourt si la foi venait à s'éteindre telle une flamme vacillante :

Combattre cet aveuglement de la raison et lui conserver la capacité de voir l'essentiel, de voir Dieu et l'homme, ce qui est bon, et ce qui est vrai, est l'intérêt commun qui doit unir tous les hommes de bonne volonté. L'avenir du monde est en jeu.

— PAPE BENOIT XVI, Discours à la Curie Romaine, le 20 décembre 2010

Remettre les compteurs à zéro

Quelqu'un pourrait raisonnablement me demander du coup : « Pourquoi restez-vous dans l'Eglise catholique ? »

Eh bien, j'ai déjà fait face à cette tentation il y a de nombreuses années (lire Stay and Be Light). La raison pour laquelle je ne l'ai pas quittée à l'époque est la même que celle pour laquelle je ne m'en irais jamais aujourd'hui : le christianisme n'est pas une religion, c'est un chemin vers une authentique liberté (et notre union avec Dieu) ; le catholicisme est ce qui définit les limites de ce chemin ; la religion, dans ce cas, consiste à simplement marcher entre ces balises.

Ceux qui disent qu'ils sont spirituels mais ne veulent pas de la religion manquent d'honnêteté. Parce que quand ils se rendent à leur groupe de prière ; quand ils accrochent leur image préférée de Jésus ou allument une bougie pour prier ; quand ils décorent un arbre de Noël ou disent "Alléluia" chaque matin de Pâques ... ils témoignent qu'ils sont des êtres religieux. La religion est simplement l'organisation et la formulation d'une spiritualité selon un ensemble de croyances fondamentales. Le « catholicisme » a commencé lorsque le Christ a nommé douze hommes pour enseigner tout ce qu'Il leur a commandé et pour « faire des disciples de toutes les nations. » Autrement dit, il a dû y avoir un certain ordre dans tout cela.

Mais cet ordre s'exprime aussi à travers des êtres humains pécheurs, dont je fais partie. Parce qu'après tout ce que j'ai dit plus haut, si je fais mon propre examen de conscience, je ne peux que m'affliger davantage encore ...

Il faut noter que le Seigneur désigne comme un « guetteur » celui qu'il envoie prêcher. Le guetteur se tient toujours sur la hauteur pour voir de loin tout ce qui va venir. Et tout homme qui reçoit le poste de guetteur doit se tenir sur la hauteur par sa vie, afin de pouvoir rendre service par sa vigilance.

Combien il m'est cruel de dire ces paroles ! Car en parlant, je me frappe moi-même : je ne pratique pas la prédication comme je le devrais ; et lorsque cette prédication est suffisante, ma vie ne concorde pas avec ma parole.

Je ne nie pas ma culpabilité, je vois ma torpeur et ma négligence. Peut-être que de reconnaître ma faute m'obtiendra le pardon auprès du juge miséricordieux ?

— St. Grégoire le Grand, homélie, Liturgie des Heures , Vol. IV, p. 1365-66 ; cf. Myriamir

Je n'ai pas honte d'être catholique. Au contraire, ce dont j'ai honte c'est que nous ne sommes pas assez catholiques.

Il me semble qu'une grande « remise des compteurs à zéro » sera nécessaire pour l'Église, à travers laquelle elle devra être purifiée et simplifiée une fois de plus. Tout à coup, les paroles de Pierre prennent une signification renouvelée tandis que nous voyons non seulement le monde sombrer une fois encore dans le paganisme, mais l'Église elle-même être en désarroi, comme « ... une barque prête à couler, une barque qui prend l'eau de toute part » : [1]

... Car voici le temps du jugement : il commence par la famille de Dieu. Or, s'il vient d'abord sur nous, quelle sera la fin de ceux qui refusent d'obéir à l'Évangile de Dieu ?

1 Pierre 4: 17

Cette fois encore, de la crise d'aujourd'hui va naître une Église qui aura beaucoup perdu. Elle va devenir petite. Pour une grande part, il faudra qu'elle recommence à zéro. Il lui faudra laisser vides beaucoup des édifices construits dans une période de conjoncture très favorable. En perdant des adhérents, elle va perdre aussi beaucoup de ses privilèges dans la société ... Le processus sera long et difficile, tout comme fut long le chemin qui devait mener au renouveau du XIXe siècle à partir du faux progressisme de la veille de la Révolution française — une période à laquelle il était de bon ton, même parmi les évêques, de se rire des dogmes, et même de laisser entrevoir que l'on n'était pas si sûr que cela de l'existence de Dieu ... Mais après l'épreuve de ces discernements et séparations [du bon grain et de l'ivraie], c'est une grande force qui sortira d'une Église intériorisée et simplifiée. Dans un monde complètement planifié en effet, les hommes seront indiciblement seuls. Si Dieu a entièrement disparu pour eux, ils feront l'expérience d'une pauvreté complète et terrible. C'est alors qu'ils découvriront la petite communauté de ceux qui croient comme une chose totalement nouvelle. Comme une espérance qui leur parle, comme une réponse qu'ils ont toujours cherchée en secret.

Ainsi, il me semble certain que des temps très difficiles attendent l'Église. Sa crise véritable a à peine commencé. Il faut s'attendre à des secousses considérables. Mais je suis certain aussi de ce qui restera à la fin : non l'Église du culte politique qui a déjà échoué avec Gobel, mais l'Église de la foi. Elle ne dominera jamais plus la société avec la puissance qu'elle a eue jusqu'à une époque récente. Mais elle va fleurir de nouveau et elle se manifestera aux hommes comme une demeure familiale qui leur donne vie et espérance au-delà de la mort.

— Cardinal Joseph Ratzinger (PAPE BENOÎT XVI), Foi et Avenir , Ignatius Press, 2009 ; version française reprise du site paroissesaintyves.com

Mark Mallett

[1] Chemin de Croix du Colisée 2005 : Méditations du Cardinal Ratzinger (PAPE BENOÎT XVI), 24 mars 2005 ; Zenit

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The Now Word : Reflections on our Times - with Mark Mallett

Commentaires des internautes

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Commentaire laissé par le

Merci de toutes ces lectures qui nous font garder confiance car on se sent mois seul(e) ....continuer le Chemin et persévérer dans notre Foi par la Prière...."se vider de Soi" ...lutter contre tout cet "enfumage" quotidien....Merci !

Commentaire laissé par le

À mon avis, ce n'est pas tellement un échec catholique, mais plutôt un succès de Satan.
Depuis plus d'un siècle, ses suppôts ont mis en œuvre une propagande massive anti catholique, à travers les écoles, les médias, les publicités, les lois, la littérature, le cinéma et la télévision.
Dans tous ces domaines de communication, ils ont interdit ou réduit drastiquement la visibilité de l'Église catholique.
Depuis quasiment le berceau, les gens sont bombardés journellement par cette propagande anti catholique très habile, faite de calomnies et mensonges glissés dans des vérités, pour les rendre crédibles.
L'Église du Christ lutte à armes inégales, contre des armées nombreuses au service de Satan.
Je crois heureusement que le Pape François a pris la mesure de l'ennemi que nous affrontons, et a les capacités de contrecarrer ses plans diaboliques.
Les prières et les efforts de tous les catholiques ne seront pas de trop pour le soutenir.

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