Je ne t'oublierai pas - par Tianna Williams


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Publié le mardi 11 septembre 2018

Catégorie : Témoignages & évangélisation

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Ce fut un très heureux week-end. J'exposais à la Family Life Conference pour la seconde fois et c'était amusant de voir comment mes nouvelles peintures étaient accueillies. Mais encore plus excitant — la plupart de mes amis et des membres de ma famille étaient présents et j'étais ravie de leur annoncer que nous attendions notre deuxième bébé !

Puis tout a changé tôt dimanche matin.

«  Dieu n'a pas fait la mort, il ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants. »
— Sagesse 1: 13

Posté le par (l'une des filles de Mark Mallett), titre original « I Will Not Forget You »

Lire aussi Je suis brisé - de Mark Mallett

J'étais en visite le samedi 7 juillet dernier chez ma soeur et mes cousins et y suis restée ​​jusque bien après minuit. Nous avions parlé au sujet des bébés — j'avais annoncé la nouvelle à tout le monde à ce moment-là. Je m'étais plainte plus d'une fois de la nausée que je ressentais déjà. D'heureuses plaintes, vous pensez bien — quand vous essayez depuis presque un an d'avoir un enfant, même les aspects les plus inconfortables de la grossesse sont les bienvenus.

Les saignements commencèrent avant même que j'eu quitté leur camping-car pour retourner dans ma propre tente. J'avais lu que de légères pertes de sang pouvaient indiquer une grossesse précoce, mais je su instantanément que quelque chose n'allait pas. Les murs bleus des toilettes dans lesquelles je me trouvais se déformèrent et devinrent noirs tout autour de moi, et la crainte qui avait grandi dans mon coeur les jours précédents commença à provoquer de violents élancements tels des coups de marteau, de plus en plus vivement jusqu'à ce que la terrible réalité aspira tout l'air de mes poumons : j'étais en train de perdre mon bébé.

Tremblante, je retournai dans ma tente et sanglotai dans les bras de mon mari. Il m'exhorta avec insistance à confier cela à Dieu, me disant qu'il était trop tôt encore pour s'inquiéter. Je sombrai alors dans une profonde torpeur, ne sachant que faire si ce n'est répéter encore et encore, Jésus, j'ai confiance en Toi.

Je me réveillai au son des cris hystériques des mouettes et de la toile de ma tente battue par le vent. La nuit d'avant m'apparaissait comme un mauvais rêve et pendant un court instant j'osai espérer que tout irait bien en fin de compte.

Les saignements recommencèrent vers 9 heures du matin, et cette fois les signes étaient clairs. Je m'effondrai en larmes sur mon oreiller pendant un long moment avant de me forcer à quitter la tente et à me rendre à la chapelle, tête baissée, ne voulant pas être reconnue par quelque personne qui me demanderait ce qui n'allait pas. Je m'assis devant Jésus, exposé dans l'ostensoir, ne désirant qu'une chose, sombrer dans Sa Présence. Dès que je fus assise, le prêtre retira l'Hostie pour la placer dans le tabernacle en préparation de la messe et les petites dames âgées se mirent à s'animer, aspirant au sol et disposant les feuillets sur les bancs. Je me sentais complètement abandonnée.

Mon mari était toujours paisiblement endormi quand je revins à notre camp, alors j'envoyai un texto à la seule personne au monde que je voulais à mes côtés à ce moment-là : ma mère.

« Je pense que je fais une fausse couche », réussis-je à murmurer avec peine. Je sanglotai sans parvenir à me contrôler alors qu'elle me tenait dans ses bras, nos coeurs de femmes saignant l'un dans l'autre. Ma mère, comme tant d'autres femmes, a également vécu cette souffrance. Une fois que la tempête fut passée, elle me promit de s'occuper de ma table d'exposition et d'offrir une messe pour moi, je retournai alors dans ma tente et m'endormis.

Il était trop tard quand je réalisai que j'avais manqué la messe du dimanche. Un peu plus tard dans la journée, mon père se proposa de me trouver une personne qui puisse m'apporter l'Eucharistie, que mon coeur désirait tant recevoir ce matin-là.

J'ai deux souvenirs qui occupent une place particulière dans mon coeur. Le premier fut la messe que mon directeur spirituel offrit pour moi et pour la petite fille que je portais en moi, quelques jours seulement après avoir appris que j'étais enceinte, à l'époque où j'étais encore une jeune mariée. Le second fut quand un diacre compatissant apporta l'Eucharistie à l'entrée de ma tente battue par le vent, et où je m'agenouillai les larmes ruisselant le long de mon visage, pour pouvoir Le recevoir dans mon coeur brisé.

Quelques temps après, je me retrouvai dans la chapelle, l'Hostie réintégrée dans le petit ostensoir doré. Je n'avais jamais prié avec autant de ferveur, exigeant pratiquement la vie de mon bébé. Pourtant, tout en moi grinçait à la pensée de ma profonde indignité ... Ayant encore présent à l'esprit le roman Lay Siege to Heaven (trad. Prendre le Ciel d'assaut), je ressentis une forte envie de demander l'intercession de Sainte Catherine de Sienne, que je savais être une Sainte audacieuse et dévote. Peut-être que si Dieu ne m'écoutait pas, Il écouterait au moins l'une de ses plus fidèles servantes.

La lecture de l'évangile ce jour-là fut, ironiquement, l'histoire de la femme hémorroïsse (j'ai pour le coup demandé à Dieu si c'était censé être une blague). Je tendis les mains de mon coeur pour toucher le drap recouvrant l'autel devant moi, suppliant le Seigneur d'arrêter ces saignements. Dans la suite de l'évangile, quand Jésus dit à la fille de Jaïre « Jeune fille, je te le dis, lève-toi ! » (Mc 5: 41), mon unique désir fut que mon bébé puisse vivre aussi.

Mais cela ne devait pas en être ainsi ... À la fin de la journée, mon ventre avait déversé tout son précieux contenu, se retrouvant à nouveau complètement vide et stérile une fois de plus comme il l'avait été pendant tant de mois auparavant.

Dieu et le problème de la souffrance

Pour un non-croyant, il peut sembler que Dieu ait ignoré mes prières, ou n'existe tout simplement pas et donc ne peut pas m'entendre — sinon, n'aurait-Il pas empêché cela de se produire ? Peut-être aurais-je dû désespérer alors que tout espoir disparaissait. Mais voyez-vous ... dans cette paisible chapelle de campagne, ma dernière prière n'était pas une exigeance, ni même une supplication, mais la même prière que celle d'une jeune vierge qui allait plus tard voir son bébé mourir sur la colline du Calvaire : « Que tout m'advienne selon Ta parole. » (Lc 1: 38)

Rien en moi ne voulait prononcer ces mots, comme si la seule chose qui pouvait sauver mon bébé était mon propre entêtement. Mais quand je daignai finalement murmurer cette prière, je fus envahie d'une inébranlable paix. Le reste de la journée, j'étais inondée d'amour et de consolation. Tout le monde autour de moi se rassembla dans la prière pour me soutenir. Beaucoup de belles âmes s'avancèrent vers moi et m'enveloppèrent de leurs bras, ne me libérant de leurs étreintes qu'une fois que je fus absolument certaine d'être aimée. Je découvris même que la méditation du jour dans mon livre de prières — qui parlait avec éloquence du sang du Christ et de la force que le Seigneur nous donne dans l'adversité — n'était écrite par nulle autre personne que Sainte Catherine de Sienne. Plus tard dans la soirée, une amie m'informa qu'elle était également connue comme la sainte patronne des fausses couches. Non vraaaaaiment ?!

Je ressens avec une étrange certitude que Dieu fait tout concourir au bien de ceux qui l'aiment. Cette tragédie, qui peut sembler insensée en surface, je la considère en quelque sorte comme une merveilleuse partie de mon histoire. Je crois, avec une conviction surnaturelle, que Dieu a un plan pour ma famille, beaucoup plus vaste que ce que je peux imaginer. Que la fin naturelle de cette grossesse, qu'Il aurait pu mais n'a pas empêchée, suscitera d'une façon ou d'une autre un bien immensément plus grand que le mal que nous voyons pour le moment.

Mon coeur est affligé et cela va durer longtemps ... mais il y a une douceur dans cette souffrance, comme si le Christ se baissait depuis la Croix pour me rapprocher de Lui. Je partage en tout cas maintenant avec toutes les femmes ayant subi la perte d'un enfant un lien formé dans le sang. Je ne sais pas comment, mais j'en chéris l'inexplicable beauté.

Si je vous semble un brin héroïque, soyez certain que je suis tout le contraire. J'aurais tout aussi bien pu céder à l'amertume envers Dieu et me désillusionner quant au pouvoir de la prière et la réalité des miracles. En fait, je sais que je vais devoir encore lutter contre l'impatience et même la colère alors que je dois à nouveau affronter l'incertitude dans les mois à venir. Vraiment, tout est grâce. Cela me rappelle que la foi n'est pas une force de ma volonté mais un don ... un don qui nous est fait quand nous nous abandonnons totalement.

Une femme peut-elle oublier son nourrisson, ne plus avoir de tendresse pour le fils de ses entrailles ? Même si elle l'oubliait, moi, je ne t'oublierai pas. Car je t'ai gravée sur les paumes de mes mains ...

Esaïe 49: 15-16

A propos de cette peinture

Achetez cette peinture »

Assise avec moi sous ma tente, ma mère me dit : "Je sais ce que va être ton prochain tableau." Elle avait deviné l'image qui était déjà en train de germer dans mon coeur.

Je dédie ce tableau à la petite Catherine que je rencontrerai un jour au Ciel et à tous les bébés qui s'en sont allés suite à une fausse couche ou peu avant leur naissance.

J'ai intentionnellement peint ce bébé pour qu'il paraisse complet mais assez petit pour tenir dans la paume de votre main, car même si la plupart des bébés morts-nés s'en vont au cours des 20 premières semaines de grossesse (le mien n'avait même pas encore apparence humaine), dès l'instant où j'ai réalisé que j'étais enceinte, je pouvais déjà sentir ce duvet soyeux comme une peau de pêche, sentir ces minuscules doigts enroulés autour des miens … Peu importe la rapidité avec laquelle vous faites une fausse couche — lorsque vous perdez votre bébé, vous perdez un avenir avec quelqu'un que vous aimez déjà profondément.

Pour voir la réalisation de ce tableau, vous pouvez regarder la vidéo en accéléré ci-dessous.

Tianna Williams

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