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Enlève d’abord la poutre de ton œil

J'ai souvent réfléchi à la raison pour laquelle Jésus a utilisé l'image de la poutre et de la paille et j'en suis arrivé à cette conclusion...

« Enlève d'abord la poutre de ton oeil »

Jésus disait à ses disciples : « Ne jugez pas, pour ne pas être jugés ; de la manière dont vous jugez, vous serez jugés ; de la mesure dont vous mesurez, on vous mesurera. Quoi ! tu regardes la paille dans l'oeil de ton frère ; et la poutre qui est dans ton oeil, tu ne la remarques pas ? Ou encore : Comment vas-tu dire à ton frère : “Laisse-moi enlever la paille de ton oeil”, alors qu'il y a une poutre dans ton oeil à toi ? Hypocrite ! Enlève d'abord la poutre de ton oeil ; alors tu verras clair pour enlever la paille qui est dans l'oeil de ton frère. »

Mt 7: 1-5

La paille que nous voyons dans l'oeil de notre voisin est en réalité non pas simplement un petit défaut quelconque que nous devrions comparer à nos propres défauts qui seraient assurément plus importants, mais ... fondamentalement le reflet de la poutre qui se trouve dans notre propre oeil (et qui donc apparaît proportionnellement plus petite dans l'oeil de notre frère au point de prendre l'apparence d'une paille). Quand on y pense cela donne un sens plus profond à ce passage des évangiles et à la leçon que souhaite nous enseigner Jésus !

J'ai souvent remarqué que nous projetons très facilement nos propres défauts sur les autres. Ce n'est pas juste que nous voyons certains défauts chez nos frères et soeurs en oubliant que nous en avons d'autres parfois aussi ou plus importants, mais il nous est plus facile de voir les défauts des autres quand ceux-ci sont en réalité le reflet même de défauts que nous avons nous-mêmes. Si vous y prêtez attention cela est même fort curieux que les défauts qui nous dérangent le plus chez les autres sont généralement ceux que nous possédons nous mêmes mais refusons bien souvent de reconnaître. Comme si notre frère avait un rôle de révélateur de nos propres péchés. Je pense que cette image utilisée par Jésus a donc une signification bien plus profonde que nous pourrions le penser de prime abord. Plus encore si nous la mettons en relation avec son autre injonction : « Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés ! »

Avant d'aller plus loin j'aimerais rappeler ce passage de 2 Samuel 11 que je vous invite à lire attentivement :

L'Eternel envoya Nathan vers David. Il vint donc le trouver et lui dit: « Il y avait dans une ville deux hommes, l'un riche et l'autre pauvre. Le riche avait des brebis et des boeufs en très grand nombre. Le pauvre n'avait rien du tout, sauf une petite brebis, qu'il avait achetée. Il la nourrissait et elle grandissait chez lui avec ses enfants. Elle mangeait de son pain, buvait dans sa coupe et dormait contre lui. Il la considérait comme sa fille. Un voyageur est arrivé chez l'homme riche, mais le riche n'a pas voulu toucher à ses brebis ou à ses boeufs pour préparer un repas au voyageur venu chez lui: il a pris la brebis du pauvre et l'a préparée pour l'homme qui était venu chez lui. »

La colère de David s'enflamma violemment contre cet homme et il dit à Nathan: « L'Eternel est vivant! L'homme qui a fait cela mérite la mort. En outre il remplacera la brebis par 4 autres, puisqu'il a commis cet acte et s'est montré sans pitié. »

Nathan déclara alors à David: « C'est toi qui es cet homme-là! Voici ce que dit l'Eternel, le Dieu d'Israël: Je t'ai désigné par onction comme roi sur Israël et je t'ai délivré de Saül. Je t'ai donné la famille de ton maître, j'ai mis ses femmes contre ta poitrine et je t'ai donné la communauté d'Israël et de Juda. Si cela avait été trop peu, j'y aurais encore ajouté.
Pourquoi donc as-tu méprisé la parole de l'Eternel en faisant ce qui est mal à mes yeux? Tu as tué par l'épée Urie le Hittite, tu as pris sa femme pour faire d'elle ta femme et lui, tu l'as tué sous les coups d'épée des Ammonites. Désormais, puisque tu m'as méprisé et que tu as pris la femme d'Urie le Hittite pour faire d'elle ta femme, l'épée ne s'éloignera plus de ton foyer...

2 Samuel 11

Si nous ne comprenons pas que souvent notre frère joue le rôle de révélateur de nos propres défauts, et que nous le jugeons sans prendre la peine de commencer par faire notre propre examen de conscience pour réaliser que ces défauts que nous voyons chez l'autre sont avant tout les nôtres... Si nous refusons d'une part de pardonner, d'être indulgents et miséricordieux envers notre frère et d'autre part d'être davantage exigeant envers nous-mêmes, nous comprendrons le jour de notre mort que ce jugement que nous aurons porté sur nos frères s'adressait d'abord à nous mêmes.

Tout comme le fit le prophète Nathan envers David, notre adversaire avec lequel nous ne nous serons pas réconciliés en chemin (c'est-à-dire Dieu lui-même), nous présentera nos péchés sous la forme d'un film. Nous ne reconnaîtrons sans doute pas immédiatement qu'il s'agit du film de notre propre vie, et nous condamnerons l'homme qui aura commis ces péchés qui nous seront dévoilés (« Cet homme-là mérite une condamnation exemplaire ! » dirons-nous au Seigneur) , tout comme nous aurons pris l'habitude de juger et condamner nos frères sans prendre la peine de nous examiner nous mêmes. Parce que nous aurons pris pendant notre vie ici bas l'habitude de juger et condamner plutot que de faire miséricorde et de pardonner, nous n'agirons pas autrement envers nous-mêmes en cette heure ultime de notre vie.

Et alors Dieu, notre adveraire, nous répondra, comme le fit Nathan avec David : « C'est toi qui es cet homme-là! » et ceci « la sentence que tu as prononcée contre cet homme ("Cet homme-là mérite une condamnation exemplaire !"), qu'elle te soit appliquée ! »

Mets-toi vite d'accord avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu'on ne te jette en prison.

Matthieu 5: 25

Philippe