Il viendra comme un voleur pour récupérer ce qui Lui appartient - par Mgr Charles Pope


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Publié le samedi 1 septembre 2018

Catégorie : Liturgie, sermons & homélies

Nombre de consultations : 158

L'une des images les plus intéressantes et les plus surprenantes que le Seigneur utilisa pour lui-même était celle d'un « voleur ». Il y a un exemple dans la première lettre de saint Paul aux Thessaloniciens. Je commenterai plus en détail ce passage dans un instant, mais commençons par quelques autres passages des Écritures dans lesquels Jésus a utilisé cette imagerie...

Par Mgr Charles Pope • 29 août 2018 • Titre original « He Will Come Like a Thief to Take Back What Is His »

Comprenez-le bien : si le maître de maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait, il aurait veillé et n'aurait pas laissé percer le mur de sa maison. Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c'est à l'heure où vous n'y penserez pas que le Fils de l'homme viendra.

Mt 24:43-44 ; Lc 12:39

Rappelle-toi ce que tu as reçu et entendu, garde-le et convertis-toi. Si tu ne veilles pas, je viendrai comme un voleur et tu ne pourras savoir à quelle heure je viendrai te surprendre.

Ap 3: 3

Voici que je viens comme un voleur. Heureux celui qui veille et garde sur lui ses vêtements pour ne pas aller nu en laissant voir sa honte.

Ap 16: 15

Saint Pierre a également utilisé l'image d'un voleur, mais peut-être par respect pour le Christ, il l'a appliqué davantage au Jour du Jugement.

Cependant le jour du Seigneur viendra, comme un voleur. Alors les cieux disparaîtront avec fracas, les éléments embrasés seront dissous, la terre, avec tout ce qu'on a fait ici-bas, ne pourra y échapper.

2 Pierre 3:10

Dans la première lettre de saint Paul aux Thessaloniciens, dont nous discuterons plus en détail, saint Paul a utilisé une image similaire.

Pour ce qui est des temps et des moments de la venue du Seigneur, vous n'avez pas besoin, frères, que je vous en parle dans ma lettre. Vous savez très bien que le jour du Seigneur vient comme un voleur dans la nuit. Quand les gens diront : « Quelle paix ! Quelle tranquillité ! », c'est alors que, tout à coup, la catastrophe s'abattra sur eux, comme les douleurs sur la femme enceinte : ils ne pourront pas y échapper. Mais vous, frères, comme vous n'êtes pas dans les ténèbres, ce jour ne vous surprendra pas comme un voleur … restons sobres ; mettons la cuirasse de la foi et de l'amour et le casque de l'espérance du salut. Car Dieu ne nous a pas destinés à subir la colère, mais à entrer en possession du salut par notre Seigneur Jésus Christ.

1 Th 5: 1-4; 8-9

C'est assez provocateur et même choquant de lire que le Seigneur se compare à un voleur. Réfléchissons à ce que cela implique.

1. Par cette image, le Seigneur inverse les rôles. Le vol suggère une possession injuste. En ce sens, le Seigneur n'est clairement pas un voleur ; il utilise plutôt une comparaison. Il dit qu'Il est comme un voleur, non pas qu'Il est un voleur. En effet, comment le propriétaire de toutes choses peut-Il injustement posséder ce qui Lui appartient déjà ?

C'est nous et non le Seigneur qui sommes visés par cette image à laquelle Il se réfère. Le fait qu'Il puisse paraître à chacun d'entre nous comme étant un voleur est révélateur de notre injustice et non de la Sienne. Nous oublions trop facilement que les choses que nous appelons nôtres sont en réalité la propriété de Dieu et de Dieu seul. Nous sommes des intendants, pas des propriétaires. Quand le Seigneur viendra reprendre ce qui Lui appartient de plein droit — et qui Lui a toujours appartenu — nous devrions Lui être reconnaissants et le Lui rendre avec des intérêts (lire la parabole des talents). À ceux qui ont oublié qu'ils sont de simples gérants, le Seigneur semblera venir les voler. Ils verront Sa venue comme une menace car Il mettra un terme à leurs projets et à leurs richesses mondaines.

Parce qu'ils considèrent à tort ces choses comme les leurs, ils le verront comme un voleur — ou pire, comme un brigand. Dans la parabole des vignerons homicides (Matthieu 21.33-46), le Seigneur dit qu'ils frapperont et lapideront Ses prophètes et même tueront Son Fils. Ils sont seuls coupables de ces injustices et de ces crimes. Dieu ne peut pas voler ce qu'Il possède déjà. La vigne était Sa propriété et Il venait chercher à bon droit le produit de Sa vigne. Ils cherchèrent à retenir — jusqu'à commettre un meurtre — ce qu'ils pensaient leur appartenir, alors que cela ne leur appartenait pas.

Les voies du Seigneur sont justice et vérité. Dieu reprendra tout ce qui Lui appartient. Nous paierons pour ce que nous avons volé par la cupidité, l'injustice, l'égoïsme, la luxure et la gourmandise. Pour ceux qui oublient qu'Il est le véritable propriétaire de la vigne, Il peut apparaître comme étant un voleur, mais c'est bien nous qui sommes des voleurs. Nous Lui crierons "Voleur !" Mais le Seigneur répondra simplement : "Cet homme c'est toi ; c'est toi-même qui l'as dit. » (lire 2 Sam 12: 7; Matt 26:64).

2. Par cette image, le Seigneur parle de Sa faculté à se rendre présent à nous secrètement. En utilisant l'image d'un voleur (Κλέπτης (kleptes) en grec), le Seigneur parle d'une présence furtive et cachée. Les voleurs agissent dans l'ombre ou à notre insu. Un brigand, en revanche, vous attaque en prenant ce qu'il veut par la violence, sans que vous ne puissiez rien faire pour vous y opposer.

Le mot voleur ici est révélateur de la présence cachée du Seigneur. Le Seigneur n'est pas un voleur, mais Il semble en être un pour ceux qui oublient Sa présence. Ne vous trompez pas en pensant qu'Il n'est pas dans la maison de votre vie ; Il voit et sait tout.

3. Par cette image, le Seigneur contredit l'illusion selon laquelle Il ignorerait ce que nous faisons dans le secret. Les voleurs agissent en cachette. Beaucoup de gens qui pèchent et abusent des biens du Seigneur oublient souvent que rien n'est caché à Dieu. Ainsi, ils répondent à la définition de ce qu'est un voleur parce qu'ils tentent de prendre ou d'abuser secrètement de ce qui, dès le début, ne leur appartient pas.

Dieu peut sembler caché et distant, mais Il ne l'est pas. Il voit tout, sait tout et compte tout. Chacun de nos actes « cachés » est écrit dans le livre. Un ancien cantique dit :

Un livre écrit sera produit,
dans lequel tout sera contenu ;
d'après quoi le Monde sera jugé.

Quand le Juge donc tiendra séance,
tout ce qui est caché apparaîtra,
et rien d'impuni ne restera.

Dies Irae (Jour de Colère), Thomas de Celano - Ce poème apocalyptique écrit en langue latine raconte la colère de Dieu le jour du Jugement dernier où les bons sont délivrés et les maudits brûlés en enfer. Il aborde aussi de façon très émouvante le doute et la faiblesse des humains. La crainte et l'espoir sont les deux sentiments dominants de cette prière.

Dieu veille et Il est plus proche de vous que vous ne l'êtes de vous-même.

4. Par cette image, le Seigneur nous exhorte à nous souvenir et à être prêts. Un cambriolage à mon presbytère m'a incité, ainsi que le personnel, à faire preuve de plus de prudence et de vigilance, mais pourquoi la perte de biens temporels devrait-elle nous causer plus d'inquiétude que l'arrivée certaine du Seigneur, le véritable propriétaire de toutes choses ? Bien qu'Il puisse sembler venir comme un voleur, Il n'est pas un voleur. Les vraies questions que je devrais me poser sont celles-ci : suis-je un voleur ? Ai-je utilisé ce que Dieu possède d'une manière contraire à Sa volonté ou qui Lui déplaît ? Si oui, il viendra quand je m'y attendrai le moins et prendra ce que je pense à tort être mon bien. Je peux le considérer comme un voleur, mais Il ne l'est pas. En tant que véritable propriétaire, Il ne peut pas injustement posséder ce qui est déjà à Lui.

Nous ferions mieux d'y réfléchir maintenant parce que le Seigneur est déjà dans la maison et que Sa présence peut être révélée à tout moment. Êtes-vous prêt ? Veillez-vous ? Soyez vigilant. Le juge se tient à la porte, mais Il détient la clé, pas vous.

Est-Il un voleur ? Non. Êtes-vous un voleur ? En suis-je un ?

Epilogue : Lorsque Jésus priait dans le jardin de Gethsémani, Judas, qui était un voleur (voir Jean 12: 6), mena une bande de brigands jusqu'à Lui pour l'arrêter. S'avançant vers eux, Jésus inversa les rôles et dit : « Suis-je donc un bandit, pour que vous soyez venus vous saisir de moi, avec des épées et des bâtons ? » (Mc 14, 48) Oui, Il inversa les rôles avec ceux qui venaient l'arrêter et avec les chefs religieux qui avaient manigancé son arrestation. Ils ont vu Jésus comme un usurpateur, comme quelqu'un qui était venu prendre leur place dans le temple. Il n'était pourtant ni un voleur, ni un cambrioleur. Il était le grand Prêtre Suprême, Celui qui était venu pour accomplir tout ce qu'ils étaient censés prêcher. Ce sont eux qui cherchèrent à Le tuer et à s'approprier injustement la vigne pour eux-mêmes. Pour les voleurs, les larrons et les meurtriers, Jésus était comme un voleur, mais Il ne l'était pas. Eux seuls étaient voleurs — et même pire, brigands et meurtriers.

Quand Jésus nous dit qu'Il peut venir comme un voleur, soyez sur vos gardes ; le Seigneur viendra reprendre ce qui Lui appartient.

Mgr Charles Pope

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