Harry Potter et la Paganisation de la Culture


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Publié le dimanche 16 septembre 2018

Auteur : Michael O'Brien

Catégorie : Culture, littérature, cinéma

Nombre de consultations : 214

« L'influence de la série Harry Potter est complexe parce que son univers est celui de l'occulte, et il révèle la moralité ambivalente qui y est à l'oeuvre. Comme dans la nature, il existe des lois qui régissent la vie morale. Il y a un ordre moral objectif dans l'univers — les parents le savent instinctivement. Le monde de l'imaginaire doit renforcer les lois de l'univers moral. Chaque être humain s'engage dans un voyage moral, et il est important que chaque individu ait de bons repères pour l'aider à s'orienter. Ceci est particulièrement important dans les premières années de la formation des jeunes enfants.

J'ai longtemps eu de sérieuses réserves sur le fondement spirituel de la série Harry Potter. Comme Michael O'Brien, je crois que les parents catholiques doivent être alertés par les influences potentiellement négatives que ces livres peuvent avoir sur la formation morale et spirituelle de leurs enfants. Tout parent préoccupé par la formation de la personnalité et du caractère de leurs enfants devrait lire ce livre.  »

Extrait de l'introduction du livre de Michael O'Brien « Harry Potter and the Paganization of Culture », par Mgr Julian Porteous, Évêque auxiliaire et exorciste de l'Archidiocèse de Sydney, Australie

Source : StudiObrien, titre original : « Michael O'Brien book on Harry Potter »

Traduction Pierre et les Loups

Le livre de Michael O'Brien sur Harry Potter

Harry Potter et la Paganisation de la Culture

par Michael D. O'Brien

De l'éditeur du site LifeSite News :

« Le maître romancier et artiste Michael O'Brien (...) a écrit une oeuvre décisive qui évalue le phénomène Harry Potter. Ce livre devrait être lu par tous les parents dont les enfants ont lu ou envisagent de lire l'oeuvre immensément populaires de J.K. Rowling et toutes celles qui lui sont similaires telles que la série Twilight de Stephenie Meyer.

Bien qu'il s'agisse d'un travail analytique, le lecteur sera captivé dès les premières pages, en incluant la préface que vous pourrez lire (en français) ci-dessous. Le premier ouvrage d'O'Brien, "A Landscape With Dragons", a tracé la limite entre l'authentique littérature fantastique chrétienne et ses contrefaçons. De nos jours, avec "Harry Potter et la Paganisation de la Culture", il montre de manière fascinante le contraste qu'il y a entre l'univers de Harry Potter et celui de Narnia de C.S. Lewis, ou encore Le Seigneur des Anneaux de Tolkien, en particulier entre Harry et Frodon.

Pour ceux dont les enfants ont grandi avec Harry Potter, l'analyse de O'Brien permettra aux parents de comprendre quels sont les messages qui ont nourri leurs enfants et leur donnera les explications et arguments qui serviront, nous l'espérons, d'antidote pour restaurer leur ordre moral.

Le livre va au-delà de Harry Potter, cependant, pour aborder d'autres séries à succès telles que « Twilight » de Stephenie Meyer et « À la croisée des mondes - La Boussole d'Or » de Philip Pullman. En plus de ceux-ci et d'autres romans de fantasy, O'Brien passe en revue les films qu'ils ont engendrés.

En conclusion, le nouveau livre de l'auteur enseigne aux chrétiens comment discerner la littérature et les films fantastiques inoffensifs de ceux qui sont destructeurs du coeur, de l'âme et de l'esprit. Je ne saurais trop vous recommander cet ouvrage. »

—John-Henry Westen
Co-fondateur et rédacteur en chef, LifesiteNews.com

Du Dr Mark Miravalle :

« Dans la confusion morale actuelle, surtout telle qu'elle se manifeste dans les expressions culturelles contemporaines de la littérature et de l'art, remercions Dieu pour la boussole morale que nous donne Michael O'Brien.

Il peut être inconfortable pour les parents de voir la véritable métaphysique anti-chrétienne et même diabolique derrière des séries comme Harry Potter, À la croisée des mondes - La Boussole d'Or et Twilight, mais seule la vérité nous rend libres. Les parents ont besoin de savoir que toute lecture n'est pas une bonne lecture pour les précieuses âmes des enfants que Dieu nous a confiées. Ce sont la foi, la famille et la culture authentiquement chrétiennes qui devraient habiter les esprits et les coeurs de la prochaine génération, non pas des milliers de pages et d'images de sorcellerie, de pseudo-héros caractérisés par toutes sortes de compromissions morales, et de vampires — métaphores de la concupiscence et de la romance.

Jésus veut mieux pour nos jeunes et nous le devrions aussi. Je suis reconnaissant pour l'édifiant courage contenu dans "Harry Potter et la Paganisation de la Culture" et je prie pour qu'il éclaire d'autres esprits et coeurs à travers le monde en ce qui concerne les dangers graves et insidieux des récits contemporains de fantasy néo-païens pour la jeunesse. »

—Dr. Mark Miravalle, professeur de théologie, Université franciscaine de Steubenville

Lu dans The Catholic Herald, Londres :

Michael O'Brien, iconographe et romancier canadien bien connu, a écrit une réflexion sérieuse sur le phénomène Harry Potter. C'est un exercice courageux, qui vaut la peine d'être lu, ne fut-ce que pour faire réfléchir davantage les lecteurs sur un sujet qu'ils n'aiment pas trop aborder. D'un côté, il y a une armée mondiale de partisans de Rowling, heureux de laisser lire à leurs enfants n'importe quoi, et convaincus que les sept livres de la série représentent un loisir inoffensif qui exerce leur imaginaire ; de l'autre côté, nous avons une réaction de la part de fondamentalistes chrétiens américains qui considèrent la série comme une oeuvre littéraire occulte dangereuse. Dans cette bataille d'arguments farouchement polarisés vient se positionner la voix mesurée d'O'Brien.

—Francis Phillips, The Catholic Herald

Pour commander un exemplaire de ce livre, vous pouvez visiter le site de l'éditeur Ignatius Press à l'adresse www.ignatius.com. Malheureusement je pense qu'il n'existe actuellement qu'en anglais mais vous pouvez déjà lire la préface de l'auteur dont je vous mets ma traduction ci-dessous.

« La corruption des symboles de la civilisation chrétienne est un phénomène qui dure depuis plusieurs siècles, pourtant jusqu'à la période actuelle, les mutations et inversions, ainsi que la création de nouvelles symbologies diaboliques, sont restées marginales, se limitant aux sociétés secrètes et autres sectes ésotériques. Aujourd'hui, la culture de ces sectes se propage partout autour de nous, et avec la série Harry Potter, elle rejoint (et captive) les masses. À travers elle, la corruption des symboles [judéo-chrétiens] a atteint un nouveau seuil d'influence, et cela à une échelle sans précédent dans l'histoire de la littérature... Si nous perdons le langage du véritable symbolisme, nous perdons à un niveau de conscience fondamental notre façon d'appréhender les choses telles qu'elles sont. Les symboles ne sont pas des objets stockés dans une pièce ou un grenier de la psyché que nous pouvons prendre et jeter à volonté, ou réarranger sans conséquences. Les trafiquer, c'est déstabiliser les fondations mêmes de la [civilisation]. Tandis que la plupart des chrétiens n'échangeraient jamais sciemment des symboles du mal contre des symboles du bien, beaucoup ont accepté une nouvelle sphère de symbologie éclectique qui permet à un mélange de symboles bons et mauvais d'influencer leurs pensées et leurs sentiments. Mais deux mondes de symboles contradictoires ne peuvent coexister longtemps en nous de façon pacifique. L'un ou l'autre finira par dominer et exigera finalement l'expulsion de l'autre. »

—Michael O'Brien

Préface du livre Harry Potter et la Paganisation de la Culture

Traduction Pierre et les Loups

Les premiers volumes [de la série Harry Potter] étaient souvent recommandés à notre famille par des personnes bien intentionnées, et semblaient être lus dans tant de foyers, que je pouvais difficilement ignorer le phénomène. Puis je reçus des lettres et des appels téléphoniques d'amis qui souhaitaient savoir ce que je pensais de cette série, tous me décrivant le malaise qu'ils ressentaient vis-à-vis de celle-ci. Je répondis que je ne pouvais vraiment pas leur donner mon opinion sans avoir lu personnellement ces livres, et de plus, il y avait un tel tsunami de romans, films et jeux vidéo de fantasy néo-païens qui se déversait aujourd'hui dans la vie des jeunes, que cela représenterait le travail de toute une vie de me tenir informé ou ne fut-ce que de discerner attentivement chacun d'eux. Ils en convinrent, mais me suggérèrent que, puisque cette série en particulier devenait très vite le plus grand phénomène littéraire de tous les temps, la lecture de ces romans en particulier pourrait en valoir la peine. Ils ajoutèrent que certains écrivains qu'ils admiraient disaient que ces livres séduisent nombre de lecteurs et sont potentiellement dommageables ; d'autres faiseurs d'opinion disaient qu'ils étaient inoffensifs et donnaient envie aux jeunes de lire, en fait ils poussaient toute une génération de jeunes à plonger leur nez dans des livres !

Néanmoins, je persistai dans mon refus de les lire. Mais vint ensuite une curieuse période de 24 heures au cours de laquelle je discutai avec trois personnes différentes (deux appels téléphoniques qui surgirent de nulle part et une rencontre fortuite). Ces trois personnes me décrivirent leur expérience personnelle en utilisant quasiment les mêmes mots. Je n'avais nullement initié le sujet, et n'avais pas non plus suggéré ce sujet à leur réflexion. Aucun d'entre eux ne se connaissait. Tous étaient parents au sein d'une famille saine et heureuse et, pour autant que je sache, étaient émotionnellement et mentalement équilibrés. C'était des gens que je respectais pour leur stabilité émotionnelle ainsi que pour leurs qualités de sagesse et de bonté. Ils avaient une forte foi en Jésus Christ, n'étaient ni superstitieux ni suspicieux par nature, n'étaient pas alarmistes et ne tendaient pas à l'hystérie ou à la paranoïa. Ils avaient assuré une vie culturelle prospère à leurs familles, la lecture était une activité très appréciée dans chacun de leurs foyers, et parmi leurs collections de livres l'on pouvait compter de nombreux romans de fantasy pour la jeunesse. Pourtant, ce jour-là, chacun d'entre eux me dit en substance ceci :

— « J'ai tellement entendu parler des livres de Harry Potter, et des personnes très bien m'ont dit qu'ils étaient passionnants. Nous en avons donc acheté [ou reçu] un exemplaire et j'ai commencé à le lire. Au début, l'histoire ne me posait pas de problème. Puis quelque chose d'étrange s'est produit. Au milieu d'un chapitre j'ai été soudainement submergée par la nausée. »

— « Par la nausée ? » leur demandai-je.

— « Oui, une sorte de nausée spirituelle. Je ne l'ai pas vu venir parce que je voulais vraiment apprécier ces livres. Le monde entier en est tombé amoureux, même beaucoup de bons chrétiens, alors j'ai pensé qu'ils étaient probablement suffisamment sains pour être donnés à nos enfants. Je voulais juste m'en faire d'abord une idée. Je suis contente de l'avoir fait. »

Ne se connaissant pas l'une l'autre, ces trois mamans spirituellement éveillées étaient en train de me parler d'une « nausée spirituelle. » Toutes les trois m'encouragèrent à lire ces livres et à en livrer par écrit mon appréciation. Était-ce une coïncidence, ou était-ce l'un de ces moments où le Saint-Esprit nous parle, en nous faisant un coup de coude en trois exemplaires ?

Malgré tout, j'hésitai à réagir publiquement à cette série. Je n'avais tout simplement pas le temps ni l'énergie pour cela. Pourtant, j'avais appris à prêter attention à de telles « coïncidences, » et à les confier à notre Seigneur dans la prière.

Je me mis donc à prier, écouter, et prier encore — et je n'aimais pas ce que j'« entendis. »

J'ai donc prié davantage et écouté davantage, espérant entendre autre chose, mais en vain.

— « Je T'en prie, pas moi. » protestai-je. « Cette bataille est sans fin. J'ai fait ma part. S'il Te plaît demande à quelqu'un d'autre de rédiger une analyse sur les livres de Harry Potter. Seigneur, il y a déjà plein de gens qui font précisément cela ! »

Long silence. Puis, à nouveau cette familière insistance me faisant comprendre que j'étais appelé à cette tâche. Je soutins que c'était un exercice futile voué à l'échec.

— « Seigneur, ça ne me dérange pas d'être un fou pour Toi. Ça ne me dérange pas de participer à une cause désespérée, mais vraiment ... »

Désespéré ? Pourquoi cela semblait-il désespéré ?

— « Mais, Seigneur, pourquoi devrais-je perdre mon temps, qui pourrait être consacré à un travail plus positif qui contribuerait à la création d'une culture saine ? »

Puis vint la réponse sous la forme d'une prise de conscience : Avais-je vraiment dit perdre mon temps ? Si vraiment je Lui avais donné toute ma vie, mon temps n'était-il pas en fait Son temps ?

« Euh, oui, c'est vrai, Seigneur. Mais Tu vois, je n'ai aucun de ces livres et je ne veux vraiment pas les acheter. »

Un silence approprié accueillit cette piètre excuse. Évidemment, j'aurais pu me rendre à la bibliothèque, emprunter une copie à l'un ou l'autre paroissien, demander aux parents nauséeux de me prêter leur exemplaire, inutile de débourser de l'argent pour aider à nourir le tsunami.

La chose intéressante à propos de la lutte avec Dieu est qu'Il semble, mystérieusement, le permettre dans un but précis. D'une part, Il nous montre que nous sommes libres d'accepter Sa volonté ou non. D'autre part, alors que nous exerçons et épuisons notre stock de raisonnements et de rationalisations plutôt limité, nous nous heurtons rapidement à nos limites humaines. Puis vient la prise de conscience que, bien évidemment, nous ne pouvons pas le faire ; bien sûr, nous ne pouvons rien faire par nous-mêmes, en particulier quand il s'agit de résister au mal. Tout dépend de la grâce, de notre coopération avec la grâce. Ainsi, un autre message est imprimé plus profondément dans notre âme, une sorte d'illumination de la conscience. Finalement, je décidai d'écrire au sujet de la série Harry Potter simplement par obéissance. Mon esprit rationnel me fournit également un certain appui, qui pourrait être exprimé comme ceci :

Si vous marchiez dans une rue animée et que vous voyiez un enfant se jeter au milieu de la circulation, ne lâcheriez-vous pas tout pour vous précipiter à son secours, même si vous saviez que cela mettrait en danger votre propre vie ? Suivant le même principe, si vous deviez voir un enfant être attiré vers un royaume où les démons et leur chef, Satan, ont une très longue expérience dans la séduction des âmes et leur enfermement dans la servitude, et potentiellement dans la mort éternelle, ne laisseriez-vous pas tout derrière vous pour le prévenir du danger quel qu'en soit le prix ?

Et ainsi tout commença. Mes premiers articles se basèrent sur la lecture des quatre premiers volumes, une sorte de rattrapage par rapport à ce qui avait été publié jusque-là. Les années passant, j'arrivai au bout des trois volumes suivants. Fait intéressant, dès l'instant où je commençai à lire le premier volume, je fus moi aussi frappé par un dégoût spirituel inattendu, accompagné du sentiment d'une présence oppressive que j'avais fini par reconnaître au fil des ans comme la proximité des esprits adverses. Il m'est souvent arrivé dans ma vie, en faisant des recherches, de lire des livres contenant des éléments clairement maléfiques. Pour ce qui est du seul contenu, Harry Potter est plutôt sympathique en comparaison. Je peux ainsi dire que j'abordai la série sans préjugé particulier, ni aucune peur irrationnelle. Cependant, à partir du jour où j'ouvris la première page et commençai à lire, un nuage de ténèbres et d'effroi commença à se former au-dessus de moi, et je parvins à le tenir à distance uniquement par l'augmentation de mes temps de prière. J'eus aussi des cauchemars d'un genre que je n'avais jamais connu auparavant dans ma vie. Ceci est totalement inhabituel chez moi puisque je ne suis pas enclin aux mauvais rêves, et généralement les années passent sans que je n'en fasse un seul. J'ai eu des expériences effrayantes dans ma vie (bien pire que de lire quelques livres douteux) et cela n'a jamais provoqué le moindre cauchemar. Mais à partir du moment où je commençai à prendre ma part dans la résistance, je souffris de cauchemars d'une puissance sans précédent.

Trois de ces mauvais rêves me reviennent particulièrement en mémoire. Je vous épargnerai une grande partie des détails, mais dans l'un d'eux, que j'eus immédiatement après la publication de ma première critique de la série Harry Potter dans un journal très connu, je me faisais maudire par trois sorcières (peut-être pour contrer symboliquement les bénédictions et les prières des trois saintes femmes qui m'avaient supplié de me lancer dans ce travail). Les sorts que ces sorcières jetèrent contre moi étaient absolument terrifiants, presque paralysants, et ce n'est que lorsque je criai le Nom de Jésus que leurs sorts furent brisés et repoussés. Je dus continuer à répéter Son nom pour préserver cette protection, et je me réveillai dans un état de terreur qui ne se dissipa pas à la manière des mauvais rêves habituels. Mon épouse se réveilla également et pria avec moi, et finalement nous pûmes nous rendormir en paix. Dans un rêve similaire la nuit suivante, les trois sorcières revinrent, cette fois accompagnées d'un sorcier, et une fois encore elles jetèrent un sortilège horrible contre moi. Encore une fois il fut repoussé par le Saint Nom de Jésus et aussi par les prières des saints, en particulier Saint Joseph.

Un troisième rêve qui se produisit peu après fut le plus effrayant de tous. Dans ce dernier, j'avais été capturé et emmené dans une maison isolée au fond d'une forêt. Le bâtiment était rempli d'hommes et de femmes impliqués dans la magie et la sorcellerie. Ils attendaient l'arrivée d'un homme qui s'avérait être leur maître sorcier, et je devais être leur sacrifice humain lors d'un rituel nocturne. Quand il entra dans la pièce, je sentis que tout espoir était perdu, un sombre désarroi me saisit, accompagné d'une terreur d'un genre que je n'avais jamais ressenti auparavant. Cependant, je pus, là également, murmurer le Nom de Jésus. Immédiatement les murs de la maison tombèrent en arrière sur le sol vers l'extérieur, les cordes qui me liaient tombèrent de mes poignets et de mes chevilles, et je me sauvai en courant. Sautant hors de la maison, je fus étonné de trouver le bâtiment entier entouré par de puissants anges, qui par leur sainte autorité avaient immobilisé tous les sorciers présents à l'intérieur. Je sautai et dansai de joie, et réalisai que j'avais été transformé en petit enfant. Jésus apparu dans le ciel et commença à descendre. Je continuai à danser et à jubiler de soulagement, accueillant Son arrivée de mes cris de joie. À ce moment, je me réveillai, rempli d'une joie complète. Et ce fut le dernier des mauvais rêves.

Cependant, au cours de cette sombre période de recherche et d'écriture, un nombre incroyable de pannes et de catastrophes se produisirent dans les détails extérieurs de notre vie de famille. Ceux-ci furent plus sérieux et fréquents que les hauts et les bas habituels tels que les problèmes de voiture, crises financières, maladies ou infiltrations d'eau. Ce fut tout cela et beaucoup plus — et tout à la fois. J'ajouterai que je connais sept autres écrivains chrétiens qui ont publiquement critiqué la série Harry Potter, et tous sauf l'un d'eux connurent le même phénomène. Deux d'entre eux eurent des rêves comme les miens, et la plupart d'entre eux avaient lutté pour résister au nuage d'oppression combiné à une convergence étrange d'épreuves externes. Aucun de ces écrivains ne me semble être du genre instable ou hypersensible, ni adonné à des délires névrotiques.

De peur que mon expérience personnelle devienne inutilement effrayante, laissez-moi vous assurer que ce fut une bénédiction, une confirmation du fait que ce qui est en jeu dans la culture actuelle ne sont pas de simples arguties académiques. Les idées sous-jacentes ont des conséquences dans les vies humaines. L'ancien adversaire de l'humanité a tout intérêt à promouvoir des idées qui font avancer sa cause et à affliger ceux qui entravent ses projets. L'oppression que j'ai parfois ressentie pendant ces premières années n'est pas revenue, principalement parce que j'ai appris à prier de façon appropriée, comme tout chrétien le devrait, pour recevoir de Dieu « l'équipement de combat » (Ephésiens 6: 10-20) pour moi et pour ma famille.

Puisez votre énergie dans le Seigneur et dans la vigueur de sa force. Revêtez l'équipement de combat donné par Dieu, afin de pouvoir tenir contre les manoeuvres du diable. Car nous ne luttons pas contre des êtres de sang et de chair, mais contre les Dominateurs de ce monde de ténèbres, les Principautés, les Souverainetés, les esprits du mal qui sont dans les régions célestes. Pour cela, prenez l'équipement de combat donné par Dieu ; ainsi, vous pourrez résister quand viendra le jour du malheur, et tout mettre en oeuvre pour tenir bon. Oui, tenez bon, ayant autour des reins le ceinturon de la vérité, portant la cuirasse de la justice, les pieds chaussés de l'ardeur à annoncer l'Évangile de la paix, et ne quittant jamais le bouclier de la foi, qui vous permettra d'éteindre toutes les flèches enflammées du Mauvais. Prenez le casque du salut et le glaive de l'Esprit, c'est-à-dire la parole de Dieu. En toute circonstance, que l'Esprit vous donne de prier et de supplier : restez éveillés, soyez assidus à la supplication pour tous les fidèles. Priez aussi pour moi : qu'une parole juste me soit donnée quand j'ouvre la bouche pour faire connaître avec assurance le mystère de l'Évangile dont je suis l'ambassadeur, dans mes chaînes. Priez donc afin que je trouve dans l'Évangile pleine assurance pour parler comme je le dois.

Ephésiens 6: 10-20

Cette première bataille a renforcé ma conscience que nous vivons, comme nous l'enseignent les Écritures et la Tradition chrétienne, dans une vaste zone de combat multidimensionnelle, dont une grande partie est invisible à nos yeux. Chacun de nous doit jouer sa part, chacun doit apprendre à demander à Dieu des grâces accrues de protection et de discernement spirituel. Nous devons comprendre que la nature de cette guerre est en train de changer, et que les développements radicaux dans la culture, notamment dans le matériel culturel destiné aux jeunes, ne sont pas le simple fruit du hasard ou une évolution purement socioculturelle. De nouvelles stratégies sont exercées contre l'humanité, et de nouvelles stratégies (ou plutôt des stratégies anciennes et éprouvées par le temps) doivent être éveillées en nous si nous voulons défendre nos enfants.

Cela dit, il est important de souligner que J.K. Rowling, l'auteur de la série Harry Potter, est presque certainement inconsciente de la signification de son travail et de sa participation à l'obscurcissement de notre époque. Elle semble être une personne sincère qui a une grande affection pour les enfants, et pour la littérature destinée aux jeunes, et elle écrit simplement par rapport à ce qui excite son imagination. Elle passa sa propre enfance à lire de nombreux livres, une enfance qui fut influencée par la série Narnia de C.S. Lewis et La Quête du Roi Arthur (The Once and Future King) de T.H. White (la légende d'Arthur et Merlin). Cependant, Rowling a déclaré qu'elle n'a pas écrit la série Harry Potter en raison d'un amour particulier pour la fantasy :

« En fait, je ne suis pas une grande fan de livres de fantasy en général, et ne les lis jamais. »

Interview sur Internet, Scholastic.com, 16 octobre 2000

Elle a été cohérente dans ses déclarations selon lesquelles elle ne croit pas que le monde de la sorcellerie et de la magie est réel :

« La magie possède un attrait universel. Je ne crois pas à la magie de la manière dont je la décris dans mes livres. Mais j'aimerais beaucoup que ce soit réel ... Le point de départ de tout l'univers de Harry Potter est ceci : Et si c'était vrai ? Et je travaille à partir de là. »

Reader's Digest, Février 2001, “The Wizard Behind Harry Potter,” par Tim Bouquet.

Cela nous amène à une considération importante qui devrait être gardée à l'esprit dans toutes les discussions concernant les livres et les films. Malgré tout ce que nous pourrions trouver inacceptable dans ceux-ci, nous ne pouvons pas juger les intentions de l'auteur. Le monde qu'elle a créé sort de son imagination, amplement nourrie par ses recherches sur l'histoire et le symbolisme de la magie et de la sorcellerie. L'imagination est une faculté de la vie intérieure des êtres humains d'une puissance phénoménale. La façon dont elle fonctionne, et comment elle assimile et recrée les images et les concepts dans de nouvelles formes, demeure dans une certaine mesure un mystère. C'est comme une scène vide, et tout ce qui s'y produit habituellement dépend en grande partie de ce que nous choisissons par le biais de notre volonté et de notre intellect d'y placer — ou de ce que nous autorisons à y demeurer. Les scènes provenant de l'imagination peuvent être générées par les événements tels qu'ils se présentent dans notre environnement, par de puissants stimuli émotionnels et sensoriels, et par des expériences douloureuses ou joyeuses. C'est aussi l'arène où l'esprit subconscient dramatise les désirs et les conflits (que ce soit dans les rêves ou les fantasmes éveillés), où les appétits primaires produisent des images, parfois exaltées, parfois coupables, parfois un mélanges des deux. L'imagination tend aussi à refléter les préoccupations et la condition spirituelle de la société qui nous entoure.

De plus, l'imagination est un écran sur lequel les mauvais esprits peuvent "projeter" des images, des tentations présentées comme des divertissements stimulants, nous offrant des récompenses agréables si nous cédons à la tentation. Plus nous cédons, plus cette dimension de l'imagination grandit, plus elle devient un véhicule d'enchantement de la volonté, puis de l'obsession, et si l'on ne s'en repent pas totalement, finit par un certain degré d'asservissement au mal. Si nous voulons nous épanouir spirituellement et être des personnes saines, l'imagination doit être formée, tout comme doivent l'être le corps, l'intellect rationnel et la volonté. N'importe lequel de ces aspects de notre personnalité, s'il n'est pas soumis à la discipline et maîtrisé avec l'aide de la grâce, peut conduire à la domination d'une partie sur l'ensemble. Le développement d'une imagination morale exige donc que celle-ci soit correctement orientée et nécessite autant de retenue que celle qu'un athlète exerce sur son corps.

De par ma propre expérience en tant que romancier, j'ai appris que l'imagination contient des profondeurs et des hauteurs, ainsi que des richesses potentielles que nous pouvons difficilement mesurer, et encore moins maîtriser complètement. C'est pourquoi ceux qui sont impliqués dans la création de la culture ont plus particulièrement besoin de nos prières. À ce stade, il est utile de se rappeler que lorsque nous parlons de "culture", nous nous référons à bien davantage que la simple culture « intellectuelle » des galeries d'art et des orchestres symphoniques, ou de la culture populaire musicale ou celle des bandes dessinées. Il n'existe aucune définition standardisée de la culture, mais il est généralement admis que le mot englobe toutes les formes par lesquelles une société s'exprime et se définit : ses arts, ses métiers, ses blagues, ses chansons et ses histoires, ses moeurs et ses mythes, et tellement plus encore. Chacun d'entre eux commence à développer sa forme extérieure dans les profondeurs de l'imagination de tout être humain.

Dans mon propre travail, j'ai souvent été étonné par le réalisme intense des personnages et des scènes qui surgissent soudainement dans mon esprit, comme venant de nulle part. Je perds toute notion de temps et entre dans ce monde imaginaire, que j'espère engendrer depuis ma vie intérieure jusque sur le papier, et de là dans l'imagination de mes lecteurs. Souvent je m'assieds simplement et regarde l'histoire se dérouler, laissant mes doigts transposer tout cela sur le papier. Je peux "entendre" les dialogues, et ensuite je me demande comment j'en suis venu à connaître ces choses, alors qu'en fait je n'en ai jamais entendu parler, ni jamais rien vu ni lu à leur sujet auparavant.

Autrefois, on l'appelait la « muse », une sorte d'esprit d'inspiration désincarné. De nos jours, la croyance en une aide invisible qui nous est extérieure est en déclin. On exalte à sa place l'image de l'artiste-génie solitaire extrayant des chefs-d'oeuvre de son propre fond autonome. Aucune de ces deux compréhensions de la vie créative n'est exacte, mais des deux, je dirais que le second est le plus vulnérable à l'influence malsaine parce que ce genre d'auteur ne pense pas être soumis à des forces extérieures à lui-même. Et ainsi il manque certains outils de discernement nécessaires. Dans le pire des cas, une sorte d'anti-inspiration peut survenir sans que l'auteur ne réalise ce qui se passe.

L'écrivain chrétien n'est pas à l'abri des distractions et des tentations. Quand je néglige de prier comme je le devrais, l'aspect technique de l'écriture devient plus difficile pour moi, et la création de scènes et de dialogues devient un processus plus lent et plus aléatoire. De plus, certains éléments peuvent s'infiltrer dans l'intrigue, dans la création des personnages et dans le style qui n'ont pas leur place dans l'histoire et pourraient la mener ailleurs que là où elle devrait aller. En revanche, lorsque je supplie Dieu avec ferveur chaque jour pour qu'Il me donne la grâce nécessaire au travail spécifique que je cherche à accomplir, l'écriture s'écoule de façon limpide. Puis, chaque fois que quelque chose se présente sur la scène de mon théâtre intérieur, depuis une source qui peut être malsaine (ma propre nature déchue ou peut-être une inspiration venant d'un mauvais esprit), le radar interne de mon âme m'alerte d'un danger. Je m'arrête alors pour prier et réfléchir, puis je passe à autre chose, soit en abandonnant une idée, une scène, une image, un bout de dialogue, soit en l'amenant plus près du sentier de la beauté et de la vérité. C'est un processus co-créateur : Dieu le Créateur et l'homme Sa créature, faite à Son image et Sa ressemblance, travaillant de conserve pour susciter quelque chose de nouveau dans le monde qui puisse apporter la vie et l'espoir aux autres.

Dieu ne rejette ni ne submerge jamais nos dons naturels. Il désire seulement les sanctifier et les rendre toujours plus féconds. Il ne force jamais ; Il invite toujours. Il respecte absolument notre liberté. Si une personne choisit, par naïveté ou obstination, d'ignorer les grâces co-créatrices et de revendiquer pour elle-même une sorte d'autorité supérieure capable de réécrire les principes que Dieu a établis dans l'univers, même alors Dieu ne submergera pas cette personne ni ne cherchera à supplanter son imagination naturelle. Il permettra à l'imagination naturelle de continuer à créer selon ses propres conditions, même si cela se fait de façon effrénée, jusqu'à ce qu'elle ait suivi son cours.

Je ne peux vous offrir, chers lecteurs, une présentation encyclopédique ou scientifique des mérites et des dangers de la série Harry Potter et de ses films. Au lieu de cela, j'espère que cette étude générale du phénomène et quelques remarques qui en découleront susciteront de sérieuses questions et réflexions sur ce qui y est en jeu.

Michael D. O'Brien
Source : studiobrien.com

Commentaires des internautes

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Commentaire laissé par le

Je suis tout à fait d'accord avec vous : maintenant beaucoup de jeux et beaucoup de films ne reflètent plus que le mal et la violence il en est de même pour Harry Potter et même si j'ai vu le tout premier film en trouvant que c'était fantastique parce que c'était des enfants, je n'ai jamais voulu revoir la suite, rien que le titre me faisant penser à l'occulte et à Satan.
Tout mal est banalisé à l'extrême : un exemple? Pokémon que l'on poursuit virtuellement n'importe où....cela s'est même produit dans une église!
Quand j'étais une petite fille, jamais je n'aurais pensé que l'an 2002 amènerait une amoralité OU immoralité pareilles.
Voilà mon modeste point de vue.
Le dégoût ( désacralisation des églises) débaptisation en France( si! Si!)C'est le Mal.dans toute sa ruse qui atteint non seulement nos générations mais celles d'après ?
Merci.

Commentaire laissé par le

Nos ancêtres païens étaient intelligents et respectables. C'est pour cela qu'ils adoptèrent le christianisme, plus rationnel que leurs croyances. Et ils le développèrent merveilleusement.
Grâce au christianisme, ils développèrent aussi les sciences. Ce qui confirma que leur ancien dieu du Tonnerre, par exemple, était explicable par une cause naturelle.
Mais Satan fut enragé par tous ces succès du christianisme en Europe. Il préférait que les hommes croient en un dieu du Tonnerre plutôt que de croire en Dieu.
Satan suscite actuellement tout un courant de "néo-paganisme". De soi-disant druides et autres gourous païens, prétendent restaurer d'anciens paganismes, en attaquant violemment le christianisme qui les a remplacés. Ils cherchent à faire abandonner la croyance en Dieu et à propager la croyance dans l'ancien dieu du Tonnerre.
C'est aussi racial et nationaliste que le nazisme. Comme si le dieu du Tonnerre scandinave pouvait être différent du dieu du Tonnerre grec ou africain.

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Le silence ou l'épée ?

Mark Mallett   vendredi 14 décembre 2018   0 commentaire   33

Plusieurs personnes ont été surprises par les récents messages que nous donne la Sainte Vierge en différents endroits de la planète : « Priez plus... parlez moins » [1], ou encore par ceci :

… priez pour votre évêque et pour vos pasteurs, priez et faites silence. Pliez vos genoux et mettez-vous à l'écoute de la voix de Dieu. Laissez aux autres le jugement, ne vous occupez pas des affaires qui ne vous concernent pas.

—Notre Dame de Zaro à Angela, le 8 novembre 2018

Comment pouvons-nous rester silencieux à une époque comme la nôtre, se demandent certains lecteurs ?

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Pourquoi l’Eglise est-elle contre les relations sexuelles avant le mariage ?

mercredi 26 septembre 2018   0 commentaire   53

L'Eglise n'est pas d'accord pour qu'il y ait des relations sexuelles avant le mariage. Pourquoi est-elle si rigide? Face à tant de mariages qui échouent, n'est-il pas plus sensé d' « essayer » pour voir si la relation fonctionne, avant de se jeter et risquer un échec ?

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Le Pape François compare l'avortement au recours à un "tueur à gages"

samedi 13 octobre 2018   1 commentaire   121

IVG et tueur à gage - Une façon « d'éliminer quelqu'un » qui s'apparente aux services d'un « tueur à gage » : le Pape François n'a pas mâché ses mots sur l'avortement, lors de l'audience générale de ce 10 octobre 2018. Au contraire, « celui, celle que l'on présente comme un problème, est en réalité un don de Dieu, qui peut me sortir de l'égocentrisme et me faire grandir dans l'amour ».

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