Frapper l'Oint de Dieu - par Mark Mallett


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Publié le samedi 15 septembre 2018

Catégorie : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise

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Quelqu'un a estimé que je n'étais pas assez critique du Pape François dans mon récent article sur l'Anti-Miséricorde. « La confusion n'est pas de Dieu, » m'ont-ils écrit. Non, la confusion ne vient pas de Dieu. Mais Dieu peut se servir de la confusion pour purifier son Église et séparer le bon grain de l'ivraie. Je pense que c'est précisément ce qui se passe à l'époque actuelle …

Traduction d'un article de Mark Mallett du 19 janvier 2018 : « Striking God's Anointed One »

Le pontificat de François met en pleine lumière les prélats et laïcs qui semblaient attendre dans l'ombre de promouvoir une version hétérodoxe de l'enseignement catholique (cf. When the Weeds Begin to Head). Mais il met également en lumière ceux qui se sont laissé enfermer dans le légalisme, se barricadant derrière un mur d'orthodoxie. Il est en train de révéler ceux dont la foi est authentiquement en Jésus Christ, et ceux dont la foi est en eux-mêmes ; ceux qui sont humbles et fidèles, et ceux qui ne le sont pas.

Comment devons nous dès lors aborder ce "Pape tellement surprenant", qui semble étonner presque tout le monde ces dernières années ? La réponse à cette question ne doit certainement pas être cherchée du côté de la critique irrévérencieuse et grossière qui est devenue la norme chez cette génération. Ici, l'exemple du Roi David est des plus pertinents …

Dans les lectures de la messe du 19 janvier 2018 (qui ont servi de base à cette réflexion, ndt), le Roi Saül était enragé de jalousie par toute l'admiration que l'on vouait à David plutôt qu'à lui. Malgré toutes les promesses contraires, Saül commença à pourchasser David dans le dessein de le tuer.

Il arriva aux parcs à moutons qui sont en bordure de la route ; il y a là une grotte, où Saül entra pour se soulager. Or, David et ses hommes se trouvaient au fond de la grotte. Les hommes de David lui dirent : Voici le jour dont le Seigneur t'a dit : “Je livrerai ton ennemi entre tes mains, tu en feras ce que tu voudras.” »

1 S 24, 3-21

Alors David « vint couper furtivement le pan du manteau de Saül. » David ne tua pas, ne frappa pas, ni ne menaça celui qui était déterminé à lui ôter la vie ; il s'est contenté de couper un morceau de son manteau. Mais ensuite nous lisons :

Alors le coeur lui battit d'avoir coupé le pan du manteau de Saül. Il dit à ses hommes : « Que le Seigneur me préserve de faire une chose pareille à mon maître, qui a reçu l'onction du Seigneur : porter la main sur lui, qui est le messie du Seigneur. » Par ses paroles, David retint ses hommes. Il leur interdit de se jeter sur Saül.

David est rempli de regret, non pas parce qu'il admire particulièrement Saül, mais parce qu'il sait que Saül a été oint par le prophète Samuel, sous la direction de Dieu, et sacré roi. Et même si David fut tenté de frapper l'oint de Dieu, il s'humilia devant le choix du Seigneur, devant l'oint de Dieu.

Saül regarda derrière lui. David s'inclina jusqu'à terre et se prosterna, puis il lui cria : J'ai refusé de te tuer, je t'ai épargné et j'ai dit : “Je ne porterai pas la main sur mon seigneur le roi qui a reçu l'onction du Seigneur.”

Honore ton père et ta mère

Le mot « pape » signifie « papa » en italien. Le Pape est essentiellement un père pour la famille de Dieu. Jésus a voulu que Pierre devienne le premier « papa » de l'Église quand Il lui confia les « clés du royaume », le pouvoir de « lier et de délier », et déclara qu'il serait un « rocher » (lire The Chair of Rock). Dans Matthieu 16: 18-19, Jésus reprit l'image qu'avait utilisée Isaïe lorsque le Roi David remit son royaume entre les mains d'Eliakim :

Il sera un père pour les habitants de Jérusalem et pour la maison de Juda. Je mettrai sur son épaule la clef de la maison de David : s'il ouvre, personne ne fermera ; s'il ferme, personne n'ouvrira. Je le planterai comme une cheville dans un endroit solide ; il sera un trône de gloire pour la maison de son père.

Isaïe 22: 21-23

Tout cela pour dire que Papa Francesco est, objectivement et avec certitude, "l'oint de Dieu". Il est dès lors surprenant que certains catholiques remettent en question la validité de son élection.

Pas un seul cardinal, y compris l'audacieux, courageux et entièrement orthodoxe contingent africain n'a, ne fut-ce que suggéré que cette élection était invalide. Et le Pape Émérite Benoît XVI n'a pas non plus laissé entendre qu'il fut contraint de quitter la Chaire de Pierre, grondant même ceux qui persistent à croire de telles absurdités. (cf Se tromper de cible)

« Il n'y a pas le moindre doute quant à la validité de ma renonciation au ministère pétrinien. La seule condition à la validité de ma renonciation est la pleine liberté au moment de ma décision. Les spéculations sur sa validité sont tout simplement absurdes. … Mon seul et unique objectif est de soutenir le pontificat du [Pape François] dans la prière. »

—PAPE EMERTE BENOIT XVI, Cité du Vatican, 26 février 2014 ; Zenit.org

Donc, que l'on aime ou non la personnalité, le style, les manières, la façon de diriger l'Eglise, le silence, l'audace, les faiblesses, les forces, la coiffure, la calvitie, l'accent, les choix, les commentaires, les décisions disciplinaires, les nominations, les bénéficiaires de ses honeurs, etc. : il a reçu l'onction de Dieu. Qu'il soit un bon pape, un mauvais pape, un dirigeant scandaleux, un chef courageux, un homme sage ou un sot, cela ne fait aucune différence – tout comme cela importa peu à David, au bout du compte, que Saül n'était pas droit. François a été validement élu Pape, en tant que 266ème successeur de Saint-Pierre, et est par conséquent l'oint de Dieu, le « rocher » sur lequel Jésus-Christ continue de bâtir Son Église. La question n'est donc pas « Que fait le Pape ? » Mais « Que fait Jésus ? » (cf. Jesus, the Wise Builder)

La question n'est pas d'être ‘pro-' Pape François ou ‘contre-' Pape François. La question est de défendre la foi Catholique, et cela signifie défendre l'Office de Pierre dont le Pape est le successeur.

— Cardinal Raymon Burke, The Catholic World Report, 22 janvier 2018

Et cela n'a-t-il pas été ainsi à travers toute l'histoire de l'Église que le Pape, successeur de Pierre, a été à la fois Petra et Skandalon — à la fois le rocher de Dieu et une pierre d'achoppement ?

–PAPE BENOÎT XVI, de Das neue Volk Gottes, p. 80ff


En tant que tel celui qui occupe l'office de Pierre mérite le respect approprié. Mais aussi nos prières et notre patience, car il peut parfaitement pécher et commettre des erreurs comme le reste d'entre nous. Nous devons éviter une sorte de papolâtrie qui voudrait canoniser le Saint-Père et accorder l'infaillibilité à chacune de ses paroles et opinions. On parvient au juste équilibre par une foi solide en Jésus.

C'est une question de respect. Votre père biologique peut être un alcoolique. Vous n'avez pas besoin d'honorer son comportement ; mais il est toujours votre père, et par conséquent, sa position mérite le respect approprié. [1] Le jour du jugement, il aura à rendre compte de ses actes – et vous de vos paroles.

Je vous le dis : de toute parole sans fondement que les hommes auront proférée, ils rendront compte au Jour du Jugement. Car c'est d'après tes paroles que tu seras justifié et c'est d'après tes paroles que tu seras condamné.

Mt 12: 36, 37

Ainsi, il est cruel de lire comment certains catholiques ont non seulement arraché un lambeau de la dignité du Saint-Père, mais ont laissé leurs langues fourchues s'en prendre impitoyablement à sa réputation. Ici, je ne parle pas de ceux qui ont légitimement remis en question ou critiqué avec douceur la façon souvent familière qu'a le Pape d'approcher les questions dogmatiques, ou son manque de prudence en ce qui concerne son soutien à la théorie du « réchauffement climatique », ou l'ambiguïté d'Amoris Laetitia. Bien plutôt, je vise ceux qui prétendent avec insistence que François serait un communiste, un moderniste sournois, un imposteur libéral, un franc-maçon infiltré et un fossoyeur de l'Eglise catholique. Ceux qui l'appellent d'un ton moqueur « Bergoglio » au lieu de son titre approprié. Ceux qui rapportent presque uniquement les faits controversés et sensationnels. Ceux qui spéculent sans cesse sur le fait que le Pape voudrait changer la doctrine quand bien même il ait explicitement dit qu'il ne le pouvait pas [2] ; ou qu'il va introduire des pratiques pastorales qui, dans les faits, ébranlerait la doctrine alors qu'il a pourtant formellement réprimandé ceux qui se cachaient dans …

... la tentation de l'angélisme destructeur, qui au nom d'une miséricorde trompeuse bande les blessures sans d'abord les soigner ni les traiter; qui s'attaque aux symptômes et pas aux causes et aux racines. C'est la tentation des « bien-pensants », des timorés et aussi de ceux qu'on appelle « progressistes et libéralistes ».

—PAPE FRANÇOIS, Vatican.va, 18 octobre 2014

Le Cardinal Müller (ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi) a critiqué vertement les évêques qui ont donné à Amoris Laetitia une interprétation hétérodoxe. Mais il a également déclaré que l'interprétation des évêques argentins – que le Pape François a récemment validée – se trouve toujours dans le domaine de l'orthodoxie dans des circonstances « concrètes » plus rares. [3] C'est-à-dire que François n'a pas changé la Sainte Tradition (ni ne le peut), même si l'ambiguïté issue de son pontificat a créé une tempête de confusion, et même si cette « directive pastorale » ne se montre pas à la hauteur des enjeux. (...)

Mais pourquoi, demande-t-on, le Pape nomme-t-il des « libéraux » à la Curie ? Je répondrai par une autre question, pourquoi Jésus a-t-il nommé Judas ? [4]

Il en institua douze pour qu'ils soient avec lui… Il établit … Judas Iscariote, celui-là même qui le livra.

Mc 3, 13-19

Alors encore une fois, pourquoi le Pape François a-t-il aussi nommé des « conservateurs » ? Le Cardinal Müller occupait sans doute la deuxième position la plus puissante de l'Église en tant que Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, et a été remplacé par Mgr Luis Ladaria Ferrer, qui fut précédemment nommé à divers postes au Vatican par Jean Paul II et Benoît XVI. Le Cardinal Erdo, qui a une forte dévotion non dissimulée envers Marie, et a été nommé Rapporteur général pendant le Synode sur la Famille. Le cardinal Pell tout comme le cardinal orthodoxe canadien, Thomas Collins, furent nommés superviseurs du nettoyage de la corruption dans la Banque du Vatican. Et le poste du Cardinal Burke à la Signature Apostolique, le Tribunal Suprême de l'Église, a été reconduit.

Mais rien de tout cela n'a empêché « l'herméneutique de la suspicion » qui a émergé jetant le doute sur chacune des actions et paroles du Pape, ou triant sur le volet et rapportant seulement les actions les plus controversées de François tout en ignorant presque complètement les déclarations émouvantes et parfois directes de François qui renforcent et défendent véritablement la foi catholique. Il en est résulté ce que le théologien Peter Bannister décrit comme « l'intensification de la réaction anti-papale et la gravité sans précédent du langage employé ». [5] J'irais jusqu'à dire que c'est de la calomnie dans certains cas, comme ce lecteur qui m'a demandé, « êtes-vous maintenant convaincu que Bergoglio est un imposteur, ou avez-vous besoin de plus de temps ? » Ma réponse :

“Je ne porterai pas la main sur [lui, car il] a reçu l'onction du Seigneur.”

Comment honorer l'oint de Dieu

Chaque fois que les médias inventent un nouvel article sujet à controverse (et souvent fallacieux) sur le Pape François (y compris, malheureusement, certains médias catholiques), ma boîte est bombardée de courriels me demandant si je l'ai lu, ce que j'en pense, ce que nous devons faire, etc…

Cet apostolat que j'exerce via mon blog s'est à ce jour étendu sur trois pontificats. Indépendamment de qui est assis dans la Chaire de Pierre, j'ai constamment rappelé la Tradition et l'enseignement bimillénaire de l'Église Catholique, en parfaite fidélité aux Écritures, (He 13: 17) et la sagesse des Saints : que nous devons demeurer en communion avec nos évêques et le Saint-Père, le rocher sur lequel l'Église est bâtie — car il a reçu l'onction de Dieu. Oui, je peux entendre Saint Ambroise crier : « Là où est Pierre, là est l'Eglise !  » Et cela inclut tous ces papes infâmes, corrompus et mondains. Qui peut mettre en doute les paroles de Saint Ambroise quand, 2000 ans plus tard, l'Église et le dépôt de la foi demeurent parfaitement intacts, même s'ils furent attaqués à différentes périodes par les « fumées de Satan » ? Il semblerait que les faiblesses personnelles des différents papes ne bouleverse pas Jésus ni Sa capacité à bâtir Son Église.

Peu importe dès lors si je pense ou non que François ou Benoît XVI ou Jean-Paul II sont de bons ou de mauvais papes. Ce qui importe, c'est que j'écoute la Voix du Bon Pasteur dans la leur, car Jésus a dit aux Apôtres, et donc à leurs successeurs :

Celui qui vous écoute m'écoute ; celui qui vous rejette me rejette ; et celui qui me rejette rejette celui qui m'a envoyé.

Luc 10: 16

Premièrement, la bonne façon d'approcher la papauté est celle de la douceur et de l'humilité, de l'écoute, de la réflexion et de l'introspection. Cela consiste à prendre les Exhortations apostoliques et Lettres que les papes écrivent, et à écouter les directives que nous donne le Christ à travers elles. Tant de personnes m'écrivent en disant : « Mais [les paroles et les actes de] François troublent les gens ! » Mais qui exactement est troublé ? 98% de la confusion dans les médias proviennent d'un travail de journalisme très mauvais et biaisé, d'individus qui sont journalistes et non pas théologiens. Beaucoup sont confus parce qu'ils lisent les titres des journaux, et non les homélies ; des bribes d'exhortations et non pas les exhortations elles-mêmes. Ce qu'il nous faut faire, c'est nous asseoir aux pieds du Seigneur, inspirer profondément, nous taire et écouter. Cela demande un peu de temps, d'effort, pour lire et surtout pour prier. Car dans la prière, vous trouverez aujourd'hui une chose précieuse et qui se fait rare : la sagesse. Car la Sagesse vous apprendra comment réagir en ces temps troublés et traîtres, en particulier quand les bergers ne guident par leurs troupeaux aussi bien qu'ils le devraient.

Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas une véritable confusion et même des interprétations hérétiques actuellement. Oh que oui ! Il semblerait qu'une fausse église est en train de se lever ! Il existe aujourd'hui des interprétations opposées et contraires d'Amoris Laetitia entre certaines conférences épiscopales, ce qui est ahurissant, pour ne pas dire vraiment malheureux. Cela est tout simplement inconcevable. La caractéristique première du catholicisme est son universalité et son unité. Néanmoins, dans les siècles précédents, il y eut aussi des moments où de larges pans de l'Église tombèrent dans l'hérésie et la division au sujet de certaines doctrines. Même à une époque plus récente, le Pape Paul VI était quasi seul lors de la publication de son magnifique document d'autorité sur la contraception, Humanae Vitae.

Deuxièmement, depuis quand est-ce devenu chose acceptable de présumer le pire de quelqu'un ? Notre présente génération démontre un manque d'immersion dans la spiritualité des Saints. Cette spiritualité, vécue si vivement en France, en Espagne, en Italie et ailleurs, qui poussa les saints à supporter avec patience les fautes des autres, à ne pas s'arrêter à leurs faiblesses et à utiliser ces occasions pour réfléchir plutôt sur leur propre pauvreté. Une spiritualité où, en voyant certains de leurs frères trébucher, ces saintes âmes offraient pour eux des sacrifices et des prières, voire si besoin une correction bienveillante. Une spiritualité qui savait faire confiance et s'abandonner complètement à Jésus même lorsque le désordre régnait dans la hiérarchie. Une spiritualité qui, en un mot, vivait, assimilait et faisait rayonner l'Évangile. C'est Sainte Thérèse d'Avila qui disait : « Ne laissez rien vous troubler. » Car le Christ n'a pas dit : « Pierre, bâtis mon Église ! », mais plutôt : « Tu es Pierre, et sur cette pierre Je bâtirai mon Église. » C'est l'oeuvre du Christ, ne laissez donc rien ni quiconque vous troubler (lire Jesus, the Wise Builder).

Troisièmement : et si le Pape entreprend certaines actions, même « pastorales », qui sont sources de scandales ? Ce ne serait pas la première fois. Non, la première fois fut lorsque Pierre renia le Christ. La seconde fois fut quand Pierre se comporta d'une manière avec les Juifs, et d'une autre avec les païens. Et ainsi Paul, « quand [il vit] que ceux-ci ne marchaient pas droit selon la vérité de l'Évangile », corrigea Pierre. [Gal 2:11, 14] Maintenant, si le Pape François devait adopter une pratique pastorale qui dans les faits saperait la doctrine – et plusieurs théologiens pensent que c'est le cas – cela ne nous donne pas la permission de balancer subitement toutes sortes d'insultes à la face du Saint-Père. Au contraire, ce serait un autre moment douloureux à la « Pierre et Paul » pour le Corps du Christ. Car le Pape François est avant tout votre frère et le mien en Jésus Christ. Son bien et son salut ne sont pas seulement importants, mais Jésus nous a aussi appris à rechercher le bien de notre prochain avant le nôtre.

Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres.

Jean 13: 14

Quatrièmement, si vous craignez qu'à « suivre le Pape François » vous risquez d'être égaré, vous êtes déjà égaré dans une certaine mesure. D'une part, si le Pape est le « faux prophète » du Livre de l'Apocalypse comme le prétendent certains, alors le Christ s'est contredit : Pierre n'est pas un roc et les portes de l'Enfer ont prévalu contre [Son Église]. Il est également important de noter que presque toutes les apparitions authentiques, approuvées ou crédibles, de Notre Sainte Mère au cours du dernier siècle ont appelé les fidèles à prier pour et à rester en communion avec le Saint-Père. L'apparition approuvée de Fatima, par exemple, incluait une vision montrant le Pape martyrisé pour la défense de la foi — non pas pour l'avoir détruite. Notre-Dame nous conduirait-elle dans un piège ?

Non, si vous craignez d'être trompé, rappelez-vous l'antidote de Saint Paul contre l'apostasie, contre l'Antéchrist, et contre la « force d'égarement » que Dieu enverra sur ceux qui « n'ont pas accepté l'amour de la vérité » [2 Thess 2:1-10] :

… tenez bon, et gardez ferme les traditions que nous vous avons enseignées, soit de vive voix, soit par lettre.

2 Th 2: 15

La plupart d'entre vous possèdent le Catéchisme de l'Eglise Catholique. Sinon, procurez-vous en un. Vous n'y trouverez pas la moindre confusion. Tenez la Bible dans votre main droite et le Catéchisme dans votre main gauche, et tâchez de vivre ces vérités. Et si vous pensez que le Pape ou les évêques induisent en erreur votre famille et vos amis, soyez pour eux la voix de la clarté. Après tout, le Pape François nous a explicitement encouragés à lire et à connaître le Catéchisme, alors utilisez-le. Je sais ce qu'il me faut faire, malgré les défauts, les lacunes et les échecs du Pape. Il n'a pas prononcé une seule parole qui m'empêche de vivre pleinement selon la vérité, de proclamer pleinement la vérité et de devenir pleinement saint (et d'emmener autant d'âmes que possible avec moi). Toutes les théories, suspicions, suppositions, prédictions et conspirations sont une perte de temps — une distraction rusée et trompeuse à laquelle pourtant beaucoup se font avoir, une distraction qui empêche des chrétiens pourtant bien intentionnés de vivre l'Évangile en vérité et d'être une lumière pour ce monde.

FLEURJ'ai rencontré le Pape Benoît XVI il y a plusieurs années, je lui ai serré la main, l'ai regardé dans les yeux et lui ai dit : « je suis un évangéliste venant du Canada et je suis heureux de vous servir. » [6] J'étais heureux de le servir parce que je savais, sans le moindre doute, que la fonction de Pierre est de servir l'Église, c'est-à-dire de servir le Christ — et que Pierre était l'oint de Dieu.

Pitié, mon Dieu, pitié pour moi !
En Toi je cherche refuge,
un refuge à l'ombre de Tes ailes,
aussi longtemps que dure le malheur.

Ps 56 (57) : 2

… Qu'on ne s'excuse point en disant : « Je ne fais pas injure à la Sainte Eglise, je ne me révolte pas contre elle, je n'en ai qu'après les vices des mauvais pasteurs » Un tel homme, élevant son esprit contre son chef et aveuglé par l'amour-propre, ne voit pas la vérité, ou plutôt, il voit bien, mais fait semblant de ne pas voir, pour étouffer les reproches de sa conscience. S'il était sincère, il verrait bien, et même, il voit bien que ce ne sont pas les hommes qu'il persécute, mais le Sang de mon Fils. A Moi l'injure, comme à Moi le respect! ... A qui laissa-t-il les clefs de ce Sang ? Au glorieux apôtre Pierre et à tous les autres qui sont venus et qui viendront après lui jusqu'au dernier jour du jugement. Tous ont donc et auront la même autorité que Pierre, et aucune de leurs fautes n' amoindrira cette autorité.

– Catherine de Sienne, extrait du Livre des dialogues ; télécharger le PDF ici

Ceux-là se trompent donc dangereusement qui croient pouvoir s'attacher au Christ Tête de l'Eglise sans adhérer fidèlement à son Vicaire sur la terre.

—Mystici Corporis Christi (Sur le corps mystique de Jésus-Christ), 29 juin 1943 ; n° 41 ; vatican.va

Mark Mallett


[1] Cela ne veut pas dire que l'on doit se soumettre aux abus ou à une situation de violence, mais plutôt honorer son père de la meilleure façon possible, que ce soit par la prière, le pardon et même en disant la vérité avec amour.
[2] cf. The Five Corrections
[3] cf. Vatican Insider, January 1, 2018
[4] cf. Manger au même plat que le traître
[5] “Pope Francis, the hermeneutic of conspiracy and the ‘Three F's'”, Peter Bannister, First Things, 21 Janvier 2016
[6] cf. A Day of Grace

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The Now Word : Reflections on our Times - with Mark Mallett

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