Face au coronavirus, l’épiscopat polonais demande d’accroître le nombre de messes


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Publié le mercredi 18 mars 2020

Catégorie : Vie de l'Eglise

Refusant les consignes officielles de fermeture des bâtiments accueillant du public (écoles, universités, théâtres, cinémas, etc..), la Conférence de l'épiscopat polonais a quand même consenti à dispenser certains croyants de l'obligation d'assister à la messe dominicale. Mais pendant la crise, les églises -et les confessionnaux- resteront ouverts.

Source : marianne.net

Dans un premier temps, l'Eglise polonaise a vigoureusement refusé de suivre les consignes officielles de fermeture des édifices accueillant du public, décrétées par le gouvernement à Varsovie le 10 mars à cause du Coronavirus, appelant au contraire le clergé à multiplier les messes. Contrairement au conseil des imams de Pologne, qui a aussitôt ordonné la fermeture de toutes les mosquées et centres islamiques du pays. Mais depuis que le ministre de la santé a déclaré l'état d'urgence épidémique, jeudi 12 mars, suite au premier décès en Pologne dû au Coronavirus — une femme de 57 ans, souffrant de problèmes respiratoires, qui a été contaminée par quelqu'un de retour d'Italie — l'Eglise polonaise a finalement mis de l'eau dans son vin :

"Nous recommandons aux évêques de dispenser de l'obligation d'assister au dimanche saint les personnes âgées, présentant des symptômes d'infection, les enfants et adolescents et les personnes qui s'en occupent, comme celles qui ont peur de l'infection", a déclaré la Conférence permanente de la Conférence épiscopale polonaise, qui a annulé sa propre réunion, prévue en mars.

Les dispensés sont néanmoins encouragés à prier et à communiquer spirituellement avec la communauté ecclésiale par le biais d'émissions radio, télévision ou Internet, précise le communiqué. Bref, l'absence à la messe ne sera pas un péché, accorde l'épiscopat, qui préconise, pour ceux qui auraient tout de même des turpitudes à se faire pardonner, que soient appliqués des films protecteurs sur les grilles des confessionnaux. Il est aussi recommandé de reporter certaines cérémonies religieuses (telles les confirmations), les retraites scolaires et les pèlerinages à Jasna Góra.

Les églises et leurs confessionnaux resteront ouverts

Rappelant que "depuis deux millénaires, l'Eglise sert les malades et les nécessiteux, même en période d'épidémie, sans renoncer à la proclamation de l'Évangile et à la célébration des sacrements", l'Eglise polonaise encourage tout de même ses ouailles à ne pas rater la messe du dimanche. Tout juste devront-ils s'abstenir de donner la paix à leur voisin en lui serrant la main et surtout d'embrasser les saintes reliques. Plus question, non plus, de remplir d'eau les bénitiers. Mais qu'on se le dise : les églises et leurs confessionnaux resteront ouverts pendant la journée, et les prêtres rendront visite aux paroissiens malades et âgés, « tout en maintenant une bonne hygiène ». Et le vice-président de la conférence épiscopale, l'archevêque de Poznan Stanisław Gądecki, de conclure :

"Tout comme les hôpitaux traitent les maladies du corps, les églises servent, entre autres, à traiter les maladies spirituelles, il est donc inimaginable que nous ne priions pas dans nos églises."

Face au coronavirus, l'épiscopat polonais annonce un plus grand nombre de messes

Source : present.fr

C'est une annonce qui contraste avec la décision de l'Église [dans les autres pays d'Europe] de supprimer, à la demande du gouvernement, toutes les messes et cérémonies religieuses jusqu'au 3 avril afin de ne pas favoriser la propagation de l'épidémie de coronavirus. Le journaliste catholique italien Antonio Socci commente ainsi sur sa page Facebook la décision de l'épiscopat polonais annoncée mardi par le président de la conférence des évêques, Mgr Gądecki, archevêque de Poznań :

« C'est là la différence colossale entre les évêques [polonais] et les évêques [italiens]. Pour le coronavirus, la conférence épiscopale italienne a privé le peuple de la messe tandis que les évêques polonais ont décidé de dire plus de messes dominicales afin que les fidèles puissent se tenir à plus grande distance les uns des autres. »

En raison des mesures prises par le gouvernement polonais pour éviter les rassemblements trop nombreux, Mgr Gądecki « demande d'accroître, dans la mesure du possible, le nombre de messes dominicales dans les églises, afin que le nombre de fidèles participant en même temps à la liturgie réponde aux consignes sanitaires ». L'archevêque a aussi rappelé que les personnes âgées ou malades peuvent rester chez elles pour suivre la messe à la télévision et qu'il n'est pas obligatoire de se serrer la main en signe de paix. Il a aussi demandé aux catholiques de prier pour les morts du coronavirus, et également pour demander le rétablissement des malades, pour les personnels médicaux et tous les membres des services engagés dans la lutte contre l'épidémie.

Le 11 mars au matin, le nombre de personnes diagnostiquées avec le coronavirus en Pologne atteignait 25 (dont une citoyenne espagnole employée au siège de Frontex à Varsovie, qui a été fermé, et le commandant des forces armées de retour d'Allemagne) alors que le premier cas avait été annoncé une semaine plus tôt (il s'agissait d'un Polonais rentré en autocar d'Allemagne). Le gouvernement de Mateusz Morawiecki a instauré des contrôles sanitaires systématiques à toutes les frontières du pays et une loi spéciale a été votée avec le soutien de l'opposition. Afin de freiner la progression attendue de l'épidémie en Pologne, tous les événements sportifs, culturels et autres sont annulés jusqu'à nouvel ordre et plusieurs universités ont suspendu leurs cours tandis que le gouvernement annonçait mercredi la fermeture, pour le moment jusqu'au 25 mars, des écoles et des crèches ainsi que des théâtres, opéras et cinémas, en appelant les citoyens à rester au maximum chez eux pendant cette période pour ne pas répéter les erreurs commises en Italie où les gares, les restaurants et les bars étaient pleins tandis que les églises étaient fermées.

Cependant, « de la même manière que les hôpitaux soignent les maladies du corps, les églises servent à soigner les maladies de l'âme, et c'est pourquoi il serait impensable que nous ne priions pas dans nos églises », a écrit le président de la Conférence des évêques dans son communiqué du 10 mars.

Olivier Bault

Source : present.fr

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Lu sur Boulevard Voltaire :

"L’épidémie de coronavirus et les mesures gouvernementales de protection ont des conséquences pour le clergé catholique et les fidèles. Parmi elles, la suppression des messes publiques. Quelles solutions pour les fidèles ?

Réponse de Monseigneur Rey qui, dimanche, bénissait la ville de Toulon avec un ostensoir. Une image forte."

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