Bizarreries vaticanes


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Publié le samedi 26 octobre 2019

Auteur / source : Mark Mallett

Catégorie : Église et papauté

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Que se passe-t-il lorsque l'on se rapproche de l'œil d'un ouragan ? Les vents augmentent en intensité, de plus en plus de poussière et de débris volent dans les airs, et la situation devient à chaque instant plus dangereuse. Il en va de même pour cette Tempête en cours, tandis que l'Église et le monde se dirigent inexorablement vers l'œil de cet ouragan spirituel.

Traduction d'un article de Mark Mallett. Lire le texte original en anglais.

Depuis une semaine, des événements tumultueux se déroulent partout dans le monde. La situation s'embrase au Moyen-Orient après que les troupes américaines se soient retirées. Aux États-Unis, des bouleversements sociaux font craindre le perspective de plus en plus probable d'une destitution du Président Donald Trump. Le dirigeant radical de gauche, Justin Trudeau, a été réélu au Canada, laissant présager un avenir incertain pour la liberté d'expression et de conscience, qui y est déjà fortement menacée. En Extrême-Orient, les tensions entre la Chine et Hong Kong continuent de s'intensifier alors que chancellent les négociations commerciales entre la nation asiatique et les États-Unis. Kim Jong-un, comme pour indiquer un événement militaire majeur, vient de chevaucher les « montagnes sacrées » (mont Paektu) à dos d'un cheval blanc, tel un cavalier de l'apocalypse. L'avortement et le mariage gay [sont sur le point d'être] légalisés en Irlande du Nord. Et divers troubles et manifestations ont éclaté simultanément dans plusieurs pays du monde, principalement liés à des augmentations de prix ou à l'imposition de nouvelles taxes :

Alors que 2019 entame son dernier trimestre, de grandes manifestations, souvent violentes, ont eu lieu au Liban, au Chili, en Espagne, en Haïti, en Iraq, au Soudan, en Russie, en Égypte, en Ouganda, en Indonésie, en Ukraine, au Pérou, à Hong Kong, au Zimbabwe, en Colombie, en France, en Turquie, au Venezuela, aux Pays-Bas, en Éthiopie, au Brésil, au Malawi, en Algérie et en Équateur, entre autres.

— Tyler Cowen, Opinion Bloomberg ; 21 octobre 2019 ; finance.yahoo.com

Le plus remarquable, cependant, est l'étrange synode qui se déroule à Rome, où des questions, qui devraient sans doute être traitées en interne (comme c'est le cas dans d'autres pays où l'on déplore une pénurie de prêtres), ont été portées au plus haut niveau avec des implications pour l'Église universelle [1]. Qu'il s'agisse d'un document de travail hétérodoxe, de rituels visiblement païens ou de ces « idoles » jetées dans le Tibre, tout laisse penser que l'apostasie arrive à son point culminant. Et ceci parmi d'autres allégations de scandales financiers au Vatican.

En d'autres termes, les événements se déroulent comme prévu. Les papes et Notre-Dame (et bien entendu les Écritures) nous avertissent depuis plus d'un siècle que ces choses finiraient par arriver. Au cours des 15 dernières années, j'ai écrit nombre d'articles au sujet d'une Tempête imminente et d'une Révolution mondiale, d'un tsunami spirituel qui balayerait le monde. Nous y voilà. Mais comme je l'ai souligné lors de la conférence qui a eu lieu en Californie le week-end dernier, ce n'est pas encore la fin du monde (cf. Mc 13: 7), mais les douleurs du travail d'enfantement que le monde commence à ressentir. Et ensuite viendra le Triomphe du Cœur Immaculé de Marie, une "ère de paix" dans laquelle l'ensemble du Peuple de Dieu sera purifié et restauré à travers le travail d'enfantement de la « femme revêtue du soleil » et de l'Église.

Oui, un miracle a été promis à Fatima, le plus grand miracle de l'histoire de l'humanité, après la Résurrection. Et ce miracle sera une ère de paix qui n'a jamais vraiment été accordée auparavant au monde.

— Cardinal Mario Luigi Ciappi, théologien pontifical de Pie XII, Jean XXIII, Paul VI, Jean-Paul Ier et Jean-Paul II, 9 octobre 1994 ; Family Catechism, p. 35

Ensuite, nous disent les premiers Pères de l'Église, les douleurs de l'Église cesseront et un temps de paix, de justice et de repos lui sera accordé.

Lire : La résurrection de l'Église et Les Papes et l'aube d'une nouvelle ère

Il est également fait écho à cette « restauration de toutes choses en Jésus Christ », comme l'appelait le Pape Pie X, dans de nombreuses apparitions approuvées à travers le monde, dont celles de Notre-Dame du Bon Succès :

Afin de libérer les hommes de la servitude de ces hérésies, ceux dont l'amour miséricordieux de mon Très Saint Fils destinera à la restauration auront besoin d'une grande force de volonté, de constance, de courage et de la confiance du juste. De telles occasions se présenteront lorsque tout semblera perdu et paralysé. Ce sera alors l'heureux début de la restauration complète.

— Notre Dame de Quito, 16 janvier 1611 ; miraclehunter.com

Si je vous dis tout cela, c'est pour vous donner une authentique espérance. Parce qu'actuellement, il est bien difficile de ne pas se focaliser sur les douleurs du travail d'enfantement plutôt que sur la naissance qui suivra.

La femme qui enfante est dans la peine parce que son heure est arrivée. Mais, quand l'enfant est né, elle ne se souvient plus de sa souffrance, tout heureuse qu'un être humain soit venu au monde.

Jean 16: 21

QUE DEVONS-NOUS FAIRE?

Néanmoins, plusieurs lecteurs me demandent de commenter le synode en cours et la direction dans laquelle le Pape conduit l'Église. « Que devons-nous faire ? Comment devons-nous réagir ? »

La raison pour laquelle je n'ai pas encore beaucoup parlé du Synode sur l'Amazonie est parce que nous avons déjà discuté de tout cela auparavant. Si vous vous en souvenez, lors du Synode extraordinaire sur la famille en 2014, il y a eu un « document de travail » qui suscita également la controverse avec des propositions peu orthodoxes. Le tollé dans les médias catholiques n'a pas été différent d'aujourd'hui : « Le Pape est en train d'égarer l'Église », « le Synode va détruire l'intégralité de l'ordre moral », etc. Cependant, le Pape a clairement expliqué comment il souhaitait que le processus se déroule : tout devait être mis sur la table, y compris, pour le meilleur ou pour le pire, les propositions hétérodoxes.

Que personne ne dise: « Je ne peux pas dire cela, ils penseront ceci ou cela de moi … ». Il faut dire [sans hésiter ce qu'on a sur le cœur]… Un cardinal m'a écrit : Quelle honte que plusieurs cardinaux n'aient pas eu le courage de dire certaines choses par respect pour le pape, croyant peut-être que le pape pourrait penser autre chose. Ce n'est pas bon, ce n'est pas la synodalité, car il est nécessaire de dire tout cela, dans le Seigneur, on ressent le besoin de dire: sans déférence polie, sans hésitation.

— PAPE FRANÇOIS, Allocution d'ouverture à la IIIème assemblée extraordinaire du Synode des Evêques, 6 octobre 2014

Ainsi, sachant qu'il y avait quelques prélats libéraux [lors du Synode sur la famille], ce fut décevant mais pas surprenant d'entendre proposés des concepts hérétiques. Comme promis, le Pape ne s'est pas exprimé avant la fin du Synode et, lorsqu'il le fit, ce fut puissant. Je ne l'oublierai jamais car, tandis que s'achevait le Synode, je ne cessais d'entendre dans mon cœur que nous vivons les lettres aux églises dans le Livre de l'Apocalypse. Lorsque le Pape François prit finalement la parole à la fin de la réunion, je n'en crus pas mes oreilles : tout comme Jésus réprimandait cinq des sept églises dans l'Apocalypse, de la même manière le Pape François fit cinq reproches à l'Eglise universelle. Ceux-ci inclurent une correction envers ceux qui « au nom d'une miséricorde trompeuse [bandent] les blessures sans d'abord les soigner ni les traiter ; qui [s'attaquent] aux symptômes et pas aux causes et aux racines... ceux qu'on appelle "progressistes et libéralistes". » Ceux, dit-il, qui veulent « descendre de la croix, pour faire plaisir aux gens... [pour] se plier à l'esprit mondain au lieu de le purifier... » ; ceux qui « [négligent] le "depositum fidei", [ne se considérant] non pas des gardiens mais des propriétaires et des maîtres [de ce dépôt de la foi] » [2] Ses reproches ont également basculé à l'autre extrémité du spectre, vis-à-vis de ceux qui ont un « raidissement hostile, c'est-à-dire [qui veulent] s'enfermer dans ce qui est écrit... à l'intérieur de la loi... c'est la tentation des zélés, des scrupuleux, des soucieux et de ceux qu'on appelle — aujourd'hui — "traditionalistes" et aussi des intellectualistes. » ; ceux qui « transforment le pain en pierre pour la jeter ensuite sur les pécheurs, les faibles et les malades. » En d'autres termes, ceux qui jugent et condamnent plutôt que d'être des imitateurs de la miséricorde du Christ.

Ensuite, il fit une remarque finale qui lui valut une longue standing ovation de plusieurs minutes. À ce stade, je n'ai plus entendu le pape ; dans mon âme, j'entendais clairement parler Jésus. C'était comme un coup de tonnerre :

Le Pape, dans ce contexte, n'est pas le seigneur suprême mais plutôt le suprême serviteur — le « serviteur des serviteurs de Dieu » ; le garant de l'obéissance et de la conformité de l'Eglise à la volonté de Dieu, à l'Evangile du Christ et à la Tradition de l'Eglise, en mettant de côté tout arbitraire personnel, tout en étant — par la volonté du Christ lui-même — le « Pasteur et Docteur suprême de tous les fidèles » et bien que possédant « dans l'Eglise le pouvoir ordinaire, suprême, plénier, immédiat et universel. »

— PAPE FRANCOIS, discours à la 15è Congrégation Générale, salle du Synode, 18 octobre 2014, Vatican.va

En d'autres termes, frères et sœurs, j'attends de voir ce qui sortira de ce nouveau synode avant de porter un jugement. Toute cette panique que je lis dans les médias conservateurs catholiques, à chaque étape du Synode, ne fait guère plus, de mon point de vue, que créer davantage de confusion et susciter davantage de jugements téméraires (si ces synodes avaient eu lieu il y a 200 ans, les fidèles n'en auraient rien su avant des mois). Tout cela ne fait que créer une sorte d'hystérie collective dans laquelle, à moins que l'on ne condamne et dénigre vigoureusement le pape [...] l'on est en quelque sorte qualifié de sous-catholique. C'est de la vanité plutôt que cette foi propre à l'enfance spirituelle qu'il nous faut avoir pour entrer dans le Royaume de Dieu. Je répète une fois de plus les sages paroles de Sainte Catherine de Sienne :

Même si le Pape était Satan incarné, nous ne devons pas nous révolter contre lui... Je sais très bien que beaucoup tentent de se justifier en fanfaronnant : « Ils sont tellement corrompus et font toutes les oeuvres du mal ! » Mais Dieu a ordonné que, même si les prêtres, les pasteurs et le Christ-sur-terre (le Saint Père, Vicaire du Christ, ndt) étaient le mal incarné, nous leur devons obéissance et soumission, non pas à cause de leur personne, mais par amour pour Dieu et pour l'obéissance que nous devons avoir envers Lui.

St. Catherine of Siena, SCS, p. 201-202, p. 222, (cité dans Apostolic Digest, par Michael Malone, Livre 5 : « The Book of Obedience », chapitre 1: « There is No Salvation Without Personal Submission to the Pope »)

La Sainte entend par là une obéissance persévérante dans la foi — non pas une obéissance à des déclarations non magistérielles, encore moins l'imitation du comportement pécheur ou lâche de nos bergers. Exemple concret : je suis tout à fait en désaccord avec le Pape sur le fait qu'il se range de façon non magistérielle sur l'avis d'un certain groupe de scientifiques qui promeuvent le « réchauffement climatique » d'origine humaine (lire Confusion climatique). Cette « science », promue par les Nations Unies (ONU), est pleine de manipulations, entachée d'idéologie socialiste, et fondamentalement anti-humaine. Je suis simplement en désaccord avec le Saint Père et je prie pour qu'il voie les dangers du communisme tapi dans l'ombre de ce mouvement pour le climat dans son ensemble.

Mais ce désaccord respectueux ne signifie pas que je pense que le Pape est un « démon » ou « complètement possédé », comme me le disait un homme qui dirige un site Internet "traditionaliste". Cela ne signifie pas davantage que, en avertissant mes lecteurs de demeurer attachés au "roc" et de rester à bord de la Barque de Saint Pierre, je « conduise aveuglément mes lecteurs vers une imposture », comme m'en a accusé un autre lecteur. Non, bien au contraire. Rester en communion avec Pierre ne signifie pas communier avec ses faiblesses et ses erreurs, mais les supporter à travers nos prières, notre amour et, si nécessaire, notre correction filiale (cf. Ga 6: 2). Rejeter le roc revient à abandonner « l'arche » qu'est l'Eglise, le refuge pour tous les fidèles.

L'Église est le lieu où l'humanité doit retrouver son unité et son salut. Elle est "le monde réconcilié". Elle est ce navire qui "navigue [en sûreté] en ce monde au souffle du Saint-Esprit sous la pleine voile de la Croix du Seigneur" ; selon une autre image chère aux Pères de l'Église, elle est [pré]figurée par l'Arche de Noé qui seule sauve du déluge.

Catéchisme de l'Église catholique, n° 845

C'est sur [Pierre] qu'Il bâtit Son Église, et à [Pierre] qu'Il confie ses brebis avec pour mission de les nourrir. Et bien qu'Il ait donné pouvoir à tous les apôtres, Il a cependant fondé un seul Magistère, établissant ainsi par Sa seule autorité la source et le sceau de l'unité de l'Église... une primauté est accordée à Pierre et il est ainsi clairement établi qu'il n'y a qu'une Église et un seul Magistère... Celui qui ne reste pas attaché à cette unité de Pierre, s'imagine-t-il qu'il détient encore la foi ? S'il abandonne la Chaire de Pierre sur laquelle l'Église a été bâtie, a-t-il encore la certitude d'être dans l'Église ?

— "De l'unité de l'Église catholique", n. 4; La foi des premiers pères, vol. 1, pp. 220-221

Demeurons sur le roc, et non sur la pierre d'achoppement

Permettez-moi de vous donner l'exemple le plus simple possible sur la manière dont il nous faut naviguer à travers toutes ces bizarreries qui ont lieu au Vatican.

Après que Pierre ait été déclaré le rocher sur lequel le Christ bâtirait Son Église, Pierre a non seulement lutté contre l'idée que Jésus se fasse crucifier, mais il a fini par renier le Seigneur. Par trois fois. Mais rien de tout cela n'a diminué l'autorité de l'office de Pierre ni le pouvoir des Clés du Royaume. Cela a toutefois entamé le témoignage et la crédibilité de l'homme lui-même. Et pourtant... aucun des Apôtres n'a rejeté Pierre. Ils ont continué de se réunir avec lui au Cénacle dans l'attente du Saint-Esprit. Voilà un puissant enseignement. Même si un pape devait renier Jésus-Christ, nous devons nous en tenir à la Sainte Tradition et rester fidèles à Jésus jusqu'à la mort. En effet, Saint Jean n'a pas "suivi aveuglément" le premier pape dans son reniement, mais il a fait demi-tour, s'est dirigé vers le Golgotha ​​et est resté inébranlable au pied de la Croix, au péril de sa vie.

C'est ce que j'ai l'intention de faire, par la grâce de Dieu, même si un pape devait renier le Christ lui-même. Ce n'est pas en Pierre que je mets ma foi, mais en Jésus. J'ai décidé de suivre le Christ, non pas un homme. Mais du fait que Jésus a conféré son autorité aux Douze et à leurs successeurs, j'ai conscience que rompre la communion avec eux, mais surtout avec Pierre, reviendrait à rompre avec le Christ, qui est UN dans Son corps mystique, l'Église.

L'Église est représentée sur la terre par le vicaire du Christ, c'est-à-dire le pape. Et qui est contre le pape est ipso facto hors de l'Église.

— Cartinal Robert Sarah, Corriere della Sera, 7 octobre 2019 ; La Croix

Ceux-là se trompent donc dangereusement qui croient pouvoir s'attacher au Christ Tête de l'Eglise sans adhérer fidèlement à son Vicaire sur la terre.

— PAPE PIE XII, Mystici Corporis Christi (sur le corps mystique du Christ), 29 juin 1943 ; n° 41 ; vatican.va

Si un pape est déroutant ou si votre évêque reste silencieux, vous et moi pouvons toujours proclamer l'Évangile haut et fort. Nul doute que leur silence et même leur infidélité personnelle constituent une épreuve, et même une sérieuse épreuve pour nous. S'il en est ainsi, c'est parce que Jésus désire, à l'heure actuelle, être davantage glorifié à travers les laïcs qu'à travers le clergé. Mais nous ne glorifierons jamais Jésus si nous devenons nous-mêmes source de divisions. Nous ne glorifierons jamais le Christ si nous agissons comme ces premiers disciples qui paniquèrent et coururent dans tous les sens au cœur d'une tempête qui menaçait de les engloutir.

Les chrétiens doivent garder à l'esprit que c'est le Christ qui guide l'histoire de l'Église. Par conséquent, ce n'est pas l'approche du Pape qui détruit l'Église. Ce n'est pas possible : le Christ ne permet pas que l'Église soit détruite, pas même par un Pape. Si le Christ guide l'Église, le Pape de notre époque prendra les mesures nécessaires pour aller de l'avant. Si nous sommes chrétiens, nous devrions raisonner ainsi... Oui, je pense que c'est la cause principale, ne pas être enraciné dans la foi, ne pas être sûr que Dieu a envoyé le Christ pour fonder l'Église et qu'il accomplira son dessein à travers l'histoire, à travers toute personne qui se met à Sa disposition. C'est de cette foi dont nous avons besoin pour parvenir à poser un jugement juste sur toute personne et tout événement qui arrive, et je ne parle pas que du Pape.

— Maria Voce, présidente du mouvement [controversé] des Focolari, Vatican Insider , le 23 décembre 2017

Si François est déroutant, trouvez l'une de ses déclarations qui ne le soit pas (telles que celles-ci). Si vous ne le pouvez pas, trouvez une déclaration d'un autre pape, ou un document magistériel ou lisez le Catéchisme. Des catholiques me disent si souvent : « Il y a une telle confusion ! » Et je leur réponds : « Moi je ne suis pas troublé. Les enseignements de l'Église ne sont pas cachés dans une chambre forte. J'ai chez moi une copie du Catéchisme. La papauté ne se réduit pas à un seul Pape, et elle est encore moins l'expression de ses propres caprices et opinions ; le Saint Père est simplement le garant de l'obéissance de la Foi à travers les siècles jusqu'à la consommation des temps.

Le Pape, évêque de Rome et successeur de Saint Pierre, "est principe perpétuel et visible et fondement de l'unité qui lie entre eux [à la fois] les évêques [et] la multitude des fidèles."

Catéchisme de l'Église catholique, n° 882

Les papes ont commis et commettent encore des erreurs et ce n'est pas une surprise. L'infaillibilité est réservée aux enseignements ex cathedra [“depuis la Chaire” de Saint Pierre, c'est-à-dire toutes proclamations de dogmes fondées sur la Sainte Tradition]. Aucun pape dans toute l'histoire de l'Église n'a jamais commis d'erreur ex cathedra.

— Rév. Joseph Iannuzzi, théologien, dans une lettre personnelle qui me fut adressée

En fait, je vais être franc. Certains d'entre vous sont en colère parce que vous voulez que le pape règle tous les problèmes du monde. Vous êtes en colère parce que vous voulez que le pape vous prenne les bras et fasse votre travail d'évangélisation, d'exhortation et de transformation de la culture. Peut-être suis-je juste cynique, mais au cours de mes trente années d'évangélisation, je n'ai jamais trop compté sur la hiérarchie pour prendre en main mon ministère. Le libéralisme, le modernisme, la peur, la lâcheté, le politiquement correct, le cléricalisme... je les ai tous expérimentés et, ceux-ci m'ont permis de comprendre que cela importait peu par rapport à ma vocation propre. Jésus ne me jugera pas sur ce que mes bergers ont fait, mais me demandera compte de ma fidélité dans l'usage que j'aurai fait des talents qu'Il m'a confiés — [et malheur à moi] si je les ai enterrés. Les saints et les martyrs n'ont pas attendu de savoir si le pape était fidèle ou non dans son travail quotidien. Ils ont poursuivi leur propre vocation et, en chemin, nombre d'entre eux firent davantage pour changer le monde que n'importe quel pape n'a jamais accompli et n'accomplira probablement jamais.

Au début de ce dernier Synode, il y a eu une [cérémonie de plantation d'un arbre] dans les jardins du Vatican. Le regard du Pape s'est assombri alors qu'il assistait à un rituel plutôt étrange. Et ensuite vint le moment pour François de parler. Peut-être, pour ne pas donner de la crédibilité à ce qui venait de se passer, il mit de côté son discours préparé. Puis il dirigea l'ensemble des personnes présentes vers la prière la plus fondamentale de l'Église, le Notre Père. Et cette prière mit fin à l'étrange rassemblement par ces mots : « Délivre-nous du mal ».

Oui Seigneur, délivre-nous du mal. Mais accorde-moi la grâce d'accomplir le Bien pour lequel je suis né, à cette heure de l'histoire — et la force de persévérer jusqu'à la fin.

Mark Mallett
On Vatican Funkiness


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Commentaire laissé par le

Oui cet article est emprunt de respect et d’amour pour le corps mystique du Christ, merci pour l’équilibre réalisé et la justesse de vos analyses qui me semblent si justes

Commentaire laissé par le

J'aime beaucoup votre article qui est imprégné de sagesse de prudence et de discernement.
Je suis une catholique pratiquante depuis toujours et dans la tempête , je ne lâcherai pas la barque de Pierre, Dieu m'a fait le plus beau des cadeaux à ma naissance :: mon baptême ,embarquer dans sa barque (l'Église Catholique) je garde fidèlement ce cadeau et je reste accrochée à Jésus advienne que pourra.

Commentaire laissé par le

« Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup... Il sera un signe de contradiction et toi, ton âme sera traversée d'un glaive : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d'un grand nombre. »

Lc 2: 34-35

Ce passage de l'évangile de Luc me fait penser au pontificat de François. Ce Pape est un agitateur et un signe de contradiction pour notre monde et pour l'Église (un peu comme Donald Trump au niveau politique). Avec une ruse qui lui est inspirée par l'Esprit Saint, François invite les évêques et cardinaux à être vrais, à exprimer ouvertement ce qu'ils ont sur le coeur, précisément pour que soient révélées les pensées et agendas cachés d'un grand nombre de nos bergers. Mais son but n'est pas d'approuver ces pensées et ces mauvais projets, une fois ceux-ci révélés, mais de s'en servir pour purifier l'Église, en faisant sortir les loups, pour ensuite leur dire leurs quatre vérités. François renverse les puissants et élève les humbles, il dévoile les mercenaires et encourage les bons bergers. Quant à Marie, dont l'âme est transpercée d'un glaive, elle est l'image des fidèles catholiques qui souffrent devant l'Église de Notre Seigneur tellement défigurée aujourd'hui, trahie et salie par les scandales en tous genres.

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