Amour vs sentiment


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Publié le lundi 14 mai 2018

Auteur / source : Pelianito

Catégorie : Réflexions et méditations diverses

Nombre de consultations : 518

[Jésus] dit à un autre : « Suis-moi. » L'homme répondit : « Seigneur, permets-moi d'aller d'abord enterrer mon père. » Mais Jésus répliqua : « Laisse les morts enterrer leurs morts. Toi, pars, et annonce le règne de Dieu. »

Luc 9: 59-60

Sentiment. Le monde déborde de sentiments. Les médias sociaux en particulier en font leur beurre. Quand un fait divers devient viral et que vous examinez le résultat de tout cet "activisme" socio-médiatique, où cela mène-t-il vraiment ? Pas bien loin habituellement. C'est parce que le sentiment, dans son acception romantique ou nostalgique, est une escroquerie, une fragile contrefaçon de l'amour agape enseigné et vécu par Jésus-Christ. Le premier n'est qu'une guimauve, le second une tranche de steak saignant et tendre. Je dis saignant parce qu'avec l'amour agape, il y a un coût, et ce coût nécessite souvent de verser son sang.

Traduction d'une réflexion de Janet Klasson (Pelianito) postée sur son blog The Joy of Penance le 26 avril 2018

Le jeune homme dans l'extrait de l'Évangile repris ci-dessus a dû être choqué par les paroles de Jésus, comme nous le sommes probablement aussi. Ils semblent indûment durs. Creusons plus profondément, cependant, et nous y trouvons un point charnière dans la vie de ce jeune homme. Il était appelé à une vie radicale d'amour et de service de Dieu et de son prochain. Saignant et tendre. Sanglant. Ce n'était pas le moment d'être sentimental. « Laisse les autres enterrer ton père. Toi, suis-moi. » Avec un amour agape radical, il n'y a pas de regards en arrière.

C'est une solide leçon pour notre époque. Tout comme ce jeune homme, nous sommes appelés à témoigner par notre vie d'un amour agape radical dans un monde qui le méprise tout en adorant le sentiment(alisme), un monde qui préfère les guimauves au steak. Le démon a certainement bien préparé le terrain. Si bien, en fait, que nous ne discernons souvent pas en nous-mêmes lorsque nous agissons avec un amour authentique et lorsque nous réagissons émotionnellement à un fait divers.

Comment pouvons-nous faire la différence entre le sentiment et le véritable amour ? En termes simples, le sentiment est basé sur l'émotion, tandis que l'amour authentique est basé sur un raisonnement réfléchi. Le sentiment est ce qui pousse une femme à croire que son droit de choisir l'emporte sur le droit à la vie de son enfant à naître. C'est une réponse émotionnelle, qui ne fait pas appel à la raison. La science est très clairement du côté de l'enfant à naître. Mais si vous lisez les arguments des mouvements "pro-choix", ou en fait tout argument de nos jours qui se concentre sur des questions opposées à la vie, ce que vous trouvez est de l'émotion — des guimauves.

Le véritable amour, l'amour agape est, comme on dit, une décision. Une femme avec une grossesse non planifiée qui sait ce qu'est le véritable amour, agit avec un raisonnement réfléchi et fait un choix dans l'intérêt de son enfant, même si cela lui en coûte à maints égards. Le véritable amour cherche le bien de l'autre, le bien commun ; il oeuvre pour l'unité et la vraie harmonie. Le sentiment pousse à se rechercher soi-même, à s'auto-gratifier, à entretenir l'amour-propre ; ses fruits sont la division et l'harmonie frauduleuse qui tolère tout sans rien respecter. L'amour-propre est un imposteur ; l'estime de soi, voilà l'enjeu. Si nous agissons d'une manière qui préserve notre estime de soi, l'amour-propre ne sera pas un problème.

Faisons très attention à ne pas devenir des pions entre les mains de l'ennemi. Si un événement nous rend émotifs, nous devons prendre du recul. Si nous nous sentons indignés, nous devons réfléchir et prier. Lancer des injures et nous mettre en colère n'est pas raisonnable et certainement pas ce à quoi nous sommes appelés en tant que chrétiens, même lorsque la raison nous dicte que l'autre a clairement tort. Si la raison nous fait défaut — et c'est souvent le cas quand l'orgueil émotionnel ou intellectuel est impliqué — alors notre réponse devrait être la prière silencieuse.
L'Archevêque Sheen illustre si bien ce point :

« Si de mon propre salut éternel dépendait le salut de l'âme d'un seul homme qui, se croyant sage, se glorifie de son savoir, ou de cent personnes parmi les hommes et femmes les plus moralement corrompus de la rue, je devrais choisir la tâche la plus facile consistant à convertir les cent corrompus. Rien au monde n'est plus difficile à conquérir que l'orgueil intellectuel. Si des cuirassés pouvaient en être recouverts plutôt que de leur blindage, aucun obus ne pourrait jamais les percer. »

- Archevêque Fulton Sheen (Les Sept Péchés Capitaux)

Réfléchissons à deux fois, comme ils disent, avant de parler (ou de commenter un fait d'actualité) au lieu de parler deux fois avant de réfléchir. Cela peut avoir un coût, mais au moins, nous ne contribuerons pas à la prolifération des guimauves dans le monde.

Janet Klasson (Pelianito)

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